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lundi 9 mai 2011

ALELA DIANE & WILD DIVINE ~ La Cigale. Paris.











Première Partie : Dylan Leblanc

Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Un nouvel album, un nouveau look et aussi un nouveau nom, pourrait-on dire, car ce soir il s’agit bien de Alela Diane & The Wild Divine qui vient nous rendre visite. Nouvel album donc, et changement de cap aussi, pour la jeune femme. Changement de cap, car sa musique s’est ouverte à une orchestration bien plus variée, certains diront plus lourde. Alors oui la première écoute surprend, non pas par la voix reconnaissable entre toutes, mais par le ton général de l’album, tout simplement moins austère que The Pirate Gospel et plus «rock» que To Be Still. Alela a semble t’il décidé de s’affranchir de certaines barrières et d’étendre son registre. Mais attention le folk est toujours présent.

La Cigale est évidemment Sold-out depuis un mois environ, il faut dire que la France, et plus particulièrement Paris, est la terre d’adoption musicale de la belle Américaine. Je suis le premier sur place et donc le premier à rentrer la salle en compagnie de Marine qui m’accompagne ce soir. Chose surprenante, il n’y aura aucun photographe, car le staff d’Alela aurait refusé toute accréditation. Surprenant !

La première partie, dont j’en ai entendu parler via Internet est Dylan LeBlanc un songwriter américain. Encore un me direz vous. Avouons le je n’ai pas été séduit plus que cela par sa musique. La voix est bonne, mais reste ordinaire quant aux mélodies je leur trouve toutes un air de ressemblance d’où une certaine monotonie lors de ce show uniquement éclairci par la présence d’Alela Diane pour le dernier morceau intitulé Nothing Like Water. Elle aime bien supporté sa première partie, elle l’avait déjà fait il y quelques années avec Matt Bauer.

La nouvelle Alela Diane arbore maintenant un look très année 20, fini le style roots, les cheveux longs et les plumes sur la guitare. C’est maintenant vêtue d’une jolie robe échancrée et de petites bottines à talons qu’elle apparait devant nous. Le look a un petit côté sophistiqué, mais j’avoue que j'aime bien. Au fond de la scène on trouve de gigantesques napperons blancs brodés, un rappel de la pochette originale de The Pirate’s Gospel. Évidemment la grosse différence qui saute aux yeux dès le premier morceau c’est qu’Alela ne joue plus de guitare, ou plutôt avec parcimonie ce qui veut dire que pour pratiquement l’ensemble des morceaux du dernier album, la musique reposera uniquement sur son groupe, The Wild Divine. Un groupe qui, il faut bien l’avouer, est une famille au sens propre du terme. À gauche, Tom Bevitori a délaissé la basse et se charge maintenant de la guitare rythmique. À voir les regards que ces deux la se jettent, il est clair que leur amour est toujours au beau fixe. Tom le père lui officie toujours à la guitare, mais ses interventions sont maintenant plus impressionnantes qu’auparavant et le plus souvent à la guitare électrique. Seule petite incompréhension pour ma part, l’utilité de la jeune femme au clavier que l’on n’entendra pas du tout de tout le concert. Le groupe est complété par un bassiste et un nouveau batteur. Dès Elijah le premier morceau interprété ce soir on se rend compte que le côté intimiste qui caractérisait les concerts d’Alela a presque complètement disparu faisant place à une musique plus ample et plus agressive. Mais la voix elle est toujours présente et c’est toujours un bonheur de l’entendre avec ses modulations comme pour le refrain d’Elijah un des plus morceaux du dernier album. Sans sa guitare la belle commence tout doucement à trouver ses marques. Son truc à elle c’est de marquer le rythme en frappant le sol violemment avec ses chaussures et de regarder alternativement son père et son mari. Beaucoup de complicité faite de sourires et de petites blagues qu’ils se lancent entre eux. Avec Long Way Down on aborde un côté légèrement Americana comme le faisait quelqu’un  comme John Cougar Mellencamp.

