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mardi 3 juin 2008

DEVO ~ La Grande Halle De La Villette – Charlie Parker - Paris.












Première Partie : MARVIN


Ce qu’en a pensé Vik :

« C’est avec un subit plaisir de revoir d’anciennes têtes (franchement sans aucun scepticisme !), que je pars pour la traversée de Paris, en direction de la Villette, pour un concert dans le cadre de la troisième édition du festival Villette Sonique : les américains de Devo, avec leurs drôles de chapeaux, sont à l’affiche ce soir pour l’ouverture du festival ! Et le fait est que c’est tellement rare que je ne veux pas les manquer : ce concert est la dernière chance de les voir jouer en Europe cette année. Pour moi, Devo, aujourd'hui bien oubliés par certains, ramènent tous les souvenirs de la fin des années 70 : le Palace, l’ex endroit branché de la capitale (concert du 19 novembre 1978 – le choc) avec Gilles P., le Cirque d’hiver de Boulogne B. (27 juin 1980 – la confirmation), jusqu’au dernier concert à l’Elysée-Montmartre le 18 Sept. 1990. Un must pour tout fan de Devo, Q: Are We Not Men A: We Are Devo (le 1er album de 1978 produit par Brian Eno). Devo, huit albums au compteur, c'est d'abord (I Can't Get no) Satisfaction, mon coup de cœur, le tube des années punk, enregistré en 1977, une basse telle une secousse sismique, un riff acéré de guitare et des nappes sorties d’un synthétiseur robotique - dans le style pur Kraftwerk -, un rythme syncopé et une voix guignolesque très kitsch. Un univers musical différent donc, unique, basé sur la loufoque - mais sérieuse « théorie de la Dé-volution » selon la quelle la planète tourne à l’envers. Les Rolling Stones ont copié la chanson Satisfaction et sa paternité serait attribuée à Devo, pionniers aussi de la musique vidéo. Rires ! Devo sont est un groupe culte, avec ses deux fondateurs, Gerald Casale et Mark Mothersbaugh, et est une réelle référence dans l’histoire du Rock. Avec le groupe dans la tête, mais sans le chapeau rouge destiné à canaliser mes pulsions sexuelles, je rentre dans la salle, en premier comme d’habitude, en me plaçant face à la scène, à dix mètres, perché sur les gradins : la vue y est excellente. Dans le public, je vois quelques fans, habillés de la même façon que le groupe, en tenue complète anti-radiations, de couleur blanche au lieu de jaune, avec des chapeaux « pots de fleurs » (dômes). Je cherche des visages connus, et je vois Robert Gil et Brigitte, sans chapeaux, eux... Joyeuses retrouvailles pour cette soirée.

20h00 : les lumières s’éteignent, il n’y a pas de rideaux et un trio de Montpellier, du nom de Marvin, fait son apparition sur scène. Les musiciens s'installent, Emilie se bloque derrière son clavier korg, tandis que Greg et Fred se placent respectivement derrière la batterie et la guitare, et l’apocalypse sonore commence, avec une énergie insensée. C’est du jam noisy rock instrumental : guitare-batterie-korg ms20 vont délivrer une véritable bourrasque sonore, dans un climat très électrique, rapide et nerveux. Du rock, bien fait, sans fioritures, un déluge sonique, agressif, influencé aussi bien par Can que par Sonic Youth, avec un mélange « noise » et mélodie. Une incroyable furie de rock progressif, teinté de musique électronique, qui reste de haut niveau du début à la fin. C’est avec joie que je découvre enfin ce groupe, après mes lectures dans la presse spécialisée dédiée au rock mélodique et progressif, et je suis abasourdi car c’est un set sans failles. Emilie, très mignonne, debout à gauche face au clavier, est omniprésente avec son KORG et balance un son nasillard au sein de ce rock survolté, saturé et entêtant, qui balaye l’espace de la Villette sans faiblir. Greg, en plein centre, un grand sourire aux lèvres, martyrise de coups secs et réguliers les peaux de sa caisse claire, sur un beat survolté qui claque sur des éclairs de cymbales. Fred, sur la droite, livide au milieu de cette tempête, aligne, en gigotant comme un psychopathe, un déluge de riffs ravageurs de guitare, sur les rythmes énergiques des morceaux, plus intenses les uns que les autres. Le public semble se régaler dès le premier titre. Pas de baisse de pression et les rythmes sont explosifs. Voici un groupe irrésistible sur scène, sans basse et sans voix, mais qui tranche dans le vif, comme un couteau dans la chair. Je m’éclate pour 50 minutes de plaisir total. Il faut absolument acheter leur disque ! Il faut écouter Discose en boucle ! Les trois Marvin finissent leur set avec le sourire et laissent, en pleine lumière, la place aux roadies pour débarrasser la scène.

