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vendredi 24 septembre 2010

MUMFORD & SONS ~ Le Trabendo. Paris.











Opening : Nathaniel Rateliff + Old Crowe Medicine Show
Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Il suffit de voir le visage des gens à la sortie du concert pour comprendre que Mumford & Sons nous a donné ce soir un spectacle complet et diablement festif.

Mais revenons quelques heures en arrière. Le temps est couvert lorsque j'arrive devant la salle. Déjà trois ou quatre jeunes femmes attendent dont une aux beaux yeux gris que je croise assez souvent dans les salles de concert. La file d’attente s'allonge, d’autant plus que j’apprends que l'ouverture des portes est repoussée à 20h. On voit arriver Marcus Mumford, l'air hilare avec une écharpe du club de football de Wimbledon autour du cou. Enfin c'est la délivrance et j'arrive à me placer sur la gauche en surplomb de la fosse, position idéale non seulement pour apprécier le spectacle mais aussi pour faire des photos.

A peine 10 minutes que nous sommes dans la salle et alors qu'une majorité de gens ne sont pas encore entrées, le premier groupe fait son apparition. Un trio en l'occurrence, il s'agit de Nathaniel Rateliff, musique folk assez intimiste,  et révèle en fin de compte une musique folk de bonne facture  et en fin de compte de bonne facture le tout en à peine 15 minutes. Il me semble avoir déjà vu cet artiste. A vérifier.

Pas trop le temps de souffler car quelques minutes plus tard apparaissent les musiciens composant le groupe "Old Crowe Medicine Show". Pas de batteur, juste six musiciens qui s’alignent sur le devant de la scène: violon, dobro, harmonica, banjo, mandoline et contrebasse, tel est le savant mélange qui nous fait face. D'entrée le groupe basé à Nashville va mettre une grosse ambiance dans la salle avec leur musique mélange de bluegrass, de folk endiablé et de country avec une touche de musique cajun. C'est festif et surtout c'est interprété avec brio et talent. Le groupe prend du plaisir et le communique au public et quels que soient vos goûts musicaux, impossible de résister à cette farandole typiquement américaine. En l'espace d'une demi-heure toute la salle sera atteinte du syndrome du bonheur. Même si le groupe ne révolutionne rien, quel plaisir il distille !

Le Trabendo est archi plein ce soir, beaucoup d'Anglais ont fait le déplacement et on suppose que d'ici peu de temps M&S pourra remplir sans problème une Cigale ou un Bataclan. Mais aujourd'hui nous avons encore la chance de les voir dans un lieu assez intimiste alors il faut en profiter. En face de moi, un clavier rouge, sur ma droite une grosse caisse près d'un pied de micro et en retrait une batterie qui ne servira qu'épisodiquement car, oui, Mumford & Sons n'ont pas de batteur, enfin juste un occasionnellement. Et l'absence de cet instrument ne choque pas, on n'y pense même pas d'ailleurs.

J'avais quitté Mumford & Sons sur une bonne prestation à la Maroquinerie au mois de février dernier et ce soir ils vont carrément nous donner une bonne leçon de bonheur et de joie. L'élément catalyseur est bien sûr Marcus Mumford le charismatique chanteur/guitariste/batteur du groupe (sans oublier la mandoline) qui met de suite la salle dans sa poche par sa bonne humeur évidente, on sent un groupe qui n'est pas blasé par leur énorme succès. Pour rappel leur tournée est sold out partout et en Angleterre il joue dans des grandes salles.

