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lundi 12 mars 2012

KOЯN ~ Le Bataclan. Paris.











THE PATH OF TOTALITY TOUR 2012
Premières Parties: J DEVIL (dj set - Jonathan Davis)



Ce qu’en a pensé Vik :

« Attention les yeux... concert unique en France, dans une petite salle, pour le groupe américain KoЯn, qui à la fin de 2011, a publié son dixième album studio, "The Path Of Totality", conçu comme un EP, annoncé sans bruit, devenu dans un laps de temps très court un des disques les plus attendus et le plus discuté de l'année. Quelle est la particularité de ce nouvel opus ? C’est la collaboration avec Noisia, Skrillex, Excision, 12th Planet, Feed Me et Kill The Noise : les gens éclairés savent que ce sont tous des DJs. Oui, ils jouent (si on peut se permettre de le dire) de la musique électronique, de l’ Electro-House au Dubstep. Un premier single "Get Up!" a suffi pour enflammer les nombreux fans restés sur leur faim, même après le précèdent "KoЯn III - Remember Who You Are", et, comme c'est souvent le cas pour les grands groupes, donner vie à des discussions vives sur la validité du projet proprement dit. Oubliez KoЯn, ou plutôt il faut pas y penser en écoutant cet album. "The Path of Totality" n’est pas un œuvre de KoЯn, mais il est indéniable qu’il est un "Album de KoЯn", où le groupe a donné forme à ses idées et à ses propres passions. Il ne fait aucun doute qu'il y a une idée commerciale, étant donné la croissance exponentielle des passionnés de musique électronique (principalement Dubstep), mais je pense que c'est un bon disque, plutôt bien réussi, un effort  expérimental intéressant  qui doit être considéré comme un projet distinct, comme une parenthèse agréable de ce genre, vulgairement appelé Nu-métal. Il fallait oser. Jonathan Davis, depuis près de vingt ans, pilote son groupe KoЯn, au gré ses envies et il fait toujours cadeau des prestations scéniques à frissons à son public fidèle avec un néo métal simple, spontané, puissant et surtout efficace. "KoЯn est mort", c'est la pensée des nombreux fans de longue date du quintette de Bakersfield.  Il a y eu le départ de Brian "Head" Welch (guitariste) et de David Silveria (batteur), l'élégance et la précision de deux musiciens hors-pairs, deux membres fondateurs, c’est vrai... les modes ont évolués, mais KoЯn reste l'un des groupes les plus révolutionnaires, qui ont aidé à créer une nouvelle image musicale à la nature extrême, apportant une nouvelle dimension. Ce lundi 12 mars, des dizaines de fans se sont réveillés avec la chanson "Are you Ready To Live ?", avec un sourire et une prise de conscience : un des concerts les plus attendus, de la nouvelle tournée, va avoir lieu ce soir au Bataclan (qui affiche naturellement complet), qui les avait accueillis le 17 juin 2009.  Ces fans se sont levés avec une bonne humeur, avec une musique qui vous excite et vous fait frémir, attendent avec impatience, dés 15h00, les heures d'ouverture de la petite salle dans la longue file d'attente assez éclectique de fidèles, des membres du fan club, rien que pour écouter une nouvelle fois "Blind",  vêtus avec un T-Shirt du groupe évoquant leurs tournées et sans oublier les basquettes ADIDAS aux pieds.

20h15 : Jonathan Davis Introduces J Devil: c’est la première partie. Sur scène, en plein milieu, une table avec un MacBook Pro, qui réunit les "samples" de plusieurs morceaux préparés à l’avance, et une petite console (quelques boutons) pour le contrôle. Jonathan (pardon, J-Devil), chanteur de KoЯn pour les non-initiés, avec des longs cheveux, maigre mais forcément chargé d’énergie, en thème avec la soirée, ouvre la danse en montrant ses talents comme DJ dans un Set de 25 minutes de musique survitaminée Dubstep avec des passages Drum n’ Bass, un peu déconcertant mais tout de même irrésistible. Le volume sonore est très élevé... les vrais fans sont un peu surpris, réticents, de voir leur idole s’éclater en sautillant et se livrer à des pas de danse sur scène de telle façon et ils ont aussi la crainte que le concert en entier soit de ce style électronique. Bien sûr, ça fait sensation de voir un concert de ce type, mis en place par un DJ qui n'est autre que Jonathan lui-même, utilisant dans sa schizophrénie J Devil comme pseudonyme, et qui se fait plaisir en offrant au public un mélange bruyant de techno et acid house avec une ardeur digne d'un garçon de vingt ans et laissant comme souvenir additif un « I love you motherfuckers! » . Personne n’aurait pensé de le voir si impliqué avec la musique électronique, en vue d’un EP solo (?!) en cours d'écriture, bien qu'il ait toujours montré un grand éclectisme musical. Naturellement on aime ou on n’aime pas, sans contester ce choix. Quelques applaudissements marquent les mots de fin « Thank you for giving me the opportunity to do this » de la part de Jonathan.