21h30 : les lumières s’éteignent de nouveau, et le moment tant attendu arrive… la légende va enfin rentrer en scène… Devo ! A ma droite une jeune fille blonde, américaine, de six ans, Eloise, avec un « dôme rouge » sur la tête, bat des pieds et trépigne d'impatience. Un nouveau fan est là ! La relève après moi ! Projection immédiate pour ce début de concert de « In the beginning was the end », un court film documentaire, un peu vieillot sur le futur inhumain dominé par le nucléaire (?!). Quelques minutes après, les lumières sont basses, devant un fond des lettres rouges et jaunes D, E, V, O… entrent enfin sur scène cinq silhouettes... moins maigres, mais les mêmes costumes kitsch, grosses lunettes, ils sont vêtus comme des peintres en bâtiment, avec leurs tenues jaunes vif en papier, portant la marque Devo sur le revers, coiffés de l'éternel « energy dome » rouge (le pot de fleurs renversé une forme de pyramide aztèque ronde !), concentrateur d’énergie sexuelle : grande ovation ! Un choc visuel. L’émotion de voir enfin Devo. Tout est parfait. Le public est conquis par leur style vestimentaire, le concept de Dévo-lution, avant qu’ils aient même joué une seule note. Les spots finissent par s'allumer, les musiciens de Devo sont chacun à leur place : Josh Freese à la batterie à l’extrême gauche (pour qui regarde), Gerald Casale à la basse sans tête Hohner, Bob Mothersbaugh avec une guitare de la même marque, et Bob Casale au synthétiseur, à l’extrême droite. En plein centre, le chanteur, un gros bonhomme (taille XXL) de 58 ans, lunettes rondes,… Mark Mothersbaugh ! Oui, tout le monde est bien là, et les fans de Devo aussi, il y a de drôles de chapeaux partout maintenant : on sent vraiment le grand retour du groupe.
« Everybody it's a good thing, everybody wants a good thing, everybody ain't it true that… » est lancé en ouverture, That's Good , le son est excellent et je peux affirmer que nos précurseurs du rock électronique n'ont rien perdu de leur saveur et de leur tranchant, ils sont bien en place, et même la voix de Mark n’a pas changé. On est en peine ère Dévo-lution ! L'enthousiasme monte. Pas de doutes, c’est les mêmes, je les écoute en live… en vrai ! Suit Going Under, le salut « Peek-a-boo, Paris ! »... et les choses deviennent sérieuses avec un enchainement infernal des leur grand classiques électros, les tubes, Girl U Want, le choc dès qu'on entend Whip It, puis Secret Agent Man, la reprise de Johnny Rivers. C’est une joie de réentendre ces titres dans ce concert qui, à chaque chanson, gagne en intensité. Le show est très précis, carré à l’américaine, on sent que l'improvisation n'a pas sa place, ce soir. Josh est un batteur enragé, assez impressionnant par son rythme de coups de grosse caisse, il se met en avant sur chaque morceau, soutenu par le son de guitare impeccable de Bob.
Le spectacle est une merveille, le light show est magnifique, les musiciens sont parfaits dans leurs mouvements, dans leur chorégraphie, ils assurent vraiment dans une cohésion spectaculaire et c’est un vrai travaille de pros, qui fait oublier l’âge. Leur plaisir de jouer est communicatif. La vérité est que Devo en live n'a pas vieilli, car c’est un groupe hors mode. L’apothéose du concert arrive quand la formation laisse tomber les synthés et reprend les guitares, j’attendais ce moment. Mark, détaché, bouge beaucoup, s’adresse au public « It's about DEVO taking over the fucking planet » et balance froidement la reprise robotisé de 1977, I Can't Get No (Satisfaction) : assez terrifiant, étonnante reprise plus de 30 ans après, restée inégalée depuis ce traitement de choc, un mix de synthé-pop-beat, une vrai merveille que je n’arrête pas d’écouter encore aujourd’hui. Je suis hébété. On se rend compte immédiatement que les neurones heureux de Mark sautent sur la scène comme des grillons. Le plaisir est avec nous. On entre dans la période « Q: Are We Not Men A: We Are Devo », on poursuit avec Uncontrollable Urge, morceau punk qui voit Mark déchirer sa combinaison jaune, puis celle des autres musiciens.
C'est la folie dans le public : enflamméa, heureux, depuis des années on a attendu ce retour et ce moment inesperé. Les chapeaux rouges bougent. Bien sûr, le public a vieilli comme le groupe, mais connaît toujours les paroles des chansons par cœur. Eh oui ! Parmi les premiers rangs on se dispute encore pour arracher un précieux bout de combinaison jaune vif, comme au Palace en 1978. Je vis ce moment avec un sourire discret, car j’ai toujours mon morceau fétiche de l’époque. On remarque vite que le groupe donne beaucoup, ils semblent plus qu’en forme, toujours piqués par la Devo-lution, comme s’ils sortaient un nouveau disque. Je le sentais venir cet événement et j’en suis heureux. Ils enchaînent avec fluidité le grandiose Mongoloïd, avec sa ligne de basse simple et facile à mémoriser, et Mark en pleine chorégraphie. Le rendu sonore est magnifique grâce aussi à la participation de Josh, le batteur, devenu de plus en plus maitre de la scène. Suit Blockhead, chanson simple de l’album « Duty Now For The Future » (1979), et encore l’incontournable Jocko Homo. Mark se penche sur le bord de la scène et crie « How many believe that DEVOlution is real ? » et devant l'approbation massive des spectateurs, demande à plusieurs reprises « Are We Not Men? » qui permet aux fans de hurler à plein poumons « We are devo !». Le meilleur a été gardé pour le fin set avec un époustouflant Gates Of Steel.

