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lundi 26 novembre 2007

POPA CHUBBY ~ L'Olympia. Paris.












Première Partie : Viscious Country Feat. GALEA



Ce qu’en a pensé Vik :

« Il y a des soirs comme ça… surtout de froides soirées de novembre où le blues trouve sa place sans complexes : un répertoire blindé de reprises, un hommage à la figure emblématique de Jimi… C’est Popa Chubby, le bluesman du Bronx, qui vient rendre hommage à Hendrix à Paris ce 26 Novembre 2007, pour clôturer sa tournée “Popa Chubby plays Jimi Hendrix”. Ce concert, c’était celui que j’attendais depuis des semaines, avec Phi et ses souvenir de blues rock, car le personnage, émule de la scène new-yorkaise dans toute sa diversité, loin d’avoir la même silhouette de la légende (chauve, gras, tatoué, il a plutôt un look de rappeur blanc), a par contre un sacré talent, un son jeu de guitare qui vaut son pesant d’or (si j’ose dire) : efficace, technique et suffisamment inspiré… Je tiens à signaler que Popa Chubby met le feu partout où il passe. Le son de sa guitare est… en un seul mot… monstrueux, en tout cas d’après mes souvenirs de concerts (quatre !) : j’avais bien noté sur mon agenda, « ne pas rater Popa Chubby s'il revient ». Mais en fait, suis-je, venu ce soir voir Popa Chubby ou bien écouter la musique de Jimi Hendrix ? Je ne sais pas, impossible de négliger un « tribute » fait par un grand artiste, et de plus, depuis que j’avais écouté l’album « Electric Chubbyland », ce concert était une obligation.

Paris, ce soir, est gris et sombre, et a un air de mélancolie âpre qui rend nos blues encore plus beaux. Je contourne la Madeleine, j’emprunte les Grands Boulevards, et j’arrive devant l'Olympia, désormais passage obligé pour tout artiste qui se respecte : Popa Chubby est inscrit en lettres rouges géantes sur le panneau lumineux qui éclaire la façade du vieux music-hall. On se faufile avec Phi à nos places habituelles à la mezzanine, pas loin de la console de mixage (qui n’a pas de setlist, notre bonhomme changeant de set selon son envie !). Juste le temps de jeter un rapide coup d’œil sur la salle, il y a des fauteuils dans la fosse et un public pas des plus jeune, des nostalgiques de Jimi et des passionnés du blues… et le concert démarre.

20h00 : quelque chose de pas si courant que cela : une bonne première partie, Vicious Country. En fait, une affaire de famille: Popa Chubby à la guitare jouant avec sa femme Galea au chant et la basse, avec un Français au Lap Steel et son batteur. Du blues, du rockabilly et surtout de la country. Sa femme a une très bonne voix, mais il faut avouer qu’un "vrai" bassiste manque un peu. Popa est super décontracté, joue en regardant les autres, et pour le dernier morceau, il fait venir ses deux filles, au violon et à la trompette… comme pour dire au public surpris : « Voilà ma famille ! ». Rigolo et très mignon. Un set pour faire plaisir à sa femme ? Mystère, bilan un peu mitigé... mais sympa sur 40mn.

21h00 : Pour la seconde partie du concert on va voir l'autre Popa. Pas de rideau qui s’ouvre car la scène est en pleine lumière sous nos yeux. Une formation basse / batterie accompagne notre grand guitariste ! Le batteur et le bassiste arrivent précédant un Tom Horowitz (c’est le vrai nom de Popa Chubby) jovial, bardé de tatouages, en tee shirt, jeans et baskets, portant sa Fender Telecaster Kelly's Vintage 66, une vieille mais indispensable référence. Un tonnerre d'applaudissements et d'hurlements de bienvenue dans la salle. Ça promet ! Le batteur est en retrait et le bassiste joue sur une Fender Jazz Bass, sur la même ligne que Popa Chubby.

