Première Partie : VICTORIA TIBBLIN


Le temps se gâte, en dépit des difficultés à se déplacer aujourd'hui car les grèves des transports continuent de plus belle et il pleut ce soir. Je me retrouve à marcher sous la pluie, et j’arrive Boulevard des Capucines tout humide mais heureux : Eiffel est inscrit en néons rouges en haut sur la façade de l’Olympia. 19h00 : rendez-vous avec les Ahuris (ce nom vient du deuxième album d’Eiffel), affichant fièrement leur t-shirt et qui assiègent l'Olympia, avec le champagne pour détendre l'atmosphère, les ballons rouge à gonfler et le texte des Yeux fermés à chanter… De nombreux Ahuris vont venir ce soir de toute la France avec leur tee-shirt : « Eiffel, Olympia, 19 novembre » pour pour fêter ce concert-événement et partager un moment fort avec le groupe. Il faut vivre ce moment avec intensité car Eiffel est de retour, prêt à nous insuffler une nouvelle dose de son rock fiévreux : leurs chansons se vivent en concert, dans le changement et l’évolution tant elles y gagnent en densité et en émotions. Je m’installe confortablement à la mezzanine et je remarque que la salle n’est certes pas comble, cause grève SNCF, mais remplie au moins aux trois quarts, sans l’aide d’une maison de disque, grâce au bouche-à-oreille et à une communauté de fans très active.

Une petite demi-heure d’attente après avoir vu Romain surveiller et diriger l’aménagement de la scène. Le stress est palpable, Dieu que ça va être bon !


Le jeu de scène de Romain est d'un naturel extravagant, grimaces, sauts, danses qui ne manquent pas de faire sourire le public. Le son est bon et la voix bien présente. Le groupe, qui est composé depuis peu, en plus du nouveau batteur, d'un nouveau bassiste/contrebassiste (Hugo), a bien trouvé ses marques. On ne voit pas le temps passer.


C'est après dix sept morceaux très convaincants que Eiffel quitte une première fois la scène, pour revenir avec un premier rappel qui s’ouvre sur le plus acoustique Les yeux fermés. L’organisation est parfaite : les papiers ont été distribués, les paroles apprises par cœur, les briquets allumés. Il n’y a plus qu’à laisser aller, Romain chantant doucement l’un des titres les plus appréciés des ahuris… « S'obstiner à rester, s'accrocher, S'accrocher à rien, Mais au moins ça on connaît, Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?... »… tandis que ces derniers lui restituant le texte d’un même mouvement, tout en simplicité, les yeux dans les yeux. Le son roule impeccable dans les oreilles, le rythme porte les battements de cœur et les lèvres des Ahuris miment chaque parole. S’ensuit une fabuleuse version du Plat Pays de Brel ("pour les fantômes..." dira Romain), touchante, une belle relecture, même si j'ai toujours détesté les reprises des chansons d’un Grand… Pour terminer ce set sur la sublime ballade Rien n’est pour de vrai, impeccable. On en a eu plein les oreilles et on en redemande encore !

