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vendredi 6 mars 2009

THEO HAKOLA ~ La Maroquinerie. Paris.












Ce qu’en a pensé Gilles B. :
« Tout d'abord une remarque que je me dois de faire tout de suite, aller à ce concert n’était pas de mon fait ? c'est Gilles P qui m'a offert le billet. Moi, je dois bien avouer que sans Gilles, je n'y serais jamais allé... à tort d'ailleurs. Je n'ai jamais suivi Théo Hakola, que ce soit avec Orchestre Rouge, ou par la suite Passion Fodder, puis pendant sa carrière solo. Je ne savais même pas qu'il était américain, pour tout vous dire !!!
Ce n'est pas la grande foule à la Maro quand j'arrive sur place, et avec Gilles P, on fait tranquillement le pied de grue devant la porte d'entrée, saluant au passage le personnel de la salle qui défile devant nous. On patiente tranquillement jusqu'à l'ouverture des portes, aux alentours de 19h30. On pose nos fesses sur la scène, côté gauche, il n'y a plus qu'à attendre les premières parties. On retrouve Robert qui vient de faire son apparition.
Devant une maigre assistance, Wladimir Anselme fait son apparition. Un look de poulbot qui aurait déjà bien vécu, le personnage n'est pas déplaisant, bien au contraire. Musicalement, même si ce n'est pas ma tasse de thé, cela se laisse écouter tranquillement. Le personnage est doté d'un humour sympathique, et sa musique empreinte de poésie fait son effet. Pour un artiste français ne chantant pas du rock, j'ai trouvé cela pas mal. Bien sûr tout le public est assis, hormis Gilles P assis sur le côté de la scène.
Place maintenant au second groupe de la soirée, Ralfe Band : j'avoue que je n'ai pas retenu grand chose du concert que j'ai trouvé assez anecdotique, pas de charisme, pas mal d'ennui pendant tout le set, et pourtant l'écoute de leur site MySpace m'avait laissé une assez bonne impression... Ce soir, c'est le trou noir pour moi, je n'ai pas accroché.
Passons aux choses sérieuses, car je commence à me demander si cette soirée ne va pas être tout simplement un fiasco. Les gens se sont rapprochés de la scène, la salle s'est quelque peu garnie, sans toutefois afficher une grosse audience, mais on sent que les gens présents ici ce soir sont des fidèles et des passionnés. Gilles P ne m'a pas dit grand chose au sujet du bonhomme, et c'est très bien, car je vais pouvoir découvrir cela d'un œil neuf, et d'une oreille vierge... sans préjugés aucun !

Quand Théo Hakola prend possession de la scène de la Maroquinerie, je me dis que ce monsieur a de la classe, celle des losers magnifiques, ceux qui savent qu'ils ont raison mais qui resteront incompris par la majorité du grand public, tout en restant dignes et grand seigneurs. Le personnage dégage un magnétisme évident, son visage taillé au scalpel vous ausculte avec précision et détachement. Mais la grosse claque, c'est la musique. Que dire ?? Impossible de rester insensible. Du rock INTELLIGENT tout simplement. Accompagné d'une section rythmique assez fantastique (la bassiste était tout simplement magnifique avec un groove d'enfer), Théo déverse ses brûlots avec grâce. C'est un peu notre Nick Cave à nous, bien qu'il ne soit pas français non plus. La musique est belle, mais que dire du chant de Théo Hakola ? Voilà un vrai chanteur, qui sait transmettre des émotions par l'intonation de sa voix, une voix qui évoque le spectre de Tom Verlaine. Et que dire de l'humour à froid de Théo Hakola ?? Gilles m'avait bien prévenu, juste avant le concert, mais c'est vraiment une surprise. Chaque fin de morceau est l'objet de petites remarques toutes plus rigolotes les unes que les autres, je vois mon Gilles P plié de rire à mes côtés, et c'est vrai que le personnage a un coté cocasse et marrant, sans toutefois tomber dans le ridicule ou le guignolesque. Et tout va avec, les paroles des chansons, d'un humour désarmant, mêlées à une musique qui trouve son origine dans la fin des seventies et les eighties (Television/Cave), mais sans l'aspect dépressif de ceux-ci. Théo Hakola est tout simplement un seigneur. Impossible de rester insensible à sa musique tellement prenante et tellement belle. Et ce geste discret qui viendra prouver l'élégance du monsieur, quand en montrant sa chemise aux couleurs vives et psychédéliques, il nous dira par deux fois "je porte cette chemise en l'honneur de Lux Interior" en appuyant bien sur "Interior", comme s’il voulait par ce biais expulser toute la souffrance qu'il a du ressentir en entendant la triste nouvelle, quelques semaines plus tôt. C'est ça la classe... Que dire de plus ? Il est hors de question pour moi de commenter chaque morceau, car je les découvrais, tout simplement. Ce que je peux dire, c'est que rarement j'ai assisté à un concert comme ce soir, où il n'y avait pas de temps mort ni de passages faibles. Une homogénéité sans faille, servie par un backing band d'une redoutable efficacité (la batteuse à la technique plutôt anachronique était particulièrement drôle à regarder, mais elle aussi complètement dans le ton de la soirée... sans parler de la violoniste, qui accompagne Théo Hakola depuis un certain nombres d'années - dixit non pas Wikipedia mais Gilles P, autre source et mémoire vivante de 40 ans de rock'n'roll – ouffffffffffffffff !!!!). Le concert se termine en beauté après 1h30 de spectacle, et ce soir j'ai envie de dire une nouvelle fois que les absents ont eu tort, mais moi même, j'ai failli faire partie de cette catégorie... et pour cela, je remercie grandement Gilles P de m'avoir fait découvrir un pan de la musique rock franco-américaine qui m'était complètement inconnu, sûrement par manque de curiosité.
Voilà, il est presque minuit, la soirée était particulièrement réussie, et c'est clair que dans le futur, j'essaierai dans la mesure du possible de suivre Théo Hakola lors de ses futures prestations live en région parisienne. En attendant, je vais essayer de me rattraper avec les CDs !!! »







