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lundi 25 mai 2009

Art Brut ~ Le Nouveau Casino. Paris.









Première Partie : OFFICIAL SECRETS ACT





Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Art Brut, voici le type même de groupe sous estimé, pas assez fashion, pas assez dans le coup, trop brut justement, et pourtant tellement intéressant et excitant à voir sur scène. Il faut dire que ce soir, la concurrence est rude : avec Kasabian au Trabendo, il a fallu faire un choix, je l'ai fait sans trop de remords. Eric ayant déclaré forfait à cause de son boulot, c'est donc en compagnie de Gilles P et Vincent. que je vais assister à ce concert. Peu de monde lors de l'ouverture des portes, on file directement devant la scène. On survit tant bien que mal car la chaleur est étouffante, d'ailleurs nous avons déjà aperçu dehors Eddie Argos, bouteille de bière à la main, dans un état plutôt comateux : chaleur ou alcool ? Les deux certainement !!! Il continue d'ailleurs à l'intérieur de la salle, puisqu’on le croise de nouveau, nouvelle bière en main et le regard toujours dans le vague !!

Chaleur étouffante donc lorsque Official Secrets Act apparaît sur scène. Je ne vais pas m'étendre sur le truc, c'était tout simplement sans intérêt : du rock fadasse, un chanteur aux mocassins blancs et aux chaussettes rouges, un bassiste portant des marques noires sur une joue (vous savez, comme les joueurs de football américain…). Gros son de basse, le reste c'est « circulez, y'a rien à voir !!! ». 40 minutes à s'emmerder, ça commence mal !!

Un coup d'œil derrière moi, avant qu'Art Brut investissent la scène, ça va, la salle s'est bien remplie, sans être entièrement pleine. Eddie est de plus en plus alcoolisé, je me demande même s’il va arriver jusqu'a son micro, mais c'est bon !! Il parle la plupart du temps les yeux révulsés (trop plein de bibine oblige), je me dis que le concert sera ou catastrophique (si notre gugusse n'arrive pas à assurer) ou alors tout simplement excellent. Eh bien, on va cocher tout de suite l'option DEUX !!! Car le concert démarre fort, avec Alcoholics Unanimous (ça tombe bien pour ouvrir le set...). Le son est pratiquement parfait, pas un mur sonore non, mais ce qu'il faut avec une Freddy Feedback discrète mais véritablement efficace à la basse. Ce soir, c'est sûr, cela va être du tout bon, mieux qu'au Trabendo même. Musicalement, je trouve que le son s'est assez durci, plus keupon, mais ce qui me plaît le plus de toute façon dans Art Brut, c'est le phrasé de Eddie Argos, si particulier. Le bonhomme ne paie pas de mine, mais sur scène, il a ce petit je ne sais quoi qui fait la différence. Modern Art vient enfoncer le clou, et ce n'est que le troisième titre, terrible et furieux ce morceau. Je m'aperçois alors seulement que le batteur joue debout !! J'ai jeté un coup d'œil à la set list avant que le concert ne démarre, et franchement, c'est le top !! Une set list de rêve, mêlant le meilleur du dernier opus et surtout une belle relecture de « Bang Bang Rock'n'roll », avec en point d'orgue la triplette infernale composée de Bad Weekend, My Little Brother et surtout un fabuleux Formed A Band (putain, ça, c'est du rock !!). Et cette fois, c'est une version complète, et non pas 20 secondes intégrées dans un autre morceau comme cela avait été le cas au Trabendo (j'avais ressenti de la frustration d’ailleurs). Du dernier album, outre le premier titre déjà cité, j'ai particulièrement aimé What A Rush (You like The Beatles and I like The Stones), et surtout un impressionnant Slap Dag For No Cash. Plusieurs fois pendant le show, Eddie fait des tentatives de strip tease, on aura droit finalement à une chemise partiellement tombée. Et puis ce sera le moment, ou plutôt les « moments internet » du concert avec notre bon Eddie s'efforçant de nous épeler l'adresse du groupe avec force gestes des mains (pour les slashs), en forme le Eddie malgré son état alcoolisé et son mal de dos (ah oui, il nous a dit avoir mal au dos au début du concert). Moi, c'est tout simplement 1h15 de bonheur pur, rien à jeter musicalement, la set list parfaite comme je l'ai déjà dit. Un petit mot des autres musiciens, et surtout du guitariste se trouvant en face de moi : une attitude punk, c'est impeccable. J'ai pas grand chose à rajouter, si ce n'est que bien je suis juste un peu triste du manque d'intérêt du public parisien pour ce groupe qui mérite largement mieux.

Un petit tour au merchandising mais malheureusement il n’y a pas grand chose à part le dernier album et quelques vinyles. Je ressors fatigué du Nouveau Casino, il faut dire que la température a atteint 30° et que le concert m'a desséché. Grand concert tout simplement, ce soir ! »






Art Brut est un groupe de rock britannique formé en 2003. Il se distingue par la personnalité du chanteur Eddie Argos, dont les limitations vocales sont compensées par un style particulier (il scande ses textes plus qu'il ne les chante), un humour omniprésent et un fort accent cockney. Art Brut se situe dans la lignée de Pixies ou de The Fall.

