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mercredi 7 mai 2008

QUEENADREENA ~ Le Trabendo. Paris.




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Première partie : THE CNK (The Cosa Nostra Klub)


Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Queenadreena et moi, c'est une sorte d'histoire d'amour, viscérale, enflammée, qui va au delà de la raison. J'aime Queenadreena, j'aime Katie Jane Garside, je suis addict, impossible de m'en passer. C'est "trop" tout simplement. Trop bon, trop jouissif, trop original, trop rock'n'roll, trop tout. Le concert d'Auvers sur Oise nous avait laissé sur les genoux, les souvenirs nous les avons encore dans les yeux, dans les oreilles... Queenadreena, cela se vit en concert, il faut être là pour voir Katie, et pour ressentir cette fantastique impression que dégage le groupe : on peut pas décrire ça, on essaie quand même... mais il faut voir Queenadreena sur scène : c'est sensitif, c'est le rock à fleur de peau, c'est tout simplement ce que nous attendons à chaque fois que nous allons à un concert, ces trop rares moments d'extase ou plus rien n'existe, juste le moment présent, unique, intemporel, qui vous rend euphorique. J'ai toujours une crainte quand je vais voir un concert de Queenadreena, c'est qu'il n'y ait personne - ou très peu de monde. Je ne comprends toujours pas pourquoi, que ce soit les média papier ou même les blogs et autres sites internet bien branchés sur le rock indé, personne ne parle jamais de ce groupe. Impensable et incroyable !

Ce soir, notre petit groupe des Rock'n'Roll Motherf*** est au complet, augmenté de Gilles P (qui en fait partie lui aussi dans l'esprit). Par précaution, je suis arrivé une fois de plus assez tôt, et à ma grande surprise, il y a déjà un petit peu de monde. Mais vu le look des gens qui attendent, je doute que ce soit pour ma Queen. Une fois entrés et installés au premier rang, nous attendons quand même avec curiosité la teneur de la première partie, qui se nomme CNK (pour Cosa Nostra Klub). Je ne vais pas être déçu du voyage... Bon tout d'abord, je dois dire que je suis plutôt tolérant et assez ouvert musicalement parlant. J'ai écouté du hard, du progressif, je ne renie rien. Mais là il y a eu un problème. Je passe sur l'accoutrement ridicule du groupe, mélange d'Orange Mécanique (du pauvre), de Marilyn Manson (du pauvre aussi), les habits militaires etc... Mais cela encore, je comprends, nous n'avons pas tous les mêmes goûts, et heureusement ! Là où cela se gâte, c'est la musique. Encore une fois, pas juste le style musical, soit de l'industriel de 50ème zone, passe encore (moi j'aime bien Ministry, j'ai appris à apprécier Rammstein), mais ce soir c'était désastreux. Je passe aussi sur l'attitude du chanteur ridicule s'adressant à son fan club présent ce soir, cela encore une fois, je peux le comprendre. Par contre, ce qui m'a semblé bizarre, très très bizarre, terriblement suspect, c'est le fait que les 2 zigotos qui moulinaient devant nous, spécialement le guitariste, eh bien ils semblaient (je dis bien ils semblaient car je n'ai pas de preuve à part ma bonne foi) jouer tout simplement... en play back ! Amplis non allumés, d'accord... et surtout, j'avais beau tendre l'oreille, rien ne sortait du Marshall situé en face de nous (appartenant d'ailleurs à Crispin de Queenadreena). Pas de problème d'où j'étais, j'entendais clairement le guitariste taper du pied vu qu'aucun autre son n'arrivait à mes oreilles. Seule la sono au plafond délivrait de la musique. Moi je dis, cela sent l'arnaque. Voilà, c'est zéro pointé pour ce groupe.