Après une petite intro, le groupe enchaîne directement sur la reprise de Hey Joe, le premier hit de Jimi, rappelons-le : force est de constater que le son de Popa, en pleine forme, entouré de deux gros ampli Fender The Twin Pro Reverb de 65, ainsi que de 4 baffles de retours, est tellement bon, beau, clair, profond, qu’il suffit de fermer les yeux pour sentir planer, au dessus de nos têtes, l’ombre de Jimi. On le sait depuis longtemps, Popa est fan d'Hendrix. Son jeu de guitare remarquable, relayé par son attitude corporelle, se fait progressivement sautillant, enflammé, et d'une très grande finesse. L’interprétation de la chanson, avec cette voix bluesy, ne se limite pas à une vague imitation : Popa y ajoute sa sauce, plus agressive, et donne à Hey Joe une nouvelle dimension… tout en brodant autour, pendant que la section rythmique, basse et batterie, reste fidèle à la version originale. On sent le coté dramatique des paroles qui transpire à la rythmique. Popa est accompagné de supers musiciens, ce qui rend le concert encore plus impressionnant – malgré une sorte de simplicité désarmante -, sa voix coule comme de l’acier en fusion !

Le public, en majorité composé de quinquagénaires fans de blues, est attentif, comme s’il assistait à une messe, mais néanmoins chaleureux. Dès le premier morceau, avec Phi on est scotché par ce son, on est vraiment sur le cul… on peut difficilement faire mieux comme entrée en matière. Popa n'a visiblement pas de temps à perdre, et il enchaîne avec la musique du « Parrain », Theme from the Godfather. Le show repart, Popa dégouline déjà de sueur sous son t-shirt… On reconnaît facilement les premières notes du trippant Who Knows, le Band of Gypsys de JH, qui confèrent une ambiance électrique, fusionnelle sur des images du Mississipi : Popa n'est décidément pas un guitariste comme les autres, tant il impose un jeu de guitare vif et enlevé, d'une intensité absolue, tant il enchaîne les riffs à une vitesse impressionnante. Trois morceaux en vingt minutes, musicalement ce soir on n’est pas pressés, on prend le temps du plaisir.

Le titre suivant est l’occasion de nous présenter son nouvel album « Deliveries After Dark », avec un son de guitare irradiant chaleur et de sensualité, le tout avec une qualité sonore sans reproche. The Wind Cries Mary : Popa martyrise sa frêle guitare, qui suffoque sous son poids, Popa grimace pour le public… Foxy Lady, avec un excellent passage de slap au doigt à la basse dans cette version bien énergique… « I wanna take you home, I wont do you no harm, no, You’ve got to be all mine, all mine, Ooh, foxy lady… »… Un solo foudroyant, ravageur et abrasive, qui arrache grave. Le chef d’orchestre, le boss… c’est Popa, qui dirige, qui indique aux autres quand s’arrêter et quand reprendre. Suit, forte en riffs accrocheurs une nouveauté : Let the Music Set You Free. Un « Bonsoir mes amis, ca va » et un petit moment magique quand Popa décide de s'asseoir sur une chaise de jardin, tranquillement, au bord de la scène… les lumières deviennent plus chaudes… le trio attaque Catfish Blues, un morceau de blues traditionnel, remis au goût du jour une première fois par Muddy Waters, qui, ce soir, après Jimi, retrouve une nouvelle vie entre les cordes de Chubby. Suit sans pause un autre traditionnel Hoochie Coochie Man, puis le poignant petit bijou qu’est Little Wing : un morceau de bravoure de 12 minutes. Un long émerveillement devant ce feeling blues et... ces solos. Du grand art ! La salle est heureuse comme jamais, les spectateurs sont en parfaite osmose avec le groupe, tant la sincérité transpire de chaque nouvelle interprétation, jouée à la fois avec délicatesse et puissance.

