Un nouveau titre de M. Woodroe en écoute
Il y a 18 heures
Nous sommes une bande d'allumés qui, depuis des années, fréquentons les
concerts de Rock au sens large et il nous est venu, sur le tard, l'envie de vous les faire partager... dans un blog pas comme les autres.
L'important quand on voit un concert, en lisant le résumé d'un fan, en écoutant un morceau, en regardant des images d'un clip,... c'est d'y rentrer et s’y perdre, l'espace d'un instant, pour justement le vivre intensément.
« Lundi 24 Octobre : sortie attendue, après "Viva La Vida" de 2008, du 5ème album de Coldplay "Mylo Xyloto" (prononcé my-lo zy-letoe), dans lequel figurent tous les styles du groupe et apparemment c’est un concept dans une création très lumineuse. Mystère sur la signification du titre, incompréhensible et énigmatique, certainement plus que le contenu (les vicissitudes d'une histoire d'amour avec une fin heureuse entre notamment Mylo et Xyloto) de ce dernier disque chez EMI Music (fin du contrat chez le Major et pas de renouvellement prévu). Comme musique de variété rien à dire on ne peut pas vraiment s’en plaindre, alors je dois dire que le plaisir devrait augmenter écoute après écoute. Mais il laisse pourtant dans la bouche un saveur d'insatisfaction, l’absence par exemple de "Moving to Mars", une structure compliquée pour des mélodies fragiles, des idées décidément ternies dans une production trop laquée et avec un déjà entendu face au précèdent "Viva La Vida" dont il reste inférieur. Peut-être que Chris Martin voulait, avec le conseil de Brian Eno derrière la console-mix, quelque chose qui impliquait la profondeur et la solennité de Bono et Thom Yorke, mais quatre chansons que l'on remarque (Charlie Brown, Up In Flames, Don't Let It Break Your Heart, Paradise) sur quatorze, dont trois introductions musicales, font un petit nombre pour un groupe défini comme Le guide de la Pop mondiale et Le meilleur groupe Pop de la décennie. Dire que c’est un mauvais groupe ou qu’il sont réalisé un disque de merde c’est honteux ! Un manque de respect pour l'artiste et ceux qui les aiment mais souvent ces critiques débiles sont écrites par des gens du genre à croire et imposer que leurs gouts intellectuels sont les meilleurs. Des bouffons, qui sont incapable de dire, tout simplement, "Je n'aime pas" et qui vont au concert car ils sont poussés par une curiosité malsaine! Respectez la passion des personnes, ne critiquez pas ce que vous n'avait pas! On parle beaucoup de Coldplay en ce moment mais il faut garder à l'esprit une chose : malgré ce qu'ils disent certains, Coldplay est un groupe Pop qui sait comment intercepter les goûts du grand public et depuis 2005 il ne faut plus le cataloguer Rock de tous genres ou sous-genres que vous voulez... et leurs disques ne sont pas destinés aux gens qui se disent aimer exclusivement le Rock. Donc oublions les comparaisons pénibles avec les albums "Parachutes" (2000) et "A Rush of Blood to the Head" (2003) car c’est du passé lointain, mais encore une fois louons leur courage d'expérimenter dans un temps où dans la musique tout est plat et déjà entendu! "Mylo Xyloto" n'ajoute rien à ce que nous savions déjà du son de Coldplay mais il est le prétexte pour une énième tournée à guichets fermés. Sur Q magazine on peut lire " Le son du plus grand groupe britannique est plus vivant que jamais. Une musique qui élève, inspire, et qui appartient aux étoiles". Si vous êtes fan de Coldplay, il faudra acheter ce disque sans s'attendre à une révolution sonore, mais, si vous n’aimait pas ce groupe, personne ne vous oblige à écouter cette musique pop techniquement parfaite si elle ne correspond pas à vos goûts, à aller à leur concerts pour curiosité et encore moins à commenter. En tout cas Coldplay ne laisse personne indifférent: leur nouveau album, malgré les critiques, est déjà N°1 dans 24 pays et je vous laisse le soin de compter les ventes. Que pourriez vous attendre de ce concert? Rien d'autre que la confirmation des anglais "The Pop as it should be".
