Blogger Template by Blogcrowds

samedi 24 novembre 2007

Electrelane - Le Trabendo. Paris.








Premières Parties : Anni Rossi - Tender Forever
Ce qu'en a pensé Eric :

Soirée féminine au Trabendo, placée en outre sous le signe d'un certain désespoir transi : depuis quelques jours, nous savons que les filles d'Electrelane ont déclaré forfait, et décidé d'arrêter les frais.
Gilles B. fan number 1 de Mia, est triste, forcément, et nous aussi, quelque part.
Novembre est redevenu glacial, les filles d'Electrelane sont à leur stand de merchandising et discutent avec leur public, agglutiné autour d'elles plutôt que devant la scène : faut-il expliquer la fatigue, n'est-il pas humain de simplement renoncer ?

Anni Rossi monte sur scène, seule avec son courage et son violon, qu'elle torture pour en tirer la bande-son de son malaise. Pas courant de voir une femme chanter ainsi la banale horreur de son existence tout en faisant grincer ses cordes, et en martelant l'estrade sur laquelle elle est grimpée, en guise de rythmique. La voix d'Anni est magnifique, parfois sublime de justesse froide et de lucidité tremblante à la fois. Ses mots sont douloureux comme des doigts saisis par le froid d'avoir trop joué avec de la neige. D'un coup, je suis frappé par une certaine évidence (la chemise de bûcheron à carreaux, le jean ?), cette musique est la bande son parfaite de "Blankets", la géniale autobiographie de Craig Thompson : même désespoir tenace face à une vie transie au fin fond de l'Amérique rigoriste, et déjà perdue... alors qu'on est encore si jeune ! Cela dure 20 minutes, c'est très beau, mais ça suffit !
Si l'humour est la politesse du désespoir, alors Tender Forever est très polie et très très désespérée. Pendant les 50 minutes de son show qui ne ressemblait à rien que je n'aie jamais vu (ni vous non plus d'ailleurs), Tender Forever a joué du ukulélé, admis qu'elle aimait bien qu'on la traite de "karaoké", a remercié l'effet de la drogue qu'on lui avait injectée dans la fesse avant le concert pour qu'elle puisse chanter, a fait un numéro en duo avec une Beyoncé virtuelle, a pris des cours de danse avec son groupe lui aussi virtuel ("Tu es trop punk electro, ça fait très 1999" se moquent ses comparses sur l'écran), nous a projeté des diapos de vacances suintantes de banalité amère et pourtant hilarantes, s'est jetée dans la foule (c'est-à-dire sur nous). Mais surtout, elle a chanté, crié, psalmodié une belle poignée de chansons à la foisbouleversantes et très drôles. J'ai senti plusieurs fois mon coeur se serrer, parfois sur une plaisanterie un peu trop "près de l'os" ("si vous n'avez pas de sous pour achetr mon disque, venez me parler. Parler, je sais faire" ou "Je suis là pour faire de l'argent, ça se voit, non ? Je suis pas trop bien partie, hien ?"), souvent sur une de ces mélodies nues, embellies par la magie d'un Mac et d'un simple projecteur. En rappel, une reprise de Cher (si ! si !) au ukulélé, pendant laquelle elle a fait chanter la foule : superbe tristesse de petite fille gay et déjantée, un très beau et très cher concert pour l'âme et pour le coeur.
