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vendredi 11 juin 2010

SUPERGRASS ~ La Cigale. Paris.











Opening: Charly Coombes & The New Breed 



Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Il est toujours difficile de dire adieu à un groupe après 15 années de bons et loyaux services, surtout quand celui-ci vous inspirent plutôt de la sympathie. Car Supergrass fait quand même partie du paysage musical européen depuis une bonne quinzaine d’années, et on s’est habitués à les voir de temps à autre, d’être témoins de la sortie d’un de leur albums… bref, Supergrass est ce que l’on appelle un groupe établi. Etabli, oui, mais il n’a jamais réussi à avoir l’aura d’un Oasis ou d’un Blur, qui eux jouaient dans une autre catégorie : c’est peut-être à cause de cela je les avais négligé, jusqu'à la sortie de l’honorable « Diamond Hoo Ha », et le concert qu’ils ont donné en 2008 à l’Elysée Montmartre. Car à la sortie de ce concert, Eric et moi nous nous étions regardés presque navrés, en nous demandant pourquoi nous étions passés à côté de ce groupe si brillant en concert.

Me voici donc devant la Cigale, pour un concert qui a affiché « sold out », presque instantanément, le dernier d’une série de quatre, commencée en Grande Bretagne : ce soir, ce sera donc l’ultime performance live de Supergrass. Gilles P m’accompagne, et se dirige vers le balcon dès l’ouverture des portes, quant à moi, n’étant pas arrivé assez tôt, je m’installe tranquillement sur la balustrade surplombant la fosse, du côté droit.

La salle se remplit rapidement et, assez tôt dans la soirée, c’est Charly Coombes & The New Breed qui débarquent sur scène pour 34 minutes d’un set qui ne restera pas dans les mémoires. L’ex-organiste de 22/20’s et actuel membre de Supergrass propose une musique sans grande imagination, juste de quoi faire patienter les fans massés au premier rang.

La Cigale est archi-blindée lorsque les lumières s’éteignent, et alors que l’on attend l’apparition du groupe, c’est un film qui est projeté derrière la scène. On se pose des questions, et puis après plusieurs minutes apparaissent à l’écran quelques images d’archives récentes, avec juste un titre : DIAMOND HOO HA – 2008… les 5 membres de Supergrass entrent alors sur scène, sous les ovations d’un public conquis d’avance, et c’est avec les notes de Diamond Hoo Ha Man que le concert débute. On va vite comprendre le principe du concert, ce sera un retour vers le passé, vers la genèse de Supergrass, là où tout a commencé, et là où tout va donc se terminer. Ce début de concert m’inquiète tout de même pour une chose : le son qui est loin d’être bon, pas assez compact et puissant. Heureusement, cela va s’améliorer progressivement. J’aime bien cette album de 2008, très rock’n’roll, il invoque un retour aux sources et à la simplicité. Le groupe enchaine avec Bad Blood, autre brûlot intéressant de l’album. Le chapitre consacré à « Diamond Hoo Ha » se termine par le très consensuel Rebel In You, un morceau bien dans la tradition de ce que sait faire Supergrass, j’aurais aimé par ailleurs qu’ils jouent plutôt un morceau musclé comme l’excellent 345. Fin de la première partie, l’ambiance est bonne, mais on sent le public encore attentif et pas totalement libéré. Nouvelle projection de 2/3 minutes qui nous présente l’album suivant, « Road To Rouen », et il faut bien le dire que l’ambiance sera plus réservée pour accueillir chaque morceau de cet album différent des autres : Supergrass avait alors à cette époque (en 2005) senti le besoin de se renouveler et d’innover, malheureusement cet album est plutôt passé inaperçu et c’est aussi le set du concert qui recevra le moins de suffrage des fans massés dans la fosse. Guitare acoustique, chansons toutes en retenue, une sensibilité à fleur de peau, ce n’est pas vraiment ce que l’on attend de Supergrass, et pourtant certaines chansons sont de petit bijoux, comme St Petersburg. Nouveau départ, nouvelle vidéo, l’année 2002 est au programme, et dès l’apparition de la pochette arc en ciel de « Life On Other Planets », les acclamations fusent de toute part, et pour tout dire, le concert va véritablement débuter avec cette période du groupe. Cela commence avec Breacon Beacons pour finir avec le très Kinksien (ça, je sais pas si ca existe !) Grace. Chansons rock, harmonies et, en conséquence, beaucoup d’euphorie dans la salle, on redécouvre une nouvelle fois Supergrass dans ce qu’il fait de mieux, partager ses chansons en live.Nouvel intermède, et maintenant chaque projection est accueilli avec une grande ferveur, c’est bien sûr le cas pour l’album « Supergrass » de 1999 : nous sommes revenus dans les années 90, là ou tout à commencé pour le groupe. Et c’est là que je vais peut-être vivre le moment le plus intense du concert, avec un MARY énorme tout simplement : la version live écrase tout sur son passage, j’en ai presque les larmes aux yeux tellement l’émotion est forte, surtout quand toute la salle reprend en cœur les « Ah Yah Yah !! ».