Le nom du groupe fait référence à l'Art Brut, appellation utilisée par le peintre français Jean Dubuffet pour décrire l'art créé par des individus sans culture artistique. Le 20 avril 2009, Art Brut sera de retour avec un troisième opus intitulé Art Brut Vs. Satan. Deux ans après It's a Bit Complicated, les Londoniens ne reviennent pas tous seuls puisqu'ils ont enrôlé Frank Black, alias Black Francis (Pixies), comme producteur.

(http://www.myspace.com/artbrut)













* Bang Bang Rock & Roll (2005)
* It's A Bit Complicated (2007)
* Art Brut Vs. Satan (20 Avril 2009)





# Eddie Argos - Vocals
# Ian Catskilkin - Guitar
# Freddy Feedback - Bass
# Mikey Breyer - Drums
# Jasper Future - Stage Craft









OFFICIAL SECRETS ACT
Mainstream
Hold The Line
Momentary Sanctuary
Snakes & Ladders
Victoria
So Tomorrow
Bloodsport
The Girl From the BBC

La durée du concert : 0h35




Alcoholics Unanimous (Art Brut vs. Satan - 2009)
Direct Hit (It's a Bit Complicated - 2007)
Modern Art (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Rusted Guns Of Milan (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Summer Job (Art Brut vs. Satan - 2009)
Nag Nag Nag Nag (It's a Bit Complicated - 2007)
What A Rush (Art Brut vs. Satan - 2009)
Bang Bang Rock And Roll (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
DC Comics and Chocolate Milkshake (Art Brut vs. Satan - 2009)
Moving To LA (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Bad Weekend (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Demons Out (Art Brut vs. Satan - 2009)
Emily Kane (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Pump Up The Volume (It's a Bit Complicated - 2007)
My Little Brother (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Slap Dash for No Cash (Art Brut vs. Satan - 2009)

Encore

Formed A Band (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Post Soothing Out (It's a Bit Complicated - 2007)


La durée du concert : 1h15

AFFICHE / PROMO / FLYER



Art Brut - Direct Hit




Art Brut - Direct Hit (Live)



Art Brut - live at Gebäude 9 in Cologne 2007





vendredi 22 mai 2009

Cocoon ~ La Maroquinerie. Paris.








Première Partie : GREEN SHAPE

CONCERT SURPRISE



Ce qu’en a pensé Eric :

« J'avais très envie de revoir Cocoon après les avoir découverts il y a un an grâce à Gilles B à Pontoise, d'autant que leur album, "All my friends died..." avait enchanté mon année dernière, mais l'idée qu'ils avaient passé la vitesse supérieure, avec groupe et grandes salles me refroidissait. Alors, ce concert-surprise programmé à la Maro, en fin de tournée, m'a paru l'occasion parfaite. Et de fait, comme la rumeur en avait circulé avant, la configuration pour le moins curieuse de la salle, avec le groupe en son centre et le public - assis - autour, laissait immédiatement présager un moment d'intimité... Comme aux débuts du groupe. Bizarre quand même de se retrouver assis sur la scène, tournant le dos à celle-ci...

On va finir par manquer d'idées, voire de mots pour parler un tant soit peu de tous ces folkeux qui polluent nos concerts ces dernières années : Régis essaie de nous faire rire, et c'est vrai qu'il a tout du bon gars qu'on aimerait probablement avoir comme copain, il chante très bien des chansons sans intérêt aucun, qui piochent des accords et des atmosphères à droite et à gauche - Don McLean ? REM sous anesthésiants ? etc. etc. Tout cela est d'une politesse et donc d'un ennui assez mortel. Mais ce n'est pas grave, le public, bonne pâte, aime bien : et que je te frappe dans les mains quand le rythme s'accélère, passant de celui de la limace anorexique à celui de la tortue dépressive, et que je te fais des "la la la"... Bref, Green Shape - c'est le nom de scène de l'intérimaire Régis, comme il se qualifie lui-même - joue pendant 30 minutes dans un seul registre, celui de l'intimisme raisonnable et concerné, et, désolé, mais ça me rappelle un peu trop mon enfance dans les MJC à écouter des chevelus-barbus reprenant les tubes (ah ah) de Maxime Leforestier, les mélodies en moins. Passons à... Metallica (je cite encore Régis, dans sa seule plaisanterie drôle de la soirée)... Non, pardons, Cocoon...

