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lundi 13 octobre 2008

Moriarty ~ L'Olympia. Paris.














Première Partie: SON OF DAVE



Ce qu’en a pensé Gilles :


« Une nouvelle fois, j'ai péché par excès de prudence. Peur de ne pas être au premier rang. Eh bien, ce n'était pas la peine de s'affoler, car nous étions 15 personnes à faire la queue devant l'Olympia lors de l'ouverture des portes !! Et dire que le concert est sold out depuis plusieurs mois déjà !! Moriarty, c'est un cas à part, pas véritablement cataloguable : une troupe de saltimbanques de toutes nationalités, pas vraiment du folk, pas du rock non plus. Non, c'est plutôt une sorte d'atmosphère intemporelle qui se dégage de leur musique. Et du dépaysement. Une évasion vers le passé, faite de douceur et d'émerveillement. Moriarty, c'est cela et beaucoup plus encore. Ce qui fait la rareté de ce groupe, c'est tout simplement le fait qu'il soit unique. Oui, unique dans son genre. Voilà pourquoi je tenais tant à être au premier rang, pour revivre cette magie. Ce qui est drôle, c'est que je retrouve la même jeune femme que j'avais déjà vu lors du concert de La Cigale, elle aussi est au premier rang ce soir. Commence une assez longue attente, la salle se remplit tout doucement, Vincent arrive enfin, on discute quelques minutes avant qu'il ne prenne place à la mezzanine.

Son Of Dave se présente sur scène, costume 3 pièces fatigué, borsalino sur la tête, un visage à la Jim Carrey. Cet Américain va délivrer un set de 30 minutes assez sympa, que du blues, mais joué d'une manière rafraîchissante. Le gars est évidemment seul sur scène, juché sur son tabouret, il joue de l'harmonica d'une main, et chante en même temps, pendant que son pied bat la mesure, et qu’avec son autre main, il alterne les instruments (cela va du tambourin à d'autres bizarreries). Le personnage est attachant, pas sûr qu'il soit souvent confronté à une audience de 2.400 personnes... Mais Son Of Dave (de son vrai nom Benjamin Darwill) met facilement le public dans sa poche. C'est sympa, sans prétention et bien joué. De plus, il fait participer le public en distribuant aux personnes du premier rang divers instruments de musique, ainsi qu'une corbeille de fruits !... qu'il me donne, j'en profite pour manger une poire. Un final sympathique, avec une bonne version de Rollin & Tumblin, et le bonhomme s'en va, sous les acclamations du public.