Le son est clair, sans saturation, le public respectueux, à l’écoute du moindre arpège. Quant à Popa, il est tout simplement impressionnant. Pas par son physique - peu avantageux évidemment -, mais par son immense talent, par l’habileté de ses doigts et sa délicatesse à la guitare, et aussi par sa voix éraillée. Le son est énorme, un réglage impeccable. Deux morceaux, issus du répertoire de Popa viennent s’intercaler, sous des lumières tamisées, bleu-violet pour les musiciens, jaune pour notre guitariste : Arlita et Grown man crying blues. L’ émotion qui découle de ces morceaux se lit aussi bien dans les mimiques de |Popa que dans les vibrations de ses cordes. Sans aucune concession, il entraîne tout son petit monde sur un grand standard de Jimi, Voodoo chile, avec force pédale wah-wah : une grande leçon de blues ! Après un nouveau solo de slap par le bassiste, Popa quitte la chaise et sa guitare, il monte sur l'estrade de batterie, récupère les baguettes des mains du batteur, et s'assoit à sa place pour un solo de batterie des plus puissants, qui se transforme aussi tôt en duo/duel, le jeune batteur lui répondant du tac au tac sur le tom basse. Popa a donc repris avec un plaisir non dissimulé les baguettes de sa jeunesse ! Au tour du bassiste de partir. Ovations ! Le public a l’air conquis. Ils quittent la scène. Des fans crient «I Love You, Popa ».

Quelques longues minutes d’applaudissement, avant que Popa ne revienne avec ses camarades sur scène, pour interpréter le classique Daddy played the guitar, blues-rock typique tel qu'affectionne ce guitariste exigeant et perfectionniste. Le chant dévie un peu vers le rap, la rythmique est plus percutante et basique, chassant la sensualité du blues au profit d’un rock obsessionnel et primaire, avec Walking’ blues, le classique de Robert Johnson… « Woke up this morning, feel 'round for my shoes, You know 'bout that babe, had them old walkin' blues… ». Dernier morceau avec ce son brut qui vous attrape littéralement, le groupe quitte la scène, non sans avoir remercié le public. Malgré quelques appels du public, ils ne reviendront pas… Une fin de concert étrange, avec l’annonce, depuis la scène, par une voix off (l’organisateur ?) d’une séance de dédicace et de vente d’albums, dans le hall, par Popa Chubby lui-même (explication : il est sur un petit label) !

Un concert court (moins de deux heures)… mais plus long, cela aurait fait descendre la pression… (en plus, n’oublions pas qu’il a joué aussi en première partie !). Les cordes de cette Fender Strato (une "grosse pointure"), leur doux murmure, nous ont fait vibrer ce soir, et ont comme donné vie aux notes : nous avons découvert le « Blues Urbain », une tuerie de blues et de rock, avec de longs soli… Heureusement que nous avons les tympans solides ! Dommage quand même qu'il n'ait pas joué plus de chansons d'Hendrix... mais ça a été un super concert. Les visages des spectateurs à la sortie sont rayonnants, ils semblent comme sur un nuage. Putain de concert... de BLUES !!! Et ce refrain qui trotte dans nos têtes, avant de s’envoler dans la nuit noire et froide… mais, moi, je le murmure encore :

« Hey Joe, said now
uh-where you gonna run to now ?
Where you gonna run to ? Hey Joe, I said »






photos de

Popa Chubby, Originaire du Bronx à New York, son style agressif est influencé par Willie Dixon ainsi que Jimi Hendrix. Il a beaucoup plus de succès en France qu’aux USA, où il n’est connu que des spécialistes. Son nom de scène est tiré d’une expression d'argot, "pop a chubby", qui veut dire avoir une érection. Chacun de ses albums est un concept en lui même. Perfectionniste.

(http://www.popachubby.com/)
(http://www.myspace.com/popachubbyband)
(http://fr-fr.facebook.com/pages/Popa-Chubby/56952906226)





 * 1991 : It’s Chubby Time
* 1993 : Gas Money
* 1995 : Booty and the Beast
* 1996 : Hit the High Hard One (Live à Saratoga)
* 1996 : The First Cuts (compil. des 2 premiers CD)
* 1997 : One Million Broken Guitars
* 1998 : The Best of Popa Chubby (Version éditée au Japon)
* 1998 : Popa Chubby Live (Version éditée au Japon)
* 1998 : Brooklyn Basement Blues
* 1999 : Popa Chubby Presents: the NYC Blues
* 1999 : One Night Live
* 2000 : How'd a White Boy Get the Blues?
* 2001 : Flashed Back (avec sa compagne Galea)
* 2001 : Popa Chubby Presents: The NYC Blues Again
* 2002 : The Good, the Bad and the Chubby
* 2002 : Black Coffee avec le Black Coffee Blues Band
* 2003 : Popa Chubby Live at FIP
* 2003 : Old School - Popa Chubby and Friends Play Muddy, Willie and More
* 2003 : The Hungry Years (réédition de divers enregistrements des débuts de sa carrière)
* 2004 : Peace, Love and Respect
* 2005 : Popa Chubby Wild Live
* 2005 : Big Man, Big Guitar
* 2006 : Stealing the Devil's Guitar
* 2006 : Electric Chubbyland (album-hommage à Jimi Hendrix) (2 CD live + 1 studio)