Passons vite aux choses sérieuses : la salle est bien remplie, cela me fait plaisir, bien sûr Robert et Brigitte sont présents. Malgré des années et des années de concerts, j'ai un pincement au cœur quand les lumières s'éteignent, l'excitation me gagne sans que je puisse me contrôler... Crispin est là, égal à lui-même, avec sa guitare flanquée d'un éternel n°11, quant à Nomi Léonard, elle dégage toujours une sorte d'aura sensuelle, beauté trash juste vêtue d'une courte robe et d’une paire de bas, enveloppée d'un châle. Elle jouera sans chaussures, à la fois terriblement efficace et érotique. Oui érotique, car Queenadreena, outre la musique, dégage un érotisme torride et primitif. Enfin Katie Jane arrive sur scène, de plus en plus court vêtue (j'ai l'impression), sa robe ne tient plus qu'à un fil. La traditionnelle chaise est bien sûr là, ainsi que la bouteille de blanc. Mais ce que j'attends le plus, c'est que la machine se mette en marche, la batterie lourde et précise, la ligne de basse plombée, les riffs tranchants et vénéneux de Crispin, et enfin Katie qui transfigure le groupe... et qui me transfigure : dès les premières notes de Lick The Itch, la magie opère une nouvelle fois, imparablement, inexorablement. Et ce soir, je trouve le groupe particulièrement en forme, avec un Crispin presque plus souriant et encore plus incisif qu'à l'habitude, avec une Nomi qui a définitivement trouvé sa place dans le groupe, est le parfait pendant du guitariste, aves ses poses à la Dee Dee Ramones... Quant à Pete Howard, il va encore une fois m'impressionner toute la soirée. Et tout part en vrille avec In Red, je ne sais pas pourquoi, mais ce soir In Red sera LA chanson, l'intro terrifiante à la guitare, la batterie syncopée et quand Katie hurle "You Liar", c'est l'explosion, c'est ce moment ultime de jouissance que je (nous) recherche (ons).

Cold Fish verra Katie Jane nous refaire son numéro d'équilibriste sur sa chaise, le set est toujours aussi serré, il y a de la tension, une tension électrique, et ce ne sont pas les nouveaux morceaux qui viendront la faire baisser... au contraire ! Je les ai tous trouvés excellents. Seconde grosse claque avec Medicine Jar, encore un de mes morceaux préférés, il y a tout ce qui me plait la dedans, intro à la basse, puis Katie, Crispin emmène les riffs qui tuent, puis c'est l'explosion dans un tumulte sonique mêlé aux lumières stroboscopiques, encore une fois c'est de la jouissance. Non contente de boire son blanc de Touraine, Katie finit par s'en asperger complètement... et, malgré tout, elle reste magique, attirante et sulfureuse, avec ce coté petite fille qui, s’il fait partie de son personnage, n'en reste pas moins envoûtant et fascinant. Le concert défile à vitesse grand V, tout est bon, je savoure chaque minute, pas de temps mort, le public lui aussi semble bon ce soir, à l'unisson du groupe, un public fidèle et j'allais dire presque adorateur. Fuck Me Doll, nouvelle décharge d'adrénaline avant le morceau emblématique du groupe, mon morceau préféré, c'est bien sur Pretty Like Drugs. Impossible de filmer, trop de pression derrière, et de toute façon, cela m'a permis de prendre mon plaisir sans retenue. Grand morceau pour un grand groupe (si si, je l'ai dis !). Il y a tout la dedans, toute l'essence du rock'n'roll, tout ce que j'aime. Et pour calmer les esprits, rien de mieux que Pretty Polly qui viendra achever le set, nous laissant sur les genoux.