Dans un style plus épuré, on va retrouver Alela en nostalgique et mélancolique avec le très beau Dry Glass & Shadows. Et puis après trois nouveaux extraits du dernier album toujours très axé country/Americana les musiciens disparaissent soudainement de scène et Alela prend en main sa guitare, c’est sur il est maintenant temps de revenir aux origines avec des extraits de The Pirate’s Gospel. La salle applaudie à tout rompre lorsque retentissent les premières notes de The Rifle, ma chanson, car c’est avec elle que mon aventure (platonique hélas !) avec Alela a commencé. Curieusement la version jouée ce soir sera bonne, mais sans plus, manquaient des nuances dans la voix peut être. Par contre, c’est avec Oh My Mama que mes yeux vont s’embuer de larmes. La version proposée ce soir sera parfaite tout simplement. Tout cela dans un silence solennel comme il se doit. Alela ne parle pas beaucoup comme si elle ne savait pas trop quoi dire à part des banalités, c’est un peu le lot des gens réservés voir timides, mais on sait qu’elle est sincère lorsqu’elle nous dira son plaisir de revenir dans cette belle salle qu’elle n’avait pas fréquentée depuis longtemps (c’était en 2008). Et puis j’aime ces Merciiiii avec son charmant accent empreint d’énormément de douceur. Après cette séquence nostalgie on repart avec Suzanne une jolie chanson puis surprise une version de The Pirate’s Gospel joué sur un tempo complètement différent de l’original. Assez surprenant, mais à mon avis pas trop réussi. Le concert va se terminer avec deux nouveaux extraits de Alela Diane & Wild Divine dont le surprenant Heartless Highway où le groupe s’engage dans une formule plus soul et colorée avec un côté très early seventies. Déroutant au premier abord, mais une réussite au final.

Le rappel va débuter par une reprise d’un de ses artistes favoris, à savoir  Neil Young avec I Am Child, un superbe morceau de Neil Young période Buffalo Springfield. Le concert se terminera enfin par deux extraits de To Be Still jusque-là un peu délaissé avec au final un merveilleux White As Diamonds qui lui aussi m’a procuré beaucoup d’émotions. La salle, balcon y compris, est debout pendant plusieurs minutes pour une grande ovation. Pendant un instant je crois au miracle quand je revois tous les musiciens revenir sur scène, mais ce ne sera que pour saluer le public de La Cigale une dernière fois avant de s’éclipser définitivement après 1 h 20 de concert.

Voila c’est fini, le concert a été bon sans être exceptionnel, pour la première fois je n’ai pas vu ses ami(e)s sur scène comme Matt Bauer, Mariée Sioux ou bien Alina Hardin qui l’accompagnait lors de sa précédente tournée. Mais si Alela change d’apparence vestimentaire et de coiffure, elle n’a rien perdu au niveau de la voix toujours unique. Bien sûr, on regrette ses concerts intimistes lorsqu’elle était seule, voire avec son père, mais cette époque fait partie désormais du passé. Pas de problème pour moi, Alela reste Divine dans tous les sens du terme.»






photos de gilles b


Alela Diane Bevitori (née Alela Diane Menig en Californie) est une chanteuse et compositrice américaine, dont les chansons sont imprégnées d'un style psyché folk proche de celui de Nick Drake. Son premir album "The Pirate's Gospel" est considéré comme l'un des 10 meilleurs albums de 2007.


2003 - Forest Parade (self-released)
2004 - The Pirate’s Gospel (self-released)
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2006 - The Pirate's Gospel (Holocene Music)
2009 - To Be Still (Rough Trade)
2009 - Alela & Alina EP (Fargo)
2011 - Alela Diane & Wild Divine (Rough Trade)



Alela Diane : Vocal & Guitar
+ Band


La Setlist du Concert
ALELA DIANE & WILD DIVINE


Elijah (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
To Begin (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
Long Way Down (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
Dry Grass & Shadows (To Be Still - 2009)
Of Many Colors (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
Desire (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
White Horse (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
The Wind (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
The Rifle (The Pirate's Gospel - 20006)
Oh! My Mama (The Pirate’s Gospel - 2007)
Suzanne (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
The Pirate’s Gospel (The Pirate's Gospel - 2004/06)
Heartless Highway (Alela Diane & Wild Divine - 2011)
Rising Greatness (Alela Diane & Wild Divine - 2011)

Encore

I Am Child (Neil Young Cover)(With Dylan Leblanc)
Every Path (To Be Still - 2009)
White As Diamonds (To Be Still - 2009)



La durée du concert : 1h20

AFFICHE / PROMO / FLYER
 


samedi 7 mai 2011

THE LORDS OF ALTAMONT ~ La Flèche D’Or. Paris.