L'attente est énervante, le public se fait de plus en plus impatient et la chaleur monte (toujours par manque de climatisation !  Le bar du Bataclan se remplit), et toutes les 5 minutes se lèvent des chœurs pour acclamer l'arrivée de la bande, et comme d'habitude il y a une ovation pour le pied spectral du micro, appelé affectueusement "The Bitch", de Jonathan, qu'il utilise depuis plusieurs années (pour le profane le micro est une forme d'espèce d’Alien version féminine, et il a été conçu par H J Giger).

21h06: Tout est prêt, après les derniers interventions des roadies, pour le show de KoЯn. La salle s'enflamme de cris d’un public jeune et bien chaud, un frisson dans la peau puis une clameur parcourt la fosse et le balcon, lorsque les lumières baissent d'intensité et s'éteignent tandis que les projecteurs scintillent la scène dans tous les sens. Les bras se lèvent et la fosse qui est très compacte se réveille ! Une lumière bleue sombre, qui est soudainement projetée devant nos yeux, quelques stroboscopes ici et là, confèrent une atmosphère nébuleuse, presque surréel, à cette scène décorée par des panneaux de miroirs LED, horizontales et verticales, en Plexiglas (qui refléterons des couleurs lors de l'exécution des morceaux de Dubstep) entourent la batterie à double caisse, comportant le logo "KoЯn" à l’effigie de l'album "The Path Of Totality" . C’est sobre dans l’ensemble, pas inventif mais de classe. L’intro d'une durée de 2 minutes, une musique mélancolique, planante et mystérieuse, démarre et le public, acclament et applaudissent, essaye d’immortaliser ce moment sur son Mobile. Le groupe de Bakersfield, habillés comme des pirates, arrive dans une semi-pénombre, prêt à chauffer le public et chaque musicien, détendu et avec le sourire, fait progressivement son apparition : en premier Ray, le batteur, puis le mythique Fieldy avec sa basse et ses cordes vertes fluorescentes, fier de son T-shirt blanc avec la mention "Nothing But Trbl", ensuite les discrets Wes Geer (guitare) et Zac Baird (claviers/piano) à coté de la batterie, aussi Munky qui immédiatement règle la double pédale de sa guitare à sept cordes et bien sûr le dernier, toujours en noir, Jonathan pour le chant. Ils sont six, sous les acclamations.

Les ventilos entrent en action sans bruit. Un peu d’électro, la frappe brutale de la caisse est de plus en plus fort et voici la basse incessante de Fieldy... « We want you to have an incredible fucking NIIIIIIIIIIIIIIIGHTT !!!». Beaucoup de gens s’attendait à un concert en harmonie avec la phénomène électro-dance développé en première partie et à la place ils ont été submergés dés l’ouverture par cinq chansons qui remontent aux premiers albums et rarement jouées en live ces dernières années. Une surprise pour les fans de longue date qui sont devenus fous, en consomment leurs cordes vocales avec la même vitesse qui avait lieu dans la seconde moitié des 90s, jouent les singes sautant dans cette fosse qui s’embrase. KoЯn a mis en marche son rouleau compresseur et attaque avec énergie par "Predictable", puis "Lies", il enchaine avec "Too Many Puppies", la très belle "No Place To Hide" avec son refrain « I have no place to run and hide, I have no place to hide which I like »  reprit par le public et "Helmet in the Bush". Tout fonctionne parfaitement. Korn élève un mur impressionnant du son, avec une section rythmique de granit, et une attention méticuleuse aux sons sur lesquels s’engage la voix de Jonathan, le leader. Le son est équilibré et fort en faisant place à la sonorité typique du groupe dans toute sa puissance: basse lourde en slap, guitare nu-metal et le nouveau batteur Ray, maintenant membre à part entière de la formation, qui s'avère être bien formé techniquement et surtout, capable de frapper très fort, pendant que Jonathan est impeccable comme toujours, avec ses tons de voix sans équivoques, impossibles à confondre, étouffés et en souffrances dans les moments les plus difficiles et puis libres de puissance dans les chœurs majestueux. L’agressivité du style m’a semblé en quelque sorte un peu moins foulé, peut-être plus mature, mais gagnante en densité... on a l’impression de redécouvrir le groupe à ses débuts. La Setlist, donc, conforme aux dates précédentes de la tournée, est divisé en trois parties distinctes: la première est une série de morceaux historiques et peu jouées, la seconde  est consacré au nouvel album et la troisième pour les chansons les plus célèbres, une sorte de Greatest Hits Live.