Popa Chubby: Guitar & Vocal
AJ Pappas: Bass
Chris Redden: Drums

La Setlist du Concert
POPA CHUBBY

HEY JOE (Electric Chubbyland -2006)
THEME FROM THE GODFATHER (Deliveries after dark – 2007)
WHO KNOWS (Electric Chubbyland -2006)
DELIVERIES AFTER DARK (Deliveries after dark – 2007)
THE WIND CRIES MARY (Electric Chubbyland -2006)
ALREADY STONED (The good the bad and the Chubby – 2002)
FOXY LADY (Electric Chubbyland -2006)
LET THE MUSIC SET YOU FREE (Deliveries after dark – 2007)
CATFISH BLUES (Electric Chubbyland - 2006)
HOOCHIE COOCHIE MAN (Cover M. Waters)
LITTLE WING (Electric Chubbyland -2006)
ARLITA (Brooklyn Basement Blues – 1999)
GROWN MAN CRYING BLUES (Deliveries After Dark – 2007)
WOODOO CHILD > BASS SOLO >
DRUMS DUET

Encores

DADDY PLAYED THE GUITAR (AND MAMA WAS A DISCO QUEEN) (How'd a white boy get the blues – 2001)
WALKIN' BLUES (Cover R. Johnson)


 



La durée du concert : 1h50




AFFICHE / PROMO / FLYER































- Live at the file 7 19/11/2006 -

dimanche 25 novembre 2007

Ange – L'Olympia. Paris.









Première partie : Odieux Visuels / Milo



 
Ce qu’en a pensé Gilles B :




« Ange en 2007 ? Quelle drôle d'idée !!! Ben oui, je dois bien l'admettre, Gilles P m'avait tellement cassé les pieds avec ce groupe depuis plusieurs années que dès la mise en vente des billets le 3 mars, j'ai d'office prix deux places d’orchestre, au 4ème rang, plein centre !! Ce sera bien la première fois que j'irai voir un groupe que je n'ai jamais aimé !!! Et nous y voila, c'est ce soir mon sixième concert d'affilée, rendez vous devant l'Olympia un peu avant 18h00 (l'heure marquée sur les billets). Et heureusement que j'ai pu me garer vite, car quand j’arrive vers 17h50 devant l'Olympia, les portes sont déjà ouvertes, la salle est pratiquement pleine, Gilles P m'attends assis au 4ème rang . Je regarde autour de moi, c'est clair que ce soir ça ne va pas être vraiment rock'n'roll !

Passer des montagnes russes d'Electrelane à un concert d'Ange demande un effort particulier, surtout quand la soirée débute par une prestation aussi surprenante qu'inattendue de... Nelson Montfort (sous le nom des Odieux Visuels) ! Oui ça commence très fort ! On se regarde, Gilles et moi, incrédules. Strangers In The Night, puis Yesterday nous laissent stupéfaits. Dans quelle galère nous sommes nous jetés ?... Heureusement que cela n'a pas duré plus de vingt minutes.

Christian Decamps revient sur scène pour introduire le second groupe (oui, Decamps était déjà venu annoncer Nelson Montfort). Il ne nous semble d’ailleurs quand même pas dans un état terrible, peu ragoûtant il faut le dire. Le second artiste se nomme Milo, et on évolue dans un univers plus rock traditionnel, mais on s'ennuie au bout de 20 minutes, pas de grandes compositions malheureusement.

