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mercredi 17 juin 2015

L7 ~ Le Bataclan. Paris.





TOUR 2015

Support Act : TOYBLOÎD

Ce qu’en a pensé Émilie :  

 « Onze ans. Onze longues années se sont écoulées depuis le jour où j’ai vu les L7 pour la première fois à la télé. C’était une émission best of pour les 20 ans de Canal +, catégorie musique. Ce live de Questioning My Sanity remontait à 1995, et l’extrait devait durer dans les 30 secondes. Trente petites secondes pendant lesquelles Jennifer Finch avait visiblement mieux à faire que de jouer de la basse, comme sauter sur Philippe Gildas par exemple. Depuis ce jour, je suis une fan absolue (si jamais vous n’avez pas aimé ce concert au Bataclan, passez votre chemin, je n’ai clairement pas l’intention d’être objective :D).

Apprendre que le groupe était séparé depuis déjà quatre ans, et batailler comme pas possible pour me procurer les albums, ne fera finalement que renforcer mon fanatisme absolu (je me rappelle d’une fois où j’avais envoyé ma maman chercher un des albums chez le disquaire du coin et où elle avait dû leur assurer que non, elle ne faisait pas erreur, c’était bien L7 et pas L5, ceux d’entre vous qui se souviennent malheureusement des secondes comprendront l’affront qui m’a alors été fait).

Et puis un jour, cette page Facebook à première vue officielle a commencé à s’animer. La petite poignée de fans que nous étions à guetter le moindre signe de vie (bon, il y avait quand même eu l’album solo de Donita en 2008) a sauté sur l’occasion pour mettre en place l’opération harcèlement (c’est effectivement ce mot que le groupe utilisera sur son site pour qualifier notre mobilisation). À la moindre photo publiée par Donita (et nous ne savions même pas à cette époque si c’était bien un membre du groupe qui les postait), nous répondions par un « Reunion please ! ». Le DVD a fini par être confirmé, excellente nouvelle, mais bon, « Reunion please !!!!! ». Et moi qui ne porte pas dans mon cœur les réseaux sociaux, j’ai vu le miracle se produire : le Kickstarter pour le DVD qui atteint les 130 000 dollars, les dates européennes puis américaines annoncées. J’ai vu la première date alors que je traînais par hasard sur le site du Hellfest, pour m’extasier devant une programmation comme chaque année impeccable. Pour la petite anecdote, la première réflexion qui m’est venue à l’esprit, c’est que ce devait être un groupe homonyme :D Quand j’ai réalisé que c’était bien elles, je n’ai pas de mots pour décrire le bonheur que j’ai alors ressenti. Le Hellfest est déjà complet et pas très facile à gérer pour nous qui n’avons pas de voiture, mais l’annonce d’un Bataclan quelques jours avant résoudra tous mes problèmes. Je déciderai de ne pas claquer 333 dollars pour une rencontre backstage, me disant que ça aurait plutôt tendance à faire stresser d’avance la grande timide que je suis, mais même l’achat de la place traditionnelle sera source de stress, une mise en vente prématurée accidentelle rapidement stoppée m’ayant fait croire que le concert était déjà complet, ceci alors que je surveillais pourtant chaque jour les nouvelles dates. Plus de peur que de mal pour une date qui ne sera finalement sold out que le jour même, Vincent s’est précipité pour me prendre une place lors de la 2ème mise en vente, je l’en remercie.


