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mardi 26 octobre 2010

GRINDERMAN ~ La Cité De La Musique. Paris.












Opening Act: ANNA CALVI




Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Première venue à Paris de Grinderman, il m’était impossible de louper cela malgré un prix des places assez élevé (44 euros) et le fait aussi que ce concert avait lieu dans un endroit assez surprenant pour ce style de musique : La Cité de la Musique. Par précaution j’arrive tôt. Je suis pratiquement le premier. Je prends place devant une des six entrées de la salle et je commence alors une attente assez longue. Ce qui est bien, par contre, c’est que toutes les portes ouvrent en même temps, seul problème le scan des billets qui parfois peut prendre un peu de temps mais pour moi ce sera bon. J’entre par le fond de la salle et paf me voici pile poil au premier rang légèrement excentré vers la droite de manière à être entre Nick et Warren. Le public est surprenant ce soir, j’aperçois des jeunes, enfin quand je dis jeune, peu ont moins de vingt ans plutôt pas mal de personnes ayant dépassé la cinquantaine voire beaucoup plus, surprenant donc quand on connait la violence musicale de Grinderman mais il y a fort à parier que beaucoup d’entre eux ne viennent que pour Nick Cave.

Moi je l’avoue j’ai toujours fait la part belle à la musique par rapport aux textes. Les textes pour moi sont secondaires, la plupart du temps, je n’y fais pas vraiment attention, sauf peut être parfois certaines phrases plus emphatiques que d’autres qui me marquent particulièrement. Et si je prends Nick Cave pour exemple, c’est tout simplement que beaucoup donnent une importance énorme à ses textes. Pas moi, c’est la musique, l’ambiance musicale plutôt qui me touche. Pour les textes autant lire un bouquin à mon avis. En concert donc, je ne prête attention qu’a la musique et autant dire que ce soir certains seront surpris. Petite déception :  il y a des crash barrières. J’aurais autant aimé être directement contre la scène.

La salle se remplit rapidement. Elle est pratiquement pleine lorsque Anna Calvi fait son apparition entourée de deux musiciens. J’avais un peu entendu parler d’elle auparavant sans toutefois m’y intéresser plus que ça. Mais là, on sent vite que la belle jeune femme a autre chose que son physique à nous montrer. Elle a une  fière allure, on croirait presque une Andalouse tant dans sa tenue que par son port de tête fier et assuré mais ce qui véritablement étonne c’est la maitrise de la voix et de la guitare. La voix tout d’abord franche et nette, on ne peut s’empêcher de la comparer à celle d’une illustre consœur : Polly Jean Harvey voire même par moments à celle de Siouxie Sioux. Et puis il y a son jeu de guitare précis et sec avec des solos bien tranchés délivrés avec une précision presque chirurgicale mais d’une manière pas vraiment traditionnelle dans l'atmosphère particulière. Je parlais de la tenue de la jeune femme qui rappelait l’Espagne mais la musique elle aussi a des parfums hispaniques, on pense bien sur au Flamenco dans l’esthétique. Et puis aussi quelque part un côté musique du passé, les grands airs des musiques de films que tout le monde connait. Tout ce mélange fonctionne à merveille et le public ne s'y trompe pas d’ailleurs. Les deux musiciens additionnels ne sont que dans l’ombre tant Anna Calvi polarise toute l’attention sur elle. Il y a peut être l’harmonium à soufflets où se cache une autre jeune femme qui donne un ton et une sonorité que l’on retrouve chez Natasha Kan. Deux morceaux ont particulièrement attiré mon attention. Tout d’abord Jezebel reconnaissable entre tous. Une version qui m’a beaucoup plu et surpris à la fois avec cette fougue et cette fraîcheur qui caractérise la jeune chanteuse. A la fin du set, en dernier morceau, une composition lugubre et gothique qui m’a évoqué Bela Lugosi’s Dead de Bauhaus, de la froideur mais aussi énormément de persuasion dans ce morceau. La jeune femme quitte la scène au bout de seulement 30 minutes. Pour moi ce fut tout simplement une belle découverte. On sait d’avance que cette artiste a le petit plus que la majorité des premières parties n’ont pas. Elle domine son sujet sans arrogance, par un son clair... elle a tout simplement du talent.