Petite pause. L‘éclairage en vert domine la scène et les LED de toute les nuances de couleurs entrent en fonction pour la deuxième partie réservée à "The Path of Totality": 5 chansons efficaces. La caisse claire triggée avec ses cymbales bien serrés de Ray est prête pour l'emploi. "Narcissistic Cannibal", second single du nouvel album,  explose,  nous offrant l’un des plus beau moment de concert avec le refrain en chœur et la silhouette de Jonathan en contre-jour. Les vagues sonores du synth de Zac se fondent à la perfection avec le son de la guitare Ibanez de Munky. Enfin, la musique devient plus audacieuse et les sons plus violents, le chœur est toujours strictement mélodique, quoique dépourvue de cette menace qu’on attend, moins de riffs de guitare mais plus de richesse harmonique dans le travail de Munky. On est étonnés de toute cette énergie que la chanson dégage sans être perplexes et de toutes ces notes qui reportent ce grand groupe au sommet de leur carrière. Suit "Chaos Lives In Everything" avec un refrain élargi, mélodique et mélancolique, où la basse et la batterie syncopée se mélangent dans un groove classique; une chanson dans laquelle la voix troublante de Jonathan repose son style "comptine", sur des envolées de synthé accompagné d'un riff sympa et un growhl / dubstep. On continue avec "My Wall"
 et "Get Up", premier single désormais célèbre, de loin le plus dynamique et énergique et certainement le meilleur de l'album. C'est le deuxième moment fort de ce set. Le riff est d'une violence absurde, ainsi que la voix du chœur, mais la vraie force de la musique sont ses changements de rythmes synthé - guitare. Cette chanson est ce qu’on appelle une vraie bombe. La fosse s'agite comme une marée et la chorale "Shut the fuck up, get up" à tue-tête prend possession de la salle. On termine sur le sublime "Way Too Far", chanson sombre et lourde qui parvient à trouver une certaine originalité dans le verset grave et inspiré « Sometimes I just take things, Way Too Far. Irrational feeling, I just try too hard 'cause...», martelée et violente avec un chœur spectral en double voix avec le charismatique Munky. Il y a à dire que, contrairement à leurs versions en studio, ces chansons sont moins "électros" mais plus engageantes et conformes à la musicalité corrosive et crue de KoЯn.

Nouvelle petite pause. L‘éclairage en bleu domine la scène et les LED font éclater la même couleur mais aussi le jaune et le blanc pour la troisième partie réservée à "The Hits": 4 chansons seulement mais on retrouve le KoЯn des débuts. Le point culminant vient, comme par hasard, lors de l'intro grandiloquente de "Here to Stay" avec une sonorité lourde suivie de près par "Freak on a Leash", qui est également traité avec un arrangement très différent de l'original. De haut de ses tambours, Ray maintient les rythmes serrés avec puissance, Fieldy, en sautillant sur place, claque les slaps les plus fous sur sa basse non accordée à ras de terre et il ressort un son dévastateur, Munky réalise des riffs tranchants, nerveux et instables, Jonathan attaché à son micro se met en valeur avec sa voix versatile et charismatique. Il fait une chaleur horrible. Le public brûlant est maintenant pleinement impliqué, et la sueur qui commence à couler sur son front ne fait qu’intensifier son plaisir : pogo et slams en continu et on ne les voit pas à chaque concert. "Falling Away From Me" nous rappelle pourquoi KoЯn est parmi les mâitres du nu-métal, avec son refrain agressif « Beating me down ,Beating me, beating me ,Down, down ,Into the ground... » chanté par tous. Après la reprise exagérée (dans tous les sens), mais agréable de Pink Floyd "Another Brick in the Wall" avec un grand solo  de Munky (David Gilmour reste difficile à imiter !)... « Goodbye cruel world, I’m leaving you today, goodbye, goodbye, goodbye... » et le groupe prend la direction des coulisses, sous les applaudissements d'un public totalement conquis, pour quelques minutes.

