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jeudi 10 novembre 2011

BASS DRUM OF DEATH ~ Le Point Ephémère. Paris.










FESTIVAL MUSIQUES VOLANTES



Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Je fais beaucoup de concerts et je ne suis toujours pas blasé ! Mais c’est vrai que je n’ai plus cette excitation avant comme celui qui voit 2 ou 3 concerts par an. Et pourtant il y a des groupes dont j’attends la venue avec impatience, souvent c’est la première fois que je les vois et quelque fois aussi leur album m’a tout simplement scotché d’où cette attente un peu plus fébrile que d’habitude. Et Bass Drum Of Death en fait partie. Pourtant ce groupe est quasi-inconnu, d’ailleurs parmi la bande de copains et connaissances de concerts, je serai le seul à être au Point FMR ce soir. Et dire qu’en plus il ne passe qu’en première partie, j’en avais presque fait abstraction tant mon désir de les voir était grand.

Pas beaucoup de monde à l’ouverture des portes, le matériel des deux groupes de la soirée est déjà installé et je décide de me placer très légèrement sur la droite, car c’est ici que se trouvera John le guitariste chanteur du groupe. J’ai omis de préciser que Bass Drum Of Death c’est un duo guitare/batterie. Encore un me direz vous. Oui oui… mais.. Ces deux-là ont sorti, dans l’anonymat presque total, un brulot du nom de GB City et j’attendais avec impatience de voir ce que cela allait donner en live... et je ne vais pas être déçu !

20 h 30. Les deux musiciens montent sur scène sans un mot, c’est à peine si j’entendrai le guitariste dire : "We Are Bass Drum Of Death". En face de moi trois petits amplis...  méfiance méfiance. À partir de là ce sera tout simplement le Nirvana. Les versions de l’album jouées ce soir le seront pratiquement toutes en mode accéléré, sans concession avec une sorte de sauvagerie impressionnante. De John le guitariste/chanteur autiste je ne verrai que ses cheveux. Avec une guitare entre ses mains le mec est magique, ce n’est pas que ce soit un virtuose, mais il a le truc qui fait que l’on frissonne devant la puissance non seulement sonore, mais aussi émotionnelle qu’il dégage par sa musique. Son compagnon lui se contente d’imprimer un rythme rapide et parfois minimaliste avec la batterie sauf quand il décide de bucheronner avec les cymbales et alors la ça fait mal. On peut vaguement comparer avec un Jay Reatard (y compris physiquement tiens !) qui aurait croisé les Stooges et les Ramones. Bref ça dépote à deux cents à l’heure, les solos ne font qu’un avec la rythmique car tout va tellement vite. Le chant est un peu lointain vu la puissance sonore émise, mais la réverb sur la voix se fait sentir. C’est sauvage, sans concession, c’est du putain de rock & roll quoi ! Le groupe va enchainer en l’espace de 36mn pratiquement tout le disque. Des grands moments avec Nerve Jamming qui a, je crois, ouvert le concert (pas de set list sur scène). Je suis tout de suite pris à la gorge comme une dizaine de personnes autour de moi qui sont manifestement aussi venues pour voir Bass Drum Of Death. Quand il chante, John a les cheveux dans les yeux et quand il est légèrement en retrait c’est avec la tête penchée ou alors la faire tournoyer comme les hardos mais juste quelques secondes. Les titres s’enchainent avec comme dénominateur commun la rage, GB City est incendiaire (mais quel morceau ne l’est pas). Mais le summum sera atteint avec un Get Found sauvage qui m’a vraiment secoué, car c’est un peu l’archétype du morceau que j’adore. Mais le pire c’est que je crois qu’ils vont le jouer DEUX fois avec en fin de set une version jouée encore plus rapidement. Autres grands morceaux, Velvet Itch, Heart Attack Kids ou bien High School Roaches, bref ce fut 36 minutes au taquet, 36 minutes de bonheur pur. John s’approche du micro pour juste dire "On s’appelle Bass Drum Of Death" avant de quitter la scène sans un mot. La claque.

Je file au merchandising ou j’achète un T-shirt du groupe, et je décide de quitter les lieux rapidement pour deux raisons. D’abord parce que le groupe en tête d’affiche du nom de Shining serait à classer dans le genre Death Métal ou un truc dans le genre et ce n’est pas dans mes goûts. Le deuxième raison, c’est qu’a la Flèche d’Or il y a un autre groupe qui m’attend avec un des très bon albums de 2011 en promotion : Pete & The Pirates ... »




photos de gilles b.


