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samedi 9 avril 2011

DEERHUNTER ~ La Gaité Lyrique. Paris.















Première Partie : Gallops + Nelson + Lower Dens





Ce qu’en a pensé Gilles B. :
 « Une nouvelle salle, la Gaité Lyrique, pour accueillir un de mes groupes préférés du moment: Deerhunter. Hélas cette soirée ne comporte pas moins de 4 groupes! On peut se demander l’intérêt de faire cela si ce n’est que de toute façon l’artiste en tête d’affiche n’aura pas le loisir de mener son concert comme bon lui semble ; horaires obligent. Surtout que cette série de concerts est suivie d’une autre soirée donc….

Prudent, je me contente de me garer en périphérie de Paris,  je prends sagement le métro et un quart d’heure plus tard, je suis Boulevard Réaumur Sébastopol, tout près de la Gaité Lyrique. Le grand bâtiment assez majestueux se dresse devant un square. Neuf, beau et classieux, mais avec une organisation pas tout à fait au point. On entre dans le bâtiment où il est difficile de trouver l’entrée du concert, savoir s’il y a une file d’attente, cela sent le rodage à plein nez. Au bout d’un quart d’heure on nous indique enfin où se mettre puis 10 minutes plus tard on passe le contrôle puis on passe une porte sur la gauche et c’est enfin deux étages plus hauts que l’on débouche enfin sur une très grande salle. Est t’on arrivé ? Pas encore, car dans cette salle se trouve un énorme cube qui se trouve être la salle de concert proprement dite. Encore dix minutes à patienter puis on entre dans ce cube pas vraiment attrayant, mais certainement fonctionnel, on découvre les lieux, la scène est grande et à bonne hauteur sinon c’est juste un grand cube moderne avec des panneaux lumineux sur les côtés.


Quatre groupes! Cela exige une logistique précise! C’est donc relativement tôt dans la soirée que Gallops, un groupe Gallois, fait son apparition devant un parterre encore assez clairsemé malgré le fait que la soirée soit sold out. Une des caractéristiques du groupe c’est qu'ils proposent un set uniquement instrumental. La vue des deux synthés avait de quoi faire peur, mais en vérité les musiciens jouent aussi et beaucoup plus souvent de la guitare. Pas de bassiste dans le groupe par contre j’ai trouvé le batteur intéressant. La musique de Gallops n’est pas désagréable. La musique du groupe est qualifiée de Math Rock, oui on peut dire cela. Le mélange de l’électronique et des guitares est bien agréable et les deux derniers morceaux joués par le groupe se révèleront vraiment intéressants. À voir certainement dans une autre configuration, plus petite salle par exemple. 27 minutes de concert pas plus. 

Maintenant c’est au tour de Nelson d’investir la scène. Le nom ne m’est pas inconnu et pour cause je les ai vus deux fois, en janvier 2007, tout d’abord, ils ouvraient pour The Fratellis et en 2008 où ils faisaient cette fois la première partie de Wolf Parade. J’avoue que je n’en ai pas un grand souvenir et le concert de ce soir va une fois de plus le prouver. Les membres du groupe sont forts sympathiques, mais leur musique est tellement…. peu originale voire terne, que je ne sais pas quoi dire. Ce n’est même pas mauvais, non, mais je n’arrive pas à éprouver ne serait ce qu’une once d’émotion à l’écoute de leurs chansons. J’ai l’impression qu’ils n’arrivent pas à trouver leur style. Bref Nelson une fois de plus ne convainc pas, surtout avec ses nouveaux morceaux.

Le groupe qui s’annonce, lui est beaucoup plus intéressant, il s’appelle Lower Dens et leur set d’une grosse trentaine de minutes m’a bien séduit. Deux guitares et une basse pour une musique austère, mais puissante et sonique surtout, le groupe aurait d’ailleurs mérité de bénéficier d’une sonorisation plus puissante. À revoir dans une petite salle.