Juste à temps pour reprendre le souffle et le rappel arrive sous l’hystérie général avec une dominante de couleur rouge. L’ouverture est confiée, et nous le comprenons par la présence de la cornemuse sur l'épaule de Jonathan (oui il a son kilt), à une version stratosphérique de "Shoots and Ladders", sur laquelle se griffe la reprise  "One" de Metallica, et qui anticipe le puissant "Got the Life", un autre hit du groupe. La dernière chanson, qui conclut ensuite le spectacle de ce groupe, encore avec une forme éblouissante et un effet live dévastateur, est le très acclamé "Blind", le tout premier single, un véritable hymne nu-metal ne montrent pas ses 18 ans de vie, qui commence lentement... une coupure de son micro (on entend que les amplis et les retours...) lors de l'intro du batteur mais plusieurs seconds après, malgré ce problème non résolu, se déchaine sous le cris  « Are you ready? » de Jonathan, contenter d'alpaguer ses fans. L’explosion totale, tellement souhaitée, arrive « I can't see, I can't see, I'm goin' blind... » même si on n’entend pas Jonathan chanter (c'est pas grave le public connait les paroles) et c'est un réel carnage impossible à décrire. Nombreux médiators et baguettes, feront le remerciement du groupe au public. Munky sera le dernier à quitter la scène avec un grand sourire aux lèvres et un « Thanks, Au revoir! ». Longue ovation.

1h20 de concert (comme d’habitude) dans la fournaise du Bataclan, sans pauses entre les 17 morceaux, dont 5 extraits du dernier album, une sorte de "Greatest Hits" qui a fait le bonheur des fans mais un peu bordélique. Un groupe en excellente forme est la donnée sensible du retour de KoЯn au Bataclan avec une prestation presque irréprochable (seule critique le manque d'interactivité avec le public) et encore un groupe très puissant et compact grâce à la mise en place d’une Setlist savamment choisie de leur répertoire sans jamais donner le sentiment de vouloir créer de la nostalgie. Mes attentes étaient un peu incertaines au début du concert, mais je dois dire que finalement KoЯn a réussi à être passionnant et l'ambiance générale a été très positive avec de nombreux moments forts sous des lumières de folie et des hurlements incessants, malgré les problèmes techniques de fin.  KoЯn has been a band eighteen motherfucking years... but it was AMAZING! C’était encore une fois un bon concert endiablé de musique violente et vivante, dont seulement le métal a les secrets, qui donne du plaisir à ceux qui la reçoivent.

...
Tortured by my memories
Of what I left behind

Shut the fuck up, get up
Shut the fuck up, get up
Shut the fuck up, get up.
»





photos de


Korn (habituellement typographié KoЯn pour coller au logo officiel) est considéré comme le groupe à l'origine du mouvement que l'on appelle néo metal, avec Deftones. Le groupe a été fondé en 1993 à Bakersfield, banlieue de Los Angeles. Groupe forgé à la scène, KoЯn sort son premier album (KOЯN) homonyme de manière quelque peu confidentielle en 1994. Il connaît progressivement un engouement certain et KoЯn devient la figure de proue des nouveaux groupes de néo metal, aux côtés des Deftones, System of a Down, Slipknot, Linkin Park, ...