Au bout de ces deux rappels et après une magnifique standing ovation, le groupe souriant et manifestement touché s’en est allé… avant de revenir, en remerciant tout le monde, pour jouer Je voudrais pas crever, poème fataliste de Boris Vian, formidable texte, bouleversant, qui prend la couleur noire la plus poignante vu le contexte actuel… "Je voudrais pas crever, Avant d'avoir goûté, La saveur de la mort"... et, pour conclure, Romain y ajoute : "Je voudrais pas crever... Et pourtant !". Le choix de ce dernier titre, fétiche, n’est donc pas anodin. Romain Humeau présente sa bande, évoque les noms de tous ceux qui ont pu aider Eiffel pendant ces années et lance un ultime : "A bientôt… ou pas !". Beau moment d’émotion avant une longue ovation pour un groupe souriant et manifestement touché. Alors que les lumières se rallument, le public ne cesse de scander "Eiffel, continue !" et le groupe quitte définitivement la scène. Voilà, c'est fini, et c'était encore génial, même pour la sixième fois !
Juste une date d’une tournée, avec un album à défendre, avec plus de temps pour jouer, mais pas de mise en scène larmoyante en forme d’ultime adieu. Eiffel a bien mouillé le maillot ce soir pour transformer leurs possibles adieux… en un putain de bon concert, avec ce sentiment d’urgence, comme s’il fallait tout lâcher avant qu’il ne soit trop tard. Cette plongée de plus de 2 heures au cœur de l’authenticité de ce groupe, avec une musique qui respire le bon, le vrai, le plus pur Rock… ça fait plaisir !
Je déteste qu'on me dise qu'Eiffel n'est qu'une pâle copie de Noir Désir, ce qui est aussi flatteur que réducteur ! C’est un rock’n’roll de Bordeaux pour le temps présent et un futur pas si sombre que ça pour les Ahuris. Si vous aimez le "vrai" rock , qui vient de tripes, brut de décoffrage, engagé en texte, avec des cris écorchés et aux mélodies entêtantes et avec des rythmiques ravageuses, qui fait bouger la tête, qui se retient et s’apprivoise... « Tandoori » d’Eiffel est votre plat de résistance ! C'est l’un des seuls que vous trouverez en ce moment dans le paysage du rock français !
Des bises tout d'abord aux adorables Ahuris, présents ce soir, pour leur ferveur et leur travail de soutien à Eiffel, et un merci pour avoir fait vibrer les murs de l’Olympia ! Merci à Romain, Estelle, Hugo et Christophe pour ce concert, et tout le reste.
Rock 'n' Roll attitude, merde ! To be continued... J'espère.
« Mais en attendant / Il ne restait que des mouchoirs / Avec des noeuds pour y penser / Avec des noeuds pour y penser ... / Et les noeuds se défaisaient… »
Eiffel s'est formé en 1998 à Bordeaux. Leur nom est tiré d'une chanson des Pixies, nommée Alec Eiffel, présente sur l'album Trompe Le Monde. En 2002, Eiffel livre son deuxième opus Le 1/4 d'heure des ahuris. Le single Te Revoir connaît le succès en France. Parallèlement, Romain Humeaux signe les arrangements de cordes du titre Des Visages des Figures pour Noir Désir. Après trois albums fabriqués à l’anglo-saxonne suivant les principes artisanaux du “do it yourself”, le groupe emmené par Romain Humeau incarne un rock fabriqué à l’anglo-saxonne suivant les principes artisanaux du “do it yourself : Unique en France ! Avec Tandoori, 2007, le groupe réalise certainement son disque le plus instinctif, le plus homogène et le plus direct aussi.
1996 : Cogito Ergo Destrugere (maxi)
1996 : Oobik & The Pucks
1999 : L'Affaire (maxi 4 titres)
2000 : Abricotine & Quality Street (maxi 4 titres)
2001 : Abricotine
2002 : Le Quart d'heure des ahuris
2004 : Les Yeux fermés (double album, enregistrement public)
2004 : Live aux Eurockéennes de Belfort 2003 (DVD)
2005 : L'Éternité De L'Instant (album solo de Romain Humeau)
2006 : Ma Part D'Ombre (maxi digital 4 titres)
2007 : Tandoori
1996 : Oobik & The Pucks
1999 : L'Affaire (maxi 4 titres)
2000 : Abricotine & Quality Street (maxi 4 titres)
2001 : Abricotine
2002 : Le Quart d'heure des ahuris
2004 : Les Yeux fermés (double album, enregistrement public)
2004 : Live aux Eurockéennes de Belfort 2003 (DVD)
2005 : L'Éternité De L'Instant (album solo de Romain Humeau)
2006 : Ma Part D'Ombre (maxi digital 4 titres)
2007 : Tandoori
Romain Humeau – chant, guitare / auteur-compositeur
Estelle Humeau – guitare, clavier
Christophe Gratien – batterie
Hugo Cechosz – basse
Estelle Humeau – guitare, clavier
Christophe Gratien – batterie
Hugo Cechosz – basse
La Setlist du Concert
EIFFEL
EIFFEL

Shalom (Tandoori - 2007)
Il pleut des cordes (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Saoul (Tandoori - 2007)
Ma part d’ombre (Tandoori - 2007)
Girls just wanna have fun (Cover C. Lauper)
Paris minuit (Tandoori - 2007)
Tu vois loin (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Loony tune for the moon (Tandoori - 2007)
Tes vanités(Tandoori - 2007)
Ne respire pas(Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Disperses (Tandoori - 2007)
Belle de Jour (Tandoori - 2007)
Bigger than the biggest (Tandoori - 2007)
Qu’ai-je donc à donner (Tandoori - 2007)
Te revoir (Abricotine – 2001)
Une à une (Tandoori - 2007)
Sombre (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Il pleut des cordes (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Saoul (Tandoori - 2007)
Ma part d’ombre (Tandoori - 2007)
Girls just wanna have fun (Cover C. Lauper)
Paris minuit (Tandoori - 2007)
Tu vois loin (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Loony tune for the moon (Tandoori - 2007)
Tes vanités(Tandoori - 2007)
Ne respire pas(Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)
Disperses (Tandoori - 2007)
Belle de Jour (Tandoori - 2007)
Bigger than the biggest (Tandoori - 2007)
Qu’ai-je donc à donner (Tandoori - 2007)
Te revoir (Abricotine – 2001)
Une à une (Tandoori - 2007)
Sombre (Le 1/4 d'heure des ahuris – 2002)

Le plat pays (Cover J. Brel)
Rien n’est pour de vrai(Tandoori - 2007)
Encores 2
Tandoori (Tandoori - 2007)
Inverse-moi (Abricotine – 2001)
Avec des si (Tandoori - 2007)
Hype (Abricotine – 2001)
Inverse-moi (Abricotine – 2001)
Avec des si (Tandoori - 2007)
Hype (Abricotine – 2001)
ENCORE 3
Je voudrais pas crever (Abricotine – 2001)