Place maintenant à la tête d’affiche de la soirée: Deerhunter. La salle est bien sûr comble maintenant soit environ 800 personnes lorsque l’on voit arriver Bradford Cox affublé d’un pantalon à carreaux qui aurait semblé ridicule sur tout autre que lui. Je le savais, mais c’est presque une frustration de voir que le groupe expédie presque Desire Lines si extraordinaire sur l’album Halcyon Digest. La version live est bonne sans plus, manque la montée en puissance finale du morceau. Mais tout compte fait, cela est peut-être un bien, car ce qui va suivre va nous plonger une fois de plus dans un état proche de l’hypnose, en tout cas pour moi. Car jusqu’au rappel ce sera un voyage en apnée auquel nous allons être conviés. Le son au premier rang est tout simplement énorme, il couvre tout et vous submerge comme si c’était un tsunami. On retient deux choses principalement avec tout d’abord un énorme son de basse provenant du taciturne, mais souriant Josh Fauver qui apporte sans que l’on s’en rende bien compte une assise permettant à Bradford de commettre toutes sortes de digressions musicales. Lorsque pendant de longues minutes on plane carrément à 10 km, il y a toujours ce petit signal d’alarme, la basse de Josh, qui maintient un lien avec le réel. Pour ma part, le spectacle va véritablement débuter avec un Revival somptueux puis ce sera Kids et une des premières envolées vers la stratosphère, il n’y a plus que ce mur de son qui nous entoure et qui occulte le reste,  La meilleure chose à faire est de fermer les yeux pour ne pas se laisser distraire. Onirique et bruitiste, l’univers de Deerhunter n’est comparable à aucun autre groupe. 

Bradford possède le don, il faut bien parler de cela, qui lui permet par moment d’élever un concert à un niveau qu’aucune composition enregistrée en studio n’atteindra. La première partie de concert fait la part belle à Halcyon Digest bien sur, mais je suis étonné de l’absence de Never Stops que le groupe jouait chaque fois. Petite incursion vers Rainwater Cassette Exchange avec le titre éponyme. Et puis le moment de grâce une fois de plus qui arrive avec Nothing Ever Happened. Comment décrire ce bijou en live ? Montée progressive en puissance, le son qui vous entoure, à chaque fois, de plus en plus fort du moins c’est l’impression que l’on s’en fait et puis les variations presque insignifiantes pour un non-initié (c’est un peu pompeux je sais..). Ce sont ces infimes variations qui font monter le plaisir d’autant plus que la version live me semble beaucoup plus longue que celle du CD. Bradford joue la plupart du temps les yeux fermés, légèrement en retrait de son micro, il est dans son truc tout simplement et si on ne peut pas dire que ce soit un guitare héro, son style est assez unique et on s’aperçoit en fin de compte qu'il est un guitariste hors pair, mais toujours sans en avoir l’air. La première partie du set va se terminer par le céleste We Would Have Laughed.

Curieusement, alors que généralement les rappels de Deerhunter sont prétextes à une orgie sonore et à un bordel un peu désorganisé sur scène comme lorsqu’ils donnent leurs instruments à des spectateurs et les font monter sur scène pour un final apocalyptique.  Ce soir nous aurons droit à une fin bien plus tranquille... presque décevante quand même, avec le planant Agoraphobia avant de terminer par le très bon Octet sans que malheureusement le concert ne finisse dans une débauche monstrueuse de sons et d’improvisations.

Mais quel grand concert tout de même, presque 1 h 30 sans (ou presque) fausses notes,. Alors que les trois autres musiciens ont déjà quitté la scène, Bradford remercie la salle, pose sa guitare  et puis  il prend la setlist cachée derrière son retour et viens  me la donner avec une petite tape amicale sur l’épaule. Sympa !!

Direction le merchandising où je fais une razzia de tee-shirts, puis on quitte la salle pour finir, comme de nombreux spectateurs, en discutant devant la Gaité Lyrique. Je retrouve d’ailleurs les deux filles du groupe Beatmark avec qui je vais discuter quelques minutes. Belle soirée pour un grand groupe. La prochaine fois cela sera pourquoi pas le Trianon ou la Cigale ?
»


                                    

Deerhunter est un groupe de rock expérimental formé à Atlanta en 2001. Le groupe est concentré sur la personnalité tourmentée du chanteur-guitariste Bradford Cox. Leur musique, d'abord inspirée du punk, du rock garage et du noise...... Le nom Deerhunter venait de la bande du premier batteur, Dan Walton, qui a été demandé de quitter le groupe au début de sa carrière. Cox, atteint comme Joey Ramone du rare syndrome de Marfan (d’où son extrême maigreur), est de nature particulièrement fragile et note ses influences, en Echo & The Bunnymen, Brian Eno, David Bowie et My Bloody Valentine. Les fans de Sonic Youth devraient trouver de quoi décoller avec les comptines étranges et noisy de Deerhunter...