Albums studio
    •    1994 : Korn
    •    1996 : Life Is Peachy
    •    1998 : Follow the Leader
    •    1999 : Issues
    •    2002 : Untouchables
    •    2003 : Take a Look in the Mirror
    •    2005 : See You on the Other Side
    •    2007 : Untitled
    •    2010 : Korn III : Remember Who You Are
    •    2011 : The Path Of Totality

Albums live
    •    2006 : Live & Rare
    •    2007 : MTV Unplugged: Korn

Compilations
    •    2004 : Greatest Hits Vol.1
    •    2008 : The Very Best Of Korn
    •    2009 : CollEctED




KOЯN

•    Jonathan Davis – lead vocals (1993–present)
    •    James "Munky" Shaffer  – guitars (1993–present)
    •    Reginald "Fieldy" Arvizu – bass (1993–present)
    •    Ray Luzier – drums, percussion (2007–present)

TOURING
Wes Geer – guitar (2010–present)
Zac Baird – keyboard, piano, backing vocals (2006–present)


La Setlist du Concert
KOЯN

 (Old and Rarities)
Predictable (Korn - 1994)
Lies (Korn - 1994)
Jam > Too Many Puppies (Primus Cover - Rhinoplasty Ep - 1998 ) >
No Place to Hide (Single - Life Is Peachy - 1996)
Helmet in the Bush (Korn - 1994)

(New Korn)
Narcissistic Cannibal (Single - The Path of Totality - 2011)
Chaos Lives in Everything (The Path of Totality - 2011)
My Wall (The Path of Totality - 2011)
Get Up! (Single - The Path of Totality - 2011)
Way Too Far (The Path of Totality - 2011)

(Hits)
Here to Stay (Single - Untouchables - 2002)
Freak on a Leash (Single - Follow The Leader - 1998)
Falling Away From Me (Single - Issues - 1999)
Another Brick in the Wall Part 2 (Pink Floyd Cover - The Wall - 1979) (Greatest Hits /Vol.1 [Best of] - 2004)

Encore 1

Shoots and Ladders (Single - Korn - 1994) > One (Metallica Cover -...And Justice for All - 1988)
Got the Life (Single - Follow The Leader - 1998)

Encore 2

Blind (Single - Korn - 1994)


La durée du concert : 1h20

AFFICHE / PROMO / FLYER
 




























mercredi 17 juin 2009

KoЯn ~ Le Bataclan. Paris.





Première Partie : JOE KILL JACK




Ce qu’en a pensé Vik :

« Follow the KoЯn! Avec son style inimitable, trois premiers albums étourdissants, KoЯn - même si de nombreux rockers amis, les poches sous les yeux, continuent à le nier - est un groupe-clé de l'histoire de la musique métal (rock noir - post grunge). Chef incontesté d’un style dévastateur, né de la contamination entre la puissance du métal et du hip-hop, s’est imposé depuis Juillet 1994 (certains concerts, comme celui du 2 mai 1995 à l'Arapaho de Paris, vous marquent à vie). Il figure dans l'histoire de la musique dark nu-métal de ce millénaire, comme le meilleur groupe : des albums lourds, méchants, beaux et pleins de colère ; des thèmes forts, sur un ton désespéré, derrière lesquels se cache la vie du chanteur Jonathan "HIV" Davis, rare vedette du rock à porter une jupe... KoЯn a été le «père spirituel» de formations comme Linkin Park, Soulfly, Popa Roach, Limp Bizkit, Deftones ou System of a Down... mais, jamais égalée, la musique de KoЯn frappe toujours fort, dans la tête puis dans les oreilles avec ses "bonnes vibrations". Régulièrement contesté, bien-aimé mais mal compris, toujours suivi aveuglément dans le même temps, KoЯn a souvent été au centre de la controverse, (une controverse déclenchée par les fans du début, qui n’ont pas accepté  des albums comme le splendide «Issues» ou «Intouchables» autour de la volonté du groupe de s’ouvrir à un public plus large). Aujourd’hui, le groupe a perdu son guitariste magicien Brian Phillip « Head » Welch, pour cause de problèmes (mentaux) de religion, et son batteur David Silveria qui fait une pause de longue durée... de durs changements qui peuvent provoquer un traumatisme dans le style de la musique. Ce soir, une horde de fans inconditionnels et chevelus, dont certains en kilt et avec des bracelets à clous, des pantalons XXXX (X), des vêtements  noirs arborant l'insigne de KoЯn, ont prit possession du Bataclan qui affiche complet. Il y a aussi un public plus jeune... Après trois ans d’absence, KoЯn retrouve Paris, plus au Zénith (comme le 18 juin 2007) ni au PO Bercy (le 14 septembre 2002), mais dans une petite salle. L’ambiance est chauffée à blanc, les fans ayant répondu à l'appel malgré l'absence d'un nouvel album. Tout le monde est heureux d’accueillir et de voir pour la énième fois sur scène les trois (et non plus les cinq) de Bakersfield, petit village perdu de Californie, près de la Death Valley, pour un live qu’on attend mémorable. Ce sera en tout cas un concert incontournable pour nos cervicales !