Le coeur, voilà bien ce que les filles d'Electrelane ont oublié, tant leur musique, d'une beauté souvent envoûtante dans ses schémas complexes mais son fonctionnement "mathématiquement" simple, parle d'abord à la tête, puis au corps (... quand tout s'accélère...!), mais jamais aux émotions. Du coup, les 90 minutes de leur "ultime" concert en France ("Don't split ! Don't split !" hurlèrent régulièrement des voix désespérées. Mais il y aura quand même un "When is the reunion tour ?" pour faire sourire les musiciennes.) seront l'occasion de se laisser aller à une promenade rêveuse dans ce labyrinthe souvent purement instrumental, régulièrement abstrait et technique, qui me rappelle parfois le travail de Robert Fripp sur les derniers chefs d'oeuvres de King Crimson ("Red" et surtout l'extraordinaire "Larks Tongues in Aspic"). Le public est ivre d'amour et de tristesse de voir ses chouchous jeter l'éponge, et du coup, chaque démarrage de la guitare de Mia - malheureusement un tantinet sous-mixée ce soir - est anticipé et accueilli par des cris d'encouragement et d'enthousiasme : lorsque le rythme s'accélère - disons quand on passe d'un rythme de transe hébétée, héritée du Velvet, à une épilepsie en mode automatique qui rappelle les merveilleux Feelies -, le public fait semblant d'être à un concert des Kaiser Chiefs, et nous voilà bien écrasés, surpris, contre la barrière. Peut-être parce que je trouve personnellement la musique d'Electrelane trop abstraite pour provoquer en moi autre chose qu'une excitation physique pavlovienne, je suis quand même étonné de cette ferveur, qui, quelque part, me rappelle dans son enthousiasme forcé le désespoir d'un amant que sa maîtresse va quitter en lui avouant qu'il n'a jamais été vraiment un bon coup.
Dans cette musique apparemment imperméable à tout désir et tout affect, le sexe, moteur essentiel du rock'n'roll, s'est cristallisé sur Mia, guitariste rageuse au visage de poupée, et au mutisme souriant. Les fans crient son nom, comme un reproche à demi voilé : les filles sur la scène sourient avec une bienveillance un peu hautaine, pour bien nous faire comprendre que ce jeu-là, celui de la séduction, elles ne l'ont jamais joué. D'ailleurs, Mia restera dans la quasi pénombre ce soir, le visage dissimulé derrière ses cheveux, restant (pour toujours ?) une énigme.
Pour finir, je dirai qu'Electrelane jouera bien, très bien, ce soir, sans montrer aucune des limites techniques constatées en première partie d'Arcade Fire en Mars à l'Olympia, ou sur le DVD du concert de Paredes de Coura en Août, et que ça a aura été un vrai bonheur - de mélomane, cette fois - de les suivre au long des constructions alambiquées mais répétitives de leurs meilleurs morceaux (les instrumentaux). Je resterai personnellement plus réservé face à leurs penchants pop, guère transcendants : voix éthérées et mélodies pâlichonnes, on reste bien dans les canons de la noisy pop tels que définis dans les 90's par The Jesus & Mary Chain. Le concert se finira par un second rappel, pas nécessairement prévu, avec une belle reprise fracassée du "I'm On Fire" de Springsteen, qui apporte la preuve par l'absurde que ce qui manquait à Electrelane pour connaître un vrai succès public, c'est justement ça : des chansons, simples et solides, qui parlent d'émotions banales.