Parlons quand même du public qui est venu voir Ange ce soir. Je mentirais en vous disant qu'il est jeune, la moyenne d'âge tournant plutôt autour de la cinquantaine, certains sont venus accompagnés de leur fils ou leur fille. Le premier rang est a priori entièrement réservé aux fans absolus. On reverra même dans le public une ancienne connaissance de concerts que l'on n'avait pas vu depuis une éternité. Autant vous dire quand même que le public est « vintage » ce soir, je me demande si je suis à un concert de rock ou à un rendez-vous d'anciens combattants...

Et enfin, le grand moment (eh eh eh), Ange arrive sur scène. Bon ! Moi qui suis absolument nul en ce qui concerne ce groupe, je croyais voir quand même des gars assez âgés. Que nenni !! Ange est en vérité une formation dont il ne reste plus que le nom. On devrait l'appeler le Christian Decamps Band. Ce dernier arrive sur scène boudiné dans une sorte de combinaison : il n’a pas bien vieilli le Christian, c'est le moins que l'on puisse dire. Autour de lui, que des jeunes, dont son fils aux claviers (ça, c'est Gilles qui me l'a dit pendant le concert car je ne le savais pas). Il y a aussi un bassiste vêtu comme un prêtre et enfin une chanteuse plus ou moins déguisée en sorcière. Moi, j'étais très honnêtement venu pour écouter du rock progressif, et, même si je n'aime pas, j'étais là pour voir à quoi cela pouvait ressembler. Eh bien à du rock progressif je n'ai point eu droit !! Quel dommage !! A la place, difficile de vous décrire ce que l'on a entendu tellement c'était sans intérêt. Du gros rock basique, alors que moi je voulais du prog, des déguisements, du rock théâtral comme à la grande époque ! Non, rien de cela ! Une platitude totale, avec Gilles nous avons eu des crises de fou rire, que nous avons tenté de camoufler car cela aurait été mal vu… mais honnêtement, moi qui ai quand même écouté 2 ou 3 de leurs premiers albums (leur âge d'or), je n'ai rien, mais alors rien entendu de semblable ce soir.

Le pire ce fut quand nous avons eu droit à un morceau du fils de Decamps (Tristan) : catastrophique. Mais d'ou il sort ce mec ?? Vous vous rappelez de Jean Schulteiss, et bien c'est son portrait craché. De plus, il est ridicule derrière ses claviers, insupportable. A la limite, la mieux a été Caroline Crozat, la chanteuse, la seule qui faisait penser de très loin à Ange avec ses tenues diverses et son sens du spectacle. Quant à Christian Decamps, que dire ? Il nous annonce juste avant le concert que ce soir, nous avons l'éternité devant nous (effectivement, quand un spectacle commence à 18h, on s'attend à ce que le groupe principal joue longtemps). Eh bien Ange, malgré des dizaines (eh oui) d'albums, a joué 1h40 montre en main !!! A la limite, cela nous a bien arrangé. Et quand Christian Decamps fait ses petits monologues entre chaque morceau, quelle pitié, j'ai trouvé surtout que le personnage avait beaucoup de suffisance. J'ai reconnu un morceau (enfin juste le titre : La Gare De Troyes). Gilles P, pourtant connaisseur de tous les premiers albums, a dû quant à lui en reconnaître trois, dont Emile Jacotey. Le concert n'est même pas fini que Gilles P déchire son billet, écoeuré !

Il est 21h15, le spectacle est fini, je ne sens pas les gens particulièrement chauds pour demander un second rappel, d'ailleurs la salle se vide rapidement. Voilà, seul avantage ce soir : on rentrera tôt.