19h40 : la première partie, Five Finger Death Punch, n’est pas là, mais son remplacement est assuré (mot magique trouvé par le promoteur du concert) par Joe Kill Jack, un groupe français qui devrait vivre ce soir son éphémère moment de gloire. C’est un quintette power-punk de la région parisienne, inconnu du public. La chanteuse brune, Clara, alias Crazy Bitch, en robe courte de léopard (plus chic qu’un sac poubelle), donne dans le sexy en se démenant à droite et à gauche. Elle est la seule présence visuelle, sur scène, de ce groupe qui, malheureusement, avec musique et des compositions inintéressantes, n’a rien à faire sur une affiche aussi prestigieuse, face à un public déterminé et branché. Une erreur de programmation, peut-être faite au dernier moment, qu’on aurait pu éviter et qui incitent les spectateurs à aller au bar. Un set de 30 minutes qui m’a semblé trop long, et des fans qui se sont ennuyés.

La foule chauffe "le moteur" une bière à la main, et se prépare à bondir du mieux qu'elle peut.

21h00 : les lumières de la salle s'éteignent, et une lumière rouge envahit la scène, créant une atmosphère électrique, alors que le public, l’écume à la bouche, commence immédiatement à se défouler. La chaleur devient torride car les fans, en plus, sont conscients de l'événement dont ils vont être témoins. Des torses nus commencent a apparaître dans la masse qui bouge dans un mouvement incessant de droite à gauche, puis d'avant en arrière, et qui s’écrase contre la scène, sur un chant qui devient le rituel « KoЯn, KoЯn, KoЯn ! ». Quelques secondes plus tard, le fameux pied du monumental micro créé par HR Giger est dévoilé au centre de la scène, les poings se lèvent et les hurlements marquent l’arrivée des californiens de KoЯn. Le noir domine le décor de la scène, qui n’a pas de rideau. Jonathan Davis, le leader désormais un peu bouffi, porte une magnifique tenue traditionnelle (un kilt de couleur militaire) qui met en valeur ses chaussettes noires, ses mollets et aussi ses origines écossaises. Il s’installe au centre, pendant que Fieldy, le bassiste, se place à gauche, et Muncky, le guitariste, à droite. Le reste du groupe, des musiciens additionnels, keyboards, guitare et batterie, sont derrière.

Après une intro théâtrale, l’ouverture explose de manière éblouissante avec un Right Now énervé, (deuxième single extrait de « Take a Look in the Mirror » de 2003), qui résonne avec ses guitares saturées et ses roulements de batterie, dominé par la voix de Jonathan Davis, incroyablement impressionnante. C’est un appel aux armes, et ce soir le Bataclan a envie de se battre. La musique est toujours aussi riche, avec ses rythmiques brisées nu métal, accompagnées de cette voix caverneuse, tourmentée, envoûtante et rageuse. Le son de la batterie envoie le public vers l'extase, avec sa caisse claire brutale, et se révèle d’une puissance sans précédent. Même si le groupe a changé de musiciens, le son reste pratiquement inchangé : c’est l’impression majeure qui se dégage à l’écoute. Les fans, excités, imprégnés de l'esprit de l'événement et déjà couverts de transpiration, rebondissent, criant leurs réponses aux cris voraces et presque effrayants de Jonathan Davis, qui est déjà à plein régime : « Right now, I can't control myself I fucking hate you! I'm feeling cold today, Not hurt just fucked away..». Dans les ténèbres d’un son malsain, cette violence psychotique qui a changé le rock moderne est parfaitement mise en valeur. Le visage souvent caché par ses cheveux filandreux (le look du groupe) qui ont tendance à s'emmêler, Jonathan extirpe ses hurlements du profond de son ventre.  