La salle est maintenant en éruption, et toute la fosse, ainsi qu’une grosse partie du balcon, ondule de plaisir par vagues successives, il y a longtemps que je n’avais pas vu la Cigale autant bouleversée, non seulement par le plaisir mais aussi du fait que c’est la dernière fois que l’on voit ce groupe en live, c’est la dernière fois que l’on écoute Mary… Et moi je regrette, je regrette mon indifférence tout au long de ces années, je regrette les concerts que je n’ai pas voulu voir, je regrette d’avoir considéré Supergrass comme des has been beaucoup trop tôt, alors qu’eux ne calculaient rien, et pondaient des bons albums. Ce soir, c’est leur revanche, et oui, j’ai énormément d’émotions qui remontent à la surface. Le groupe termine l’album de 1999 avec un extrêmement jouissif Pumping On Your Stereo, qui n’est pas sans nous faire penser au David Bowie de Rebel Rebel. La tension monte encore d’un cran lorsque c’est l’année 1997 qui est évoquée, la salle explose avec Richard III, mais ce qui est bien c’est que cette explosion est faite de plaisir : d’où je suis, je vois les sourires radieux sur les visages des gens, et je me dis à cet instant que l’on vit des instants magiques, que tous les groupes devraient faire ce que Supergrass font ce soir, le concert pratiquement parfait, le résumé d’une carrière sans faute, même si en fin de compte le groupe jette l’éponge. Arrive le très beau et très prenant Late In The Day, oui ces mecs-là avaient le sens de la pop, voilà une chanson digne des Zombies, ou même des Beatles, pourquoi pas ? Sun Hits The Sky vient conclure de belle manière l’année 1997. La tension monte car nous arrivons maintenant aux origines, et quand la pochette désormais identifiable entre toutes de « I Should Coco » apparaît, c’est la folie qui s’empare de la Cigale… Et plus encore quand retentissent les premières notes de Strange Ones, c’est l’union sacrée dans la fosse, c’est beau, et l’on ressent quelque chose de puissant qui nous soulève, la musique et la foule à l’unisson pour porter ce Strange Ones au firmament : grandiose !! Le reste, ce n’est plus qu’un best of qui fait danser et sauter la Cigale, jugez-en plutôt : Mansize Rooster, puis Lenny, et enfin le rappel ultime avec les deux morceaux qui ont apposé la marque Supergrass, je veux bien entendu parler de Alright (repris en chœur par toute la Cigale), et puis pour finir Caught By The Fuzz qui vient achever 15 années de disques et de tournées de l’un des groupes les plus sympa d’Angleterre : c’est peut-être pour cela qu’ils n’avaient pas l’aura de leurs contemporains, pas assez trash, trop gentils, juste bons pour la musique.

Le groupe ne reviendra pas après ce seul rappel, mais j’ai eu l’impression à cet instant d’avoir vécu un moment particulier et unique, qui restera quelque part enfoui dans ma mémoire : avoir pu voir un groupe qui tirait sa révérence de la plus belle manière en nous gratifiant d’un feu d’artifice de presque deux heures.

Voilà, c’est fini, pas de merchandising à la Cigale, il ne me reste plus que les souvenirs, d’abord 1995 et l’album « I Should Coco », que j’avais alors beaucoup écouté puis la disgrâce, je ne sais même pas pourquoi d’ailleurs, car le groupe était alors au sommet, mais moi j’avais déjà décroché, à tort donc... Et puis en 2008 la rédemption, ma rédemption vis-à-vis de ce groupe avec ce concert de l’Elysée Montmartre qui nous faisait regretter ces années passées à ignorer Supergrass, et enfin ce beau final qui a illuminé cette soirée et fait naître une fois de plus beaucoup de regrets.

This Is the end… »







photos de gilles b



Supergrass est un groupe de rock anglais originaire d' Oxford. Créé en 1992, connait le succès au milieu des années 1990, en pleine période britpop avec leur 1er album "I Should Coco", qui, grâce au single "Alright" qui passe en boucle sur les ondes entre dans le top ten britannique avec 500 000 exemplaires vendus, et un million dans le monde. Le groupe s'arrête en 2010.