 
On arrive donc à ce fameux soir du 17 juin 2015 ; après mûre réflexion, je décide d’opter pour le premier rang tout à droite, puisque celui-ci est encore libre malgré mon arrivée à l’ouverture des portes (comme d’habitude, les gens semblent plus intéressés par le bar ou le stand de merch que par le premier rang en question). La clim, à présent installée dans cette salle réputée pour être une fournaise, est bien appréciable même si la température montera quand même pas mal ce soir. Vincent passe me faire un coucou et me donner un très beau cadeau, encore merci ! La place que j’occupe est la même que pour mon concert spécial Ignition de The Offspring, il y a trois ans presque jour pour jour. Et, coïncidence, la première partie est également la même, à savoir le trio punk français de Toybloïd. J’avais bien aimé à l’époque et j’aime toujours, surtout le morceau T-t-t-Turn Me On. J’étais même déçue de faire l’impasse sur leur prestation au festival Chorus afin de pouvoir assurer mon premier rang pour Jim Jones Revue et les Babyshambles. S’ils avaient pu jouer à la place de Mademoiselle K, j’aurais été très heureuse… La chanteuse terminera le set grimpée sur la batterie, et même s’il reste calme, le public applaudit copieusement une première partie musicalement logique (punk, chant féminin, paroles en anglais). Malheureusement pour eux, mon esprit est ailleurs ce soir, concentré sur la performance à venir. Mais je serais très contente de croiser à nouveau leur chemin.

 Pour cette soirée parfaite, j’ai aussi le droit en intro à une bonne partie de Songs For The Dead de QOTSA dans les enceintes, enceintes sur lesquelles je suis d’ailleurs collée, et pourtant je ne dégainerai les bouchons que pour Toybloïd, décidée à profiter à fond. Je sais que c’est mal, et je n’incite personne à faire de même. La tension monte d’un cran lorsque j’aperçois enfin la fameuse Flying V de Donita pendant l’installation du matos. Lorsque le quatuor monte enfin sur scène, je déborde de bonheur. Je m’excuse d’avance pour les impolitesses que je vais sortir, mais bordel de merde, les L7 sont à quelques mètres de moi, putain ! Ma vue n’est pas parfaite sur Suzi Gardner qui est à l’extrême gauche de la scène et en bougera fort peu, ni sur Dee Plakas qui est cachée par son imposante batterie, mais pour ce qui est de Donita Sparks et de Jennifer Finch, c’est impeccable. Cette dernière arbore une chevelure d’un rouge flamboyant, et prend volontiers la pose pour les photographes, qui pour certains bondiront, enthousiastes, comme s’ils faisaient partie du public, j’ai rarement vu ça. « We are L7 from Los Angeles, California ! » nous apostrophe Jennifer de sa voix un peu fluette qui contraste avec les organes vocaux rocailleux de ses deux comparses (les trois demoiselles se partagent les morceaux au niveau du chant). Elle fait le L et le 7 symboles du groupe avec les mains, ce que nous nous empressons de reproduire. Si je pouvais craindre un manque d’énergie du groupe (elles ont maintenant toutes la cinquantaine, et près de deux décennies se sont écoulées depuis la dernière fois où ce line-up est monté sur scène, si l’on excepte les quelques dates jouées depuis fin mai), il n’en sera rien : Jennifer et Donita, notamment, s’avèrent être de vraies tornades. Pieds nus sur scène, Jennifer « Precious » Finch s’adonne à nombre d’acrobaties, comme le moment où, semblant prête à faire une galipette, elle pousse le cul de Donita de ses pieds ! 

Mais parlons musique tout de même, on est là pour ça : la setlist est majoritairement centrée sur le troisième album Bricks Are Heavy, le plus connu du grand public (il sera joué quasi intégralement). Malgré quelques incursions sur d’autres opus, le tout premier, mais aussi le tout dernier (sorti en 1999 alors qu’elles avaient été lâchées par leur label) seront intégralement zappés. Un peu dommage, surtout pour le dernier, Slap Happy, qui recèle quelques perles comme Freeway, mais Donita nous avait prévenus que la carte de la nostalgie serait jouée à fond (il n’y aura pas non plus de morceaux inédits ce soir). Pour autant, nous ne sommes pas du tout en présence d’un groupe qui vient uniquement pour encaisser le chèque, l’énergie déployée étant phénoménale. Et ceux qui auraient déjà eu l’occasion de les voir sur scène à l’époque ne seront pas non plus venus pour rien, la « ballade » One More Thing étant jouée pour la première fois en 2015. Ce sera le seul moment à peu près calme du concert, avec bien sûr le tubesque Pretend We’re Dead en rappel. Sur I Need, j’ai tellement hurlé que je n’avais plus de voix :D Il n’y aura pas de jet de tampon dans le public (même s’il me semble que Donita a mentionné ses menstruations, peut-être bien pour nous dire qu’elle n’en a plus à présent ?), et nous ne verrons pas non plus de poils pubiens (oui, miss Sparks a un sacré palmarès rock’n’roll à son actif, pour ceux qui ne seraient pas au courant). Mais ce n’est pas plus mal, cela permet de se concentrer sur la musique du groupe, ce qui à l’époque, ne devait pas toujours être le cas, pour ce qui est des journalistes notamment. On aura quand même le droit à quelques crachats mémorables de miss Finch.