C’est maintenant au tour des roadies d’effectuer un ballet silencieux sur la scène. Ils apportent un petit pupitre au centre avec un cahier ou des pages de cahier, derrière tout cela pas mal d’amplification. Ce seront deux Marshall pour Warren Ellis, deux Fender pour Nick Cave et deux gros Ampeg pour le bassiste. Simple et annonciateur de ce qui va se passer. Grinderman c’est tout simplement une version brute et sanglante des Bad Seeds. Certainement moins de poésie (mais bon moi les lyrics en concert vous savez ce que j’en pense) et plus d’électricité. Et de ce côté là, on ne vas pas être déçu. J’appréhendais un peu le choix de cette salle pour un concert de ce genre et j’avais tort. Dès le premier morceau on est fixé, ça allume grave. Les watts vont éclater ! Si Nick et ses Bad Seeds m’avaient surpris, il y deux ans pour un superbe concert à l’Olympia, lors de la tournée Dig Lazarus, alors que j’avais été extrêmement et agréablement surpris par le côté très rock et même assez violent de la musique, ce soir c’est grossièrement la même chose puissance 10... avec en moins je vous l’accorde les grands morceaux qui ont fait de Nick Cave ce qu’il est actuellement. Mais Grinderman c’est sa récréation sonique et dès le premier morceau, Mickey Mouse, ont est fixé. Nick et Warren emmenés par une rythmique lourde et implacable nous concocte un mur de son tendu et parfois menaçant. Certains des spectateurs reprochant même à la fin du concert que cela jouait trop fort…. Car oui c’est abrasif ! Ca vous décape les oreilles et franchement Grinderman est fait pour cela. Une autre différence avec les Bad Seeds est le rôle joué par Warren Elis. Il est dans son coin, sur la droite, quelques retours en demi - cercle lui confèrent un espace de liberté qui ressemble fort à un parc d'enfant, un parc où Warren va pouvoir donner libre cours à sa démesure, il va pouvoir à son gré torturer ses mini guitares, se prosterner par terre ou alors jouer du violon d’une manière incroyable. Vous allez me dire qu’il faisait déjà cela avec les Bad Seeds ? Oui, mais là c’est puissance dix et on sent qu’il a une liberté plus importante et qu’il peut donc se laisser aller à tous les excès. Ce qui ressort c’est le son brut et torturé des guitares, place à l’électricité, place à la fureur. Nick lui n’est pas en reste, il va tout au long du concert venir au devant de la scène, un pied sur la crash barrière et le corps penché vers les spectateurs, pour éructer les paroles des chansons. Bien sûr il le faisait déjà avec les Bad Seeds mais là on aurait dit que c’était vital de le faire et cet exercice il va le répéter en permanence pour notre plus grande joie d’ailleurs.

C’est un concert de Rock’n’roll pur et dur auquel nous assistons avec une set list faisant la part belle à Ginderman2 qui sera joué dans son intégralité. Les points d’orgues ? Mickey Mouse bien sûr qui a donné le ton du concert avec sa guitare épileptique, When My Baby Comes grande fresque sauvage et envoûtante, Evil ou l’impression que l’on nage en plein  dans la folie. La fin du concert sera plutôt consacrée au premier opus du groupe. Je rigole car sur le côté de la scène je vois deux gamins sauter en l’air comme des fous, eux aussi possédés par la musique généreuse et sans concession de Cave, ses gamins ? En tout cas les meilleurs morceaux de l’album Grinderman 1 seront Honeybee, Set Me Free, Love Bomb et enfin un gigantesque, voire dantesque, oui j’ose le dire, Grinderman avec en arrière plan s’affichant en lettres rouge sang le nom du groupe, envoutant tout simplement.

Pas grand-chose à rajouter de plus, Nick fut grand, Warren avec tous ses jouets nous a atomisé et la section rythmique n’a fait qu’enfoncer le clou en restant discrète mais terriblement efficace. A la fin du rappel je regarde ma montre, 1H25 c’est peu et beaucoup à la fois. Peu car on en redemande mais en fin de compte on est comblé car la presque intégralité des deux albums ont été joués et surtout on s’est quand même pris une grosse claque sans aucun temps mort il faut bien le préciser. Satisfaction unanime dans le public et je réussis à avoir une set list . Dommage tout de même que les tee shirts du groupe soient particulièrement sans intérêt ! Je récupère l’ami Vincent au balcon et voilà. Ce fut une belle surprise avec en plus la salle, qui contrairement à mes craintes n’a pas enlevé le côté dur et sans concession de la musique de Grinderman. »





photos de gilles b.