Mais ne regrettons rien, lorsque nous en réclamons encore, encore, Mia revient, débouche une bouteille de champagne sur scène et la tend au premier rang (nous la tend, donc !) pour que nous la buvions à la santé de la mort d'Electrelane. Gilles B en prend une grande rasade, mais je ne suis pas sûr que ce concert ait beaucoup amélioré son pessimisme actuel. Dehors, Novembre reste glacial et la nuit a encore l'air plus triste.








Electrelane – Le Trabendo. Paris.








Premières Parties : Anni Rossi - Tender Forever


Ce qu'en a pensé Gilles B. :

 

« 18 septembre 2007, mise en vente des places pour le concert d'Electrelane au Trabendo, je suis aux anges, mon groupe fétiche revient à Paris et de plus, dans une salle convenable (pas d'Elysée Montmartre cette fois). C'est dit, ce concert sera le point d'orgue du mois de novembre avec pas moins de 19 concerts au programme. Et voila qu'il y a deux semaines, alors que le concert affichait déjà complet depuis quelques jours, la nouvelle tombe sur le net et me fige sur ma chaise : le groupe se sépare après la tournée, ou plutôt fait une pause prolongée, sans avenir certain pour le groupe. Une chappe de plomb tombe sur mes épaules, pas mal de pensées se bousculent dans ma tête : l'incompréhension d'abord, pourquoi ? Alors que le groupe commençait à émerger et n'avait pratiquement que des critiques élogieuses tant au niveau des disques que des concerts... Mais ce qui au moins calme cette boule au ventre insidieuse que j'ai ressentie après cette mauvaise nouvelle, c'est primo, que les filles n'annulent pas les concerts, et segundo, qu’il ne semble pas que la raison de ce "break" soit un problème de mésentente entre elles.
Samedi 24 novembre, je m'en vais tôt de chez moi, pas envie d'attendre à la maison, direction le Trabendo. J'arrive devant la salle, une autre personne est déjà là, mais il n'est même pas 18h. Vincent vient me saluer, il va lui assister au concert des Chemical Brothers au Zénith. Dommage, j'aurais tant aimé que toute notre bande soit réunie... Je vois les filles d'Electrelane sortir du Trabendo, l’idée d'aller les voir me passe par la tête un instant mais j’y renonce, pas envie d'aller les ennuyer. Quelques minutes plus tard, arrivé de Verity Susman et à ma grande surprise, elle me regarde et me dis bonjour en français avec un sourire : cela fait toujours plaisir, je ne sais pas si elle m'a reconnu (je les avais rencontrées il y a quelques mois à la sortie de l'Olympia), mais en tout cas, j'ai apprécié cette simple marque de gentillesse. Les gens commencent à arriver tranquillement, Gilles P, puis Eric en compagnie de Patricia arrivent à leur tour, voila nous sommes au complet.
Ouverture des portes assez tôt, direction la fosse sur la gauche, on sera devant Ros Murray. L'atmosphère est nostalgique, je vais faire un tour sur le stand de merchandising, je vois Verity en train de mettre des CDs dans leurs pochettes, elle me dit que c'est ceux de la première partie, qui se nomme Anni Rossi et que c'est très bien ! Original ! J'achète le seul tee shirt d'Electrelane qui me manque encore, et retour sur le devant de la scène pour voir donc Anni Rossi, jeune artiste jouant de la viole, tantôt normalement, avec un archet, tantôt comme si c'était une guitare. Les chansons sont tristes et nostalgiques, mais Anni réussit à nous émouvoir et à retenir notre attention. Montée sur une grande caisse en bois, elle la martèle avec ses bottes pour imprimer un rythme accompagnant son violon plaintif. Elle sortira de scène, timide sous les applaudissements d'un public ouvert à toutes sortes de musique.
Place maintenant à Tender Forever. Mélanie, qui avait déjà assurée la première partie des 4 filles de Brighton va-t-elle nous refaire le même show ? Eh bien non, toujours décalée et originale, elle arrive sur scène avec un rhume carabiné mais elle nous rassure : « Avec ce qu'elle a pris dans les fesses, elle devrait vite être en pleine forme » ! Anecdote ensuite sur le Trabendo, « Ce n'est pas Paris ! », dit-elle. Puis de nous raconter entre chaque chanson son voyage dans le mini bus d'Electrelane. Mélanie chante, danse, joue du ukulélé, de la guitare, et surtout nous fait partager son univers à travers ses chansons qui, au premier abord, vous paraissent anodines, mais sont véritablement des tranches de vie : dieu sait que Mélanie en a beaucoup à nous raconter. Grosse rigolade quand elle nous parle