Il y a beaucoup d’ambiance dans le public, moi qui craignais un symptôme à la Where Is My Mind des Pixies, j’avais tort : Donita demandera même aux crowdsurfers de se calmer, par égard pour les nombreuses filles du premier rang. « Just dance, please », nous demandera-t-elle en nous montrant l’exemple. Mais cela calmera à peine les ardeurs d’un Bataclan littéralement en feu. Je ne suis apparemment pas la seule à qui ces années 2000 privées de L7 ont paru fort longues. Heureusement, de mon côté, on célèbre le retour des Américaines dans la capitale de manière plus soft : pour ma part, headbanguer comme une folle sur la barrière me suffit amplement.


J’avais dit que je ne serais pas objective, je vais quand même faire l’effort de l’être un peu : le son était loin d’être parfait, les voix étant parfois trop en retrait, même si sur ce genre de concert à tendance grunge / métal, ce n’est pas trop grave. Et la performance d’une petite heure et quart pourra en avoir déçu certains, mais pour ma part je trouve qu’au vu de l’énergie déployée, c’est tout à fait suffisant. J’aurais cru que le groupe clôturerait sur Pretend We’re Dead (j’avais lu la setlist du premier concert à L.A. vite fait mais avait fait en sorte d’oublier le plus gros pour garder un effet de surprise), ce ne sera pas le cas, Fast And Frightening venant enfoncer le clou d’une soirée riche en gros rock qui tache. Le public connaissait par cœur les textes de la plupart des morceaux, l’ambiance était vraiment absolument parfaite, quelle soirée !

Et ça ne s’arrête pas là, car en sortant du Bataclan, voyant le bus de tournée garé juste devant, je me dis qu’attendre pourrait être une bonne idée. Presque deux heures plus tard, mes efforts seront récompensés de fort belle manière : Jennifer, Suzi, Dee et Donita dédicaceront toutes ma place, et celles de toutes les autres personnes présentes (on était une bonne vingtaine). Pour ma part ce n’est pas du tout mon truc, mais ceux qui le souhaitaient ont eu également photos et bises à foison. Sortant de mon « very nice gig » traditionnel, j’ai dit à Jennifer que c’était le meilleur concert de toute ma vie entière (et je le pense sincèrement, même si en toute honnêteté, il doit y en avoir quelques autres à égalité ^^). Elle m’a répondu que j’étais encore bien jeune pour dire un truc comme ça ! Suzi s’est excusée du temps qu’elles ont mis pour rejoindre le bus, Dee a discuté pendant plusieurs minutes de tout et de rien avec tout le monde (enfin elle parlait et on écoutait car impossible d’en placer une :D) et Donita a dansé sur le trottoir. Je n’en revenais pas que la sécurité laisse faire cela, à la fin les roadies essayaient désespérément de faire monter Donita dans le bus sans y parvenir, elle ne voulait pas nous quitter ! Je n’ai jamais rencontré un groupe aussi gentil, aussi adorable, aussi sincère. Et le rêve a continué quelques jours plus tard lorsque j’ai regardé en direct la prestation du Hellfest (merci Arte !) et que j’ai entendu le public scander « L7 ! L7 ! L7 ! » à la fin, j’en avais les larmes aux yeux.

