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vendredi 28 novembre 2008

The Do ~ L'Olympia. Paris.





Première Partie : MINUSCULE HEY



Ce qu’en a pensé Eric :


Minuscule Hey ont beaucoup écouté Devo et les B-52's, ce qui est quand même une excellente référence. Et puis, comme on parle quand même de la fin des années 70, il y a beaucoup de gens dans la salle qui n'ont pas forcément cette référence en tête justement : la raideur, l'humour au troisième degré, les riffs de guitare saccadés, les vocaux martiaux et robotiques, les pas de danse synchronisés et (volontairement) ridicules, l'évocation souriante de la série Z et de ses monstres, tout est là ! Sauf les mélodies - radicalement absentes -, et sauf l'énergie, ce soir plus minimale que minimaliste, malheureusement. Sur une boîte à rythme et des bandes, notre duo français mime largement sa musique fait vaguement illusion, mais l'ennui rôde vite, poli. Signalons une reprise du "Hey Bulldog" des Beatles, pas honteuse toutefois.

La belle scène de l'Olympia est pleine ce soir, pour la consécration de The Dø, passés en un an de l'anonymat au statut de triomphe (assez) grand public : tant mieux pour eux ! Il y a même Julie à côté de moi, et je réalise soudain que c'est la première fois que j'ai ma grande fille à un concert de rock avec moi. Tant mieux pour moi !

J'aime The Dø pour cette ambiance dépressive furieusement cinématographique que chaque morceau réussit à créer, voire à renouveler, tel un petit miracle de poésie aigre et fragile. Sur scène, soyons francs, rien de tout cela : un show puissant, spectaculaire, où chaque morceau est retravaillé à la térostérone - batterie fracassante derrière - et voit ses tripes saignantes arrachées, balancées à la foule. Mais aussi un show de "riches" avec de belles lumières, une belle mise en scène et une belle sophistication du matériel (je pense bien sûr surtout à l'impressionnante batterie avec sa spirale de percussions et ses protactions en plexiglass, mais aussi au beau logo à l'arrière plan...). Pour moi, cela va donc être une vraie surprise, et avous-le, une légère déception donc : il me faut oublier les versions poignantes, lo-fi, de l'album pour pouvoir me laisser aller au spectacle généreux offert par Dan et Olivia, rayonnants, bondissants, finalement très showmen (and -women) dans l'âme. Dès l'entrée, "Playground Hustle" survitaminé et spectaculaire, le ton est donné, et dès le troisième morceau - "The Bridge is Broken" - qui a muté en rock puissant entrechoqué avec le hip hop viril de "Queen Dot Kong" -, le tour est joué, la salle est conquise, le style de la soirée est donné : un déficit d'émotion, certainement, mais un supplément de spectacle, indiscutablement. On chante en choeur, on frappe dans les mains, on hurle, on essaye de reconnaître ses morceaux favoris : est-ce vraiment the Dø, sur scène ? Non, quand une version retravaillée mais finalement désenchantée de "Travel Light" - son gimmick pompé sur le "I am the Walrus" des Beatles disparaît - nous déçoit ; Oui, quand Dan fait tenir le "La" à la foule pour lancer un "Unissasi laulelet" magnifique, enfin émouvant, qui sera pour moi et de loin le plus beau moment de la soirée. "On My Shoulders" lance la dernière partie du concert, qui sera rock et énervée, et le frisson qui nous saisit tous lors du premier couplet laisse place - pour moi, tout au moins - à la simple fascination devant ce jeune couple en pleine maîtrise de son sujet, finalement déjà professionnels : Olivia est notre Björk à nous (origines nordiques communes, goût pour les tenues créatives, capacité à exprimer en scène une vitalité explosive, voix impressionnante), Dan fait n'importe quoi, entre le magicien électro, les gestes hip hop merdiques et l'excitation rock'n'rollienne, mais anime indéniablement la scène, le batteur fait naître un ouragan là derrière (un peu trop prépondérant, d'ailleurs, à mon goût, cet ouragan...).

En tout, nous aurons été gratifiés de plus de 1 h 30 de concert, un peu étiré sur la fin, il est vrai, par les longs remerciements à l'équipe technique - on approche de la fin de la longue tournée, n'est-ce même pas le dernier concert ce soir ? Et je ressortirai de là un peu sur ma faim, regrettant certainement de ne pas avoir vu The Dø comme Gilles B à leurs débuts, avant qu'ils ne deviennent aussi "rôdés", mais aussi très impressionné par la force qu'ils dégagent aujourd'hui. Un dernier mot pour ceux et celles, nombreux, qui ont du mal avec la voix d'Olivia : tout le monde dans notre petite troupe ce soir était d'accord pour dire que, sur scène, cette voix plaintive et dérangeante était désormais plus du côté de la puissance... The Dø ont maintenant tout pour conquérir le monde !





photos de eric




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