cette fois-ci, non pas des Destiny Child, mais de Beyonce, avec projection de photos montage d'elle avec la diva. Ce sera ensuite son voyage à Los Angeles avec Electrelane, toujours raconté par l'intermédiaire de diapos. Bref plein d'anecdotes rigolotes mais montrant aussi la dureté de se métier, Mélanie a dû en baver, elle en bave toujours mais raconte ses galères avec son humour, jamais amer, partageant ses expériences avec le public. Elle nous touche, nous déride, quelque part nous subjugue par sa manière de mener son show, original et unique. Tender Forever mérite qu'on s'attache à elle. Et lorsqu'elle chantera pour finir Tender Forever, nous aurons droit à un magnifique stage diving pendant lequel nous la porterons bras tendus. Epuisée, Mélanie aura bu toutes les bouteilles d'eau se trouvant sur la scène, elle nous quittera au bout de 55 très émouvantes minutes. Belle artiste sans fard, Tender Forever mérite toute notre estime.
Assez surprenant, ce sont les filles d'Electrelane qui s'affairent maintenant sur scène à préparer elles-mêmes leur matériel comme si de rien n'était. Enfin les voila qui entrent sur scène pour leur ultime concert en France et à Paris. Ovation du public bien entendu. C'est maintenant traditionnel, les notes cristallines du piano de Verity annoncent Bells, la basse et la voix de Ros prennent le relais (je ne m'étais d'ailleurs jamais aperçu que c'était elle et non Verity qui chantait l'intro),la voix de Verity Susman reprenant ensuite avant que la délicieuse Mia Clarke apporte ses riffs acérés pour mettre le morceau sur orbite. Petite déception au niveau du son, beaucoup trop faiblard à mon gout, dommage. Bells représente une synthèse de la musique d'Electrelane, un morceau étalon. Le public est bien sur sous le charme, beaucoup de "Mia I love you" retentissent dans la salle, elle sourira d'un air presque gênée. Mais celle dont on parle peu, toujours en retrait derrière ses fûts, qui assure le beat, accélère souvent le tempo - les filles sont à ses ordres, il suffit de voir Ros et Mia la regarder pour attendre le moment ou il faut changer de rythme – c’est Emma Gaze, d'une efficacité redoutable. Ce soir, je trouve que Verity chante particulièrement juste, sa voix est parfaitement placée et elle dirige le groupe de main de maître. Le show va alterner les morceaux lumineux de « No Shout No Calls » qui ont ouvert une nouvelle voie à Electrelane, et les morceaux plus anciens, plus instrumentaux, plus sombres, comme Long Dark ou U.O.R, ou encore les hypnotiques Eight Steps (superbe) ou Two For Joy (magnifique).
Tout au long du concert, les filles d'Electrelane répondront timidement aux acclamations du public, c'est ainsi, les grandes démonstrations n'ont jamais été leur fort, elles sont heureuses, ainsi il suffit de voir leur visages, c'est tout simplement une forme de pudeur et moi, je trouve cela bien. Ces filles la sont accessibles, on peut aller les voir et discuter avec elles, elles ne sont pas « fake » tout simplement, et c'est pour cela que je les aime. Nous aurons droit à 2 rappels (rare pour Electrelane), avec en final, I"m On Fire... J'aurais bien aimé qu'elle nous joue The Partisan mais ne nous plaignons pas. Elles reviendront sous les acclamations du public pour nous offrir une bouteille de champagne avant de se retirer définitivement. C'est à cet instant que de la nostalgie et une grande tristesse me sont tombées dessus. Oui c'est vrai et je l'ai dit à mes amis, Mia représente pour moi une sorte d'idéal féminin, elle me plait et me séduit, je ne m'en cache pas mais avant tout, c'est leur musique que j'ai aimé, cette musique qui est pour moi si particulière, sans concessions aucunes, ne ressemblant à aucune autre : du Krautrock pour certains, mais moi je n'aime pas cette étiquette, elles font tout simplement une musique libre de toute contrainte.
Ce soir le concert aura été plus long qu’à l’ ordinaire, 90 minutes : un bon concert d'Electrelane, certainement pas le meilleur, trop d'émotion pour ma part pour apprécier à 100%. Je resterai à la traine à la fin du concert, je vois Verity discuter avec des gens, je me pose la question, que faire ? Les attendre ? Leur dire merci ? Non, je garderai tout cela en moi : à quoi bon, puisque leur décision est prise de suspendre le groupe pour une durée indéfinie ? Voila, je repars seul dans ma voiture, un grand vide en moi, je n'aurai plus que les CD pour me consoler. »