 
Wladimir Anselme est auteur-compositeur-interprète, mais aussi dessinateur, vidéaste, truqueur, poète et feuilletoniste.

(www.myspace.com/wladimiranselmemusic)


Ralfe Band impressionne par la richesse de son univers fait de compositions étranges et versatiles ; entre pop aussi bricolo que joliment ciselée, country folk americana, musique des Balkans, orchestre de la Nouvelle Orléans et bizarreries déstructurées, le groupe anglais produit une musique qui, si elle nécessite plusieurs écoutes pour dévoiler tous ses fascinants aspects, se révèle assez rapidement familière et additive.

(www.myspace.com/ralfeband)


Théo Hakola est un artiste chanteur, musicien, homme de théâtre et écrivain américain. On l'a découvert comme leader et chanteur du groupe Orchestre rouge dans les années 1980 puis de Passion Fodder. Malgré de très humbles chiffres de ventes, il devient alors un personnage énigmatique et respecté, sans doute en partie par la richesse de son inspiration et de ses textes, mêlant Woody Guthrie, Charles Baudelaire ou la guerre d’Espagne. Il a côtoyé et bœufé avec les Bad Seeds de son pote Nick Cave, produit Noir Désir ou encore Les Hurleurs. sorti cinq albums solo en auto-production… Après son premier roman, La Route du sang, il a publié La Valse des affluents et Le Sang des âmes.

(www.myspace.com/theohakola)











Avec Orchestre rouge

1982 : Yellow Laughter
1983 : More Passion Fodder

Avec Passion Fodder

* 1985 : Hard Words from a Soft Mouth
* 1986 : Fat Tuesday
* 1987 : Love, Waltzes and Anarchy
* 1989 : Woke Up this Morning
* 1991 : What fresh hell is this ?

Albums solo

* 1993 : Hunger of a Thin Man
* 1995 : The Confession
* 1997 : Overflow
* 2000 : La Chanson du Zorro Andalou
* 2007 : Drunk Women and Sexual Water
























Wladimir Anselme : Vocal & Guitar



















Oly Ralfe (voix, piano, accordéon, guitare)
Andrew Mitchell (batterie, arrangements, percussions, guitare électrique)


















Theo Hakola : Vocal
+ band















La durée du concert : 1h30

AFFICHE / PROMO / FLYER










Theo Hakola - "Chère maman (je suis mort à Paris)"

Passion Fodder - Luz Blanca




Wladimir Anselme - La femme lune (Live 12/02/08)




Ralfe Band - Attics

jeudi 5 mars 2009

School of Seven Bells ~ Le Point Ephémère. Paris.










Première Partie : SH** BROWN





Ce qu’en a pensé Gilles B. :
« C'est tout d'abord intrigué par le nom que j'ai été découvrir ce nouveau groupe sur MySpace, puis une fois l'écoute terminée, j'ai de suite pris ma place pour le concert. Si la Maroquinerie reste une référence au niveau de la programmation, j'avoue que le Point Ephémère adopte aussi une politique intéressante, démontrant beaucoup d'éclectisme, et surtout une recherche permanente de ce qui sera dans quelques mois les groupes en vues dans tous les journaux et autres sites internet.

Encore une fois, malgré le fait que j'ai quitté mon boulot assez tardivement j'arrive (trop ?) tôt le long du Canal St Martin, mais la bonne surprise c'est que Philippe M est déjà sur place : du coup on va se jeter un petit verre de blanc à travers le gosier, et l'on croise ou plutôt on s'assoit à proximité du groupe qui vient de prendre place pour se restaurer. Et il faut bien avouer qu'avec Philippe on craque carrément sur le joli minois de Alejandra Deheza, l’une des deux sœurs jumelles du groupe (l'organiste). A défaut de bonne musique, nous sommes sur de pouvoir trouver le plaisir des yeux... Le Point Ephémère, c'est tout le temps le même topo, ouverture des portes à 20h, pas avant, et ce soir on ne dérogera pas à la règle.