(http://www.myspace.com/supergrass)





    •    1995 : I Should Coco
    •    1997 : In It for the Money
    •    1999 : Supergrass (connu aussi sous le nom de The X-Ray Album)
    •    2002 : Life On Other Planets
    •    2005 : Road to Rouen
    •    2008 : Diamond Hoo Ha
    •    2010 : Release the Drones (Prévision de sortie : mai 2010, ne sera pas publié)








Gaz Coombes - Guitar and vocals
Mick Quinn - Bass and vocals
Danny Goffey - Drums
Rob Coombes - Keyboards















La Setlist du Concert
SUPERGRASS



Diamond Hoo Ha Man (Diamond Hoo Ha - 2008)
Bad Blood (Diamond Hoo Ha - 2008)
Outside (Diamond Hoo Ha - 2008)
Rebel In You (Diamond Hoo Ha - 2008)
Tales Of Endurance (Parts 4, 5 & 6)(Road To Rouen - 2005)
St. Petersburg (Diamond Hoo Ha - 2008)
Fin (Road To Rouen - 2005)
Kiss Of Life (Single - Supergrass Is 10 - 2004)
Brecon Beacons (Life On Other Planets - 2003)
Rush Hour Soul (Life On Other Planets - 2003)
Funniest Thing (Life On Other Planets - 2003)
Grace (Life On Other Planets - 2003)
Moving (The X-Ray Album - 1999)
Mary (The X-Ray Album - 1999)
Eon (The X-Ray Album - 1999)
Pumping On Your Stereo (The X-Ray Album - 1999)
In It For The Money (In It For The Money -1997)
Richard III (In It For The Money -1997)
Late In The Day (In It For The Money -1997)
Sun Hits The Sky (In It For The Money -1997)
Strange Ones (I Should Coco - 1995)
She's So Loose (I Should Coco - 1995)
Mansize Rooster (I Should Coco - 1995)
Strange Ones (I Should Coco - 1995)
Lenny (I Should Coco - 1995)

ENCORE

Alright (I Should Coco - 1995)
Caught By The Fuzz (I Should Coco - 1995)



La durée du concert :1h50

AFFICHE / PROMO / FLYER










jeudi 10 juin 2010

THE DRUMS ~ La Cigale. Paris.










 
Opening: I Blame Coco + We Have Band




Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Qu’est ce qui peut bien me motiver à retourner voir The Drums, alors que quelques mois plus tôt, j’avais été déçu par leur prestation en tête d’affiche des Inrocks Indie Club à la Maroquinerie ? Trois choses : d’abord, j’aime bien voir les groupes deux fois en live, avant de me faire un avis définitif ; deuxièmement, je suis curieux de découvrir la première partie, en l’occurrence We Have Band ; et tertio, la perspective de passer une soirée avec des amies, en l’occurrence mes deux princesses des dance floors (…de salles de concert !), j’ai nommé les pétulantes Alice et Cécile.

Je n’arrive pas vraiment tôt, pour une fois, mais dès l’ouverture des portes, je parviens sans aucune difficulté à me placer au premier rang, cette fois-ci sur la gauche, en face de l’un des guitaristes de The Drums, celui qui saute partout, le chien fou du groupe. Surprise, la Cigale est loin d’avoir fait le plein, avec un balcon à moitié rempli et une fosse qui ne le sera pas complètement non plus.

Les hostilités commencent tôt avec l’arrivée d’un groupe inconnu, I Blame Coco, qui s’avère être le groupe de Robyn, la fille de Sting, une jeune femme au look de garçon manqué, dotée d’une voix assez intéressante mais aussi d’un gros handicap : la musique proposée qui est une espèce de rock basique à la sauce ricaine, avec synthés de rigueur ! Difficile pour moi d’adhérer à une telle fadeur, même si la demoiselle fait des efforts aux niveaux des vocaux. 32 minutes bien applaudies par un public bon enfant, et sûrement moins intransigeant que moi. En tout cas, Fiction Plane et maintenant I Blame Coco, la descendance de Sting ne brille pas vraiment par son originalité musicale.

Les filles sont arrivées… Malheureusement, elles vont rester du côté de la balustrade sur la gauche de la scène, et c’est le moment pour We Have Band d’entrer en scène. Le trio pratique l’électro, jusque là, rien d’original, mais ce qui le distingue des autres groupes du même style, ce sont tout d’abord les compositions qui ne sont pas sans me faire penser parfois aux B52’s, avec même un au morceau qui, lui, m’a fait penser à Kylie Minogue, période Can’t Get You Out Of My Head. On se prend vite au jeu du trio, servi par un chanteur/batteur officiant debout, à ses côtés une jeune femme blonde (enfin pas si jeune que ça, tout compte fait) s’occupe elle aussi des vocaux, tout en assurant une partie des synthés… Quant au troisième élément, il va alterner les parties de guitare et les parties de basse. En 40 minutes chrono, We Have Band va séduire la Cigale, et provoquer les premiers mouvements dans une fosse qui à la fin du concert sautait dans tout les sens. A suivre donc.