Après une courte pause, le rappel, avec Freedom Of Choice en premier : le groupe est en tenue classique de boxeurs, puis Gut Feeling, qui a un peu vieilli... Mais les surprises ne sont pas terminées car Beautiful World arrive. Nous avons la visite de l’alter-ego Booji Boy (le poupon géant, au masque d'enfant en plastique, habité par la voix de Mark Mothersbaugh)…« It’s a beautiful world… For you, but not for me », lançant des balles colorées qui rebondissent pour nous rendre tous heureux comme des enfants... et qui met fin au spectacle avec une dernière pensée «You can shake it to me all night long, Hey hey, It's not for me!». Ovation obligée ! Après cela, le groupe quitte rapidement de la scène, Les lumières se rallument. Voilà c'est fini... vraiment !
Ce soir on a choisi de remonter le temps, « Are we not men ? We are Devo »... bien sûr, ce n’est pas de la nostalgie, mais c’est le retour de Devo dans un couloir temporel de couleur jaune, absurde, rigolo et charismatique : une légende qui réunit jeunes et plus anciens,… après 19 ans d’attente ! Espérons qu’un album pourra voir le jour en 2009… et tant pis si Devo a pris 19 ans de plus, comme nous tous. Certes, ils ont vieillis, mais ce soir, c’était une débauche d'énergie et une bonne ambiance, que voulez-vous de plus ? 30 ans après avoir mangé leur hamburger « tonus de vitalité », ils pètent encore le feu. On a fait ensemble une chevauchée fantastique de la Devo-lution pour ce show sobre mais intense ! Encore sous le coup de l'émotion mais avec un peu de recul, je dis que ce fut une bonne soirée, que c’était LE concert à ne pas louper ! La légende a encore frappé. Eloise, très souriante mais pas trop causante me dit « bye bye » et s’en va heureuse, donnant la main à sa maman, pour récupérer son papa dans la fosse… la salle se vide.
Alors,…prolongez cette soirée, bougez, décoincez-vous un peu, dansez, sautez comme des kangourous, hurlez comme des ados, mettez-vous les chapeaux rouges dômes sur la tête, récupérez votre énergie sexuelle et criez comme des malades : « When a problem comes along / You must whip it / Before the cream sits out too long / You must whip it / When somethings going wrong / You must whip it ! »