Donita, Suzi, Jennifer et Dee, merci pour cette superbe soirée, et surtout ne changez jamais : les groupes qui tournent par amour de la musique et par amour de leurs fans sont devenus plutôt rares…

PS : Je profite de cette review pour rappeler à Guillaume dont j’ai fait la connaissance après le concert que j’attends toujours un mail de sa part, si jamais tu lis ces lignes… »

 

L7 est un groupe féminin de rock américain (Los Angeles - California) associé aux mouvements grunge et riot grrrl, actif de 1985 à 2000 puis depuis 2014. 

(http://l7theband.com/)
(https://www.facebook.com/pages/L7-Official/190276091026597)



L7 (1988)
Smell the Magic (1990)
Bricks Are Heavy (1992)
Hungry for Stink (1994)
The Beauty Process: Triple Platinum (1997)
Slap-Happy (1999)



L7

Donita Sparks – guitar, vocals (1985–2001, 2014-present)
Suzi Gardner – guitar, vocals (1985–2001, 2014-present)
Jennifer Finch – bass, vocals (1987–1996, 2014-present)
Demetra Plakas – drums, vocals (1988–2001, 2014-present)


THE SETLIST
L7

Deathwish (Smell The Magic - 1990)
Andres (Hungry For Stink - 1994)
Everglade (Bricks Are Heavy - 1992)
Monster (Bricks Are Heavy - 1992)
Scrap (Bricks Are Heavy - 1992)
Fuel My Fire (Hungry For Stink - 1994)
Diet Pill (Bricks Are Heavy - 1992)
(Right On) Thru (Smell The Magic - 1990)
Freak Magnet (Hungry For Stink - 1994)
One More Thing (Bricks Are Heavy - 1992)
I Need (The Beauty Process: Triple Platinum - 1997)
Slide (Bricks Are Heavy - 1992)
Shove (Smell The Magic - 1990)
Mr. Integrity (Bricks Are Heavy - 1992)
Shitlist (Bricks Are Heavy - 1992)

Encore

American Society (Smell The Magic - 1990) (Eddie & the Subtitles cover)
Pretend We’re Dead (Bricks Are Heavy - 1992)
Fast And Frightening (Smell The Magic - 1990)



 Time Set : 1h12


AFFICHE / PROMO / FLYER
   








jeudi 11 juin 2015

PAUL McCARTNEY ~ Le Stade de France. St. Denis.







   OUT THERE TOUR 2015

Support Act : ---


Ce qu’en a pensé Émilie :  

 « Première visite au Stade de France pour moi ce soir, et ce n’est pas de gaîté de cœur. Comme les rumeurs sur ce concert de Sir Paul McCartney dans la capitale française se sont répandues bien avant son annonce officielle, et que je ne suis pas sans savoir que Bercy est en travaux, j’ai eu le temps de me faire à l’idée. À dire vrai, j’ai beaucoup apprécié mon seul concert en stade jusqu’à présent (Green Day au Parc des Princes en 2010), mais là vu le prix (140€ pour une place en parterre assis juste devant la fosse debout, configuration étonnante), j’ai envie d’une expérience parfaite. Et pourtant je crains à la fois pour ma vue sur la scène, parce que comme je ne suis pas capable de voir un menu déroulant, j’ai pris une des « pires » places de cette catégorie, au fond à gauche, dans le bloc R22 ; mais aussi pour le son…

Petit aparté concernant le prix des places : certes, 140€ c’est beaucoup, mon plus cher concert de toute ma vie et d’assez loin, le précédent record de 100€ étant déjà détenu par McCa. Mais les prix débutaient à 70€ pour la fosse, et étaient qui plus est équivalents à ceux de Bercy en 2011. Je pense donc que de ce côté, il faut s’estimer fort heureux. D’autant que Paul, je le sais, ne viendra pas juste nous balancer une petite heure de playback avant de repartir vers son Angleterre natale. Recordman des prix par chez moi donc, il est aussi recordman de la durée du concert : 2h45 pour mes deux premières expériences. Et, je n’en doute pas, ce soir, le McCa Band va remettre ça.