Vous ne pouvez pas rester immobile lorsque vous écoutez KoЯn, même si vous êtes allongé sur le lit de votre chambre. Un peu de lumière rouge pour ajouter un peu d'effets par rapport au noir d’un groupe qui n'a besoin de rien de plus que son mur du son pour pénétrer les entrailles de son auditoire. La température dans la salle, dans cette ambiance pesante, a commencé à augmenter... il fait chaud, tout le monde transpire. Les préposés au bar, dans cette chaleur qui dégouline partout, sont heureux de leur chiffre d’affaires, la bière coulant aussi à flôts. Munky, le guitariste aux longs cheveux filandreux, un maquillage à la Jack Sparrow qui dégouline sur son visage, cherche de la fraîcheur, perce une brèche dans le mur de guitares, et transfert son énergie à l'auditoire, sur un rythme basse/batterie unique, avec les claviers qui traversent les chansons, posant sur elles un voile de violence. La curiosité de ce soir, c’est le besoin que le chanteur à de respirer à la bouteille qui l'accompagne sur scène (manque d'oxygène ?). Jonathan Davis, le leader charismatique du groupe, fournit certes une puissance imposante avec sa voix inimitable, à la fois implorante - presque paranoïaque -, qui varie selon le rythme des chansons. KoЯn enclenche Chi, puis Did My Time, Thoughtless ... juste au moment où je pensais que le groupe ne pouvait pas la jouer mieux... ils l’ont fait ! Et avec une intensité stupéfiante ! Le nouveau batteur, Ray Luzier, imaginatif et précis, (anciennement membre de Army of Anyone / David Lee Roth) élève encore le niveau en martelant ses fûts, sous le sourire de Jonathan, conjuguant brutalité et finesse. Korn passe ensuite à Falling Away From Me, Coming Undone... mais, à la moitié de la chanson, KoЯn entre dans une version-medley de We Will Rock You de Queen, abandonnant pour un instant le microphone sexy pour lever les bras au ciel et encourager la  horde excitée des fans à chanter. Le chœur part dans une véritable explosion et le pogo sauvage cède la place aux battements des mains. Jonathan, ramène ensuite tout le monde vers la chanson initiale jusqu’à une fin étonnante.

L’incontournable passage à la cornemuse (il était temps... !) est de courte durée,  évincé par le sulfureux Helmet in the Bush, un vrai régal qui vaut le détour avec les lignes de basse nerveuses de Fieldy… Et surtout l’enchaînement avec la merveilleuse Here To Stay (dommage que ce soit sans la vidéo), un véritable hymne pour KoЯn, du fait de son allure écrasante. La combinaison instrumentale  rage et mélodie fonctionne toujours à merveille, et le chant oscillant entre le désespoir, la frustration et le drame est moins névrotique que dans le passé, bien équilibré et… assez agréable. On revient à l’album de 1994 - nommé par “Q Magazine” comme l’un des plus agressifs de tous les temps - avec Fake, accompagné de guitares très lourdes, et un nouveau medley avec le One de Metallica.

KoЯn a éventré  déjà dix titres sans aucune communication avec son public, jusqu’à ce que Jonathan finisse par dire quelque chose : « How are you, sweating motherfuckers ? », face à la sueur ruisselante de ses fans. Après un superbe Freak on a Leash , et les contorsions de Jonathan autour de son micro, on poursuit avec Y'all Want A Single ? qui déchaîne même le balcon. On en prend plein les oreilles. Le concert est une plongée passionnante dans le passé, et les titres s’enchaînent avec Divine et Somebody Someone… Une petite pause, après 50 minutes et 14 morceaux intenses... un moment tragique qui signale à la foule, qui a continué à danser sans cesse, que nous en sommes presque à la fin.

Le rappel, réclamé  à grands cris, est entamé par un Jonathan, accroupi pour mieux récupérer les hurlements du plus profond de son ventre : un défi lancé par une voix ensorceleuse… « Are you ready ? », mots scandés et hurlés, pleins de rage, suivis des premières notes de la guitare de Munky. Un riff simple, que tout le monde connaît, et auquel la foule, en remuant la tête, répond : Blind, l’hymne du groupe… Et à partir de là, la foule chante tous les mots de la chanson, dans une ambiance de cataclysme. Grand final de métal ! Le pogo s’est maintenant transformé en ondes aberrantes, en un tsunami de têtes humaines…

Got the Life suit rapidement, salué par les mains crispées de joie du public, et dans un final assez surprenant - le morceau Another Brick In The Wall de Pink Floyd, revu et corrigé dans une version très métal, réanime l’ambiance survoltée. A noter que Munky se laisse aller sur sa guitare à sept cordes, à l’unique solo de la soirée sans le charme du style de David Gilmour. Mais la version, portée par le chant sombre de Jonathan, est bonne, et fait chavirer le public dans un sursaut d'énergie. Complètement trempé, le groupe quitte la scène pour se retirer rapidement dans les loges. C’est fini, il n’y aura pas d’autres morceaux pour faire exploser encore la salle.

