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dimanche 1 août 2010

THE DANDY WARHOLS ~ La Sala Heineken. Madrid. Espagne.











Opening: Fake Drugs





Ce qu’en a pensé Eric :

« Ah, les Dandy Warhols ! Ah, Bohemian like You ! Bon... Encore un groupe talentueux mais légèrement en dessous des énormes espoirs qu'il avait engendrés voici près de 10 ans, un groupe que je n'ai pas vraiment suivi. Mais peut-on suivre tous les groupes intéressants de la planète ? En tout cas, en ce premier jour d'août en un Madrid déjà déserté par ses habitants partis en vacances, voici ma chance de me rattraper... Quelques écoutes rapides d'une jolie compilation sortie récemment, histoire de se remémorer un peu de quoi il s'agit, et je suis prêt... A 19 h 30, les portes sont déjà ouvertes quand j’arrive devant la Sala Heineken, de manière un peu surprenante, et je me place sur la droite, en attendant le reste de la petite troupe de ce soir, Patricia, Inés et Juan-Carlos (Gilles B ayant dû déclarer forfait au dernier moment, du fait des méandres de l'administration française qui a retardé sa nouvelle carte d'identité...). Le concert est un peu avancé (d'une demi heure) par rapport aux indications sur le billet, et je pressens donc qu'il y aura beaucoup de retardataires, vues les habitudes locales !

20 h 30 : Ils s’appellent Fake Drugs, ils sont américains, et ont l’air de trois (très) jeunes échevelés qui vivent dans le rêve anglais de l’after-punk électronique des années 80, ce qui est bien sympathique. Nous apprendrons en discutant avec eux au stand de merchandising après le concert que leur groupe n’a que 6 mois, et ils dégagent une jolie énergie qui est l’apanage des débutants. Musicalement, cela ressemble donc à une version sale et énervée de Depeche Mode, avec le chanteur-claviériste qui s’excite tout seul et met (presque) le feu en descendant danser dans la fosse encore peu remplie. Le batteur cogne bien, et le guitariste, presque accroupi sur ses pédales d’effets, construit un fond sonore qui enrichit notablement le son des synthés très vintage. On regrettera des morceaux un peu trop indifférenciés, manquant encore de personnalité, et on notera une reprise de Cure (paraît-il) pas très reconnaissable. Voici en tous cas 30 minutes fraîches et dansantes, bien accueillies par le public des Dandy Warhols. Et puis, voir le bonheur dans les yeux de ces trois jeunes gens devant les applaudissements et acclamations madrilènes, c’est en soi déjà une raison de se sentir bien.

21 h 30 : Le matériel restant sur scène est maintenant disposé de manière assez inhabituelle, les quatre membres des Dandy Warhols jouant « alignés », ce qui signifie par exemple que Courtney Taylor-Taylor, le chanteur, est au même niveau que la batterie de Brent De Boer. Mais ce qui signifie aussi qu’il y a un espace de plus de deux mètres entre le bord de la scène et les musiciens : c’est bon pour les photos du premier rang, ce recul, mais pas forcément terrible pour « l’ambiance ». Alors que les Dandy Warhols démarrent leur set lentement, en « bidouillant » tranquillement et en construisant leur son comme de manière expérimentale, avant d’attaquer par Mohammed, premier extrait ce soir de leur album phare et plus grand succès, « Thirteen Tales from Bohemia », on fait rapidement le point sur la manière dont se présente ce concert : le son est assez mauvais, ce qui n’est pas une surprise à la Sala Heineken, malheureusement, mais on sait que, peu à peu, comme toujours, il s’améliorera ; le groupe joue quasiment sans lumières, ce qui est surprenant et évidemment rageant pour les photos ; alors que la salle est bien pleine, le syndrome « de Madrid » joue à plein, avec un public de fans qui connaissent largement les chansons par cœur, mais sans aucune bousculade, donc une configuration bien différente et bien plus confortable a priori que le concert parisien d’il y a quelques jours auquel Pat a aussi assisté.