photos de
 
Marvin, précédé d’une réputation de groupe de scène redoutable, ce combo de Montpellier a grandi aux sons post-punk et noise-rock les plus échevelés. Voix vocodées, riffs de guitares endiablés, synthétiseurs véloces, batterie épileptique...



Fondé sur le concept de "dévolution", soit une régression de l’homme au fur et à mesure qu’il est censé évoluer, Devo, originaire d'Akron en Ohio, bâtit depuis 1972 un univers musical absurde, kitsch et coloré, pastichant le totalitarisme technologique et l’abrutissement de la société industrielle. Leur musique, post-krautrock et pré-new-wave, très en avance sur son temps, doit autant à Can et Neu ! qu’à Zappa et Captain Beefheart : des titres comme Mongoloïd, Satisfaction (reprise irrespectueuse des Rolling Stones) ou, plus tardivement, Whip It, avec ses rythmes affolés et ses synthétiseurs dissonnants, sont des sommets de punk électronique loufoque. Devo signe chez Warner Bros et enregistre avec Brian Eno son premier album Q: are we not men? A: we are Devo! qui devient un hit underground. Suit Duty now for the future en 1979. Devo se fait connaître du grand public grâce à l'album Freedom of choice. Soucieux de leur imagerie conceptuelle, le groupe peaufine un look de savant fou (combinaison jaune, chapeau ’pot de fleur’), devenu aussi célèbre que celui de Kraftwerk ou des Residents. Plus que jamais d’actualité, ce monde déréalisé n’a jamais été autant en phase avec la réalité du monde.Au cours des années 90, Devo se produit sporadiquement mais a entamé l’année dernière une tournée des plus beaux festivals européens (tête d’affiche des derniers Sonar et Benicàssim en Espagne, Meltdown pour Jarvis Cocker à Londres) et donnera à Villette Sonique son premier concert en France depuis 25 ans. Un évènement !

(http://www.clubdevo.com/)
(http://www.myspace.com/devo)
(http://www.facebook.com/ClubDEVO)








































Q: Are We Not Men? A: We Are Devo! (1978)
Duty Now for the Future (1979)
Freedom of Choice (1980)
New Traditionalists (1981)
Oh, No! It's Devo (1982)
Shout (1984)
Total Devo (1988)
Smooth Noodle Maps (1990)


 
MARVIN







Emilie - keyboard
Fred - guitar
Greg – Drums
















Gerald Casale - Bass Guitar, Bass Synthesizer,
Vocals
Mark Mothersbaugh - Synthesizers,
Vocals
Bob Mothersbaugh ("Bob 1") - Guitar, Vocals,
Bob Casale ("Bob 2") - Guitar, Keyboards,
Vocals, Engineer,
Josh Freese - Drums.