19h46 : c'est le moment de l’arrivée sur scène de la chanteuse écossaise Emili Sandé, étoile montante de la New R&B Soul britannique, une voix douce et féminin, accompagnée d’un groupe (guitare, basse, batterie et keyboards) qui s’appui sur un Beat à danser. Plutôt bavarde « These are all songs from my forthcoming album. I hope you like them », elle se lance avec une lourde tache dans cette ambiance consacrée uniquement à la tête d’affiche, derrière son look: habillée en noir, bottines, une coiffure funky, tête rasée sur le dos et les côtés, avec une grande mèche blonde sur le dessus. Elle s’est faite connaitre avec un single Heaven qui comporte des nombreuses nuances des chansons typiques de 90s , en octobre dernier, pas d’album mais prévu pour 2012, et il faut le reconnaitre elle possède une grande belle voix. Une nouvelle Next Big Thing pour les Anglais. Les chansons du Set se ressemblent toutes et en rien excitantes n’ont pas le même impact de son single, chanté en dernier, mais laissent deviner des possibilités encore inexploitées, avec ce Beat inspiré par le groupe de Trip-HOP, Massive Attack. Malheureusement la demi-heure de prestation, avec des cellules rythmiques répétitives sans énergie, est incapable de capter l’attention des spectateurs et on sombre dans une vague imitation de Beyoncè, avec influences Rihanna et Alicia Kerys! Impossible de ne pas s'ennuyer voilà encore une première partie que l’on préfère oublier pour le moment...
21h08 : Chaque spectateur retient son souffle, conscient du privilège porté à sa poignée droite : l’énigmatique bracelet qui, commandé à distance, devrait s’illuminer en couleurs fluorescentes sur certains morceaux. La soirée atteint son apogée pendant que les lumières de la salle s'éteignent pour permettre aux projecteurs de la scène de prendre la relève. La foule, trépignent d'impatience car en majorité déjà acquise à la cause du groupe, est excitée et tous les yeux sont furtifs essayent d’apercevoir le groupe, qui doit arriver par le côté droit. Soudain la musique d'intro est diffusée et on dresse l’oreille... un air symphonique retentit et éclate à tout volume : c’est la célébré bande-son du film "Back to the Future". Une idée qui, si on est fan Hardcore de la trilogie, peut plaire. Ça y est, Coldplay arrive: ils sont quatre, pas de musiciens additionnels. Chris Martin, Jonny Buckland, Guy Berryman et Will Champion, montent l’escalier et font leur entrée triomphale en marchant dans un décor rayonnant de graffitis pulvérisés et acclamés par les cris et les applaudissements du public. Chaque membre prend sa place et c’est parti avec "Mylo Xyloto", la chanson-titre du cinquième album, un morceau instrumental de 40 secondes avec laquelle le groupe commence sa performance. Immédiatement les bracelets Xylobands commencent aussi à clignoter fluorescents créent un décor lumineux de galaxie riche en couleurs qui rappelle celui de Noel (une très bonne idée) et les portables naturellement enregistrent ce moment vraiment unique et originale. C’est magique ! Les spectateurs sont engagés dans une chorégraphie collective intense et visuellement efficace. « Bonsoir Paris ! », sont les premiers mots criées par Chris Martin, le chanteur, vêtu d’une veste chemise kaky militaire ouverte, tachée de peinture (comme le reste : décor, amplis, guitares...), cachant un T- shirt bleu ciel (qui avec la transpiration deviendra rapidement foncé), en jeans foncés et basquettes. Je vous laisse deviner la réponse de la foule acquise.
