Opening : 1973

Leur septième album, « Love 2 » (mixé par Stéphane Briat, déjà présent sur « Moon Safari ») est un événement en soi, et veut être un retour vers le passé, une tentative d’actualiser la saveur vintage des débuts… et l'objectif est plutôt atteint ! Pas un nouveau chef-d'œuvre, non, mais un album qui vient nous rappeler qu’Air est toujours présent. Le souvenir un peu kitsch d’un sound décoloré des atmosphères des précédents albums, sur un rythme accrocheur, apaisant et rêveur : un bon disque mais… banal ! Peut-être le problème réside-t-il dans le fait qu’Air a créé ses chefs-d’œuvre trop tôt.
Le temps s'est vraiment arrêté. Le sold-out au Casino de Paris était pré-annoncé, et la salle, en ce 11 janvier 2010, pour le premier de deux concerts successifs, est remplie des gens de tous âges, manifestant un enthousiasme certain, et pas du tout intimidés par le froid de l’hiver. En effet, les raisons d'être là sont nombreuses, Air ayant été, au cours des années, en mesure d'offrir à son public une combinaison unique d’électronique et de pop, une musique mélodieuse et psychédélique, réunie par un fil commun d'atmosphères mélancoliques et rêveuses. Pour les amateurs de musique électronique, il y a des concerts qui ne peuvent pas être manqués, des groupes qu’il est inimaginable de ne pas aller voir. Air appartient à cette catégorie.
20h30 : un trio parisien fait office de première partie : 1973. Bof, un son synthétique pour une pop folk aérienne assez « West Coast », rien de très originale : c’est gentil, sans plus. L’ennui plane même sur la salle pendant leurs longues séances d’accordage des guitares.
21h15 : le concert commence enfin. Le logo Air, métallique, apparaît sur l'écran du fond. Le groupe de Versailles, soit Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, fines silhouettes élégantes et timides, entrent en scène sur une intro de percussions légères. Ils sont en pantalon et chemise blanche parfaitement repassée… Derrière eux, au centre, un batteur anglais (Alex Thomas), et un système d’éclairage étudié dans tous les détails, avec des projections vidéo sur la toile de fond. L’image qui restera est une voile de lumière blanche qui a poignardé l'ombre. Jean -Benoît, à ma gauche, s’installe devant son mur de synthétiseurs vintage, avec en évidence le bon vieux clavier d'un Korg MS-20, prêt à chanter, pendant que Nicolas, à ma droite, se prépare entre la basse et la guitare.





Le rappel arrive, prévisible, après deux minutes de pause : c’est un nouveau Heaven's Light… alors que de nombreuses chansons sont laissées de côté. Et, de manière tout aussi prévisible, le groupe ferme les portes de leur boîte de nuit imaginaire avec les deux classiques que tout le monde attendait et qui enfin brisent la glace (cette glace si habilement construite par le duo de Versailles) : Sexy Boy et en final La Femme D'Argent, une orgie de sons et de lumières, une longue version instrumentale qui prolongera notre plaisir sur près de neuf minutes. Des chansons qui sont comme des larmes à mes yeux, et qui, avec leur chaleur analogique, réussissent à creuser profondément leur sillon à l'intérieur de nous. Une nouvelle standing ovation arrive alors, et c'est le temps de se quitter définitivement, avec le théâtre illuminé comme en plein jour et les musiciens d’Air qui enlèvent les masques : Jean-Benoît et Nicolas semblent se sentir de plus en plus à l’aise, ils se laissent aller à sourire et à d’innombrables « Merci beaucoup » sans vocoder. La soirée de French Touch est bien terminée.
Beaucoup trop tôt, le groupe salue et remercie, et tout se termine comme ça a commencé, c'est à dire sans excès d'adrénaline mais sans aucune trace d'ennui. En fait, maintenant que les lumières s'allument dans la salle, et qu’on voit les visages des spectateurs, on se rend compte qu’il n’y a pas de jeunes ados... Ces spectateurs ont grandi avec la musique d’Air, et un élément de mélancolie que je n’avais pas encore perçu fait son apparition. Parfait : In the mood for Air ! La magie Air a opéré, et on a eu un concert correspondant parfaitement aux attentes : ils ont joué d’une façon magistrale et sans bavures des morceaux du nouvel album, qui a été très applaudi, et des chansons historiques qui ont fait le bonheur des vrais fans, dans une atmosphère planante électro rétro. De toute évidence, à un concert d’Air, on y va (aussi) dans l'espoir de revivre la magie de "Moon Safari", et ce soir ils nous gracieusement satisfaits avec quatre titres, même si cela a été fait sans folie. C’était un voyage dans un rêve de musique, qui sait capter l'auditeur par la grâce de ses sons originaux et de ses mélodies parfois raréfiées : le monde d’Air est bien représenté par ce nom, qui peut aussi signifier : Amour, Imagination, et surtout Rêve. On s’est laissé porter et l’imagination a fait le reste. Un vrai régal pour les oreilles...
Le public quitte la salle et la 5ème dimension des Electronics Performers, heureux d’y avoir trouvé ce qu’il cherchait. La douce mélancolie, dans cette ambiance quasi onirique, a été reine. Dehors, un couple en voiture écoute encore Sexy Boy à haut volume, il y a des sourires sur leurs visages. Et, bien sûr, ils ne dansent pas...
One day i too will be beautiful like a god
Sexy Boy Sexy Boy... »

