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jeudi 9 octobre 2008

Bodies Of Water ~ La Maroquinerie. Paris.



BODIES OF WATER

Annulé




Première Partie : MERZ





Ce qu’en a pensé Gilles :


« Tout tient à peu de choses, souvent à une suite d'évènements imprévus et au final, vous êtes témoin de quelque chose que vous n'auriez pas imaginer quelques jours auparavant. Mercredi j'apprenais l'annulation du concert que The Hold Steady & War On Drugs devaient donner au Nouveau Casino. J'étais assez dépité, du coup je me suis rabattu sur ce concert de la Maroquinerie avec Frightened Rabbit en tête d'affiche, et ne voila t-il pas que le groupe annule à cause de problèmes administratifs (un souci de passeport semble-t-il) ? En gros j'ai la poisse avec moi pour cette soirée, et j'avais presque envisagé d'aller voir Ladyhawke au Point Ephémère. Mais bon, me voilà tout de même de retour à la Maro, sans grand enthousiasme je dois bien l'avouer, en plus je commence à sérieusement ressentir la fatigue car c'est mon quatrième concert d'affilée. J'arrive tranquillement vers 19h, pas un chat dans le petit hall. Plutôt sinistre comme début de soirée, je vais faire un tour à coté, à la Bellevilloise, puis je prendre mon mal en patience. J'avoue que je me suis demandé ce que je foutais là, seul pour voir deux groupes inconnus au bataillon... et de plus par un temps maussade ! Mais heureusement, Robert est arrivé. Ni une ni deux, direction le resto de la Maroquinerie, puis deux verres de vin blanc en guise d'apéro avec quelques olives, le moral remonte, on discute, on rencontre des gens, Oliver Peel se joint à nous, puis c'est au tour de Michaela la sympathique photographe Romaine de nous rejoindre. Le moral est remonté et maintenant au beau fixe... Il est 20h30, l'ouverture des portes vient juste de s'effectuer, il y a pas mal de retard dans le planning semble-t-il. On continue notre discussion dans la salle, puis c'est le moment du concert du premier groupe.

... En fait un songwriter Anglais du nom de Merz, juste accompagné par un bassiste. Eminemment sympathique, mais terriblement ennuyeux sur la longueur, des ballades folk, bien chantées, mais où j'ai du mal à trouver des émotions ou quelque chose qui me fasse vibrer. Talentueux certainement, mais encore une fois, ce n’est pas ma tasse de thé.


J'essaie de compter le public, certainement entre quatre-vingt et cent personnes ce soir, pas plus. J'attends maintenant sans grande passion Bodies Of Water que ne connais pas du tout, mais vu tout ce début de soirée, l'inquiétude est au rendez-vous... Et la autant vous dire que je me trompais lourdement. Tout d'abord une petite troupe arrive sur scène, 4 micros plantés devant, 1 orgue trônant en plein milieu. Ces 2 éléments sont importants, voire essentiels pour la suite. Le groupe d'abord : une bassiste/violoniste, à ses cotés le guitariste, au milieu la chanteuse principale et organiste (j'ai nommé Meredith Metcalf), et enfin en face de moi, le bassiste. Tous les quatre assureront les chœurs, autre élément primordial dans la musique du groupe. Ce que l'on remarque d'emblée, c'est Meredith Metcalf, grande girafe habillée d'un justaucorps noir qui laisse apparaitre des formes plutôt... plates !!! Et de plus elle jouera tout le concert pieds nus. Et la musique démarre, légère cacophonie au début (cela ne vous rappelle rien ??), puis cela se met en place, naturellement et je suis scotché. Oui scotché. Pleins de trucs passent dans ma tête, tout d'abord la musique de The Coral me vient à l'esprit. Oui, The Coral une nouvelle fois, mais c'est autre chose. Je regarde Meredith, et d'un coup je crois voir la chanteuse de The Organ, même visage longiligne. Et puis une autre évidence, ce son d'orgue me semble échappé de Manchester... mais oui, c'est un son à la Inspiral Carpets !!! Et le premier choc avec Water Here, mais d'où sort ce groupe ??? Et toutes ces voix qui chantent en chœur... Et ces rythmes effrénées qui prennent de l'ampleur, cette sorte de transe que l'on ressent quand la musique a pris le dessus sur le reste, sur tous nos autres sens. Et puis c'est It Move avec toujours cette ambiance qui va crescendo, cette voix de Mérédith qui monte dans les aiguës, cette cavalcade orchestrée par la batteur et par le bassiste, qui devant nous joue en accord comme notre pote Lemmy. Bon, je suis soufflé ! Et je suis pas le seul, car si ce soir nous ne sommes pas nombreux, les spectateurs manifestent leur contentement à chaque accélération et changement de tempo. Et j'allais oublié une dernière référence qui m'est naturellement venue à l'esprit : The New Pornographers bien sûr. Mais Bodies Of Water est unique sur scène. Et surtout grâce à Mérédith qui se révèle extraordinaire, constamment arc-boutée derrière son clavier, elle devient belle, elle EST belle tout simplement. Mérédith n'en revient pas de jouer ici à Paris, et elle éclate de joie après chaque morceau. Elle nous invite à venir les voir en Californie !! Je pense à mes amis qui ne sont pas là, un Jean Pierre qui aurait sûrement apprécié, ou Delphine qui, malgré son attirance vers la pop anglaise, aurait surement beaucoup aimé. Et Eric qui lui aussi se serait délecté de ces voyages vers la joie. Il y a tant d'harmonie dans leur musique que l’on ne peut qu'être transportés de joie. Le final est à l'avenant de tout le reste. Under The Pines puis Gold Tan Peach And Grey et enfin These Are The Eyes, c'est magnifique, tout simplement. Je n'ai pas vu passer le temps, 70 minutes que Bodies On Water tiennent la scène, c’est incompréhensible que ce groupe soit inconnu !