Ultime et beau rappel avec Suck, un mid-tempo sauvage que j'adore, Katie une fois de plus finira allongée par terre. Crispin se redonnera son habituel coup de peigne pendant que Katie ira prendre sa bouteille de rouge et en boire quelques gorgées. Crispin, je l'ai encore plus observé ce soir que les autres concerts, il m'a semblé détendu, presque heureux dès qu'il jouait, souvent le sourire aux lèvres, les yeux fermés, à quoi pense-t-il ? On parle beaucoup de rock'n'roll attitude, et de tout ce genre de conneries avec des mecs comme Doherty et consors. Moi je dis qu'un type comme Crispin, lui incarne véritablement le rock, il suffit de le voir et on comprend tout de suite. Le concert s'achève comme dans un rêve avec Razorblade Sky,je chope la set list et on reste plantés là pendant quelques minutes, encore anesthésiés par ce concert fantastique, certainement le meilleur que j'ai vu d'eux, mieux qu'il y a 6 mois ! Et pourtant toujours pas de nouvel album, alors que le matériel ne manque pas ! Quand est-ce qu'un label va se décider à signer ce groupe et à le mettre en studio ?? C'est quand même incroyable quand on voit les merd... qui parfois sont signées et qui sortent des disques dans la foulée. Je suis tellement bien ce soir que je prendrai un tee shirt, taille M, pas à ma taille mais c'est pas grave. Et Robert, à force de me charrier, m'a fait prendre une bonne décision : je vais dès le lendemain prendre ma place pour le concert du groupe à Chelles dans le 77, c'est le 17 mai... et si vous le pouvez, je vous encourage tout simplement à faire de même. Voilà, ces 70 minutes de concert resteront certainement comme les minutes les plus jouissives de cette année, à coup sûr dans mon top 5 des meilleurs shows de cette saison. »




photos de

Anciennement Count Nosferatu puis Count Nosferatu Kommando et renommé en 2006 The Cosa Nostra Klub, The CNK est un groupe de metal industriel (ou "Electro War Metal" selon leur ex-maison de disque, Kodiak Records). Le groupe est à présent signé sur le label français Season of Mist.


Queen Adreena (Queenadreena), est un groupe impeccablement virulent (mélange de punk stoogien, de métal inquiétant et de pop maléfique) qui nous viennent tout droit de Londres. Formé en 2000 par Billy Freedom (batteur) et Orson Wajih (bassiste), le groupe est rapidement rejoint du guitariste Crispin Gray et de la charismatique chanteuse Katie Jane Garside, tout deux issus des feux Daisy Chainsaw. Ils enchainent avec la sortie du premier album, Taxidermy. Les Queen Adreena subissent alors leur premier départ, celui de Freedom, remplacé par Pete Howard (The Clash). Ils signent alors chez Rough Trade (Belle & Sebastian, The Strokes ...), et sortent leur second opus en 2002, Drink Me, avec lequel ils seront révélés au public français. Après cette courte collaboration, Rough Trade les remercient, ainsi que Wajih. Ce dernier sera remplacé par Melanie Garside, qui enregistrera avec le groupe en 2005 leur troisième album (chez Little Indian Records) : The Butcher And The Butterfly. Celle-ci quittera (elle aussi) la formation, remplacée quelques temps plus tard par Paul Jackson. Fin 2005, les Queen Adreena sortent leur premier album live, baptisé sobrement Live At The ICA, l'occasion d'imortaliser ce qui fait la force de ce groupe, à savoir une prestation scénique approchant le psychédélisme, tant Katie Jane nous offre un spectacle digne des plus grandes transes, distillé d'un rock étrange, teinté de trash, de gothique et de folie. Début 2007 et les Queenadreena n'ont pas fini de parler d'eux... la très récente tournée française montre que celle qu'on définit comme une Kate Bush sous acide, avec une voix littéralement envoûtante, est toujours aussi sauvagement inspirée... le rock relève de l'expérience psychiatrique : entre fureur et souffrance, rage et fragilité.









































Taxidermy - 2000 (Blanco y Negro Records)
Drink Me- 2002 (Rough Trade Records)
The Butcher and the Butterfly- 2005 (One Little Indian Records)
Live at the ICA - 2005 - (One Little Indian Records)
Ride A Cock Horse - 2007 - (Independently Released)










Mr Heinrich Von B (Jean-Sébastien Ogilvy : guitare, programmation, et chant)
Mr Hreidmarr (Nicolas St Morand : chant , ex-Anorexia Nervosa)
Mr Valnoir (Jean-Emmanuel Artfield-Lautrec : basse et chant, également designer du groupe et fondateur du studio de création graphique Metastazis )
Mr Sylvicious (Sylvain Deslaves : batterie et percussions, aussi membre fondateur de Tamtrum, batteur de Lucky Striker 201, et batteur intérimaire de Punish Yourself)












Katie Jane Garside : Vocal
Crispin Gray : Guitar
Pete Howard : Drums
Nomi Leonard : Bass



