Première Partie : Doug Paisley + JESSE SYKES


Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Une soirée Fargo proposant une affiche assez alléchante en ce samedi 7 mai avec tout d’abord en tête d’affiche le groupe garage américain The Lords Of Altamont que je n’avais pas revu depuis 5 ans, c’était à la Maroquinerie et j’ai le souvenir d’un bon concert sans être vraiment extraordinaire. Depuis, il y a eu plusieurs passages en France et à Paris, mais j’ai fait l’impasse jusqu'à ce soir.

Petite fantaisie, j’ai acheté mon billet chez Fargo, un billet personnalisé comme on n’en voit plus, hélas, que je vais directement récupérer sur place en arrivant à la Flèche d’Or. Encore une fois, il n’y a pas trop de monde en ce début de soirée pour accueillir Doug Paisley un folkeux Canadien qui va nous servir un set pas désagréable de musique folk assez traditionnel pendant 32 minutes. Voix agréable, personnage sympa qui a du mal à se remettre du décalage horaire, bref il attire la sympathie.

La salle est bien remplie maintenant pour accueillir le second groupe, un des motifs de ma venue d’ailleurs, car j’ai un excellent souvenir du concert de Jesse Sykes il y a maintenant trois ans à la Maroquinerie. Son dernier album qui semble difficile d’accès au premier abord, est en fait une petite merveille de rock américain enflammé où les guitares sont reines. En vérité, le groupe s’appelle Jesse Sykes & The Sweet Hereafter. La notion de groupe est importante, car son compagnon Phil Wandscher tient une place prépondérante dans le groupe. Sa musique a souvent été qualifiée de Country/Folk/Americana. Moi de la country comme ça, j’aimerais en écouter tous les jours et me convertir à cette religion !!! Chez Jesse Sykes on retrouve un peu l’âme de Neil Young avec ses longues chevauchées électriques. Ce soir nous allons d’ailleurs être particulièrement gâtés, car le set sera particulièrement axé sur Marble Son le dernier album en date, ode à l’électricité. Le set commence presque en douceur avec le magnifique Weight Of Cancer. On se rend compte de la maestria de Phil Wandscher à la guitare, c’est le premier violon tandis que Jesse elle tient le rôle de chef d’orchestre . Intro douce et mélancolique donc avec cet instrumental. En quelques années la musique de Jesse c’est durcie sans pour autant perdre de sa poésie. Elle a gagné en complexité aussi avec ses changements de tempo et ses breaks incisifs. Petit regret cependant avec un son de guitare trop fort (ben oui ça m’arrive de dire cela) à la limite de la rupture quand on était comme moi juste dans l’axe de l’ampli. Je suis heureux quand je vais entendre les premières paroles de Comes To Mary un de mes morceaux préférés où la voix de Jesse émerveille tout simplement. Quand j’entends cette chanson, je pense à Marianne Faithfull (pour la voix). Jesse possède cette petite fêlure qui rend sa voix unique et précieuse. Retour Like Love Lust avec deux morceaux extraits de cet album et puis ce sera le magnifique Ceiling’s High, peut être le plus beau morceau de Marble Son. Impressionnant aussi The Sweet Hereafter. Le groupe qui entoure Jessie, est un bloc compact qui sans bruit (enfin façon de parler) forme un écrin pour Jesse et son compagnon. Le final sera tout simplement magnifique avec les deux longues fresques que sont Your Own Kind, tout d’abord, avec son intro qui annonce peu à peu la foudre avec un déluge de guitares et le final plus en douceur avec Wooden Roses. Fort est à parier que nombre de spectateurs, ce soir, venus pour les Lords ont été conquis par la dame. Je dis la dame, car c’est une forme de respect envers une artiste dont le talent n’est à mon avis pas assez reconnu. Ce qui est appréciable tout de même c’est que Jessie et ses Sweet Hereafter on pu jouer pendant une heure pleine.