Bon il faut vraiment le dire, Ange n'a plus aucun intérêt en 2007, qu'ils changent de nom à la rigueur. Je me suis senti ce soir vraiment "étranger" dans cette salle de l'Olympia que j'adore pourtant, pas à ma place… ce soir, c'était un concert pour anciens combattants et retraités, pas pour nous ! Mais je ne regrette rien (enfin si quand même, 44 euros pour voir ÇA !!!!!!!). Allez, on se vengera avec les Hives la semaine prochaine ! »







Ange est un groupe musical français de Belfort de rock progressif né dans les années 1970, mené à ses débuts par les deux frères Décamps (Francis et Chreistian)), puis dans une deuxième période par Christian Décamps et son fils Tristan. Leur rock, au départ fortement influencé par Genesis et King Crimson se voulait dans leurs premières années théâtral et poétique. Christian Décamps, le leader et chanteur charismatique, maniait avec bonheur les mots et les tournures de phrases, donnant ainsi au groupe une originalité qui le démarquait des autres formations de l'époque. Leur premier succès fut une reprise de Jacques Brel, Ces gens-là, sur l'album « Le Cimetière des Arlequins. »







Caroline Crozat : Chant (since 2001)
Thierry Sidhoum : Basse (since 1999)
Tristan Decamps : Chant, Claviers (since 1999)
Hassan Hajdi : Guitare (since 1999)
Benoit Cazzulini : Batterie (since 2005)
Christian Decamps : Chant, Guitare, Claviers (since 1969)




La durée du concert : 1h40

AFFICHE / PROMO / FLYER




ANGE - Ces gens-là

samedi 24 novembre 2007

Electrelane - Le Trabendo. Paris.








Premières Parties : Anni Rossi - Tender Forever
Ce qu'en a pensé Eric :

Soirée féminine au Trabendo, placée en outre sous le signe d'un certain désespoir transi : depuis quelques jours, nous savons que les filles d'Electrelane ont déclaré forfait, et décidé d'arrêter les frais.
Gilles B. fan number 1 de Mia, est triste, forcément, et nous aussi, quelque part.
Novembre est redevenu glacial, les filles d'Electrelane sont à leur stand de merchandising et discutent avec leur public, agglutiné autour d'elles plutôt que devant la scène : faut-il expliquer la fatigue, n'est-il pas humain de simplement renoncer ?

