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jeudi 7 janvier 2010

ELI "PAPERBOY" REED ~ La Joy Eslava. Madrid. Espagne.













Première Partie: The Right Ons







Ce qu’en a pensé Eric :


« Le premier concert de l'année 2010, pour commencer en douceur dans ma salle préférée (pour l'instant), la Joy Eslava, avec un artiste qui ne prête pas à trop conséquences, si j'ose dire, le consensuel Eli "Paperboy" Reed. Seulement voilà, la neige tombe à gros flocons depuis le matin sur Madrid et on prévoit l'habituel méga-chaos urbain qui en résulte. Je pars tôt du boulot, on ne sait jamais, et quand j'arrive vers 19 h calle Arenal, il y a déjà une petite queue et pas mal de panique : le concert est sold out, et l'organisation pour retirer les billets paraît laisser à désirer. Comme j'ai, moi, mon billet en poche, je n'ai aucun problème pour me placer au premier rang, même après un détour par le vestiaire.

Ce soir, ce que je ne savais pas, c'est apparemment une sorte de "battle of the bands" sponsorisé par MySpace entre Eli et The Right Ons, inconnus au bataillon... Bah, on verra bien, de toute manière, après une période de fin d'année gavante dans tous les sens du terme, j'ai besoin d'une bonne cure de wocknwoll !

20 h 02 : les Right Ons montent sur scène, et je comprends pourquoi je ne les connais pas, a priori : c'est un groupe espagnol... Mais attention, en 57 minutes, ils vont nous démontrer qu'en Espagne, on sait jouer du rock classique, pur et dur, comme en Amérique ! (d'ailleurs, je verrai ensuite sur le Net le groupe faussement identifié comme originaire de Boston, lui aussi...). Ça commence à la manière des Plimsouls circa 1982, c'est dire si j'aime ça : du garage pop imprégné de rhythm’n’blues, servi par un groupe impeccable... 2 chanteurs, dont le batteur, qui a une vraie voix, un guitariste soliste à la technique décoiffante, une section rythmique qui tape dur, c'est du tout bon. Quand les deux guitares partent en délire à l'unisson, c'est même de l'excellent ! Je suis prêt à m'enthousiasmer quand arrive le ventre mou du concert, une bonne vingtaine de minutes de rock très 70's, pas désagréable mais sans grande saveur : dommage, l'excitation générale retombe dans la salle maintenant bondée. Heureusement, les cuivres des True Loves rejoignent le groupe sur scène, et on finira dans un groove torride (je pense par instants aux Inmates, le genre...), qui nous remet tous de bonne humeur. Le set se conclut curieusement par une reprise très roots de Satisfaction, ce qui fait un peu "groupe de bal", mais après tout, pourquoi pas un standard, même archi-rebattu, pour se faire plaisir ? Globalement, voici un groupe impeccable, à la fois au point techniquement et remuant et passionné (belle attitude scénique, je dois dire, rock mais pas frimeuse...), auquel il ne manque que des compositions un peu plus marquantes, et un peu plus de cohérence musicale.