J’arrive pour l’ouverture des portes vers 18h30, la chaleur est étouffante devant le stade, mais heureusement l’organisation est au top, je rentre rapidement après une fouille sommaire, et ma place numérotée est, comme tout le reste de la fosse, à l’ombre. Je peux donc aller tranquillement m’y poser en attendant le début du concert. Qui mettra fort longtemps à venir, mais mes deux Bercy m’ont rodée de ce côté-là : d’abord les reprises des Beatles, puis la performance de DJ Chris (absolument pas à mon goût, j’ai même dégainé mes bouchons d’oreille), et enfin le film sur les écrans géants (qui m’a semblé différent mais je me trompe peut-être, ça fait presque quatre ans maintenant), composé de moult photos de Paul et de ses petits camarades (et de peintures étranges ^^). 

À 21 heures, la longue attente prend fin, la classique Eight Days A Week ouvrant le bal dans un stade encore baigné de lumière. Les gens se lèvent (à ma grande joie, vu que ce n’est pas du tout mon genre de me lever si les personnes derrière moi restent assises). Ma vue sur Paul n’est pas exceptionnelle mais reste correcte, notamment grâce aux allées dégagées entre les différents blocs de sièges que le service d’ordre veillera à entretenir : interdiction de quitter sa chaise pour aller se mettre n’importe où. Je dois avouer que, aussi peu rock’n’roll que ce soit, ça m’arrange pas mal. Malgré tout, je profite aussi de l’écran en face de moi car sinon, je louperais les mimiques de Paul, inimitables et qui font partie intégrante du spectacle. Le dernier album en date de l’ex-Beatle, New, est mis à l’honneur dès le 2ème morceau avec Save Us. Puis Paul nous parle enfin, avec son adorable accent, les yeux penchés vers les feuilles où sont inscrites des phrases en français plutôt clichés, mais qui fonctionnent sans problème (« Paris est magique ! », personne ne s’offusquera d’ailleurs du fait que nous ne sommes même pas à Paris à proprement parler). Même s’ils seront majoritairement debout pendant le concert, mes voisins immédiats manquent un peu d’enthousiasme, semblant même fort perplexes à l’arrivée de Temporary Secretary, morceau électro extrait de McCartney II dont on ne dirait clairement pas qu’il fête ses 35 ans. On aime ou on n’aime pas, beaucoup autour de moi semblent avoir opté pour la seconde option, mais moi je suis à fond, j’adore ce côté complètement « what the fuck ?!? », tout à fait différent du reste de la setlist. Un des grands moments de cette soirée pour moi.

À partir du tube des Wings Let Me Roll It et de son jam final hendrixien, les gens commencent à rentrer davantage dans le concert. Il faudra cependant attendre la nuit noire pour que le stade soit vraiment en communion avec Paul. Mais le fait de jouer de jour n’empêche pas Paul d’aligner les perles, comme la touchante My Valentine dédiée à sa femme Nancy, pendant laquelle le clip en langage des signes tourné par Natalie Portman et Johnny Depp en personne apparaîtra sur les écrans. D’ailleurs, il semble bien l’aimer Natalie, notre Paul ;-) De nouveau assise pendant ce morceau au piano (je suis le mouvement), lorsque débute Nineteen Hundred And Eighty-Five, je bondis littéralement de ma chaise, heureuse d’entendre à nouveau cet exceptionnel morceau des Wings, qui plus est une semaine après l’anniversaire de mes 30 ans. Eh oui, je suis née en 1985, ça ne s’invente pas. Paul me décevra un tout petit peu vocalement sur ce morceau (pas assez de hurlements à la fin ;-)) mais je ne lui en tiens pas rigueur.