 
Electrelane est un groupe de rock anglais originaire de Brighton, formé en 1998 par Verity Susman et Emma Gaze. Les influences du groupe sont à trouver notamment du côté de Pink Floyd (le premier album principalement), du Velvet Underground, de Patti Smith...
(www.myspace.com/electrelane)




 


Verity Susman - Keyboards, Voice, Guitar
Mia Clarke – Guitar / Voice
Ros Murray - Bass
Emma Gaze - Drums











Bells (Axes - 2005)
This Deed (The Power Out – 2004)
After The Call (No Shouts, No Calls - 2007)
UOR (Rock It To The Moon - 2001)
To The East (No Shouts, No Calls - 2007)
In Berlin (No Shouts, No Calls - 2007)
Blue Straggler (Rock It To The Moon - 2001)
The Greater Times (No Shouts, No Calls - 2007)
Birds (The Power Out – 2004)
Beetween The Wolf And The Dog
Eight Steps (Axes - 2005)
Five (No Shouts, No Calls - 2007)
If Not Now When? (Axes - 2005)
Long Dark (Rock It To The Moon - 2001)
 
ENCORES 1

On Parade (The Power Out – 2004)
Two For Joy (Axes - 2005)
 
ENCORES 2

Oh Sombra (The Power Out – 2004)
I’m On Fire (Cover Bruce Springsteen)

La durée du concert : 1h30

AFFICHE / PROMO / FLYER






Electrelane - 'The Greater Times' (24/11/2007)



Electrelane - live 24/11/2007



THE CHEMICAL BROTHERS ~ Le Zenith. Paris.













Opening Act : Dj



Ce qu’en a pensé Vik : 

 « Un nouveau CD de plus chez moi, et un nouveau concert, histoire de voir en vrai live ce que vaut ce sixième opus « We Are The Night », deux ans après « Push the button ». J’attends avec impatience The Chemical Brothers, groupe mythique de la scène électro, après la sortie de chaque nouvel album, car je sais qu’ils reviennent surtout pour enflammer les pistes de danse. Me revoilà donc, fidèle au poste pour voir l’un de mes groupes préférés dans le genre, que je qualifie de « groupes amis électrons » : deux hommes, précurseurs de la musique beat électronique, qui depuis le début poursuivent leur course sur le chemin tracé dans les années 1990, mélangent à merveille électro et rock, techno et hip-hop… une alchimie parfaite, groovy, entêtante et sensuelle. Ils sont comme de vieux amis : toujours là, pas très loin, faisant partie de mon quotidien, qu’on retrouve avec plaisir année après année. Je sais que je ne serai plus surpris, mais pas déçu non plus, tant les deux Anglais maîtrisent à fond leur sujet et savent mieux que quiconque enflammer une salle. En ce samedi soir de novembre au Zénith de Paris, tout est là pour vivre une excellente soirée : jour de week-end, les gens ont la tête à la fête, il fait froid dehors et la salle est comble ! Un évènement exceptionnel qui se joue à guichets fermés !

18h00, je suis sur place, sous l’offensive humide et froide de cette fin novembre, et le vent entraîne les feuilles mortes maculées par les ocres jaunes. J’ai le temps de voir Gilles B., qui, solitaire, fait la queue au Trabendo tout proche, pour le dernier concert d’Electrelane… Et puis direction l’entrée du Zénith. Le vent, qui soulève mes cheveux, me gèle un peu mais l’attente n’est pas longue, et je sais que dans la salle fera très chaud.