La Setlist du Concert
DEVO




That's Good (Oh, No! It's Devo - 1982)
Going Under (New Traditionalists - 1981)
Peek-A-Boo ! (Oh, No! It's Devo - 1982)
Girl U Want (Freedom Of Choice - 1980)
Whip It ! (Freedom Of Choice - 1980)
Secret Agent Man (Duty Now For The Future - 1979)
(I Can't Get No) Satisfaction (Cover The Rolling Stones) (Q. Are We Not Men? A. Wa Are Devo! - 1978)
Uncontrollable Urge (Q. Are We Not Men? A. Wa Are Devo! - 1978)
Mongoloïd (Q. Are We Not Men? A. Wa Are Devo! - 1978)
Blockhead (Duty Now For The Future - 1979)
Jocko Homo (Q. Are We Not Men? A. Wa Are Devo! - 1978)
Smart Patrol / Mr. Dna (Duty Now For The Future - 1979)
Gates Of Steel (Freedom Of Choice - 1980)

Encores

Freedom Of Choice (Freedom Of Choice - 1980)
Gut Feeling Bon feeling (Q. Are We Not Men? A. Wa Are Devo! - 1978)
Beautiful World (New Traditionalists - 1981)



La durée du concert : 1h15


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lundi 2 juin 2008

Laetitia Sheriff ~ La Boule Noire. Paris.









Première Partie : KIM




Ce qu’en a pensé Gilles :

« La première chose que j'aperçois en arrivant aux alentours de la Boule Noire, c'est cette longue queue qui s'étire sur au moins deux cent mètres... Curieux, je vais voir à l'entrée de la Cigale (car bien sûr, cette queue était pour un concert donné à la Cigale) : ô horreur ô désespoir, il s'agit d'un énième show de notre nouveau rocker national, le reflet de la culture musicale française – c’est pour moi une certaine "honte" (je dis cela sur le ton de l'humour bien entendu) d'appartenir à un peuple qui ne croit qu'en Johnny et Mylène Farmer -, j'ai nommé la nouvelle idole Française, le sieur Christophe Willem avec sa voix de fausset ! Ahhhhhhhhhhh, quelle tristesse ! Dépité, je rejoint la queue de la Boule Noire (6 personnes au moins), je retrouve deux jeunes femmes hyper sympathiques (j'ai encore oublié de leur demander leurs prénoms...), lectrices passionnées de notre blog (si, si !!). Si nous sommes inférieurs en nombre, la qualité est de notre côté !

Entrée en douceur, premier rang, on se pose tranquillement et on discute musique, soirée cool cool. Un grand rideau blanc est tendu en travers de la scène, couvert de graffitis, avec KIM marqué en gros. Eh bien c'est tout simplement le nom de la première partie : Kim, jeune auteur interprète (enfin je suppose), seul avec sa guitare et son laptop : des chansons courtes, humoristiques, du folk joyeux. Le courant passe bien, on rigole de ses réparties, de ses morceaux qui ne durent parfois pas plus qu'un accord, de sa verve, de son humour tout simplement. Et ce n'est déjà pas si mal. Son boogie Masturbation fera l'objet de chœurs improvisés dans le public. Bref, on passe un bon moment avec un artiste qui ne se prend pas au sérieux mais qui n'est pas dénué de talent. A rapprocher quelque part de l'univers de la bordelaise Tender Forever.

Bonne surprise, la Boule Noire a fait le plein ce soir et surtout, il semble que ce soit un public de connaisseurs, et non un public où les invités jouent au bouche trou. Il est vrai que les artistes qui sont signés par le label Fargo sont généralement de grande qualité, avec un public pointu et fidèle (petit coup de chapeau au passage à ce label : même si je n'aime pas faire de pub, c'est vraiment mérité, ne serait-ce que pour la fantastique Alela Diane). Mais revenons à notre sujet : Laetitia Sheriff arrive sur scène accompagné de ses deux musiciens, Gael Desbois le guitariste qui se trouve en face de moi, et Olivier Mellano à la basse. Il y a une atmosphère un petit peu bizarre qui n'arrivera pas à s'estomper. Je m'explique : Laetitia ne semble pas véritablement à son aise, pas trop sûre d'elle avec des intro difficiles, je trouve qu'elle n'arrive pas à se libérer entièrement et c'est dommage... Le public lui étant entièrement acquis, elle pouvait se laisser aller à 100%. Premier morceau, Laetitia est aux claviers, le son est bon, par contre la voix ne sera jamais complètement en avant, parfois couverte par les instruments, un problème de mixage ? Le concert alterne les morceaux calmes et surtout beaucoup de morceaux soniques, voir ultra soniques, des atmosphères bien à elle. C'est vrai que c'est une artiste assez unique dans le paysage du rock français. Je ne reconnais pas trop les quelques morceaux tirés de « Codification », le premier essai de Laetitia Sheriff (même Rose ou Aquarius...).