Le morceau instrumental d’ouverture se flâne aussitôt pendant que la chanson devient "Hurts Like Heaven", deuxième extrait du nouvel album. Ce morceau va définir le son exact du reste du concert et la mélodie est chantée avec une urgence frénétique, avec une référence 80s, influence de The Cure et Echo & The Bunnymen « I struggle with the feeling that my life isn't mine, It's so cold, it's so cold... ». Les envolées du son de la guitare de Jonny Buckland transforment les riffs cosmiques en musique. Le refrain « Took the fire from my belly and the beat from my heart, Still I won't let go... » devient un moment encourageant, rythmé rapidement par des couleurs différentes, rouge, vert, blanc et bleu, dans la salle grâce aux Xylobands pour le pont de « Ooohooh whoa oh oh... » qui va se former et qui deviendra l'objet de chorales (ici et dans les prochains stades) donnant lieu à un véritable fête qui tient débuts aussi tous les spectateurs des gradins. C'est un spectacle mettant en vedette la lumière. Des nombreux faisceaux de lumières Laser, avec des couleurs changeantes, partent de la scène et traversent le vaste espace du POPB en fendant un passage dans le noir pour percer les spectateurs plus loin dans un ravissement, agrémenté de cris. Le show éclate vraiment dans une succession rapide de roues fluorescentes en source de lumières et l'atmosphère devient surréaliste avec une version musclé de "Yellow", single et chef-d'œuvre du premier album "Parachutes"(2000), chanson superbe soit par le rythme de la batterie de Will , la guitare de Jonny, en passant par la basse de Guy et la voix de Chris qui est plus pénétrante et émotionnelle dans une production propre et très efficace. Une chanson passionnante, mélancolique, un cheval de bataille qui envoie, à chaque concert, tous les fans en extase dans une fraîche vague d'euphorie. Difficile de rester indifférents face à cette mélodie avec d'énormes ballons colorés jetés sur le public de la fosse littéralement devenu hystérique. La machine Pop des Coldplay se lance à pleine vitesse. Irradiés par la couleur jaune des projecteurs, on crie, on chante « Look how they shine for you...» en frémissant aussi, secoués par l'écoute de ces notes de piano qui donnent vie à ces étincelles qui se déplacent en nous. On poursuit avec "In My Place", romantique single de l'album "A Rush of Blood to the Head" (2002) qui récupéré l'impact et l'intensité de l'héritage laissé par "Yellow". Le riff de guitare habituel, simple et efficace, et la voix évocatrice (triste et tremblante) de Chris Martin... avec une dense et jolie pluie de papillons et de symboles colorés et confettis soufflés par des canons. Beau spectacle, belle ambiance et on a du mal à percevoir Chris et Jonny sur la plate-forme centrale ! 20 minutes déjà d’apothéose sans temps mort et de façon spectaculaire... et c'est le début. En poursuivant le spectacle on a la confirmation que le choix des chansons n'était pas aléatoire, et encore moins erronée, la qualité des morceaux joués est vraiment incroyable et le niveau de l'ensemble du spectacle est si élevé qu'il est difficile de trouver des moments de minceur. Et la foule ? Elle chante, tape des mains, applaudit encore dans une véritable osmose.
Suivent Major Minnus (un des morceaux les plus immédiats du nouvel album) et des chansons issues des précédents albums (Viva la Vida et Parachutes) tels Lost, Shiver et Violet Hill, mais on revient encore à "A Rush of Blood to the Head", considéré par beaucoup de gens un de plus beaux CDs de l’année 2002. Le moment pour un autre single célèbre, "God Put A Smile Upon Your Face" qui renforcé par l'alternance de la guitare électrique et acoustique dans un rythme très rapide devient une version spectaculaire à la fois rempli de son psychédélique et soutenu par une détermination rare de Will Champion avec une frappe énergique. On poursuit sur des lumières rouges avec la sublime balade "The Scientist", bien que pas très articulée, perturbe l'audience avec sa grande mélancolie pleine de sentiment dans une remarquable version. Il faut reconnaitre que Coldplay possède la capacité de jouer et chanter des belles mélodies simples en sachant comment les interpréter. Le groupe ensuite s'éloigne de la scène et se dirige par la passerelle vers la plateforme du milieu (appelée B-Stage) au centre du POPB, où les attendent un piano et une batterie électronique en plus d'une guitare, pour y enchainer en acoustique "Up In Flames", régime lent pour tenir votre smartphone en l'air, et "Us Against The World", tendre avec un thème à la U2 des années 80s. Nous entrainant de nouveau sur la grande scène dans un univers de lumière, la Setlist se déploie avec l’intensité et la personnalité du rythme de l'engagé "Politik" mais l’explosion se poursuit dés les premières notes percutantes de "Viva la Vida", pop plus raffiné, un des sommets avec l’Xyloband en plein travail et un Chris Martin qui exhibe son répertoire entier de sauts ( partout où il peut), de pirouettes et de frappes au cœur. La foule heureuse, les bras en l’air pour créer une mer de couleurs clignotantes, chante « Oh, oh, oh, oh, ooooh, oh, oh, oh, oh... » et en redemande. L'effet visuel est saisissant.