Achetez leur dernier album "A Certain Feelin", et vous aurez un (petit) aperçu de ce que le groupe vaut sur scène. Ce soir, c'était un concert empli de joie et de plaisir, de frissons (ceux de la découverte), d'émotions, (celles que me procurent ces montées en puissance de la musique, ce lyrisme que j'ai ressenti, cette poésie aussi, enfin tout simplement ce que j'attend de la musique, être plus forte que le reste et prendre possession de mon âme). Et malgré le peu de monde, le stand merchandising est assailli de partout, j'achète tout ce qui est disponible, les deux CDs du groupe ainsi que le tee shirt. Et dire que j'avais failli passer à côté de ce groupe... Comme quoi j'en viens presque à remercier cette annulation du concert au Nouveau Casino. Plus de fatigue, j'essaie de garder les mélodies dans ma tête le temps de rejoindre ma voiture, j'ai atteint une sorte de plénitude ce soir pendant un peu plus d'une heure, merci à Meredith Metcalf et merci à Bodies Of Water.


Concert de la semaine évidemment ! »













Frightened Rabbit
sont écossais indie rock de Selkirk, pratiquent une pop anglaise plutôt bien ficelée, se laissant pénétrer de tonalités souvent rock, parfois folk, quelque part entre Bloc Party et Coldplay. Le groupe a déjà publié deux albums studio, avec leur deuxième, The Midnight Organ Fight, confirme tout le bien qu'on a pu penser d'eux et ils sont reçu une critique élogieuse.

(www.myspace.com/frightenedrabbit)





Bodies Of Water
, groupe californien, sort cette année deux albums coup sur coup , autoproduits et simplement relayés par le très bon label Secretly Canadian. Doté d’un incroyable groove emballant et emballé, fort d’un réel succès d’estime aux Etats-Unis le groupe marie rock, folk, chœurs d'opéra et inspiration western.

(www.myspace.com/bodiesofwater )



























































Scott Hutchison (vocals/guitar)
Grant Hutchison (drums/vocals)
Billy Kennedy (guitar)
Andy Monaghan (keyboards/guitar)









BODIES OF WATER









David Metcalf (Vocals & Guitar)

Meredith Metcalf (Vocals & Keyboards)
Jessica Conklin (Vocals & Drums)
Kyle Gladden (Vocas & Bass)
















Even In A Cave (Certain Feeling - 2008)

I Guess I'll Forget The Sound, I Guess, I Guess Water Here (Certain Feeling - 2008)
It Moves (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)
I Heard It Sound (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)
Keep Me On (Certain Feeling - 2008)
Under The Pines (Certain Feeling - 2008)
Gold Tan, Peach And Grey (Certain Feeling - 2008)
These Are The Eyes (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)












La durée du concert : 1h10






AFFICHE / PROMO / FLYER















Frightened Rabbit - Head Rolls Off








Bodies of Water - Heard It Sound








Bodies of Water - Doves Circled the Sky


mercredi 8 octobre 2008

Jenny Lewis ~ La Maroquinerie. Paris.








Première partie : Benji Hughes



Ce qu’en a pensé Gilles :

« C'est presque la première fois que je prends un billet le jour même du concert. Pas avant de rentrer chez moi, malgré la fatigue qui commence à s'accumuler. Et puis l'annulation du concert de demain au Nouveau Casino (The Hold Steady + War On Drugs) m'avait donné l'envie de me rattraper sur autre chose. Et Jenny Lewis, je la suis de loin depuis quelques années, que ce soit en solo ou avec son groupe Rilo Kiley. Peu de monde aux abords de la Maroquinerie lorsque j'arrive, je prends mon mal en patience, je croise Jenny Lewis sortant de la salle, c'est drôle mais quand vous croisez les artistes hors de leur élément qui est la scène, vous ne les reconnaissez pas forcément au premier coup d'oeil. Ouverture des portes, premier rang sur la gauche, je m'assois sur la scène, il n’y a pas beaucoup de monde pour l'instant, juste quelques dizaines de personnes. Pas encourageant pour l'ambiance. Robert arrive, on discute, la salle se remplit tranquillement, je me rends compte qu'il y a un bon nombre d'Américains, ou plutôt d'Américaines devrais-je dire. Plutôt jolies et blondes (et très jeunes) d'ailleurs, les 2 qui m'entouraient.