La durée du concert : 0h45








Lick The Itch (New Song)
In Red (Butcher and Butterfly - 2005)
Cold Fish (Taxidermy - 2000)
Killer Tits (New Song)
Happy Now (New Song)
Medicine Jar (Butcher and Butterfly - 2005)
Naked Ruby Blue (Ruby Throat - 2008)
Life Support Machine (New Song)
Under A Floorboard World (Drink Me - 2002)
Year Of You (New Song)
Fuck Me Doll (Butcher and Butterfly - 2005)
Pretty Like Drugs (Drink Me - 2002)

Encores

Suck (Butcher and Butterfly - 2005)
Razorblade Sky (Drink Me - 2002)






La durée du concert : 1h10

AFFICHE / PROMO / FLYER








The CNK - L'Hymne A La Joie - Cosa Nostra Klub



Queen Adreena-FM Doll



Queen Adreena- Join The Dots

Queenadreena - Le Trabendo. Paris.


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Première partie : THE CNK (The Cosa Nostra Klub)


Ce qu’en a pensé Eric :

« "Cette odeur, c'est celle qu'on sent en Italie quand il y a un mort et qu'on passe devant une église" me glisse Vincent à l'oreille, alors que se déversent sur nous les fumigènes de The CNK (the Cosa Nostra Klub). A force de rire des Gothiques, ce soir nous allons être confrontés à une émanation française du genre... En fait, non ! Plutôt un mélange baroque de genres, qui interpelle d'abord mais fatigue vite : intro sur "l'Hymne à la Joie", costumes militaires avec épaulettes, bottes et éperons, slogans mi-paramilitaires mi-anarchistes ("Vive la Mort !"), exhortations à scander leur nom en levant le poing, look "cocktail" (deux crêtes punks, des cheveux longs parfaits pour le headbanging...), chanteur au teint blafard de bon ton (j'ai bien aimé le gilet "Count Nosferatu Commando" d'un copain/roadie déguisé en terroriste quelconque - très quelconque), etc. On ne sait pas trop ce qu'ils veulent dire ("Vous voulez interdire MySpace, vous voulez fumer dans les restaurants ? Votez pour nous !" Ouais, mon gars, super programme anarcho-nihiliste !), et en plus ils le disent plutôt mal : le chanteur hurle comme chez Rammstein, la musique pleine de choeurs de l'armée yougoslave sort en fait d'un PC portable, on n'entend pas la guitare au point de se demander si l'iroquois joue vraiment ou s'il fait semblant, et les chansons peinent à générer la moindre excitation, sauf de la part du fan club - pardon, Klub - (qui s'est visiblement déplacé tout entier pour l'occasion). Bref, l'ennui, puis la consternation engluent peu à peu la salle, malgré les cris hargneux et les petits poings agités en l'air des 10 fans qui sont venus pour ça (la famille ? les voisins de palier aussi ?). Je ne résisterai pourtant pas au plaisir de citer les paroles de la dernière chanson : "Get a gun, Motherfucker, Get a gun, Kill yourself !". Tu l'as dit !


Revoir QueenAdreena après le show dévastateur d'Auvers-sur-Oise, l'année dernière, c'était pour moi - fan de la dernière heure, je l'avoue... - prendre le risque de me confronter à l'une de mes plus frappantes révélations récentes, le risque de la déception. D'autant que le choc de la découverte n'est plus là, ce soir au Trabendo, et qu'on a droit au même show 100% sexe et 100% "performance" (oui, QueenAdreena est un groupe qui se donne à 200%, surtout ce soir) : si la nuisette de Katie Jane Garside semble s'être encore réduite (dixit Gilles B, spécialiste en nuisettes et en Katie Janes), le reste reproduit le même spectacle généreux qu'à Auvers, avec la chaise, les bouteilles de vin (le blanc bu au goulot, puis servant de pénis de substitution à la belle), la furie continuelle pendant une heure. La différence ? Quelques morceaux nouveaux, a priori - toujours pas d'album à l'horizon, pourtant... -, mais surtout l'amour visible du public du Trabendo pour la "star" déjantée, et peut-être une plus grande cohésion, une plus belle puissance des musiciens (Gilles B. me jurera que "QueenAdreena est meilleur à chaque fois, incroyable !"). En tout cas, dès le deuxième morceau, "In Red", dantesque, la messe est dite : c'est la folie - au moins dans nos rangs -, c'est le bonheur, c'est l'orgasme même... Oui, vous savez, ce fameux truc qui arrive un concert sur dix au maximum, quand tout se conjugue - le son ultra-puissant de la guitare dans vos oreilles martyrisées, l'excitation générale autour de vous, la musique qui monte dans vos tripes comme une vague, le basculement dans la frénésie incontrôlée... "In Red", ooooh ouuuuuiiii !