On repart ensuite en enchaînement avec deux singles du nouvel album. D’abord "Charlie Brown", une des meilleures chansons crée par Coldplay avec ses sonorités 80s. Les notes hypnotiques de la guitare de Jonny guident le morceau dans le désert fascinant de Joshua Tree, avec des coeurs enivrants de Arcade Fire et quelque élément sorti de la fantaisie de Sigur Rós pendant que la chanson entre dans un un paroxysme infusé d'adrénaline. Ensuite arrive "Paradise" et ses papillons dans le ciel avec ce rythme indéfini de synthétiseur hip-hop dans un pop melodique où la voix de Chris est si convaincante qu’elle va parfaitement avec les mots « When she was just a girl, She expected the world... ». Pendant le refrain, entêtant, s'élève le chœur «She'd dream of, Para-para-paradise, Para-para-paradise, Para-para-paradise, Oh oh oh oh oh oh-oh-oh-oh...», accompagné par une partie instrumentale qui le rend unique, chanté et hurlé à l’unisson. 1h08 chrono... «Merci, au revoir, merci beaucoup, thank you so much to everyone...», ils quittent la scène... après 16 chansons. Standing ovation, bien sûr ! Sans oublier un minute de « Oh, oh, oh, oh, ooooh, oh, oh, oh, oh... ».
1h23 après, c'est fini... Les quatre musiciens saluent souriants, comme s’ils étaient au théâtre, puis disparaissent dans l'obscurité à droite de la scène. Pour nous, le public, il nous reste que faire la queue (cette fois c'est sûr, sans deuxième rappel...) pour sortir du POPB, et rentrer à la maison avec ce sourire stupide de quelqu'un qui a vraiment apprécié en portant comme souvenir des confettis dans les cheveux et un Xyloband éteint au poignet. Celui qui a eu la chance et le plaisir d’assister à cette soirée colorée il ne peut qu'être d'accord avec moi que ce fut sans aucun doute un bon concert féerique en cette fin d’année. Un classique de Coldplay à la Coldplay, musicalement et visuellement parfait comme au Parc des Princes en 2009, purement pop et avec beaucoup d’électro, sur des influences de U2 (période Unforgettable Fire), de Radiohead (comme toujours) et aussi des derniers Arcade Fire. Seul défaut la durée (malgré 19 chansons, dont 8 du dernier album, dans la Setlist), l'absence d'un deuxième rappel et pas de place pour la spontanéité. Pour le reste c'était « Spectaculaire! » et qui n'a pas son pareil. C'est la première expression qui vient naturellement après ce concert! Juste au cas où il y avait des sceptiques, quand on parle de Coldplay, il y a toujours de la musique et des émotions. Certaines personnes comparent Chris Martin & Co à U2, pour la parabole commerciale similaire, et ils disent que maintenant Coldplay est fini en le détestent simplement. Moi, cependant (sans être le seul), je continue à l’aimer, parce que la Pop quand elle est de qualité n'a pas de rival. « We’ll see you soon we hope! » ont-t-ils dit : le nouveau rendez-vous est fixé au Stade France le 2 septembre 2012. En attendent il me reste ce refrain entraînant dans les oreilles :