Le grand rideau rouge se ferme devant nous, le temps de mettre en place le décor assez minimaliste et rural de Moriarty. Tiens oui, « rural » est un mot qui leur convient bien, sans mauvais sous-entendu. Enfin, les lumières s'éteignent, la scène dépouillée apparaît à nos yeux, le vieux fauteuil rouge à côté de la batterie, juste éclairé par un vieux lampadaire. Sur le devant de la scène, une tête de chamois empaillé, et sur la droite, une vieille machine à écrire. Le concert débute en douceur par Cottonflower, et dès cet instant, on entre dans l'univers des Moriarty. Un voyage dans le passé, assez indéfinissable, est-ce les années 30 ou le siècle dernier ? Peu importe, la magie fonctionne de suite. Rosemary, je la trouve belle dans sa tenue à l’apparence désuète mais tellement charmante, avec son bandeau dans les cheveux : je ne peux encore une fois m'empêcher de penser à Kelly McGillis dans Witness (ça m'obsède, ça !!). La voix est tout simplement parfaite, et impressionnante. On retient presque son souffle lorsque Rosemary chante. L'univers de Moriarty, c'est aussi cet harmonica omniprésent, qui apporte la touche américaine, celle des grandes plaines et des
fermiers. Avec Jaywalker, nous avons droit à une intro à la machine à écrire, là nous sommes dans un univers assez étrange, années 30, dualité entre la voix de Rosemary et l'harmonica. Le son est tout simplement parfait ce soir : au premier rang, c'est assez impressionnant, une clarté et une pureté rarement égalée. Beaucoup d'humour aussi dans la troupe des Moriarty. On n'arrive pas trop à savoir leurs origines. Françaises ? Ou américaines ? Voire suisses comme le laisse penser le contrebassiste aux traits asiatiques ? Mystère... Ce qui est impressionnant aussi, c'est la virtuosité des musiciens, que ce soit l'harmoniciste ou le guitariste, tous sont véritablement bons. Un petit passage à la guimbarde pendant Whiteman's Ballad, si le groupe a des origines françaises quelque part, leur musique est décidemment typiquement américaine, mais curieusement assez unique. Je trouve Rosemary beaucoup plus à son aise que lors du concert à la Cigale en début d'année, même si elle parle assez peu (je crois savoir qu'elle est assez timide et réservée). Pas mal de morceaux non présents sur l'album sont joués ce soir, dont plusieurs covers, une de Tom Waits d'abord, puis le superbe Enjoy The Silence de Depeche Mode. Là, je suis véritablement scotché quand s'élève la voix de Rosemary dans cette cathédrale qu'est l'Olympia. Superbe, tout simplement ! Sur l'intro d'une des chansons (Animals Can't Laugh ??), Rose nous montre ses boucles d'oreilles, ce sont des petits poulets jaunes, original !! Quand s'élève la voix pour Private Lily, les applaudissement fusent de partout, une version parfaite, et je chante « She's Goin' To War, She's Goin' To War... » Ce soir. le temps n'a pas de prise sur moi, signe que le concert est bon, les morceaux se suivent, chacun avec sa petite touche particulière, ses musiciens qui changent d'instruments et Rosemary en chef d'orchestre... bien que je soit sûr qu'elle refuse ce titre, mais c'est bien elle qui focalise toutes les attentions, qu'elle le veuille ou non. Et pendant Jimmy, qui sera joué en plein milieu du concert, si la troupe se met en rond autour d'un seul microphone vintage, Rosemary aura beau se mettre en retrait, c'est elle l'élément le plus important : sans elle, je pense que Moriarty n'existerait pas, tout simplement. Le groupe se retire, ovations du public, sur scène les roadies installent des chaises, cela sent la surprise. Et en effet quatre jeunes gens viennent s'installer, trois jolies jeunes femmes et un garçon, un quatuor à corde du nom de Ardeo. Le quatuor joue tout d'abord un morceau seul, avant d'être rejoint par le groupe. Les cordes donneront des versions plus consistantes, plus "costaud" à Fireday et à Loveliness (admirable, ce morceau). Fin du premier rappel assez étrange avec une chanson chantée en allemand (a priori, du Schubert....). Je regarde derrière moi, tout le balcon est debout, signe évident d'un concert réussi. Le groupe revient sur scène pour un dernier rappel avec une dernière reprise (Fever) pendant laquelle le groupe demandera à Benjamin Darwill de venir sur scène. Beau final, on est sous le charme...

Un peu plus de deux heures de concert pour un groupe qui n'a qu'un album à son actif, c'est rare et impressionnant. D'autres artistes pourraient méditer la dessus... Je quitte tranquillement l'Olympia (il faut bien 10 minutes pour sortir de la salle !). On aurait pu craindre que la salle soit trop grande pour eux, eh bien non, le pari a été gagné ce soir. La prochaine fois, un Zénith ? Bon, moi je n'espère pas... Une photo, à la sortie, du fronton éclairé de l'Olympia, puis je retrouve Vincent. Maintenant, je suis curieux de voir ce que le groupe donnera sur la petite scène du Forum à Vauréal, dans cinq semaines, mais nul doute qu'ils sauront s'adapter sans problèmes. »




photos de gilles b.



Le groupe Moriarty s'est formé en 1995 autour de six musiciens d'origine américaine, française, suisse et vietnamienne inspirés de blues américain des années 30. Une voix exceptionnelle et une atmosphère envoûtante sont les premières évidences pour parler de cette surprise ! Cabaret folk déglingué tissé autour de la voix profonde de cette diva sortie d’un autre temps. La musique de Moriarty est un carnet de voyages et de réminiscences, un cabinet de curiosités, une sorte de folk nocturne et nomade. Leur premier album, Gee Whiz but This Is a Lonesome Town, est sorti et il n'est donc pas étonnant de retrouver désormais Moriarty là où le héros de Jack Kerouac, à qui ils ont emprunté leur nom, s'est fait le sien : sur la route.










Rosemary Moriarty: La Diva au chant
Charles Moriarty: Lord à la guitare
Arthur Moriarty: Cowboy a la guitare
Thomas Moriarty : Kid à l'harmonica
Zim Moriarty: Professeur à la contrebasse












Cottonflower (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Jaywalker (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Bacon
Hanoi Blue
Little Margaret
Whiteman’s Ballad (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Tagone-Ura (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Chocolate Jesus (Cover Tom Waits)
Jimmy (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Enjoy The Silence (Cover Depeche Mode)
Animals Can’t Laugh (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Private Lily (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Motel (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Oshkosh Bend (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)

Encore 1

With The Quator ARDEO
Fireday (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Lovelinesse (Gee Whiz But This is a Lonesome Town - 2007)
Der Leiermann (Cover Shubert)

Encore 2

The Crimson Singer
Fever (Cover Peggy Lee)(With Son Of Dave alias Benjamin Darvil)

Encore 3

Long Is The Night
La durée du concert : 2h02

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Moriarty - Jimmy



jeudi 9 octobre 2008

Bodies Of Water ~ La Maroquinerie. Paris.