Bass Drum of Death est un duo originaire du Mississippi, USA. John à la guitare et au chant et Colin à la batterie sont à eux deux la relève du garage-rock
 



 
 2011 - GB City




 BASS DRUM OF DEATH

 John Barrett : Vocal & Guitar
Colin Sneed : Drums


 La Setlist du Concert
 BASS DRUM OF DEATH

 Non disponible



La durée du concert : 0h33


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mercredi 9 novembre 2011

GILLIAN WELCH ~ La Maroquinerie. Paris.













Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Je crois bien que c’est la première fois que je vais aller voir un concert de country ou plutôt de country bluegrass avec la présence pour la seconde fois cette année d’une artiste dont j’ai un tout petit peu écouté la musique et qui, quelque part, me fascine par son côté sans concession avec une pratique épurée et roots de la country musique. Autant dire que je ne suis pas vraiment dans mon élément ce soir hormis l’endroit, La Maroquinerie, mais j’aime découvrir certains artistes dont la réputation est irréprochable dans leur style. J'arrive  aux alentours de 18 h 45 et je trouve déjà sur place une petite vingtaine de personnes alignée sagement devant l’entrée de la salle. J’ai bien fait d’arriver à cette heure la car le public maintenant est de plus en plus nombreux. On nous prévient juste avant l’ouverture des portes : pas de photos que ce soit avec des appareils compact ou des téléphones portables. J’en prends note et le service d’ordre me laisse quand même entrer avec mon appareil à condition de ne pas l’utiliser, chose que je vais respecter.

À l’intérieur de la salle curieusement les gens entrés avant moi, enfin presque,  se placent sur les marches entourant la fosse. Je prends place devant un peu sur le côté au cas ou il faudrait se taper un concert assis ce que je ne souhaite pas surtout ici à la Maro. Pas de première partie au programme, le concert proprement dit devant commencer à 20 h. Et effectivement aux alentours de 20 h 5 les lumières s’éteignent, la salle est pleine avec un public d’un certain âge, pas mal d’Américains, mais une majorité de Français me semble-t-il. Sur scène c’est très minimaliste, pas d’ampli, juste deux pieds de micros avec pour chacun des pieds deux micros branchés, un pour la voix et l’autre pour amplifier la guitare. Juste derrière trône une petite table avec par-dessus une petite boite à tiroirs ou Gillian et Dave rangent leurs médiators et autres harmonicas.

Le couple sur scène : elle assez longiligne avec des traits émaciés. Les yeux sont brillants et le sourire éclatant. Elle est juste vêtue d’une petite robe et de  santiag. Lui a fière allure avec son chapeau de cowboy et son costume étriqué qui lui donne un air un peu guindé, on est vraiment parti en voyage dans l’Amérique profonde. Alors la musique ? J’avais avouons le un peu peur de m’ennuyer au bout de quelques morceaux. C’est l’inverse qui va se produire. Au début j’étais un peu sceptique, le concert ayant débuté par un morceau du dernier album intitulé Scarlett Town, bien roots. Je me suis dit qu’à la longue et sur le même registre je pourrais m’ennuyer. Eh bien non. Tout d’abord je suis resté longtemps intrigué et même impressionné par la manière dont Dave Rawlings joue de la guitare, une vieille guitare acoustique comme on n’en voit plus, la tranche de la caisse est plaquée contre son ventre et la guitare forme donc un angle à 45° avec son corps au lieu d’y être plaquée. Le côté intéressant du concert c’est la variété de la musique proposée. On passe par des moments calmes et intimistes (Dark Turn Of Mind) par d’autres plus intéressants comme ce One Morning où l’on verra Gillian jouer du Banjo. Ce morceau ressemble à un air traditionnel qui mélange le côté folk et Cajun et ça j’adore vraiment. Et puis entre chaque morceau chacun fait son truc de son côté, elle et lui s’accordent à l’oreille (pas de pédales), il ou elle fouille dans leur petite boite à tiroirs pour changer de médiator ou chercher quelque chose. On passe ensuite à un autre registre beaucoup plus country western traditionnel avec The Way It Goes et toujours l’impressionnante manière de jouer presque continuellement des solos de la part de Dave, cela c’est remarqué particulièrement sur ce morceau. Ce qui m’épate aussi ce sont les réactions du public. À chaque intro on entend des applaudissements ou des sifflets de contentement, tout le monde sauf moi semblant connaître leur discographie intégrale. Sur certains morceaux, Dave va jouer aussi de l’harmonica avec comme côté cocasse le fait qu’il soit obligé d’enlever son Stetson pour passer son porte harmonica autour du cou, il semblerait qu’il répugne à enlever son chapeau !! Je ne vais pas dire que tout m’a plu. Certains morceaux très lents (My Morphine par exemple) ne sont pas exactement ce que je préfère même si l’on est en plein dans le traditionnel. Une bonne partie de la set list est consacrée au dernier album de Gillian intitulé The Harrow & The Harvest. En parlant de Harvest certains morceaux joués plus particulièrement lors de la seconde partie m’ont fait penser au Looner grande période. Et puis sans que je m’y attende, le groupe quitte la scène et les lumières se rallument, j’avoue que l’espace d’un instant j’ai cru que le concert était fini alors que seulement 50 minutes s’étaient écoulées. Mais non c’est juste un entracte comme seul parfois les artistes américains le font.