Quand Mark et Morgane traversent le public pour s'installer au centre de l'espace qui leur est réservé, circonscrit par un tube lumineux autour duquel le public, majoritairement féminin, s'est accroupi à même le sol de la Maroquinerie, dans une ambiance bon enfant, je sens une inexplicable vague de bonheur m'envahir. Inexplicable ? Pas tout-à-fait, car leur album a eu un effet profond sur moi, comme une sorte de version plus proche des chansons intimes et doucement désespérées du grand Elliott Smith. Et ça ne manque pas, quand Mark entame le décolage (... avant le crash, donc...), pardon, Take Off, un frisson me traverse tout entier, j'ai les larmes aux yeux, je suis littéralement transpercé de tant de beauté. Je m'arrime pour vivre intensément "mon" concert de l'année, et puis... Non ! J'ai tout simplement oublié que Mark et Morgane n'aiment rien tant que pérorer entre eux (de sexe, de musique) et avec leur public (de musique, de sexe), et parsèment leurs chansons - sublimes, et je pèse mes mots - le long d'un show qui ressemble globalement surtout à une chouette soirée entre copains, arrosée à l'Orangina. Et ce soir, en cette fameux soirée exceptionnelle qui clôture avant les grands festivals une interminable tournée, ça va être "pire" encore : Mark et Morgane ont demandé aux spectateurs d'apporter des instruments de musique, et ont prévu de nous donner une "master class" : une bonne partie des morceaux de l'album seront donc l'occasion d'apprendre à eds spectateurs volontaires à jouer et à chanter leurs chansons ! C'est assez sympa - assez magique, même - quand Cocoon utilise le public pour les choeurs ou pour ajouter des sons divers et variés à leurs chansons. Ca l'est beaucoup moins quand Chupee se transforme en une interminable répétition avec des volontaires à qui Mark aura confié ukulélé et guitare et enseigné quelques accords : comme quoi, indiscutablement, les meilleures plaisanteries sont les plus courtes, et là, on s'enlise, on s'enlise... Au milieu de tout ce fatras, sympathique et instructif, certes (on réalise combien la meilleure musique peut naître parfois de quelques idées très simples...), mais longuet, on aura droit à quelques moments inspirés : Microwave et Cliffhanger - ma chanson préférée de l'album, avec son horreur glacée et sereine - me feront à nouveau littéralement pleurer devant tant de beauté.

La seconde partie de la soirée sera consacrée à une première présentation de 8 des nouveaux morceaux de Cocoon qui devraient figurer sur le prochain album, qui nous parlera des animaux marins (gag ?), nous dit Mark, et qui sera motivé encore une fois par un deuil (re-gag ?). On revient alors à la formule d'un véritable concert, même si Mark continue ses vannes plus ou moins légères : il plaisante sur le manque de seins de Morgane - un spectateur élégant renchérissant sur les "piqures de moustiques" -, la remercie pour son épilation parfaite lorsque sa jupe-panda se retrousse sur ses cuisses nues tandis qu'elle s'assied sur le tabouret pour tenter - sans grand succès, avouons-le, de s'accompagner à la guitare sèche (la chanson - Ghostbusters, je crois... - finira dans des grincements pénibles de cordes et des rires nerveux), ou encore plaisante sur la réverb excessive qui donne à sa voix un petit air de JJ Goldman ! Ces nouvelles chansons, parlons-en : toujours très réussies, toutes en légéreté et finesse, elles semblent quand même manquer de cette magie incroyable qui nimbait les précédentes, il faudra donc voir à l'usage ! On passe un bon moment - à noter que les deux musiciens désormais additionnels de Cocoon, Oliver l'Australien et Raphaël viendront brièvement épauler Mark et Morgane -, mais j'ai l'impression que la soirée est devenue désormais assez banale... Un sentiment qui ne s'envolera pas pour le rappel, avec l'enchaînement de trois titres demandés par les spectateurs qui autont su rattraper l'oeuf lancé au hasard par Mark : I Don't Give a Shit (dont Mark a largement oublié les accords...), et les reprises de Kung Fu Fighting (amusante, mais anecdotique) et du Hey Ya ! de Outkast, un peu plus roborative. Gilles est assez en rage d'avoir manqué de peu l'oeuf jeté dans sa direction, il aurait tellement voulu entendre Christmas Song, sa chanson préférée que Cocoon n'interprète plus sur scène : je trouve qu'il ne devrait pas se plaindre, il a fait beaucoup d'envieux en s'emparant du cultissime panda en peluche qui décorait les claviers de Morgane, et qui a été offert par Mark au public en cette "soirée d'adieux" !

Voilà, 1 h 40 de (très) hauts et de bas, on prend quelques photos souvenirs de notre petite troupe autour du panda, et on sort tranquillement malgré l'embouteillage dans l'escalier provoqué par la distribution gratuite par Fargo de CDs de groupes inconnus / méconnus (?)... Alors que je rumine ma semi-déception (ou mon demi-enchantement, c'est selon...), je trouve enfin à qui me fait penser Mark - cette image que je recherche depuis un an : Cyril Collard, bien sûr ! En plus grand, OK ! Mais avec Morgane et ses faux airs de Miou-Miou adolescente, ils font un beau duo de cinéma, non ? »





photos de eric