21 h 18 : c'est avec 3 minutes de retard seulement sur l'horaire prévu que les 7 musiciens des True Loves (4 blancs, 3 blacks, donc l'un des rares groupes mixtes qui existent, cela vaut la peine d'être signalé !) montent sur scène, pour une courte intro musicale, et un speech façon Mr Loyal pour nous présenter le jeune Eli "Paperboy" Reed, prodige vocal du rythm'n'blues revival... Costume brillant couleur bronze, pompes bleues pointues et brillantes (pas le daim rituel, donc !), avec quelques kilos en plus, Eli fait immédiatement preuve d'indéniables progrès dans la maitrise de la scène et le contact avec le public, par rapport à la 1ère fois où je l'avais vu, à la Maroquinerie, en Juillet 2008. Musicalement, son style n'a pas notablement évolué depuis son apparition il y a 2 ans : on est toujours strictement dans le respect des règles établies - disons par Otis Redding -, juste avec une puissance accrue du backing band, au sein duquel se distinguent particulièrement un batteur black qui tape dur (ce n'est donc plus le batteur enragé de 2008, mais Eli n'a pas perdu au change !) et un jeune guitariste blanc et fou, qui lui est toujours le même, avec un look improbable. A noter aussi qu’Eli lui-même semble avoir fait des progrès à la guitare, même s'il en use parcimonieusement : à la fin d'un très beau Just Like Me, il nous offrira un solo rageur et surprenant ! Ceci dit, ce genre d'attitude, respectueuse d'un genre qui, il faut bien le reconnaître, est musicalement superbe, cette absence totale de second degré forcent l'admiration. Pour moi, le plus beau moment de la soirée sera paradoxalement la rupture de ton bien venue créée par un passage solo (Eli à la guitare électrique sans son band, jouant un Walkin' & Talkin' qui m'a laissé "sur le cul" !), puis vocal uniquement (Eli et son band sans instruments)... Ce qui peut par contre fatiguer chez Eli Reed, ce sont ses démonstrations vocales extatiques et spectaculaires (on joue un peu de l'effet "tour de force"), un peu longuettes parfois, et cassant le rythme d'un concert qui gagnerait à être plus ramassé, plus concis. Reste qu'il y a une vraie générosité, toute simple d'ailleurs, dans les petits plaisirs que s'accorde et nous accorde Eli : faire monter des fans sur scène pour chanter avec lui, introduire ses musiciens en espagnol, s'extasier sur la salle (qu'il dit placer dans son Top 5 des meilleures salles qu'il connaisse dans le monde, et ça a l'air sincère... Ceci dit, je ne suis pas étonné, je suis moi-même à chaque fois ravi par la qualité de cette salle...).

Le rappel sera particulièrement percutant, plus rock, montrant peut-être la possibilité d'une sortie des canons du rythm'n'blues... Ce n'est pas certain qu'ils le fassent (ils commencent à rencontrer un succès certain...), mais Eli et son groupe gagneraient désormais à s'aventurer en dehors des sentiers fort battus tracés par les pionniers du genre voici près de 50 ans... Voilà, après 1 h 25, le concert s'arrête, mais le public, incroyablement enthousiaste, ne veut pas quitter la salle et s'obstine à réclamer un second rappel. Eli revient donc devant le rideau baissé, mais ce sera juste pour saluer et remercier... ce qui évidemment ne fait rien pour calmer les esprits !

Au final, comme prévu, une bonne soirée sans prise de tête, autour d'un rock classique qu'on aime forcément toujours entendre, qu'il soit des années 60, 70 ou early 80's. Le concept de "duel" entre les deux groupes n'est pas vraiment poussé plus loin que le gimmick de l'affiche, et on peut se réjouir au contraire de cette double visite guidée de la riche histoire du rock'n'roll. Quant à Eli, je ferais le même commentaire que la première fois où je l'ai vu : malgré ses performances vocales, il lui manque toujours ce je ne sais quoi de "soul" qui lui permettrait de transcender la pure technique, comme le faisait par exemple Amy Winehouse dans un genre similaire...»









photos de eric




 

Originaire de Boston, Eli "Paperboy" Reed & The True Loves nous ramène le son clinquant de la soul des années 60. Le groupe joue la carte vintage de manière confondante. A mi-chemin entre Marvin Gaye, James Brown, Sam Cooke et Otis Redding, Eli Reed est un jeune prodige blanc de la soul. Eli Reed a grandi en écoutant la vaste collection de classiques soul, gospel et R&B de son paternel. Même s’il est loin d’avoir l’étoffe de ces illustres références, il faut avouer qu’on ne peut qu’être surpris par le brio perfectionniste.

(http://www.myspace.com/elipaperboyreed)











Eli "Paperboy" Reed: Guitar and Singing
Ryan "Man Hawk" Spraker: Guitar and Harmony Vocals
Mike "Money" Montgomery: Bass Guitar/Upright Bass and Harmony Vocals

Andy "Funkatron" Bauer: Drums
Paul "Fidgety" Jones: Tenor Sax/Baritone Sax
Ben "Robocop Scientist" Jaffe: Tenor Sax

Patriq "Strange Affection" Moody: Trumpet
















La durée du concert : 1h25



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