C'est traditionnellement avec Sigh No More que le groupe ouvre le concert, Le ton est donné, ceux qui ne connaissent pas savent maintenant dans quel registre le groupe évolue, du folk festif qui rappelle les différents folklores anglo-saxons, il y a beaucoup de lyrisme, une petite dose de rock dit "héroïque" et surtout beaucoup entrain. En bref Mumford & Sons c'est un petit miracle tout simplement. Par rapport à la dernière fois le groupe a encore progressé en puissance mais avec toujours cette impression que l'on assiste à une fête entre amis, les sourires et les rires sont de rigueur, Marcus aimant bien dialoguer et parfois titiller notre côté patriotique et surtout la «guéguerre» Français/Anglais mais tout cela dans la bonne humeur. La voix est parfaite, elle donne presque des frissons et à chaque morceau on attend le démarrage et l'accélération finale. Et à chaque fois cela marche. Le Trabendo ondule de plaisir sur chaque morceau, le banjo et le dobro (est ce un dobro d'ailleurs?) nous font vibrer et l'orgue nous rappelle qu'Arcade Fire n'est au fond pas si loin. Pas vraiment de temps mort à part les intermèdes entre chaque morceau où Marcus discute tout en se raccordant. La set list est tout simplement parfaite avec quelques nouveaux morceaux qui augurent bien le futur et toujours les chansons du premier album en forme de chevauchée fantastique et épique. Si le folklore des îles britanniques est la première chose qui vient à l'esprit on ne peut nier que parfois l'Amérique du grand ouest et des cowboys ne soient aussi présents.

Que rajouter de plus ? Les autres membres du groupe sont tout simplement parfaits avec un bonus pour Ben Lowett, le clavier, complètement impliqué dans son truc. A noter la présence de trois cuivres sur certains morceaux donnant une touche encore plus chaude et épique une fois de plus aux compositions de M&S, et oui il y a aussi un peu de Beirut dans tout cela! Les tops du concert ? Sigh No More évidemment auquel je rajouterais le splendide White Blank Page magistralement servi par la voix assez extraordinaire tout de même de Marcus, et enfin je citerais The Cave qui nous vaudra un final magnifique et tellement beau. Voir la salle exploser pendant ce morceau c'est tout simplement merveilleux. En cours de spectacle Marcus jouera de la batterie sur deux morceaux tandis que Ben Lowett s'installera lui devant un vieux piano bastringue pour un morceau assez entraînant ou on le verra maltraiter son clavier comme un jeune Jerry Lee Lewis, je pense que cela doit être un des nouveaux morceaux.

Le concert se termine au bout de 88 minutes, pas mal tout de même pour un groupe qui n'a qu'un album et surtout trois morceaux de plus par rapport à leur prestation du mois de février dernier. Belle réussite et beaucoup de bonheur dans les yeux des gens. J'ai de la chance, Ben Lowett prend sa set list et me la donne, que demande le peuple !

Il est maintenant 22h35 et je m'apprête à rejoindre Julie et sa sœur quand je reçois un coup de téléphone provenant de Michael dont le propos est clair « Karen Elson n'est toujours pas arrivée à la Boule Noire, le coup est jouable...» Décision rapide : j’y vais. »





photos de gilles b


Mumford and Sons est un groupe de folk rock anglais, formé en 2007.

(http://www.myspace.com/mumfordandsons)
 



 Albums
Sigh No More (2009)

EP
    •    Little Lion Man (2009)
    •    Winter Winds (2009)
    •    The Cave (2010)






Marcus Mumford (vocals, guitar, drums, mandolin)
Winston Marshall (vocals, banjo, dobro)
Ben Lovett (vocals, keyboards, organ)
Ted Dwane (vocals, double bass)


 La Setlist du Concert
MUMFORD & SONS


Sigh No More (Sigh No More - 2010)
Awake My Soul (Sigh No More - 2010)
Winter Winds (Sigh No More - 2010)
Roll Away Your Stone (Sigh No More - 2010)
Timshel (Sigh No More - 2010)
Nothing Is Written (New Song)
I Gave You All (Sigh No More - 2010)
Little Lion Man (Sigh No More - 2010)
Lover Of The Lights (New Song)
Thistle And Weeds (Sigh No More - 2010)
Whispers in the Dark (New Song)
White Blank Page (Sigh No More - 2010)
Dustbowl Dance (Sigh No More - 2010)

Encore

After The Storm (Sigh No More - 2010)
The Cave (Sigh No More - 2010)





La durée du concert : 1h28

AFFICHE / PROMO / FLYER














dimanche 21 février 2010

MUMFORD & SONS ~ La Maroquinerie. Paris.