BODIES OF WATER

Annulé




Première Partie : MERZ





Ce qu’en a pensé Gilles :


« Tout tient à peu de choses, souvent à une suite d'évènements imprévus et au final, vous êtes témoin de quelque chose que vous n'auriez pas imaginer quelques jours auparavant. Mercredi j'apprenais l'annulation du concert que The Hold Steady & War On Drugs devaient donner au Nouveau Casino. J'étais assez dépité, du coup je me suis rabattu sur ce concert de la Maroquinerie avec Frightened Rabbit en tête d'affiche, et ne voila t-il pas que le groupe annule à cause de problèmes administratifs (un souci de passeport semble-t-il) ? En gros j'ai la poisse avec moi pour cette soirée, et j'avais presque envisagé d'aller voir Ladyhawke au Point Ephémère. Mais bon, me voilà tout de même de retour à la Maro, sans grand enthousiasme je dois bien l'avouer, en plus je commence à sérieusement ressentir la fatigue car c'est mon quatrième concert d'affilée. J'arrive tranquillement vers 19h, pas un chat dans le petit hall. Plutôt sinistre comme début de soirée, je vais faire un tour à coté, à la Bellevilloise, puis je prendre mon mal en patience. J'avoue que je me suis demandé ce que je foutais là, seul pour voir deux groupes inconnus au bataillon... et de plus par un temps maussade ! Mais heureusement, Robert est arrivé. Ni une ni deux, direction le resto de la Maroquinerie, puis deux verres de vin blanc en guise d'apéro avec quelques olives, le moral remonte, on discute, on rencontre des gens, Oliver Peel se joint à nous, puis c'est au tour de Michaela la sympathique photographe Romaine de nous rejoindre. Le moral est remonté et maintenant au beau fixe... Il est 20h30, l'ouverture des portes vient juste de s'effectuer, il y a pas mal de retard dans le planning semble-t-il. On continue notre discussion dans la salle, puis c'est le moment du concert du premier groupe.

... En fait un songwriter Anglais du nom de Merz, juste accompagné par un bassiste. Eminemment sympathique, mais terriblement ennuyeux sur la longueur, des ballades folk, bien chantées, mais où j'ai du mal à trouver des émotions ou quelque chose qui me fasse vibrer. Talentueux certainement, mais encore une fois, ce n’est pas ma tasse de thé.


J'essaie de compter le public, certainement entre quatre-vingt et cent personnes ce soir, pas plus. J'attends maintenant sans grande passion Bodies Of Water que ne connais pas du tout, mais vu tout ce début de soirée, l'inquiétude est au rendez-vous... Et la autant vous dire que je me trompais lourdement. Tout d'abord une petite troupe arrive sur scène, 4 micros plantés devant, 1 orgue trônant en plein milieu. Ces 2 éléments sont importants, voire essentiels pour la suite. Le groupe d'abord : une bassiste/violoniste, à ses cotés le guitariste, au milieu la chanteuse principale et organiste (j'ai nommé Meredith Metcalf), et enfin en face de moi, le bassiste. Tous les quatre assureront les chœurs, autre élément primordial dans la musique du groupe. Ce que l'on remarque d'emblée, c'est Meredith Metcalf, grande girafe habillée d'un justaucorps noir qui laisse apparaitre des formes plutôt... plates !!! Et de plus elle jouera tout le concert pieds nus. Et la musique démarre, légère cacophonie au début (cela ne vous rappelle rien ??), puis cela se met en place, naturellement et je suis scotché. Oui scotché. Pleins de trucs passent dans ma tête, tout d'abord la musique de The Coral me vient à l'esprit. Oui, The Coral une nouvelle fois, mais c'est autre chose. Je regarde Meredith, et d'un coup je crois voir la chanteuse de The Organ, même visage longiligne. Et puis une autre évidence, ce son d'orgue me semble échappé de Manchester... mais oui, c'est un son à la Inspiral Carpets !!! Et le premier choc avec Water Here, mais d'où sort ce groupe ??? Et toutes ces voix qui chantent en chœur... Et ces rythmes effrénées qui prennent de l'ampleur, cette sorte de transe que l'on ressent quand la musique a pris le dessus sur le reste, sur tous nos autres sens. Et puis c'est It Move avec toujours cette ambiance qui va crescendo, cette voix de Mérédith qui monte dans les aiguës, cette cavalcade orchestrée par la batteur et par le bassiste, qui devant nous joue en accord comme notre pote Lemmy. Bon, je suis soufflé ! Et je suis pas le seul, car si ce soir nous ne sommes pas nombreux, les spectateurs manifestent leur contentement à chaque accélération et changement de tempo. Et j'allais oublié une dernière référence qui m'est naturellement venue à l'esprit : The New Pornographers bien sûr. Mais Bodies Of Water est unique sur scène. Et surtout grâce à Mérédith qui se révèle extraordinaire, constamment arc-boutée derrière son clavier, elle devient belle, elle EST belle tout simplement. Mérédith n'en revient pas de jouer ici à Paris, et elle éclate de joie après chaque morceau. Elle nous invite à venir les voir en Californie !! Je pense à mes amis qui ne sont pas là, un Jean Pierre qui aurait sûrement apprécié, ou Delphine qui, malgré son attirance vers la pop anglaise, aurait surement beaucoup aimé. Et Eric qui lui aussi se serait délecté de ces voyages vers la joie. Il y a tant d'harmonie dans leur musique que l’on ne peut qu'être transportés de joie. Le final est à l'avenant de tout le reste. Under The Pines puis Gold Tan Peach And Grey et enfin These Are The Eyes, c'est magnifique, tout simplement. Je n'ai pas vu passer le temps, 70 minutes que Bodies On Water tiennent la scène, c’est incompréhensible que ce groupe soit inconnu !