Une set list basée sur des titres des anciens albums, un retour aux origines… et clairement on sent la patte de Ross Robinson (leur producteur très influent). Un magnifique best-of ! Quoi qu'on dise, malgré l’absence des morceaux comme Faget, Clown, ADIDAS, Starting Over,... et du guitariste Brian "Head" Welch... KoЯn offre le choc électrique d’un live démesuré, hors du monde naturel. Une heure et vingt minutes de pure destruction, dans une ambiance de feu… mais une performance trop courte ! KoЯn appartiennent à cette catégorie de groupes qui vous font rentrer à la maison avec des douleurs dans les os, dans le vrai sens du terme. KoЯn is a fucking band! Un fucking rock dérangé qui fait ressentir ces bonnes vibrations "korniennes" sur une basse groovy omniprésente, sans jamais un moment de calme et de sérénité, avec des textes qui pourraient sortir d’une cellule capitonnée. Mes derniers mots pour ce soir, empli que je suis d’un sentiment de satisfaction, sont ...« Go see KoЯn », car ils sont indescriptibles, une vraie référence. On sort de la salle, en douceur, sans se presser et immédiatement la nostalgie s’installe...

And stop fucking with my mind
I know it's time to leave these places far behind... »









Joe Kill Jack est une toute nouvelle bande de metal emmené par la chanteuse Clara, alias Crazy Bitch.

(http://www.myspace.com/joekilljack)



Korn
(habituellement typographié KoЯn pour coller au logo officiel) est considéré comme le groupe à l'origine du mouvement que l'on appelle néo metal, avec Deftones. Le groupe a été fondé en 1993 à Bakersfield, banlieue de Los Angeles. Groupe forgé à la scène, KoЯn sort son premier album (KOЯN) homonyme de manière quelque peu confidentielle en 1994. Il connaît progressivement un engouement certain et KoЯn devient la figure de proue des nouveaux groupes de néo metal, aux côtés des Deftones, System of a Down, et Slipknot. Leur neuvième album, produit par Ross Robinson et prevu courant 2009, sera un lourd retour aux sources.

(http://www.myspace.com/korn)





































* 1994 : Korn
* 1996 : Life Is Peachy
* 1998 : Follow the Leader (album)
* 1999 : Issues
* 2002 : Untouchables
* 2003 : Take a Look in the Mirror
* 2005 : See You on the Other Side
* 2007 : Untitled (album)






· Jonathan Davis - vocals, bagpipes
· Reginald "Fieldy" Arvizu - bass guitar
· James "Munky" Shaffer - guitar, backing vocals
+
Ray Luzier - drums
Shane Gibson – guitars
Zac Baird - keyboards, backing vocals










1. Right Now (Take A Look In The Mirror - 2003)
2. Chi (Life Is Peachy - 1996)
3. Did My Time (Take A Look In The Mirror - 2003)
4. Thoughtless (Untouchables - 2002)
5. Falling Away From Me (Issues - 1999)
6. Coming Undone (Chopped & Screwed - 2006)>
> We Will Rock You (Queen Cover)
7. Bagpipes (By
Jonathan Davis )
8. Helmet in the bush (Korn - 1994)
9. Here To Stay (Untouchables - 2002)
10. Fake (Korn - 1994) >
> One (Metallica Cover)
11. Freak On A Leash (Follow The Leader - 1998)
12. Y'all Want A Single (Take A Look In The Mirror - 2003)
13. Divine (Korn - 1994)
14. Somebody Someone (Issues - 1999)

Encore

15. Blind (Korn - 1994)
16. Got The Life (Follow The Leader - 1998)
17. Another Brick In The Wall (The Pink Floyd Cover) (Greatest Hits /Vol.1 [Best of] - 2004
)



La durée du concert : 1h20


AFFICHE / PROMO / FLYER