Beaucoup de monde et grosse chaleur, la fin de soirée promet d’être chaude avec les Lords Of Altamont, chaude et agitée. Eux je les ai découverts en 2003 par l’intermédiaire de ce qui était à l’époque le meilleur label indépendant, j’ai nommé Sympathy For The Records Industry. À peine sur scène, Jack « The Preacher » Cavaliere avec ses grosses lunettes rondes et déjà à moitié debout sur son orgue qu’il va complètement incliner vers le public déclenchant de suite les hostilités dans la fosse. C’est avec The Split que le groupe a commencé son set, morceau archétype de leur musique c'est-à-dire une bonne dose de fuzz mêlée à l’orgue. Derrière, sur une estrade, une Go-Go danseuse en mini short et bottes noires va se trémousser pendant tout le concert, sans en être certain, il me semble qu’il s’agit de Moana Santana. Si le public est fortement agité, il n’y a rien de méchant pourtant, tout est dans la bonne humeur grâce aux Lords et à leur musique. Les Lords sont en vérité de faux durs, Jack au bout de deux morceaux nous voyant complètement à l’agonie au premier rang va tourner vers nous le ventilateur qui lui faisait face, tout cela avec un clin d’œil, sympa !! Mais l’attitude ne suffit pas et c’est la que la musique intervient. Bien sur rien de révolutionnaire dans leur rock garage, mais il est bon de constater que l’on prend un énorme plaisir, beaucoup plus qu’avec un groupe comme les vieillissants Fuzztones par exemple. Un seul petit regret : un son pas tout à fait à la hauteur, la guitare étant sous amplifiée à mon avis. Mais plus que du rock garage c’est à un concert de rock’n’roll tout court auquel les Lords nous ont conviés ce soir, on pense parfois aux New York Dolls ou Heartbreakers  (Velvet). L’ambiance est au beau fixe, Jack va soudain se jeter dans la foule d’une manière presque inattendue, un peu plus tard il donnera ses lunettes à une fan dans le public. Mais ce qui me plait bien chez eux c’est le côté sympathique qu’il affiche avec le public, c’est un partage ce soir avec l’ambiance et la musique. Et franchement je sors enthousiaste de ce concert. Ces mecs font vivre l’esprit du rock garage tout en le débroussaillant un peu. Tiens un petit détail que j’ai noté, Jack à derrière lui une cabine Leslie, de plus en plus rare de nos jours. Fin du concert après un ultime et festif rappel, je réclame la set list au guitariste qui me la remet. À peine une heure de concert, mais on est complètement trempé dans l’étuve qu’est devenue ma Flèche d’Or.

Belle soirée, en tous cas. Merci à Fargo de l’avoir organisée. C’était tout simplement une réussite. »






photos de gilles b

 

The Lords of Altamont est un groupe Hard Rock/Garage/Punk/Psychedelic de Los Angeles, USA, tout droit sorti des plus terrifiants recoins de la mythologie rock américaine. Leur univers apocalyptique est construit avec de délicieuses références garage (The Sonics), psychobilly (The Cramps) et punk (Stooges, Sex Pistols). Guitares en furie, cris, rythmiques en plomb et le son d’un Farfisa psychédélique. Indispensable pour tout amateur de R’n’R !!

(http://www.myspace.com/lordsofaltamont)
(http://www.lordsofaltamont.com/)


To Hell With The Lords (2003)
Lords Have Mercy (2005)
The Altamont Sin (2008)
Midnight To 666 (2011)





Jake "The Preacher" Cavaliere - Vox/Organ
John "Big Drag" Saletra - Guitar
Shawn "Sonic" Medina - Bass
Harry Drumdini aka "Full Tilt" - Drums (formerly of punk psychobillies, The Cramps)







La Setlist du Concert 
JESSE SYKES




La durée du concert : 1h00


La Setlist du Concert 
THE LORDS OF ALTAMONT



La durée du concert : 1h07

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