Opening : Tune Yards + Mugison





Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Je n’aime pas trop aller à un concert le dimanche, c’est stupide me direz-vous mais c’est comme ca, j’aime bien profiter de ma soirée tranquillement chez moi, avant d’attaquer une nouvelle semaine de travail. Mais ce soir, c’est l’exception, car je ne pouvais pas rater la venue de Mumford & Sons, pour leur premier concert en France (le second rétorqueront certains amis, mais un show de 20 ou 25 minutes au Baron, est-ce vraiment un concert ?). En tout cas, en arrivant à la même heure qu’hier, je constate qu’il y a déjà un peu de monde qui fait la queue, des habituées pour la plupart (au féminin, car bien sûr c’est la gente féminine qui se trouve là). Mais pas de problème néanmoins pour prendre place au premier rang. Un bon contingent d’Anglais a fait le déplacement - ou plutôt d’Anglaises dans le cas présent -, Mumford & Sons affichant toutes ses dates sold out en Angleterre. Depuis quelques temps, je me suis rodé sur leur excellent premier album « Sigh No More ». Cécile et Alice (surnommées par moi-même les « Rayons de Soleil », du fait de leur bonne humeur et leurs tenues flashy) prennent place à mes côtés juste avant que le premier groupe n’entre sur scène.

Tune Yards, je ne sais que ce que m’a dit Robert : « Je viens pour elle » ! Bon, c’est plutôt énigmatique, mais nous verrons bien... Emmené par la truculente et sympathique Merrill Garbus, Tune Yards fait, comme beaucoup d’autres, dans le rock minimaliste. Sur scène, elle est accompagnée d’un bassiste, mais ce que l’on retient surtout, c’est le style musical, une espèce d’hommage à l’Afrique du Sud et ses hymnes zoulous… Elle porte d’ailleurs sur la figure des sortes de peintures de guerre, à moins que cela ne soit plutôt des peintures de paix ? Avec sa mini guitare à quatre cordes, on part dans des sonorités qui flirtent aussi du côté des îles. De plus, elle s’aide d’une machine à faire des boucles avec sa voix et sa guitare, créant ainsi une superposition de bruits et de sons originale au début mais lassante au bout du sixième morceau. Je m’explique : c’est bien de faire de la musique avec les moyens du bord, mais à force de voir un tas d’artistes faire presque la même chose, je me lasse. Pour moi, il n’y a que St Vincent qui me touche avec l’utilisation de telles boucles enregistrées. Bien sûr, Tune Yards respire la gentillesse, la sympathie et la drôlerie, mais cela ne va pas plus loin pour moi.

Après ce hors d’œuvre tout de même agréable, place à Mugison, inconnu pour moi, mais a priori assez renommé dans son ile natale, l’Islande. Quand je vois le gars débarquer avec sa guitare et sa machine électronique bizarre (une sorte de synthétiseur bricolé made in Mugison), je prends peur, encore un folkeux !!! Eh bien pas vraiment, le Mugison, c’est un drôle d’oiseau, et plus qu’un tour de chant, ce serait plutôt à un numéro d’amuseur publique que l’on aura droit. Oh bien entendu, l’artiste a une belle voix (il nous a fait une imitation de Tom Waits pas piquée des vers), mais c’est surtout ENTRE les morceaux que cela se passe…. Ou alors pendant, quand il s’interrompt soudainement pour passer à une autre chanson, ou alors quand à force de se balancer sur sa chaise, il se casse la figure en arrière tout en continuant à jouer. Et ce qui est bien avec un Islandais, c’est que quand il parle en anglais, on comprend pratiquement tout ! Et quand il raconte ses histoires vécues ou imaginaires - Dieu seul le sait -, on se tord de rire. Blagues scatologiques (« I shit on myself during a concert ») ou sur la religion, tout y passe mais avec la manière et avec un humour décapant et singulier. Mais au final, le bonhomme nous montre tout de même qu’il est capable de nous concocter un boogie blues pas piqué des hannetons. Et pour finir, il nous donne rendez-vous quelque part en dehors de la salle : « Mes CDs sont à 5 euros, mais si vraiment vous n’avez pas d’argent, eh bien je vous les donnerai… » ! Oui décidément, le personnage est singulier et attachant.