Achetez leur dernier album "A Certain Feelin", et vous aurez un (petit) aperçu de ce que le groupe vaut sur scène. Ce soir, c'était un concert empli de joie et de plaisir, de frissons (ceux de la découverte), d'émotions, (celles que me procurent ces montées en puissance de la musique, ce lyrisme que j'ai ressenti, cette poésie aussi, enfin tout simplement ce que j'attend de la musique, être plus forte que le reste et prendre possession de mon âme). Et malgré le peu de monde, le stand merchandising est assailli de partout, j'achète tout ce qui est disponible, les deux CDs du groupe ainsi que le tee shirt. Et dire que j'avais failli passer à côté de ce groupe... Comme quoi j'en viens presque à remercier cette annulation du concert au Nouveau Casino. Plus de fatigue, j'essaie de garder les mélodies dans ma tête le temps de rejoindre ma voiture, j'ai atteint une sorte de plénitude ce soir pendant un peu plus d'une heure, merci à Meredith Metcalf et merci à Bodies Of Water.


Concert de la semaine évidemment ! »













Frightened Rabbit
sont écossais indie rock de Selkirk, pratiquent une pop anglaise plutôt bien ficelée, se laissant pénétrer de tonalités souvent rock, parfois folk, quelque part entre Bloc Party et Coldplay. Le groupe a déjà publié deux albums studio, avec leur deuxième, The Midnight Organ Fight, confirme tout le bien qu'on a pu penser d'eux et ils sont reçu une critique élogieuse.

(www.myspace.com/frightenedrabbit)





Bodies Of Water
, groupe californien, sort cette année deux albums coup sur coup , autoproduits et simplement relayés par le très bon label Secretly Canadian. Doté d’un incroyable groove emballant et emballé, fort d’un réel succès d’estime aux Etats-Unis le groupe marie rock, folk, chœurs d'opéra et inspiration western.

(www.myspace.com/bodiesofwater )



























































Scott Hutchison (vocals/guitar)
Grant Hutchison (drums/vocals)
Billy Kennedy (guitar)
Andy Monaghan (keyboards/guitar)









BODIES OF WATER









David Metcalf (Vocals & Guitar)

Meredith Metcalf (Vocals & Keyboards)
Jessica Conklin (Vocals & Drums)
Kyle Gladden (Vocas & Bass)
















Even In A Cave (Certain Feeling - 2008)

I Guess I'll Forget The Sound, I Guess, I Guess Water Here (Certain Feeling - 2008)
It Moves (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)
I Heard It Sound (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)
Keep Me On (Certain Feeling - 2008)
Under The Pines (Certain Feeling - 2008)
Gold Tan, Peach And Grey (Certain Feeling - 2008)
These Are The Eyes (Ears Will Pop & Eyes Will Blink -2008)












La durée du concert : 1h10






AFFICHE / PROMO / FLYER















Frightened Rabbit - Head Rolls Off








Bodies of Water - Heard It Sound








Bodies of Water - Doves Circled the Sky