Maybe I’m Amazed sera pour Linda, que nous n’oublions pas après toutes ces années. Suite à quelques anciens titres des quatre de Liverpool, Paul nous ramène au présent avec la musique du jeu vidéo Destiny, Hope For The Future, qui est ma foi fort belle. On passe ensuite à l’acoustique sur And I Love Her. Je suis triste que mon chéri ne soit pas là ce soir (on n’allait pas dépenser 140€ de plus pour un concert dont il n’aurait définitivement apprécié que quelques chansons). De surcroît, j’ai l’impression que la guitare de Paul est bizarrement accordée. Mais ça reste un grand moment, un de mes morceaux préférés des Beatles première période. On continue avec les chansons destinées à nous tirer des larmes, même si pour ma part elles viendront plus tard, ayant déjà pleuré à Bercy sur celles-ci ;-) C’est donc le tour de Blackbird, et là je dois reconnaître, même pour moi qui ne suis guère portée sur tout ce qui est artifice scénique, que la scène qui se soulève sous Paul, avec l’écran sur lequel l’oiseau prend son envol, c’était tout simplement magique. D’autant plus que ce morceau au symbolisme très fort est enchaîné à Here Today, chanson dédiée à John qui à cet instant, manque à tout le stade (comme nous manquera George quelques chansons plus tard sur Something).

Mais Paul en a maintenant marre de nous saper le moral et nous entraîne à nouveau vers New, avec la chanson-titre puis Queenie Eye, toutes deux très dansantes. Il nous annonce ensuite All Together Now comme « une petite chanson pour les petits ». Personnages colorés à l’écran, paroles à base de chiffres et de lettres… La « petite » que je suis a adoré ^^ Notamment les chœurs décalés d’Abe Laboriel Jr. On est en France, donc on a le droit, comme tous les pays francophones il me semble, à Michelle et à son lot de clichés un peu lourds. Je l’aime bien quand même. Puis Paul annonce un extrait de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, serait-ce mon Being For The Benefit Of Mr. Kite! tant attendu (oui, je triche un peu sur Setlist FM à l’occasion). Non c’est Lovely Rita, mais deux morceaux plus tard, après un Eleanor Rigby dont je ne me lasserai jamais, il est enfin là, LE morceau que je n’avais pas encore entendu sur scène (enfin, c’était loin d’être le seul de la soirée, mais c’était celui sur lequel je faisais une fixette depuis des mois). Jeux de laser sur les parois du stade à l’appui pour souligner son côté psychédélique à souhait, le titre ne me décevra pas. 

À partir d’Ob-la-di, Ob-la-da, on attaque les gros tubes qui font danser ou chanter le public, voire les deux. Ma joie est un peu gâchée pendant Band On The Run, car je ne peux oublier Christopher Lee qui apparaît en fond sur cette pochette des Wings, et dont nous venons d’apprendre le décès aujourd’hui. C’est un grand acteur qui nous a quittés, mais aussi un grand musicien. RIP.


Je n’ai toujours pas changé d’avis sur Let It Be, jolie chanson mais beaucoup beaucoup beaucoup trop entendue, mais même si j’ai hésité à boycotter et à me rasseoir, je ne l’ai finalement pas fait, trouvant tout de même le moment de communion avec 50 000 personnes touchant. Mais ça ne vaut quand même pas Live And Let Die, ses explosions et ses feux d’artifice à quelques mètres de moi seulement. Grandiose ! C’est ensuite le moment des Na Na Na Nananana de Hey Jude, et des vagues avec les bras, et même si je ne classerais pas Hey Jude parmi mes chansons préférées des Beatles, il faut reconnaître l’incroyable pouvoir fédérateur de ce morceau, qui conquiert sans problème un public parfois dissipé, et assez souvent bavard pendant les balades.

Suit un premier rappel majoritairement old school, qui m’arrachera mes seules larmes de la soirée, même si on ne peut pas nier que j’ai aussi été émue à d’autres moments. Et les larmes en question ne seront même pas directement provoquées par Paul cette fois : c’est le fait de voir un père, fan enthousiaste depuis le début du concert et venu en famille, danser comme un fou avec son petit garçon sur I Saw Her Standing There, dans l’allée à laquelle la sécurité offre enfin l’accès, qui me fera pleurer. Paul McCartney, ou le pouvoir de réunir toutes les générations sous un même toit (enfin, dans un même stade, sans toit d’ailleurs :D). C’est beau.