Dommage, je le répète, que les enchainements entre les morceaux ne soient pas meilleurs, trop de bricolage pour se réaccorder, cela coupe le rythme. Je dis dommage, car je pense que le concert aurait pu être « excellent », au lieu de celà, il ne sera que « bon », ce qui n'est pas si mal bien sûr, mais il y aura trop d'approximation, un certain manque de fougue, la peur de mal faire? Il n'y avait pas de risques, les compos étant bonnes. Le grand moment du concert aura été pour moi Lockless le dernier morceau avant le rappel, excellent et sonique, j'attend avec impatience de le découvrir sur le CD (que j'ai bien entendu acheté sur place). Un rappel un peu loupé avec The Evil Eyes rejoué, la première mouture s'achevant au bout de 2 ou 3 minutes, pas le bon tempo ou autre chose qui n'allait pas. Et hélas, pas d'autre morceau, cela faisait un peu trop "concert promotionnel", j'ai trouvé. Je fais ces critiques car je pense et je suis certain que Laetitia vaux mieux que ce que l'on a vu ce soir. Attention, c'était BIEN , je le dit encore une fois, mais je reste persuadé que ce pouvait être EXCELLENT, d'où ma légère déception, les chevaux n'ont pas été lâchés, trop en retenue, ce concert. Mais je dis « bravo » à Laetitia, c'est une belle artiste, un peu à part dans le paysage rock français, j'attends son prochain concert avec impatience... et cette fois, Laetitia, LACHE TOI !!!!! A noter aussi mon incompréhension lorsque le manager (?) viendra me demander de cesser les photos au bout de cinq morceaux, c’est bien la première fois que l'on me demande cela moi qui ne suis armé que d'un modeste appareil digital, prenant soin de ne pas utiliser le flash : bizarre quand même... Je quitte les filles, Brigitte et Robert, dehors il commence à pleuvoir doucement mais la température reste douce. Cela restera une belle soirée, dommage que... mais ce sera pour la prochaine fois, Laetitia ! »




Laëtitia Shériff est une chanteuse rock françaises songwriting féminin, qui a su développer un univers personnel : une pop minimaliste, légère, aérienne et légèrement torturée, mélancolique avec des prestations scéniques impeccables. Elle a signé avec son groupe chez Fargo Records. Un nouvel album, quatre ans après un premier effort très marquant, sort en mai 2008 et à pour titre Games over.








Laetitia Sheriff : Vocals & Bass
Olivier Mellano : Guitar (Ex Dominique A,Yann Tiersen)
Gaël Desbois: Drums (Ex Mobil)










Like Ink With The Rain (Games Over - 2008)

The Story Won't Persist In Being A Closed Book (Games Over - 2008)
Solitary Play (Games Over - 2008)
Roses (Codification - 2004)
Aquarius (Codification - 2004)
Cosmosonic (Games Over - 2008)
Black Dog (Games Over - 2008)
Memento, Put Her In A Picture (Games Over - 2008) Let's Party (Games Over - 2008)
Hullabaloo (My T.V. Ratings) (Games Over - 2008) Codification (Codification - 2004)
Lockless (Games Over - 2008)

ENCORE

There, High (Games Over - 2008)
Baby Man (Codification - 2004)
The Evil Eye (Games Over - 2008)





La durée du concert : 1h15

AFFICHE / PROMO / FLYER






Laétitia Shériff - Live St Jacques de la Lande 15 Fév. 2008
envoyé par Breizhgirl35