19h00, ouverture des grilles, premier au passage, fouille en détails, petite course, et me voilà à l’intérieur assis, pour le moment, face à la scène, en plein centre pour bien tout voir. Je vais m'apercevoir à ce moment que la musique que j’entends est jouée par un DJ discret, installé à côté des platines sur la scène, à droite,… aucune première partie n’ayant été annoncée. Tout va commencer très doucement, puis de plus en plus fort..

Vers 20h00, le Zénith se remplit petit à petit. Le set du DJ est moyen, avec quelques passages de Daft Punk, mais ça a le mérite de faire passer le temps, et de réchauffer les corps des premiers danseurs. Le seul point positif est qu'il augmente le son au fur et à mesure afin que nos oreilles s'habituent. Pas de grand écran où on nous balance souvent des pubs de Coca Cola et autres... tant mieux !
 
21h13 : Il n'y a plus d’espace libre dans les cinquante premiers mètres autour de la scène. Les lumières du Zénith se sont complètement éteintes, et la température est réellement montée de plusieurs degrés. On attend The Chemical Brothers !!! Une lumière bleue illumine au centre de la scène des racks avec synthés, platine, tables de mixage, avec autour des colonnes métalliques. Le concert commence… les écrans de téléphones portables au bout des bras scintillent dans la fosse, prêts à immortaliser l’instant, le public se laisse submerger d’émotion lors de l’intro du nouvel album, No path to follow. Toujours très peu de lumière et beaucoup de fumée pour maintenir le suspense. Puis, sur la droite de la scène, au fond, deux lampes guident les pas de Tom et Ed, sous un éclairage bleuté et classique. Une fois derrière leurs platines, nos amis commencent à déformer les sons de l'intro et balancent Galvanize, ultra accrocheur, avec ses accords orientaux… « don't hold back...cause you woke up in the mornin, with initiative to move, so why make it harder...don't hold back... »… Guerre, irak, victimes, une nouvelle version à l'Acid, solide, pour planter le décor avec un gros son, des lasers et un côté visuel avec un gigantesque mur de lumière présentant des vidéos synchronisées avec leur musique. Et, wouhou ! Ça a fait du bien. The Chemical Brothers ont encore une fois enflammé le public du Zénith en moins d'une minute ! Un jeu de lumière très classe et énergique, « Let's galvanize… »... de nouveaux visuels, beaucoup plus simples mais qui valent le détour. Une belle pluie de décibels : j'ai su à ce moment que j’étais parti pour deux heures de folie !

Burst Generator remplit tout à fait son rôle techno-rock avec un bon son tortueux digitalisé. Do it again, la tension monte, deux silhouettes dansent sur un fond rose, un plaisir visuel. Les applaudissements qui suivent le rythme, la puissance des drums et la relance de cette voix haut perchée … « Oh my god what have I done? ... do it again… » : vraiment très bien. La boucle de l’intro monte progressivement… Hey Boy, Hey Girl… commence le tube accompagné des premiers lasers de la soirée, si populaire que le public sait que ça va exploser… et lorsque ça arrive, le grand écran de la scène affiche les quatre mots et tout le monde se met à hurler. Ça explose ! Il y a de beaux jeux de lumière avec des rayons qui se croisent et se décroisent... Je m'en donne à coeur joie. Impossible de résister à cette vague de son. La voix, la tête de clown grimaçant, le son ! La montée d’adrénaline a réussi à faire se déhancher les milliers de danseurs présents ! The Brothers Ed et Tom, un véritable rouleau compresseur, servi par un light show et un visuel hallucinant, transformant le Zénith parisien en une grande discothèque, en énorme un dance-floor. Le Zénith est illuminé tantôt en bleu électrique, tantôt en vert, tantôt en rouge, par les lights et par les images affichées sur les écrans et sur la scène (robots, clowns démoniaques, formes féminines évoluant dans l’air...).