Paul, qui a fait monter sur scène une jeune femme venue de Sibérie exprès pour le voir, revient ensuite seul sur Yesterday, puis ayant achevé ce tube immortel qui fêtait ses 50 ans cette année, semble vouloir rendre son instrument à son roadie pour nous quitter définitivement pour ce soir, mais celui-ci n’est pas d’accord… et nous non plus. C’est le genre de petit moment dont on sait pertinemment qu’il est scénarisé d’avance, mais on s’en moque, on rit quand même de bon cœur. « On continue de rocker ? », nous demande un Paul dont les efforts dans la langue de Molière auront été fort notables ce soir. Pour sûr qu’on continue de rocker, et de fort belle manière, puisque Paul est encore capable de sortir un petit Helter Skelter de derrière les fagots, quand je commence pour ma part à fatiguer sérieusement du côté de mes genoux. On croirait presque ne jamais en finir, mais le medley d’Abbey Road et sa clôture sur la bien nommée The End nous rappellent à la réalité.


« Nous devons y aller, vous allez aussi ! » nous dit Paul. On ne veut pas, il y a eu tellement d’oublis dans cette setlist pourtant impressionnante, pas de Mrs. Vandebilt fredonnée par le public avant le début du concert, pas d’All You Need Is Love, pas de Get Back… Et encore, je ne parle là que des tubes évidents, pas de mes souhaits personnels de fan hardcore (Because, ce serait mon rêve absolu). Mais les transports en commun n’attendent pas, et Paul et ses merveilleux musiciens (qu’il remerciera avec sincérité, ainsi que toute l’équipe ayant permis la tenue de ce concert) ont bien mérité un peu de repos.

Je ressors très heureuse (avec quelques confettis en souvenir dans la poche ;-)) de ma première expérience au Stade de France, tant au niveau visuel que sonore, ou encore pour ce qui est de l’organisation pour pouvoir rejoindre les transports par la suite. J’espère pouvoir y retourner, car ce serait certainement pour Paul encore, vu le gabarit de l’endroit. En 2009, je pensais que ce serait la seule et unique fois que je verrais Paul. En 2011, j’ai savouré ma deuxième fois comme si c’était la dernière. Aujourd’hui, en 2015, je finis par me dire qu’il y en aura peut-être encore d’autres. Car définitivement, Paul ne fait pas du tout ses 73 ans, que ce soit physiquement ou dans sa tête. Mes respects, Sir Paul ! À la prochaine ! »

 

photos de mhin, pierre hennequin, fan club

Sir James Paul McCartney, dit "Paul McCartney" et surnommé "Macca", est un auteur-compositeur, chanteur et multi-instrumentiste britannique. Il fut le co-leader et le bassiste du groupe anglais The Beatles de 1957 à 1970, puis le fondateur et meneur des Wings de 1971 à 1981, avant de poursuivre une carrière en solo ininterrompue à ce jour, et de donner des concerts dans le monde entier, au cours desquels il reprend les plus grands succès composés ou co-composés depuis plus de 50 ans. Unique détenteur d'un disque de rhodium et de l'Ultimate Legend Award, et avec plus d'une cinquantaine d'albums à son actif, Paul McCartney est considéré comme l'un des compositeurs les plus prolifiques et populaires du XXe siècle, et l'un des plus gros vendeurs de disques de la seconde moitié du siècle.



WINGS
Wild Life (1971)
Red Rose Speedway (1973)
Band on the Run (1973)
Venus and Mars (1975)
Wings at the Speed of Sound (1976)
Wings Over America (1976)
London Town (1978)
Wings Greatest (1978)
Back to the Egg (1979)
 