S'il y a finalement un frein à ce que ce fort, cet immense plaisir se reproduise durant l'heure et quelque qui va suivre, c'est le spectacle offert par Katie Jane - son beau corps nu, son visage convulsé dans la rage et l'extase, ses cris de démence, toute cette sexualité à la fois sauvage et hébétée qu'elle offre à son public : tout cela est tellement fascinant qu'il nous arrive d'en oublier la musique. Personne ne peut quitter Katie Jane des yeux, tant sa "performance" est intense, à la fois superbe d'indécence et dérangeante de pudeur. Pourtant, en face de moi, Crispin est déchaîné, souriant, visiblement heureux de cette générosité mutuelle entre "sa" chanteuse et le public. Pourtant, de l'autre côté, la fascinante Nomi nous refait son ballet post-Balde Runner, troublante avec son apparence de poupée blême aux mouvements incohérents, mais joliment déterminée. Pourtant, dans le fond, Pete Howard est un batteur monstrueux, conjuguant une cogne sans pitié - ah ! ces intros ! - et une belle complexité sur certaines chansons. Avec tout ça, les photographes s'en donnent à coeur joie, mais je finis par décider de ranger mon appareil, pour mieux me concentrer sur la musique. A ce moment-là, un incident déplaisant se produira derrière moi, alors qu'une furie qui a décidé d'atteindre à tout prix le premier rang et essayé de se glisser violemment entre Gilles B et moi, est apparemment prise en flagrant délit par son voisin avec la main dans sa poche... Ce genre de problème, finalement assez rare, avec un autre spectateur (spectatrice ici) - d'abord avec moi, puis avec le voisin, avant qu'elle se résigne à se calmer - gâche toujours un peu l'ambiance... Heureusement, on en est arrivé à "Pretty Like Drugs", un peu différent de la version stupéfiante du disque, mais sismique quand même. On en est à la dernière ligne droite du concert de QueenAdreena, là où, paradoxalement, Crispin calme le jeu, et qu'on enchaîne des morceaux plus "émotionnels" : "Pretty Polly", puis surtout, en rappel, "Suck" et sa comptine incestueuse et perverse, et un magnifique "Razorblade Sky" pour terminer, dans un déluge de guitare et l'extase finale de Katie Jane... On se laisse dériver lentement dans un tourbillon de sensations brumeuses, tout en même temps chaotiques et apaisantes, on se dit qu'un concert de QueenAdreena reste l'une des expériences musicales, émotionnelles et sexuelles les plus intenses possibles de nos jours.

C'est fini. Pourtant, comment quitter déjà le Trabendo ? Non, on a tous envie, besoin, de baigner encore un peu dans ce plaisir d'un GRAND concert ? Alors on parle, on échange des commentaires, des opinions. Robert triomphe ("Alors, vous avez vu, hein ! Et elle a 40 ans !") et se prépare déjà à la prochaine fois, dans une dizaine de jours, à Chelles. Brigitte est encore toute émue de ce nouveau choc ("Cela fait des années que je suis amoureuse de cette fille !"). Vincent est excité comme toujours à la fin des meilleurs concerts ("Du sexe !"). Moi, avec Gilles B, je me demande comment il se fait qu'un groupe aussi exceptionnel continue à survivre ainsi, à galérer avec un public aussi réduit, sans maison de disque (a priori...), alors que tant d'autres... La nuit, enfin douce, ne répondra pas à cette question. »






photos de eric