C'est une véritable avalanche de décibels. Les beats explosifs font bouger la foule qui danse et lève les bras. Impossible de rester statique ! Démentiel et destroy. All Rights Reversed, avec ses lasers violets et ses effets sur la voix : absolument génial. Don't Fight Control : magique, on s'épuise sur « Out Of Control… Sometimes I feel that I'm misunderstood, The rivers run and deep right through my thought, Your naked body lying on the ground… ». It Doesn't Matter, enchaîné, dans la version la plus psychédélique possible ! La marée humaine s'agite sous les faisceaux lumineux et devant les formes qui se modulent en rythme... grandiose. Sur scène, la musique des Chemical Brothers ne perd rien de sa puissance, bien au contraire, elle n'en est que plus impressionnante, il se passe réellement quelque chose, et chaque morceau bénéficie d’un remix live approprié. Derrière les deux électro, un écran géant affiche en permanence une tonne de visuels, et les lumières flashent de partout.

Star Guitar, un classique : c’est vraiment agréable d'avoir une pause... mais non ! C'est vraiment puissant et ça déclenche toujours l’hystérie. Je retiens particulièrement la fusion désormais habituelle avec le Temptation de New Order. Une pause au bout de 45 minutes, quelques secondes pour faire un merci avec les bras, et pour reprendre de plus belle. Surface To air, un instant de paix, la contemplation pour tous. Pas de bruit, seule cette voix de robot, les synthés et cette accumulation progressive. Totalement hypnotiques en concert, The Brothers font monter crescendo les ambiances et l'excitation pour finir dans une apothéose de décibels aussi puissants que ravageurs. Under The influence, souvenir du jeu Playstation Wipeout 3 … on redémarre ! On saute, on saute, on crie. Ce n’est pas un concert pour les épileptiques : un morceau plein d’énergie, monstrueux car il allie gros Beat et son Acid. Les gens sont fous ! Saturate, bon visuel de transition avec des boules de peintures qui explosent, exactement ce qu'on ressent musicalement et des drums encore une fois absolument démentiels.

Le grand moment live de la soirée : Believe« I need you to believe in something I needed to believe »… son beat implacable… avec cette bande son massive et monstrueuse… MOTHER FUCKING AWESOME ! J'ai des vagues et des vagues d'excitation de la tête aux pieds, mes bras bougent et ma tête développe tellement d’émotions à la fois... We are the night ! Nous sommes la nuit! Un peu plus lent que d'habitude, mais bien avec son synthé psychédélique. J'adore ce morceau. Et surprise… Nude night. Un vraix remix comme j’aime ! La basse est massive et secoue le toit de la tente du Zénith, illuminé par les lights. Suit Golden Path, mais cette fois, il y a eu la flûte, une voix d’homme et différents bass pour présenter ce morceau, plus dans la ligne « house ». Le classique Chemical Beats. Acid ! Massive ! Énorme ! Etonnant de voir comment cette chanson a franchi les "âges" sans perdre de son impact. Comment résister face à une telle violence? Enchaînement avec Elektrobank, plus calme avec des sons analogiques. Fin du set… on respire un peu, l’attente sera très courte… avant le bon gros rappel !

Leave Home, un classique, guitare, basse et cette technologie à vous couper le souffle. Pas énorme, mais... pas le temps : Block Rockin Beats ! Un vrai plaisir de l’entendre en live ! Absolument unique. Das Spiegel ! Das Spiegel ! De la paix. Tom joue d’une espèce de machine à touches, faisant partie du moteur des Brothers ! Un son et une mélodie. On plane. Enfin, encore un coup de foudre pour la fin avec Sunshine Underground, pièce maître de l’album « Surrender », qui débute calmement sur un visuel de neige, avant de s’achever sur un BIG BEAT énorme, doublé d’un effet stroboscopique. Emotion et danse, tout est dans cette chanson. Tom grimpe sur une étagère des synthés variés avec un clavier pour mieux le triturer. Grand morceau, l’un des meilleurs, pour finir en beauté. On reste un peu sans lumière et c’est fini. Ted et Tom quittent la scène sous une énorme ovation ! Et voilà, la lumière se rallume.