(www.myspace.com/deerhunter)

Album
 2005: "Turn It Up Faggot"/Deerhunter
2007: Cryptograms
2008: Microcastle / Weird Era Cont.
 2010 : Halcyon Digest
EP

    •    Fluorescent Grey (2007)
    •    Rainwater Cassette Exchange (2009)








 * Bradford Cox - vocals, electronics, tapes, drum, acoustic slide guitar, bell set, accordion, electric guitar, piano, bass drum, gong
* Moses Archuleta – drums/percussion, synth/pads, electronics, treatments
* Josh Fauver - bass, piano, percussion, reverse guitar, vocals
* Lockett Pundt - synth bells, guitar, acoustic slide guitar, hammond organ, vocals






La Setlist du Concert
DEERHUNTER

60 Cycle Hum (New Song)
Desire Lines (Halcyon Digest - 2010)
Hazel St. (Cryptograms - 2007)
Don't Cry (Halcyon Digest - 2010)
Revival (Halcyon Digest - 2010)
Little Kids (Microcastle - 2008)
Memory Boy (Halcyon Digest - 2010)
Rainwater Cassette Exchange (Rainwater Cassette Exchange EP - 2009)
Nothing Ever Happened (Microcastle - 2008)
Helicopter (Halcyon Digest - 2010)
He Would Have Laughed (Halcyon Digest - 2010)

Encore

Cover Me (Slowly) (Microcastle - 2008)
Agoraphobia (Microcastle - 2008)
Octet (Cryptograms - 2007)





La durée du concert : 1h30

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vendredi 8 avril 2011

CROCODILES ~ La Flèche D’Or. Paris.










Première Partie : The Missing Seasons + Chad Vangaalen




Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Une fois de plus le choix est cornélien ce soir, aller voir comme je l’avais prévu, il y a quelques mois, Jim Jones entouré des Bellrays ou plutôt allez voir Crocodiles dont le premier album m’a séduit ? Je tente la nouveauté qui m’apparait beaucoup plus excitante. Bonne chose, le concert affiche sold out. J’arrive enfin à la Flèche d’Or après deux heures pénibles passées dans les embouteillages parisiens. Je retrouve Marine déjà installée au premier rang. Flèche d’Or = généralement une multitude de groupes et  ce soir ils ne seront que trois.

Les hostilités vont commencer avec The Missing Seasons un duo Français un peu emprunté avec guitares en bandoulières et visages un  peu fermés. Le premier morceau joué est pas mal grâce surtout à un son de guitare assez rugueux de la part d’un des deux musiciens puis le concert s’oriente dans une direction plutôt folk. Problème, je trouve que les voix ne sont pas à la hauteur et du coup les harmonies en prennent un coup. Et ce n’est pas la reprise de There Is A Light That Never Goes Out des Smiths qui me fera changer d’avis. Trop austère, ennuyeux même par moment, le duo ne m’a pas séduit. 42 minutes, c’est un peu long à supporter.

Le second artiste à se présenter sur scène est une sorte de one man band qui, a priori, a déjà une petite aura cultissime, enfin un truc dans le genre, il s’appelle Chad Vangaalen et en gros c’est le genre de personnage dont on ne doit pas dire de mal, il faudrait donc sourire et être sous son charme. Bof…  Passé un premier morceau qui m’a beaucoup fait penser à du Neil Young et qui pouvait me laisser entrevoir un set intéressant, ce fut vite un rendez-vous avec l’ennui.  Chad Vangaalen m’a semblé un peu paumé dans son repertoire, pas vraiment dans le concert. Surtout, ce qui m’a paru assez étonnant c’est la manière dont il termine chacun de ses morceaux comme si la chanson était inachevée et qu’il n’avait pas trouvé l’inspiration pour donner une fin convenable d’où une espèce d’incompréhension de ma part. La voix semble belle au premier abord, mais devient vite fatigante au bout de trois ou quatre morceaux. J’avoue que je me suis vite désintéressé du sujet !  peut-être talentueux, mais soporifique ce soir. Le motif de ce concert raté était peut-être dû au fait qu’il était arrivé ce matin même du Canada, et qu’il était en plein décalage. N’empêche qu’il semblait tout de même assez désorienté.