Une chose frappante avec les Dandy Warhols, c’est l’absence totale de « look » du groupe, qui puisse aider à le classer dans telle ou telle catégorie, comme c’est toujours tentant – et simplificateur – de le faire. Absence de look, ou plutôt hétérogénéité des quatre membres, de droite à gauche en face de nous : Peter Holmström, le guitariste a adopté un look pur rock (cuir et t-shirt The Jesus & Mary Chain), modéré de la touche gay de sa casquette en cuir. Dans la pénombre, traversée de temps en temps de violents éclairs blancs, il apparaît concentré de manière presque autistique sur sa guitare : pour lui nous n’existons pas ; Courtney Taylor-Taylor, look simplissime jeans – t-shirt, a quelque chose qui me rappelle – en moins impressionnant, mais quand même -, notre ami Josh Homme : prototype du géant américain, viril et calme, concentré sur son chant et sa guitare, dégageant une aura impressionnante d’autorité et de professionnalisme, il séduit immédiatement les jeunes femmes du premier rang (d’ailleurs notre Inés déclarera de manière péremptoire qu’il s’agit là de l’homme de sa vie !). Brent De Boer est un batteur exubérant à la coiffure afro et au look seventies complètement décalé par rapport aux autres membres du groupe. Enfin, la charmante Zia McCabe aux divers claviers et outils électroniques, qui assure en outre la structure des morceaux en l’absence d’une basse, malgré ses kilos en trop, fait le show à chaque fois qu’elle en a l’opportunité : elle illustre la facette électro du groupe, son aspect plus moderne.

Car la musique de Dandy Warhols, c’est vite évident alors que le set se déroule, est largement indiscernable : la palette de musiques interprétées est très large, du rock classique (l’imparable et stonien Bohemian Like You, qui crée toujours l’hystérie...) aux divagations électro-ambiantes assez rapidement pénibles et somme toutes assez paresseuses (il y a un terrible ventre mou du concert où l’on s’ennuie ferme, et qui, à mon humble avis, tire irrémédiablement le soirée vers une vacuité irrattrapable), du psychédélisme post-70’s à une sorte de glam pop assez séduisante. Le résultat est intellectuellement stimulant, mais pour le moins erratique et irrégulier en matière de pur « spectacle rock » : pour les flamboyances que sont un Godless (chœur du public remplaçant avantageusement la trompette) ou un Get Off, combien de moments un peu quelconques, comme si les Dandy Warhols manquaient finalement de substance ? Qui trop embrasse mal étreint ? En tout cas, après un beau final « noisy », Courtney nous propose de faire semblant, de faire comme si on faisait un rappel (« on dirait qu’on serait de retour dans nos loges et que vous nous rappelleriez... », charmant, vraiment !), et les Dandy Warhols clôturent la soirée avec une sorte d’improvisation country sur le thème : « Venez nous voir dans deux jours à Amsterdam... ».

Voilà, 1 h 40 qui m’ont paru un peu longuettes, je dois l’avouer, et je ne suis presque pas mécontent que ça soit fini. Je n’ai pas été bluffé comme me l’avais promis mes amis parisiens, seulement séduit par l’idiosyncrasie d’un groupe original, furieusement sympathique, mais oui, quelque part, en deçà du niveau auquel il devait être. Quelques éclairs d’excitations, pas mal de moments quelconques, mais le plaisir de voir et d’entendre quelque chose de différent, ce qui n’est déjà pas si mal. Pat use de son sourire pour que les roadies lui donnent l’une des set list convoitées, Juan Carlos est ravi comme toujours, et nous allons tailler le bout de gras avec les p’tits jeunes de Fake Drugs, afin de leur booster le moral en leur faisant quelques compliments.

C’était mon dernier concert à Madrid pour cette saison. Un peu de repos bien mérité devant nous ! »


photos de eric




The Dandy Warhols est un groupe américain de pop psychédélique, formé en 1993 à Portland (Oregon). Fortement influencé par The Velvet Underground, le groupe a commencé à jouer de la pop psychédélique et il reçut un soutien essentiel en Europe après la sortie de l'album Dandy Warhols Come Down. Le 19 mai 2008 est sorti, leur nouvel album (6éme), distribué par leur propre label "Beat the World”, “Earth to the Dandy Warhols", qui compte entre autre la collaboration de Mark Knopfler (Dire Straits) et de Mike Campbell (Tom Petty & the Heartbreakers).