Air est un groupe de musique français formé à la fin des années 1990 composé de Jean-Benoît Dunckel et de Nicolas Godin. Clairement assimilés au mouvement musical french touch (musique électronique française) leur succès est international, particulièrement aux États-Unis et au Japon. En 10 ans de carrière, le groupe a acquis une forte notoriété dans le monde de la musique électronique de par son succès, la création d'un genre à part, et l'univers qui gravite autour du duo. À la frontière de l'électronique, de la pop, du rock psychédélique, le groupe crée son propre style musical en offrant des mélodies cosmiques dans lesquelles de nombreux riffs de guitare accompagnent des sons électroniques et des voix vocodées.
(http://www.myspace.com/intairnet)
1997 Premiers Symptomes
1998 Moon Safari
2000 The Virgin Suicides
2001 10,000 Hz Legend
2004 Talkie Walkie
2007 Pocket Symphony
2009 Love 2
2000 The Virgin Suicides
2001 10,000 Hz Legend
2004 Talkie Walkie
2007 Pocket Symphony
2009 Love 2
Jean-Benoît Dunckel - Synths moog
Nicolas Godin - Guitar & Bass
+ Alex Thomas: Drums
1. Do The Joy (Love 2 - 2009)
2. So Light Is Her Footfall (Love 2 - 2009)
3. Love (Love 2 - 2009)
4. Remember (Moon Safari – 1998)
5. J'ai dormi sous l'eau (Premiers Symptomes - 1997)
6 Venus (Talkie Walkie – 2004)
7. Missing The Light Of The Day (Love 2 - 2009)
8. Tropical Disease (Love 2 - 2009)
9. People In The City (10 000 Hz Legend – 2001)
10. Radian (10 000 Hz Legend – 2001)
11. Cherry Blossom Girl (Talkie Walkie – 2004)
12. Be a Bee (Love 2 - 2009)
13. Highschool Lover (The Virgin Suicides - 2000)
14. How Does It Make You Feel? (10 000 Hz Legend – 2001)
15. Talisman (Moon Safari – 1998)
16. Alpha Beta Gaga (Talk Walkie - 2004)
17. Kelly Watch The Stars (Moon Safari – 1998)
13. Highschool Lover (The Virgin Suicides - 2000)
14. How Does It Make You Feel? (10 000 Hz Legend – 2001)
15. Talisman (Moon Safari – 1998)
16. Alpha Beta Gaga (Talk Walkie - 2004)
17. Kelly Watch The Stars (Moon Safari – 1998)
Encore
18. Heaven's Light (Love 2 - 2009)
19. Sexy Boy (Moon Safari – 1998)
20. La Femme d'Argent (Moon Safari – 1998)
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