J’aurais aimé que ça dure encore un peu, mais je suis vraiment crevé ! Mais même quand on est crevé, on trouve toujours un peu de force pour repartir quand il le faut... cette fois non ! 1h52 de live fantastique et non stop ! Le temps, on ne l’a pas vu passer. Il a filé avec la musique. Un grand show avec beaucoup d'improvisation synthé, des mix sans fin et un excellent son qui empêche de parler, idéal pour les acouphènes. Des titres qui vous collent à la peau pour longtemps, et je constate que les nouveaux titres fonctionnent à merveille en live. J’ai assisté à un vrai concert, avec une salle debout et en nage, et non pas à un méga mix de tubes. Les morceaux de « We are the night » sont presque déjà des classiques, et il faudra de longues heures au public de ce Zénith pour redescendre de son nuage électronique. Un concert simplement incroyable, inimaginable, avec beaucoup d'effets d'éclairage soigné. Une ambiance et un son rarement égalés dans un concert !

Je suis dehors, il fait froid mais le ciel est calme. Ce fut dur mais j’ai survécu. Il me faudra un petit moment pour m’en remettre, mais ça restera un souvenir inoubliable… »

Chemical Brothers FUCKing rock!!!











photos de




Deux jeunes électrons libres qui se sont rencontrés sur les bancs de la fac. Passionnés tous deux d’acid-house et de hip-hop, Tom Rowlands et Ed Simons marqueront le début des années 90. The Chemical Brothers, c’est le mariage réussi entre le rock, le funk et l’électro, et l’apogée de l’éclectisme musical. Leurs deux premiers albums (Exit Planet Dust et Dig Your Hole) se vendront à plusieurs millions d’exemplaires. La création et la recherche de nouveaux accords sonores feront de ces deux opus des tremplins pour la culture électronique actuelle. Le principal mérite des Chemical Brothers est d'avoir élargi les frontieres de la musique électronique en séduisant des amateurs de rock.

(http://www.myspace.com/thechemicalbrothers)



 Studio Albums
Exit Planet Dust (1995)
Dig Your Own Hole (1997)
Surrender (1999)
Come with Us (2002)
Push the Button (2005)
We Are the Night (2007)

Main Compilation Albums
Brothers Gonna Work It Out (1998)
Singles 93-03 (2003)












Tom Rowlands
Ed Simons














La Setlist du Concert
THE CHEMICAL BROTHERS


PART ONE

Intro_No Path To Follow (We Are the Night – 2007)
Galvanize (Push the Button – 2005)
Burst Generator (We Are the Night – 2007)
Do It Again (We Are the Night – 2007)
> Get Yourself High (Singles 93-03 – 2003)
Hey Boy Hey Girl (Surrender – 1999)
All Rights Reversed (We Are the Night – 2007)
Don't fight control (REMIX --)
Out Of Control (Surrender – 1999)
It Doesn't Matter (Dig Your Own Hole – 1997)
Star Guitar (Come With Us – 2002)

PART TWO

Surface To Air (Push the Button – 2005)
Under The Influence (Surrender – 1999)
Saturate (We Are the Night – 2007)
Believe (Push the Button – 2005)
We Are The Night (We Are the Night – 2007)
Nude night (REMIX --)
The Golden Path (Singles 93-03 – 2003)
Chemical Beats (Exit Planet Dust – 1995)
> Elektrobank (Dig Your Own Hole – 1997)

ENCORE

Leave Home (Exit Planet Dust – 1995)
Block Rockin' Beats (Dig Your Own Hole – 1997)
Das Spiegel (We Are the Night – 2007)
The Sunshine Underground (Surrender – 1999)



La durée du concert : 1h53

AFFICHE / PROMO / FLYER