Je ne sais pas trop à quelle sauce nous allons être mangés, sans jeu de mots, avec Crocodiles, mais en tout cas les rangs se resserrent, le public est étonnamment jeune, je ne sais pas pourquoi, mais je pensais voir plus de trentenaires voire plus à ce concert. C’est enfin l’heure et les musiciens apparaissent un par un du fond de la scène et en dernier je vois débarquer un Brandon Welchez poseur avec ses lunettes noires et sa bouteille de vin rouge dont il s’enfile une longue gorgée avant de prendre place derrière son micro. D’habitude, ce genre d’attitude n’annonce rien de bon. Surprise, car si le chanteur est un poseur, la musique suit et de quelle manière !!! Je trouvais le dernier album bon avec même quelques pépites, mais la ça explose. Énergique le show l’est assurément, on est loin des poncifs auxquels cette musique s’apparente généralement. Certains crient au scandale au sujet de Crocodiles : comme quoi ils n’ont rien inventé et que la comparaison avec un groupe comme Jésus & Mary Chain est trop évidente. Bien sûr que Crocodiles n’a rien inventé, mais l’énergie qu’ils développent sur scène n’a rien à voir avec un groupe comme Jésus & Mary Chain. Brandon Welchez a le petit truc qui fait que c’est un leader charismatique, on dirait un peu physiquement notre vieil ami Lou Reed dans sa période drug addict, mais sur scène il est clair que ce type a le petit quelque chose en plus. Les deux guitares sont saignantes, mais à la différence d’un Jésus par exemple le clavier donne une touche différente dans la musique du groupe. J’ai par moment du mal à reconnaitre les morceaux de leur second album tant les versions proposées en live sont, c’est le cas de le dire, vivantes et lumineuses, loin d’une espèce de froideur à laquelle je m’attendais un peu. Le bassiste ne bouge pas beaucoup, mais il est métronomique, juste sur ma gauche l’organiste nous jette, de temps à autre, de lumineux sourires à Michael et à moi-même. J’ai l’impression de découvrir un autre groupe ce soir. L’enthousiasme c’est ce que je ressens à leur écoute, un enthousiasme contagieux si l’on en juge par la fosse de la Flèche qui chavire pratiquement depuis le premier morceau du concert. Le concert va atteindre son apogée avec deux morceaux, ce sera d’abord une version terrible de Mirrors avec une intro rallongée qui fait monter la sauce, des fois les intros sont trop négligées par les groupes alors que c’est important, cela conditionne presque la suite du morceau, mais la je me suis pris une grosse claque. Moment sympathique aussi, je ne me rappelle plus si c’était avant ou pendant les rappels, peu importe, ce fut le gâteau apporté pour fêter l’anniversaire du bassiste. Le meilleur du concert sera le dernier morceau joué avant le rappel, peut-être Stoned To Death mais je ne l’affirmerai pas, tant  le morceau m’a semblé étiré en longueur.

Un unique rappel, avec en final la reprise de Beat On The Brats des Ramones pour finir sur une bonne note et le groupe quitte la scène manifestement content, nous aussi même s’ils n’ont joué que 45 minutes en tout et pour tout.

Je traine un peu dans la salle, on croise la claviériste à qui je demande, à tout hasard, s’il y avait une Setlist , elle me répond que «non». Pas grave ce fut une belle soirée et Crocodiles une bonne surprise en live.»






photos de gilles b.


Crocodiles est un groupe rock/noise shoegaze originaire de San Diego, CA, USA, formé en 2008. Ce groupe fut formé en 2008 par Brandon Welchez et Charles Rowell après que leurs précédents groupes hardcore Some Girls et The Plot to Blow Up the Eiffel Tower se soient séparés. Leurs influences sont The Jesus and Mary Chain, Echo & the Bunnymen, Spacemen 3, The Brian Jonestown Massacre, Velvet Underground et The Dandy Warhols.


 Summer of Hate - 2009
Sleep Forever - 2010








Brandon Welchez : Vocal
Charles Rowell : Guitar
+ band :
1 Bass, 1 Drum







La Setlist du Concert
CROCODILES

Non Disponible

La durée du concert : 0h45

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