Grinderman est un groupe de rock australien formé en 2006 par Nick Cave et une version resserrée de ses Bad Seeds. Dans cette tenue de camouflage le groupe retrouve les sensations primitives de sa jeunesse sonique et renoue avec un rock tendance garage fin 70s.

(http://www.myspace.com/grinderman)



•    Grinderman (released on 5 March 2007)
    •    Grinderman 2 (released on 13 September 2010)






•    Nick Cave  voix, guitare électrique, orgue, piano
    •    Warren Ellis  bouzouki électrique, Fendocastor, violon, violoncelle, guitare acoustique, voix
    •    Martyn Casey  basse, guitare acoustique, voix
    •    Jim Sclavunos  batterie, percussions, voix









La Setlist du Concert
GRINDERMAN


01.    Mickey Mouse and the Goodbye Man (Grinderman 2 - 2010)
02.    Worm Tamer (Grinderman 2 - 2010)
03.    Get it On (Grinderman - 2007)
04.    Heathen Child (Grinderman 2 - 2010)
05.    Evil (Grinderman 2 - 2010)
06.    When My Baby Comes (Grinderman 2 - 2010)
07.    What I Know (Grinderman 2 - 2010)
08.    Honey Bee (Let's Fly to Mars) (Grinderman - 2007)
09.    Kitchenette (Grinderman 2 - 2010)
10.    No Pussy Blues (Grinderman - 2007)
11.    Bellringer Blues (Grinderman 2 - 2010)

Encore

13.    Palaces of Montezuma (Grinderman 2 - 2010)
14.    When My Loves Comes Down (Grinderman - 2007)
15.    Man in the Moon (Grinderman - 2007)
16.    Love Bomb (Grinderman - 2007)
17.    Grinderman (Grinderman - 2007)




La durée du concert : 1h25


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vendredi 22 octobre 2010

TWEAK BIRD ~ La Flèche d’Or. Paris.













Opening Act : Pearl & John + Lazer Crystal



Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas gagné d’invitation pour la Flèche d’Or mais Michaël qui en a  gagné deux m’en fera profiter. Ouverture des portes à 19h30 il n’y a pas foule ce soir, outre nous deux, et Philippe M qui nous accompagne, la première partie arrive sur scène devant…7 spectateurs en tout et pour tout. Rarement vu cela. Le groupe ou plutôt le duo se nomme Pearl & John. Pearl est vêtue d’une robe en tartan. Elle est coiffée d’un béret et touche finale, elle porte une chaussure au pied droit et un patin à glace au pied gauche …  Plutôt zarbi mais on comprend vite quand elle se met à jouer de la guitare avec son patin à glace. Car la guitare se trouve au sol. Elle a une voix haut perchée à la Clare Grogan (chanteuse d’Altered Images pour ceux qui ne le sauraient pas). Lui c’est un Patrick Eudeline sans les cheveux longs et les lunettes. Bref ce sont les Bonnie & Clyde du rock indé. Bon on se lasse vite de toutes leurs bizarreries (il chantera en se plaquant un micro sur la gorge). Comme pour le duo, leur musique semble désabusée. Nous par contre sans être médusés on se demande tout ce que cela veut dire !