Le contraste est rude maintenant entre la décontraction et le relatif amateurisme des artistes précédents et la rigueur apportée pour mettre en place les retours et tester les micros et autres accessoires de Mumford and Sons (quoi de plus chiant – et ridicule - d’ailleurs que le roadie qui bouge le retour de 2cm toute les minutes et qui en fin de compte a oublié de le brancher…). Tout cela n’est pas vraiment rassurant, mais dès que les membres de Mumford & Sons envahissent la scène, on s’aperçoit vite que la décontraction et la bonne humeur sont de rigueur. Ce soir, la guitare électrique n’a pas vraiment sa place : banjo, guitare acoustique et contrebasse sont les rois. Derrière nous, la tribu des Anglaises c’est rapprochée pour fêter leurs héros, et dès le premier morceau, nous sommes dans le bain : harmonies vocales avec le chanteur/guitariste et accessoirement batteur Marcus Mumford, personnage plaisant et assez charismatique. Un peu dans la même lignée que Fanfarlo, mais en plus incisif, Mumford and Sons va mettre dans sa poche  toute la salle très rapidement. J’adore l’usage qui est fait du dobro, cela confère un feeling « rural » à leur musique. Folk-rock ? Oui, on peut dire cela, sauf que pratiquement chaque morceau est l’objet de cavalcades frénétiques et échevelées, après un départ toujours doux et presque euphorisant. Mon problème ce soir, c’est que je n’ai pas pu apprécier le concert à 100% à cause d’un début de crève qui me fatiguait plutôt. Mais j’ai pu me rendre compte que ces Anglais en voulaient… 68 minutes de concert pour un seul album, c’est plus que correct, ils prenaient du plaisir et ca cela se voyait… Une chose qui m’a particulièrement fait sourire dans ce contexte de combo jouant des airs endiablés, c’est le look du clavier que l’on aurait plutôt cru sorti d’un groupe de Nu-Rave. Bref un beau concert, avec en point d’orgue des morceaux comme White Blank Page et ses accents de nostalgie, et The Cave bien sûr, l’archétype de leur style pourrait-on dire… J’hésite d’ailleurs en entendant cette chanson : quelles en sont les origines, folklore anglais ou nord-américain ? Ou n’est-ce pas là la synthèse parfaite de ces deux folklores ? Marcus le chanteur semble épuisé, son taux de transpiration en témoignant… surtout lorsque il accordera sa guitare entre deux morceaux, avant de finir par lâcher : « En vérité, c’est pour que je récupère, ma guitare, elle n’a pas besoin d’être accordée… ». Tout cela dans une bonne humeur générale... Un regret ? Oui peut être, simplement que le public ne se soit pas plus lâché ce soir, mais comme nous l’a annoncé Marcus : rendez vous normalement au mois d’avril.

Voilà encore une belle soirée, et plein de découvertes, avec un Mumford and Sons bien au dessus de la moyenne des groupes actuels : je vous conseille d’ailleurs leur excellentissime album « Sigh No More ». C’est tout de même fatigué que je rentre chez moi, il faut que je me soigne, demain c’est le « One Man Band », Bob Log III au même endroit : du roots et du bon ! »








 

Mumford and Sons est un groupe de folk rock anglais, formé en 2007.

(http://www.myspace.com/mumfordandsons)








Marcus Mumford (vocals, guitar, drums, mandolin)
Winston Marshall (vocals, banjo, dobro)
Ben Lovett (vocals, keyboards, organ)
Ted Dwane (vocals, double bass)


Sigh No More (Sigh No More - 2010)
Awake My Soul (Mumford and Sons EP - 2008)
Little Lion Man (Sigh No More - 2010)
White Blank Page (Sigh No More - 2010)
Lover Of The Light
Timshel (Sigh No More - 2010)
Thistle & Weeds (Sigh No More - 2010)
Untitled
The Cave (Sigh No More - 2010)
Roll Away Your Stone (Sigh No More - 2010)
Dust Bowl Dance (Sigh No More - 2010)

Encore

Whispers In The Dark






La durée du concert : 1h05


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