(http://www.myspace.com/thedandywarhols)

     •    1995 : Dandy's Rule OK?
    •    1997 : ...The Dandy Warhols Come Down
    •    2000 : Thirteen Tales from Urban Bohemia
    •    2003 : Welcome to the Monkey House
    •    2005 : Odditorium or Warlords of Mars
    •    2008 : Earth To The Dandy Warhols









* Courtney Taylor-Taylor : Vocal & Guitar
* Zia McCabe : Keyboards
* Peter Holmstrom : Guitar
* Brent De Boer : Drums






 La Setlist du Concert
THE DANDY WARHOLS



 1.  Mohammed (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
2.  We Used To Be Friends (Welcome To The Monkey House -2003)
3.  Shakin' (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
4.  The Last High (Welcome To The Monkey House - 2003)
5.  The New Country (Odditorium Or Warlords Of Mar - 2005)
6.  You Come In Burned (Welcome To The Monkey House - 2003)
7.  I Love You (...the Dandy Warhols Come Down - 1998)
8.  Now You Love Me (Earth To Dandy Warhols - 2008)
9.  The Legend Of The Last Of The Outlaw Truckers aka The Ballad Of Sheriff Shorty (Earth To Dandy Warhols - 2008)
10.  All the Money or the Simple Life Honey (Odditorium Or Warlords Of Mar - 2005)
11.  Not If You Were The Last Junkie On Earth (...the Dandy Warhols Come Down - 1998)
12.  Bohemian Like You (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
13.  And Then I Dreamt Of Yes (Earth To Dandy Warhols - 2008)
14.  Godless (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
15.  Get Off (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
16.  Horse Pills (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
17.  Solid (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000)
18.  Wasp In The Lotus (Earth To Dandy Warhols - 2008)
19.  Pete International Airport (...the Dandy Warhols Come Down - 1998)
20.  Boys Better (...the Dandy Warhols Come Down - 1998)
21.  Country Leaver (Thirteen Tales From Urban Bohemia - 2000

Encore

22.  It's a Fast Driving Rave-Up With the Dandy Warhols (Earth To Dandy Warhols - 2008)
 

La durée du concert : 1h40

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mercredi 14 juillet 2010

MORCHEEBA ~ La Sala Heineken. Madrid. Espagne.
















Ce qu’en a pensé Eric :

« Est-ce qu'on va voir du papier peint en concert ? Question existentielle qu'on est un peu obligé de se poser pendant qu'on attend Morcheeba dans la Sala Heineken, en compagnie d'une poignée sympathique de fans de chill out (garglll!), de lesbiennes et de Français... (Comme quoi Morcheeba doit être plus populaire en France qu'en Espagne...!). J'avoue que la musique de Morcheeba a enchanté de nombreuses journées de mon existence, avec ses atmosphères raffinées et ses mélodies qui tirent facilement vers le sublime... Et pourtant il m'a toujours été impossible de prendre au sérieux ce qui ressemble plus à une décoration - parfaite mais au luxe un tantinet superflu - de notre vie qu'à une véritable "bande son" qui toucherait à quelque chose d'essentiel en nous. Ce n'est certainement pas leur dernier album, assez faible, "Blood Like Lemonade", qui m'a motivé en ce 14 juillet de « fêtnat » à assister à ce set, c'est plutôt l’annonce du retour - inattendu - de Skye, la chanteuse à la voix enchantée, au sein du groupe...

La Sala Heineken se remplit lentement, l'attente est longue, 1h30, sans première partie, mais Morcheeba entre en scène quelques minutes avant l'heure : c'est plutôt plaisant de découvrir un "vrai groupe", le duo Ross Godfrey (uniquement à la guitare ce soir) - Skye - au premier rang, avec quatre musiciens additionnels, un bassiste dragueur à gauche et les trois autre derrière, pour les appuyer (rappelons que le frangin Godfrey, n’est pas musicien au sens propre du terme et ne tourne donc pas…). C'est moins plaisant de se rendre compte que le son est complètement pourri (je me dis que c’est assez fréquent à la Sala Heineken), à la fois un peu trop fort - noyant la voix de Skye la plupart du temps - et creux, sans tessiture, réduisant les mélodies subtiles de Morcheeba à des parodies un peu grimaçantes. Je ne mentionnerai même pas la lumière, très basse et à contre-jour, empêchant systématiquement toute photo correcte. Et le concert commence, mal, très mal même : des versions bêtement "musclées", « boostées » pour la scène des classiques des premiers albums, une voix régulièrement inaudible, une absence totale d'âme : je suis parti pour m'ennuyer ferme ce soir. Paradoxalement, ce sont les morceaux du nouvel album qui passent le mieux, Even though nous fait enfin dresser l’oreille, bien, Blood Like lemonade en rajoute une couche. Malheureusement, Part of the Process puis Slow Down seront littéralement horribles, mal jouées, inaudibles, inécoutables.