 PAUL McCARTNEY
The Family Way (1967)
McCartney (1970)
Ram (1971)
Thrillington (1977) (Percy Thrills Thrillington)
McCartney II (1980)
Tug of War (1982)
Pipes of Peace (1983)
Give My Regards to Broad Street (1984)
Press to Play (1986)
All the Best! (1987)
Снова в СССР (1988/1991)
Flowers in the Dirt (1989)
Tripping the Live Fantastic (1990)
Unplugged (The Official Bootleg) (1991)
Paul McCartney's Liverpool Oratorio (1991)
Off the Ground (1993)
Strawberries Oceans Ships Forest (1993)
Paul is Live (1993)
Flaming Pie (1997)
Standing Stone (1997)
Rushes (1998)
Run Devil Run (1999)
Working Classical (1999)
Liverpool Sound Collage (2000)
Wingspan: Hits and History (2001)
Driving Rain (2001)
Back in the U.S. (2002)
Back in the World (2003)
Twin Freaks (2005)
Chaos and Creation in the Backyard (2005)
Ecce Cor Meum (2006)
Memory Almost Full (2007)
Electric Arguments (2008)
Good Evening New York City (2009)
Ocean's Kingdom (2011)
 Kisses on the Bottom (2012)
New (2013)



Paul McCartney: Vocal, Bass, Guitar, Piano
+

The Band on Stage:

Paul "Wix" Wicken: keyboards, vocals
Rusty Anderson: guitars
Brian Ray: guitars
Abe Laboriel jrn: drums, vocals

THE SETLIST
PAUL McCARTNEY

Eight Days A Week (The Beatles Cover - Beatles For Sale - 1964)
Save Us (New - 2013)
Got To Get You Into My Life (The Beatles Cover - Revolver - 1966)
Listen To What The Man Said (Wings Cover – Venus And Mars - 1975)
Temporary Secretary (McCartney II - 1980)
Let Me Roll It (Wings Cover - Band On The Run -1973) > Foxy Lady (The Jimi Hendrix Experience Cover - Are You Experienced - 1967)
Paperback Writer (The Beatles Cover - Single - 1966)
My Valentine (Kisses On The Bottom - 2012)
Nineteen Hundred and Eighty-Five (Wings Cover - Band On The Run - 1973)
The Long and Winding Road (The Beatles Cover - Let It Be - 1970)
Maybe I'm Amazed (McCartney - 1970)
I've Just Seen A Face (The Beatles Cover –Help! - 1965)
We Can Work It Out (The Beatles Cover - Single - 1965)
Another Day (Single - 1971)
Hope For The Future (Destiny video game - 2014)
And I Love Her (The Beatles Cover – A Hard Day’s Night - 1964)
Blackbird (The Beatles Cover - White Album - 1968)
Here Today (Song for John) ( Tug Of War - 1982)
New (New - 2013)
Queenie Eye (New - 2013)
Lady Madonna (The Beatles Cover - Single - 1968)
All Together Now (The Beatles Cover – Yellow Submarine - 1969) > extrait de Yellow Submarine (The Beatles Cover - Revolver - 1966)
Michelle (The Beatles Cover - Rubber Soul - 1965)
Lovely Rita (The Beatles Cover - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band - 1967)
Eleanor Rigby (The Beatles Cover - Revolver - 1966)
Being For The Benefit Of Mr. Kite! (The Beatles Cover - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band - 1967)
Something (Song for George)(The Beatles Cover - Abbey Road - 1969)
Ob-La-Di, Ob-La-Da (The Beatles Cover - White Album - 1968)
Band On The Run (Wings Cover - Band On The Run – 1973)
Back In The USSR (The Beatles Cover - White Album - 1968)Let It Be (The Beatles Cover - Let It Be - 1970)
Live And Let Die (Wings Cover - Live and Let Die - 1973)
Hey Jude (The Beatles Cover - Single - 1968)

Encore 1

Another Girl (The Beatles Cover - Help! - 1965)
Hi, Hi, Hi (Wings Cover - Single - 1972)
Can’t Buy Me Love (The Beatles Cover - Single - 1964)
I Saw Her Standing There (The Beatles Cover - Please Please Me - 1963)

Encore 2

Yesterday (The Beatles Cover – Help! - 1965)
Helter Skelter (The Beatles Cover - White Album - 1968)
Golden Slumbers > Carry That Weight > The End (The Beatles Cover - Abbey Road- 1969)



 Time Set : 2h46


AFFICHE / PROMO / FLYER