La première partie est assurée par Benji Hughes, complètement inconnu pour moi. Un groupe se présente avec un grand guitariste très roots, cheveux longs, chapeau noir, un look de undertaker. Cela commence par un blues rock entrecoupé de solos, on ne voit pas bien comment est construit le morceau car il manque quelque chose et ce quelque chose, c'est tout simplement le dénommé Benji Hugues. Qui fait son apparition une bouteille de bière à la main, ou devrais-je plutôt dire aux lèvres. Arrêtons nous un instant pour décrire la chose qui s'est présentée sur scène. Non, nous ne sommes pas dans un film de John Carpenter, mais il faut bien dire « la chose ». Fermez les yeux et essayez d'imaginer : vous prenez un auteur compositeur Américain qui s'appelle Paul Williams, et qui jouait Swan dans le fabuleux Phantom Of The Paradise, vous me suivez ? Le même avec les cheveux au moins deux fois plus longs, une barbe à la ZZ Top, vous me suivez toujours ? Vous l'imaginez torse nu et avec son bide qui déborde du pantalon, vous voyez toujours ? Vous rajoutez un foulard rose et une canette de bière en permanence avec lui, vous obtiendrez Benji Hughes. Stupéfiant, le mec se pointe, chante 45 secondes puis repart en coulisses !!! Et cela sera ainsi tout au long des 35 minutes de ce concert. Il y a de quoi être assez stupéfait, surtout qu'au niveau musical, j'ai du mal à situer le mec. Il se la joue crooner sur un tempo blues rock assez lent. Heureusement, les musicos sont bons (surtout le guitariste...). Nouveau morceau, Benji gueule auprès des backstage car il n'a plus de bière, on lui en apporte une de suite, il boit puis s'affale par terre près du clavier, ouais c'était édifiant comme concert. Bien sûr à prendre au second degré, mais honnêtement, je n'ai pas compris la démarche artistique du gugusse.

Un coup d'oeil derrière moi, la salle s'est miraculeusement remplie, il doit y avoir au bas mot environ 250 personnes ce soir, à majorité américaines. Jenny Lewis et son groupe arrivent sur scène, elle prend place derrière son piano électrique, pratiquement en face de moi, elle est vêtue d'une salopette bleue, et porte un chapeau (j'aime bien moi, le chapeau, ca lui va bien)... Mes voisines sont aux anges. On sent que Jenny Lewis, malgré seulement 2 albums solos, a une solide expérience de la scène, il faut dire qu'elle a été aussi actrice. Musicalement, c'est typiquement Américain, un mélange de rock et de country, mais sur scène a ma grande surprise, cela passe très bien, j'apprécie beaucoup. Elle joue son tube Rise Up With Fist! très tôt dans le concert, j'aime vraiment cette chanson. Sur son piano, deux verres d'alcool, elle passera du vin rouge au whisky sans sourciller. J'ai droit pendant une chanson à un long regard de plus de 30 secondes, presque gênant d'ailleurs. Le show alterne les moments mid tempo avec des passages beaucoup plus rock. Jenny prend alors la guitare, et nous auront droit à quelques moments bien rock'n'roll vers la fin du concert, je ne sais plus si c'était pendant Acid Tongue ou The Next Messiah, mais l’un des morceaux m'a fait l'impression d'une sorte de bœuf véritablement excitant. De bons musiciens l'entourant, des compos qui en live s'avèrent drôlement efficaces, je ne regrette pas ma décision d'être venu ce soir. Un bon rappel avec en final un excellent Fernando, puis le groupe tout entier vient saluer le public (typiquement américain, ça, et j'aime bien).

Rien à redire, j'ai assisté à un bon concert qui aura duré 1h10, d'ailleurs je me suis fait la simple remarque que je n'avais pas vu le temps passer, signe positif généralement... Je demande la set list, puis j'évacue tranquillement la salle. C'est clair, je retournerai la voir si l'occasion se présente, seule ou avec son groupe Rilo Kiley que j'avais loupé il y a un an je crois. Dernier point à signaler concernant cette soirée, ce sera l'éclairage, pas terrible pour les photos. »





Jenny Lewis est une chateuse de Los Angeles en Californie, indie rock, connue pour son travail en tant que leader du groupe Rilo Kiley, ainsi que sa florissante carrière solo. Le dernier album Acid Tongue, sorti en septembre 2008, a été realisé avec la collaboration de Elvis Costello.

(profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=33871577 )





















Jenny Lewis: Vocal & Guitar













La durée du concert : 1h10

AFFICHE / PROMO / FLYER




Jenny Lewis - Rabbit Fur Coat - Live


Jenny Lewis - Next Messiah - Live



Jenny Lewis - Rise Up With Fists