La salle s’est enfin remplie !!! 50 personnes au moins pour accueillir maintenant Tweak Bird. C’est une certaine surprise car il me semblait que le groupe était en tête d’affiche. Peu importe, nous ne serons pas obligés de suivre les groupes suivants si cela ne nous plaît pas. Placement légèrement sur la droite histoire d’en prendre plein les oreilles avec la batterie d’Ashton. Une batterie désormais agrémentée d’un petit socle en bois posé devant la grosse caisse avec gravé Tweak Bird. Bon, il ne pouvait pas mettre le nom du groupe sur la grosse caisse vu que celle ci est complètement déchirée. Le troisième larron du groupe est arrivé. Il s’agit du saxophoniste au look plutôt décalé, que l’on verra un peu plus qu’à la Maroquinerie. Malgré le rare public le groupe semble heureux d’être ici. La complicité entre les deux frères est manifeste et l’on verra souvent des regards et des sourires entre eux deux. Un concert de Tweak Bird c’est de l’amateurisme pur mais quand je dis amateurisme c’est dans le bon sens du terme. Ce qui veut dire que les mecs s’amusent avant de donner du plaisir au public et chaque morceau semble libre de toute interprétation et n’est pas figé dans un schéma bien précis. Tweak Bird c’est la combinaison sauvage de la Fender Jaguar à cinq cordes de Caleb, je dis sauvage car on ne parle pas ici d’accord propre et de notes de musique lumineuses hein ? Non c’est une sorte de vrombissement sourd complété par le vacarme assourdissant produit par la batterie d’Ashton et le tout surmonté par une voix de fausset venue d’ailleurs, celle de Caleb. C’est sauvage et en même temps assez original, loin des duos habituels du genre. Une fois de plus je suis impressionné par la puissance phénoménale d’Ashton. Le mec se transforme une fois qu’il est derrière ses fûts. Son visage devient ruisselant, on peine à voir son visage tant l’excitation est grande, bref il prend son pied et nous avec. J’ai rarement autant flashé sur un batteur car lui n’est pas qu’un faire valoir comme par exemple Meg White (même si je l’aime bien) ou alors le batteur des Black Keys (efficace sans aucun doute), non Tweak Bird ce sont deux musiciens à égalité. Dommage tout de même que le set n’ait duré que 35 minutes. C’est à n’y rien comprendre car je pensais que le groupe était en tête d’affiche, mauvais point pour l’organisateur. Le court set sera un mélange du premier mini Lp et de leur dernier et excellent album.

Direction le merchandising où j’achète un tee shirt du groupe. Tiens voici Robert qui arrive tout essoufflé d’un autre concert, malheureusement pour lui il ne pourra pas shooter Tweak Bird.  Nous ne sommes pas vraiment enthousiastes sur la suite de la programmation mais nous décidons de rester pour le groupe suivant qui se nomme Lazer Crystal. Les synthés font face au public, derrière il y a une batterie. Ouais… ça sent le truc électro à plein nez. Bonne pioche, les deux jeunes gens qui officient derrière les claviers affichent le look. Pour l’un, c’est la coupe de douille avec la mèche, l’autre le survêt à capuche et surtout très important : ils ne regardent jamais le public préférant se concentrer sur leurs claviers. Et puis derrière un batteur presque anachronique avec ses cheveux longs qui frappe d’une manière métronomique et ennuyeuse. Bref c’est assez chiant je dois le dire, on n’a pas envie de bouger, tout est déjà vu et entendu, sans intérêt.

Il est maintenant environ 23h, il reste un groupe à venir (a priori ce devait être Marklion un projet électro français). Vu le peu d’enthousiasme manifesté par Robert qui a priori avait déjà vu ce groupe,on décide à l’unisson de quitter la Flèche d’Or sur une impression assez mitigée. Je ne comprends toujours pas pourquoi Tweak Bird n’ont joué que 35 minutes alors qu’ils étaient la tête d’affiche. Ce qui est très peu pour 3h30 passées dans la salle. Copie à revoir pour les organisateurs. »






photos de gilles b


Tweak Bird est un duo américain composé des frère Caleb et Ashton Bird  et formé à Los Angeles  CA en 2006. Dans la profusion de sons primaires qui distinguent la musique de Tweak Bird, on pensera vite fait aux Black Keys  mais ils qui explorerent  les profondeurs de rock, hard, expérimental, progressif et psychédélique. Des rythmes rudes sur des harmonies éthérées.

(http://www.myspace.com/tweakbird)



  •    Reservations - 2005 -
    •    Tweak Bird - 2010 -


TWEAK BIRD







 Caleb Bird (baritone guitar, theremin, vocals)
Ashton Bird (drums,vocals).









La Setlist du Concert
TWEAK BIRD

Non Disponible

La durée du concert : 0h35

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