On choisit l'option côté droit, bien nous en prendra car Alejandra, elle, se trouvera sur la gauche, et quand vous êtes au premier rang avec un orgue qui vous cache la vue, bonjour !!! En attendant nous sommes rejoints par Michael et par Clément - tout heureux d'être présent ce soir et pour qui le Point Ephémère est une découverte.

En attendant c'est S... B (traduisez Shit Brown, la classe...) qui se présente sur scène. Le groupe ne semble pas vraiment à l'aise sur scène, le rapport avec le public est inexistant ou presque. Musicalement, c'est assez primaire et simpliste (ce qui ne veut pas dire mauvais pour autant). Cela me fait penser à un groupe comme Beat Happening, mais la comparaison s'arrête là. J'ai trouvé les compos un peu répétitives, sans un morceau qui ressorte véritablement du lot. Et j'ai toujours la désagréable impression que les mecs n'ont qu'une hâte, c'est de finir le concert et de s'en aller (exception faire du chanteur).

Passé le set des Français, je m'aperçois avec plaisir que la salle est maintenant bien remplie, pas bourrée à craquer, mais l'affluence est importante ce soir. Philippe et moi avons déjà acheté l'album, juste avant que la première partie ne commence. J'avoue n'avoir d'yeux que pour la ravissante Alejandra qui installe son matériel. A noter l'incompétence chronique de l'un des techniciens ce soir (ce qui nous fait toujours bien rigoler, d'ailleurs) modifiant sans cesse ce que les membres du groupe essayaient de mettre en place (les retours, précisément).

School Of Seven Bell sur scène, c'est une configuration géométrique, un trinagle constitué par les deux anges de chaque côté, en devant de la scène, et Benjamin Curtis en plein milieu mais en retrait. Et ce qui frappe, dès les premières notes du concert, ce sont l'harmonie et la beauté des voix, il y a énormément de pureté dans ces vocaux. Et, comme s’il était là pour apporter un contrepoint à cette vision angélique, Benjamin, lui, apparaît presque contorsionné, plein de souffrances sur sa guitare... Pas de batterie ni de basse, une boîte à rythme faisant l'affaire. Le mélange des genres est ludique et merveilleux, on oscille entre la douceur et la violence sonique, violence toute relative d'ailleurs car le but de tout cela est d'allier l'aspect sonique shoegaze de Benjamin avec les enjolivures des voix angéliques des deux sœurs. Si à première vue, j'ai été irrésistiblement attiré par la splendide Alejandra, je dois dire que sa sœur Claudia n'est pas en reste. De près, c'est le presque parfait sosie de Marie Trintignant jeune, avec de grands yeux de biche... mais là, je m'égare. C'est elle qui chante principalement, et joue de la guitare rythmique. La meilleure définition de la musique du groupe (elle n'est pas de moi, mais de Wikipedia), c'est le qualificatif de Pop Dream : c'est tout à fait cela, on vit un rêve éveillé, de jolies sonorités viennent remplir nos conduits auditifs. Tout le public semble sous le charme, sans pour la plupart connaître la moindre des chansons du groupe. On pourrait faire une vague comparaison avec un groupe comme Lush (mais avec beaucoup moins de guitares), et moi je pense aussi à Bat For Lashes pour l'aspect onirique des choses, et aussi, assez curieusement, à Au Revoir Simone pour le coté ludique. Les 50 minutes du concert s'écoulent à vitesse grand V, School Of Seven Bells arrivant sans effort à nous captiver et au final nous laisser admiratifs. Pour finir, une petite remarque concernant l'éclairage : atroce pour les photos, comme d'habitude.

Le concert fini, on fait un passage par le stand merchandising où j'achète le CD. Dommage que les t-shirts soient particulièrement moche !! Encore une fois, bravo au Point Ephémère pour cette belle programmation. »








School of Seven Bells (souvent juste SVIIB) est un nouveau groupe de New York formé par Benjamin Curtis de Secret Machine et deux soeurs jumelles Claudia et Alejandra Deheza, en 2007. L’origine de leur nom vient de la mythique école de American Pick-Pocket Academy. L’album Alpinisms séduit dès les premières notes. My Bloody Valentine, Coco Rosie, Tv on the Radio, Cocteau Twins, Blonde Redhead, Ladytron : les références se bousculent. Toute la gamme d’ambiance, que permet le chant à deux voix féminines, est explorée, rendant le tout passionnant à l’écoute.

(http://www.myspace.com/schoolofsevenbells)



















Alejandra Deheza: Vocal & Guitar & Rhythm Samples( ex-On!air!library!)
Benjamin Curtis : Guitar ( ex Secret Machines)
Claudia Deheza: Vocal & Keyboards ( ex-On!air!library!)









La durée du concert : 0h35


La durée du concert : 0h50


AFFICHE / PROMO / FLYER




School Of Seven Bells - Live @ The Earl, Atlanta, Ga 11-11-08




School of Seven Bells - Half Asleep




School of Seven Bells - Connjur