J'en ai presque envie de quitter la salle, sans même mentionner les propos démagogues de Skye sur la marijuana et l'alcool, histoire de caresser la jeunesse "hippie" de Madrid dans le sens du poil : "allez les gars, on se défonce tous en chœur" ! Même si on sait que Morcheeba est un groupe construit à la gloire du cannabis (Skye se fera d’ailleurs allumer un gros pétard sur scène par Ross, un pétard envoyé par l’un des spectateurs), ça reste à mon avis parfaitement pitoyable... comme d’ailleurs la quasi-totalité de la bouteille de tequilla que s’enfilera Ross pendant le set… Alors, et Skye, me direz-vous ? En ce qui concerne sa voix, il est indiscutable que, lorsqu’on l’entend, elle est superbe. Pour le reste, la donzelle, mal habillée (elle nous dit s’être fait elle-même sa robe, et ça se voit..) souffre du syndrome irritant de l’Anglaise nunuche et timide, visiblement mal à l’aise sur scène, alignant rires nerveux et propos anodins, ce qui, à son âge, est un peu moins charmant que chez… disons, Lily Allen. Du coup, sa beauté et sa classe interpellent moins qu’elles ne le devraient…

Et puis, et puis, quand on a touché le fond, quelque chose se passe : une superbe version de Crimson, avec une intervention éblouissante de Ross à la guitare, va remettre le concert sur les rails. Morcheeba semble s'être enfin trouvé, et nous avoir trouvés en même temps, du coup... Car à partir de là, tout le reste de la soirée va être quasiment impeccable : le très beau Beat of the Drum, la seule vraie perle du nouvel album, permet un singalong sympa (les mecs d'abord, les filles ensuite), et puis le rappel étincelle, avec un I Am The Spring parfait en simple duo (pas sur la set list, a priori rarement joué), suivi par Be Yourself, et Rome enfin, en crowd pleasers funky et joueurs. A la fin Ross se lâche dans le « noise » avec sa guitare, et c'est très bien comme ça, il a fini par se passer quelque chose dans ce concert.

1 h 40, dont 1 h loupée et 40 minutes plaisantes, c'est moins que j'espérais mais c'est mieux que rien (mieux que le papier peint !). Skye m'a finalement assez énervé ce soir, avec sa timidité et son manque de charisme, et ses essais de flamenco ne m'ont pas particulièrement impressionné. Ross a sauvé la soirée avec son numéro hendrixien (avec les dents, si, si), et a (enfin) élevé la musique éthérée de Morcheeba vers quelque chose de physique, de tangible, de... presque charnel.

Un roadie sympa me donne la set list, dehors la nuit est plus douce que ces deux dernières semaines (à peine 30 degré à 23 h 15, ça fait du bien...). Au final, je trouve que Morcheeba et moi, on se sort plutôt bien de cette première rencontre, non ? »
photos de eric
Morcheeba est un groupe de musique britannique originaire de Douvres mélangeant downtempo, trip hop, rhythm and blues et pop.

(http://www.myspace.com/morcheeba)

•    1996 : Who Can You Trust?
    •    1998 : Big Calm
    •    2000 : Fragments of Freedom
    •    2002 : Charango
2003 : Parts of Process
    •    2005 : The Antidote
    •    2008 : Dive Deep
    •    2010 : Blood Like Lemonade









Paul Godfrey (platines)
Ross Godfrey (guitare et clavier)
Skye Edwards (chant)














La Setlist du Concert
MORCHEEBA

    1.    Moog Island (Who Can You Trust? - 1996)
    2.    Friction (Big Calm - 1998)
    3.    Never An Easy Way (Parts of Process - 2003)
    4.    Otherwise (Charango - 2002)
    5.    Even Though (Blood Like Lemonade - 2010)
    6.    The Sea (Big Calm - 1998)
    7.    Blood Like Lemonade (Blood Like Lemonade - 2010)
    8.    Part of the Process (Big Calm - 1998)
    9.    Slow Down (Charango - 2002)
    10.    Crimson (Blood Like Lemonade - 2010)
    11.    Trigger Hippy (Parts of Process - 2003)
    12.    Beat of the Drum (Blood Like Lemonade - 2010)
    13.    Blindfold (Big Calm - 1998)

      Encore

    14.    I Am The Spring (Blood Like Lemonade - 2010)
    15.    Be Yourself (Parts of Process - 2003)
    16.    Rome Wasn't Built In A Day (Parts of Process - 2003)

La durée du concert : 1h40

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