 20 minutes plus tard, il est 21 h 20 les deux musiciens reviennent sur scène avec leurs instruments, il commencent à s’accorder quand soudain alors que Gillian allait commencer l’entame d’un nouveau morceau elle s’échappe soudainement de la scène laissant Dave un peu abasourdi. Moment de flottement, il décide de nous raconter une anecdote leur étant arrivé aux USA tout en jetant des coups d’œil furtifs sur le côté et quelques minutes après on voit notre Gillian revenir le sourire aux lèvres, elle avait juste un problème de lentilles. Et le fait de laisser son compagnon seul avec le public l’a fait sourire comme si elle lui avait joué un bon tour. C’est reparti pour un second set qui cette fois va durer 1 h 15 soit un concert de 2 h 5 au total. Petit moment de bonheur sur Six White Horses quand Gillian va quitter sa guitare pour se mettre de côté sur la scène et danser en tapant sur son corps au tout du moins sur ses cuisses tout en tournant sur elle-même et en faisant des sortes de claquettes. Superbe, on est complètement pris par cet aspect tellement roots et primaire avec en prime l’accompagnement de Dave au Banjo et à l’harmonica sans oublier les harmonies vocales entre les deux protagonistes. Je parlais plus haut de Neil Young, le morceau qui m’a fait penser à lui s’intitule Wrecking Ball et j’aurais bien vu Neil l’interpréter.

La fin du set sera tout simplement festive avec pas moins de trois rappels !!! (Pas sûr que le dernier ait été d’ailleurs prévu à l’origine). En tout cas lors du second de ces rappels on aura droit à Jackson (immortalisé entre autres par Johnny Cash & June Carter ainsi que par Nancy Sinatra & Lee Hazlewood). Fin du concert, je retrouve à cet instant Oliver. On décide de finir cette belle soirée au bar, car il est à peine 22h30. Voila j’ai découvert la country dans ce qu’elle a de plus pur, et cela grâce à Gillian Welch. »






Gillian Welch est une mythique chanteuse et songwriter américaine  de country bluegrass.



 1966 - Revival, produit par T-Bone Burnett,
1998 - Hell Among the Yearlings, produit par T-Bone Burnett,
2001 - Time (The Revelator), produit par David Rawlings
2003 - Soul Journey, produit par David Rawlings
2011 - The Harrow and the Harvest, produit par David Rawlings



GILLIAN WELCH : Vocal & Guitar
David Rawlings : Guitar & Backing Vocals



 La Setlist du Concert
GILLIAN WELCH
(1st set)
01. Scarlet Town (The Harrow & The Harvest - 2011)
02. Dark Turn Of Mind  (The Harrow & The Harvest - 2011)
03. One Morning (Hell Among the Yearlings - 1998)
04. The Way It Will Be (The Harrow & The Harvest - 2011)
05. I Want To Sing That Rock And Roll (Time (The Revelator) - 2001)
06. My Morphine (Hell Among the Yearlings - 1998)
07. The Way It Goes (The Harrow & The Harvest - 2011)
08. By the Mark (Revival - 1996)
09. Tennessee (The Harrow & The Harvest - 2011)
10. Dusty Boxcar Wall (Live & Obscure - 2004)

(2nd set)
11. Hard Times (The Harrow & The Harvest - 2011)
12. Down Along The Dixie Line (The Harrow & The Harvest - 2011)
13. Everything Is Free (Time (The Revelator) - 2001)
14. Six White Horses (The Harrow & The Harvest - 2011)
15. Look At Miss Ohio (Soul Journey - 2003)
16. To Be Young (Is To Be Sad, Is To Be High) (David Rawlings song)(Ryan Adams Cover - Hearthbreaker - 2000)
17. Wrecking Ball (Soul Journey - 2003)
18. Red Clay Halo (Time (The Revelator) - 2001)

Encore 1

19. Only One and Only (Revival - 1996)
20. I'll Fly Away (Hymn Traditional - Down from the Mountain soundtrack album - 2000)

Encore 2

21. The Way The Whole Thing Ends (The Harrow & The Harvest - 2011)
22. Jackson (Leiber/Rodgers Song) (Johnny Cash and June Carter Cover - 1967)

Encore 3

23. Snowin' On Raton (Townes Van Zandt Cover)

La durée du concert : 2h05


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