Anni Rossi monte sur scène, seule avec son courage et son violon, qu'elle torture pour en tirer la bande-son de son malaise. Pas courant de voir une femme chanter ainsi la banale horreur de son existence tout en faisant grincer ses cordes, et en martelant l'estrade sur laquelle elle est grimpée, en guise de rythmique. La voix d'Anni est magnifique, parfois sublime de justesse froide et de lucidité tremblante à la fois. Ses mots sont douloureux comme des doigts saisis par le froid d'avoir trop joué avec de la neige. D'un coup, je suis frappé par une certaine évidence (la chemise de bûcheron à carreaux, le jean ?), cette musique est la bande son parfaite de "Blankets", la géniale autobiographie de Craig Thompson : même désespoir tenace face à une vie transie au fin fond de l'Amérique rigoriste, et déjà perdue... alors qu'on est encore si jeune ! Cela dure 20 minutes, c'est très beau, mais ça suffit !
Si l'humour est la politesse du désespoir, alors Tender Forever est très polie et très très désespérée. Pendant les 50 minutes de son show qui ne ressemblait à rien que je n'aie jamais vu (ni vous non plus d'ailleurs), Tender Forever a joué du ukulélé, admis qu'elle aimait bien qu'on la traite de "karaoké", a remercié l'effet de la drogue qu'on lui avait injectée dans la fesse avant le concert pour qu'elle puisse chanter, a fait un numéro en duo avec une Beyoncé virtuelle, a pris des cours de danse avec son groupe lui aussi virtuel ("Tu es trop punk electro, ça fait très 1999" se moquent ses comparses sur l'écran), nous a projeté des diapos de vacances suintantes de banalité amère et pourtant hilarantes, s'est jetée dans la foule (c'est-à-dire sur nous). Mais surtout, elle a chanté, crié, psalmodié une belle poignée de chansons à la foisbouleversantes et très drôles. J'ai senti plusieurs fois mon coeur se serrer, parfois sur une plaisanterie un peu trop "près de l'os" ("si vous n'avez pas de sous pour achetr mon disque, venez me parler. Parler, je sais faire" ou "Je suis là pour faire de l'argent, ça se voit, non ? Je suis pas trop bien partie, hien ?"), souvent sur une de ces mélodies nues, embellies par la magie d'un Mac et d'un simple projecteur. En rappel, une reprise de Cher (si ! si !) au ukulélé, pendant laquelle elle a fait chanter la foule : superbe tristesse de petite fille gay et déjantée, un très beau et très cher concert pour l'âme et pour le coeur.
Le coeur, voilà bien ce que les filles d'Electrelane ont oublié, tant leur musique, d'une beauté souvent envoûtante dans ses schémas complexes mais son fonctionnement "mathématiquement" simple, parle d'abord à la tête, puis au corps (... quand tout s'accélère...!), mais jamais aux émotions. Du coup, les 90 minutes de leur "ultime" concert en France ("Don't split ! Don't split !" hurlèrent régulièrement des voix désespérées. Mais il y aura quand même un "When is the reunion tour ?" pour faire sourire les musiciennes.) seront l'occasion de se laisser aller à une promenade rêveuse dans ce labyrinthe souvent purement instrumental, régulièrement abstrait et technique, qui me rappelle parfois le travail de Robert Fripp sur les derniers chefs d'oeuvres de King Crimson ("Red" et surtout l'extraordinaire "Larks Tongues in Aspic"). Le public est ivre d'amour et de tristesse de voir ses chouchous jeter l'éponge, et du coup, chaque démarrage de la guitare de Mia - malheureusement un tantinet sous-mixée ce soir - est anticipé et accueilli par des cris d'encouragement et d'enthousiasme : lorsque le rythme s'accélère - disons quand on passe d'un rythme de transe hébétée, héritée du Velvet, à une épilepsie en mode automatique qui rappelle les merveilleux Feelies -, le public fait semblant d'être à un concert des Kaiser Chiefs, et nous voilà bien écrasés, surpris, contre la barrière. Peut-être parce que je trouve personnellement la musique d'Electrelane trop abstraite pour provoquer en moi autre chose qu'une excitation physique pavlovienne, je suis quand même étonné de cette ferveur, qui, quelque part, me rappelle dans son enthousiasme forcé le désespoir d'un amant que sa maîtresse va quitter en lui avouant qu'il n'a jamais été vraiment un bon coup.
Dans cette musique apparemment imperméable à tout désir et tout affect, le sexe, moteur essentiel du rock'n'roll, s'est cristallisé sur Mia, guitariste rageuse au visage de poupée, et au mutisme souriant. Les fans crient son nom, comme un reproche à demi voilé : les filles sur la scène sourient avec une bienveillance un peu hautaine, pour bien nous faire comprendre que ce jeu-là, celui de la séduction, elles ne l'ont jamais joué. D'ailleurs, Mia restera dans la quasi pénombre ce soir, le visage dissimulé derrière ses cheveux, restant (pour toujours ?) une énigme.
Pour finir, je dirai qu'Electrelane jouera bien, très bien, ce soir, sans montrer aucune des limites techniques constatées en première partie d'Arcade Fire en Mars à l'Olympia, ou sur le DVD du concert de Paredes de Coura en Août, et que ça a aura été un vrai bonheur - de mélomane, cette fois - de les suivre au long des constructions alambiquées mais répétitives de leurs meilleurs morceaux (les instrumentaux). Je resterai personnellement plus réservé face à leurs penchants pop, guère transcendants : voix éthérées et mélodies pâlichonnes, on reste bien dans les canons de la noisy pop tels que définis dans les 90's par The Jesus & Mary Chain. Le concert se finira par un second rappel, pas nécessairement prévu, avec une belle reprise fracassée du "I'm On Fire" de Springsteen, qui apporte la preuve par l'absurde que ce qui manquait à Electrelane pour connaître un vrai succès public, c'est justement ça : des chansons, simples et solides, qui parlent d'émotions banales.

Mais ne regrettons rien, lorsque nous en réclamons encore, encore, Mia revient, débouche une bouteille de champagne sur scène et la tend au premier rang (nous la tend, donc !) pour que nous la buvions à la santé de la mort d'Electrelane. Gilles B en prend une grande rasade, mais je ne suis pas sûr que ce concert ait beaucoup amélioré son pessimisme actuel. Dehors, Novembre reste glacial et la nuit a encore l'air plus triste.