Scène dépouillée, mini-amplis, tout est en place pour accueillir The Drums. Mon appréhension : le son et la peur de ressentir une nouvelle fois cette impression de manque de sonorité grave, due à l’absence de guitare basse (le groupe officie à deux guitares). Juste avant que le groupe entre sur scène, une personne du management vient rayer deux morceaux sur chacune des set lists, la justification donnée à des spectateurs du premier rang est explicite, quand je le vois pointer sa montre : problème de couvre feu, tout simplement… Et moi, je dis que cela devient stupide de programmer deux premières parties, et de supprimer deux morceaux à la tête d’affiche sous prétexte qu’il est trop tard !!

Première constatation, j’ai bien fait de me placer sur la gauche, en face de moi officie donc l’un des deux guitaristes, le plus électrique dirais-je, surtout du fait de son attitude sur scène, un véritable feu follet. Et force est de constater que le quatuor a gagné en puissance en l’espace de quelques mois. J’avais en mémoire une impression d’approximation, c’est fini maintenant, l’ensemble est bien plus compact et homogène. Dommage tout de même que le batteur semble faire la gueule en permanence, d’ailleurs il quittera la scène le premier à la fin du concert. Mais faisons fi de ces petits problèmes, pour ne voir que les choses positives. The Drums est un groupe fait pour donner du plaisir sur des chansons simples, sans prises de tête, tout évoque le fun, le soleil et la plage : oui, il y a beaucoup de futilité là-dedans, mais parfois la futilité est la bienvenue, et c’est le cas avec The Drums. Si le concert est un succès, on le doit aussi au public beaucoup plus actif qu’à la Maro, un public majoritairement féminin bien sûr (…comme si un homme devait avoir honte d’écouter The Drums !). Eh bien moi, je dis non, vive le fun, vive les paroles rigolotes et fédératrices (I Wanna Go Surfing), et vive la musique qui nous fait bouger sans que l’on se pose la question de savoir si ces mecs sont des compositeurs géniaux ou des musiciens haut de gamme. Bien sûr, le set est inégal, mais la prestation de ce soir a révélé un groupe bien au point, avec à sa tête un Jonathan Pierce à l’aise et peut-être moins exhibitionniste qu’à la Maro. Alors on va délirer sur Best Friend avec un Jacob Graham déjanté, le ton est donné. La tonalité du concert oscille entre des airs pop rock et des mélodies qui sentent plus les îles, avec ce coté langoureux et désinvolte, bref des parfums de vacances, qui rappellent Vampire Weekend. Le groupe fait même dans le style sixties avec Submarine. Pas mal de chansons seront tirées du nouvel album, et ma foi, sur ce que j’en ai entendu, cela me semble fort correct. Les jeunes filles sont aux anges au premier rang, est-ce la musique ou le minois du chanteur ? En tout cas, le groupe finira par un rappel de toute beauté avec l’inévitable Let’s Go Surfing (il ne manquait que Charlotte pour une chorégraphie digne des Beach Boys, comme on avait eu le droit quelques mois plus tôt), puis le groupe finira sur une touche très rock’n’roll, mais toujours avec ce coté sixties, et c’est bien sûr Down The Water qui viendra conclure ce concert.

Ok, on fait tout de même la fine bouche sur la durée du set (48 mn !!), mais en contrepartie, The Drums a fourni une prestation de bonne qualité. Tout le monde est content et joyeux, je rejoins mes deux gazelles qui ne tarissent pas d’éloges sur The Drums, et aussi sur We Have Band : opinion partagée ! Set list en poche, on regagne la sortie, non sans avoir fait un arrêt au merchandising, puis c’est dehors devant l’entrée de la salle que l’on finira la soirée en discutant, on n’est pas vraiment pressés de partir. Alors, l’avenir de The Drums, éphémère ou pas ? Je n’en sais rien, bien entendu, leur musique passera, comme souvent, mais il nous reste à leur souhaiter de ne pas être juste un effet de mode pour les médias - et aussi il faut le dire pour fans - qui s’amourachent d’un groupe pour soudainement l’abandonner pour un autre plus jeune et surtout nouveau. On verra bien… En tout cas, ils nous ont donné une bonne dose de plaisir ce soir, et au fond c’est tout ce qu’on leur demandait. »








  
The Drums sont un groupe américain de Brooklyn, NY.

(http://www.myspace.com/thedrumsforever)


Summertime!
EP - 2009
The Drums - 2010







Jonathan Pierce, Vocals
Jacob Graham, Guitar
Adam Kessler, Guitar
Connor Hanwick, Drums













La durée du concert : 0h48