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samedi 22 novembre 2008

Moriarty ~ Le Forum. Vauréal.






Première Partie: AMELIE



Ce qu’en a pensé Eric :

« Il faut être à moitié bargeot comme un Rock'n'Roll Motherf*** pour se retrouver un samedi soir devant le Forum de Vauréal (où ça ?), à braver la température qui chute à vitesse grand V, pour voir un groupe que l'on n'apprécie pas particulièrement, seulement sur la foi des compte-rendus enthousiastes d'un ami. J'ai donc un grand moment de doute quand je constate que les Vauréallois (ou -iens, qui sait ?), race fourbe entre toutes, ont profité du fait que nous allions nous jeter un petit verre de blanc sec derrière la cravate pour former une longue queue devant la petite salle, quelques minutes plus tôt encore déserte ! Mais tout le monde devrait savoir, et les lâches Vauréalliens (ou -ois, ce n'est pas à moi de le dire !) ne l'ignorent désormais plus, que nul ne saurait triompher de l'immense maîtrise d'un Rock'n'Roll Motherf***... Pendant que les badauds frigorifiés font la queue devant la... MAUVAISE porte, nous nous plaçons tout naturellement devant LA bonne, et nous voilà quelques minutes plus tard au premier rang. Non, mais !


La soirée commence de manière tiède avec Amélie, de Lille (Bienvenu chez les... non, excusez-moi, un moment de faiblesse...!), inconnue au bataillon, et fort sympathique au demeurant. La demoiselle, qui attaque un set de 40 minutes seule à la guitare acoustique, a un bel organe, qui lui permet de chanter de manière crédible, en anglais, des chansons en demi-teinte, mi innocentes, mi amusées. Le problème, c'est que, outre une absence totale de présence scénique, Amélie n'a pas une seule bonne composition, un seul morceau qui éveillerait un peu l'attention. Tout cela est morne, et ce n'est pas l'apparition sur scène de deux musiciens, un guitariste (électrique) et un batteur (avec torchon sur les fûts, attention, notez bien le torchon sur les fûts !) qui viendra y changer quelque chose. Bon, on se sent un peu gênés pour Amélie, fort sympathique au demeurant, et qui m'a expliqué gentiment qu'elle jouait de l'autoharp comme June Carter, mais tout cela ne vaut pas tripette : allez, Amélie, il faudra bien que toi aussi, tu y ailles, un jour, au bureau (elle a avoué qu'elle ne savait pas ce que c'était, en préambule de sa chanson "Kids" - pas celle de MGMT, non !).

Ensuite, on s'inquiète un peu car on est déjà bien en retard, et l'ingé-son galère avec un "buzz" sur la guitare acoustique, ce qui l'obligera à "changer la ligne" : comme quoi, quand on assiste à un concert au premier rang avec les Rock'n'Roll Motherf***s, on s'instruit aussi, on découvre les beaux métiers du spectacle. Mais finalement, tout rentrera dans l'ordre, et les 6 musiciens hétéroclites de Moriarty entrent en scène, une scène bien remplie : entre une machine à écrire (pour l'intro de "Jay Walker", si je ne m'abuse...), une lessiveuse retournée sur laquelle frapper avec un gros maillet en caoutchouc, il y a un paravent très kitsch, une table avec un bric à brac rétro, une lampe rouge et un fauteuil, rouge lui aussi, qui me rappelle celui de ma chambre d'adolescent dans les 70's... La première chose qui frappe, c'est que Rosemary a l'air à la fois triste et aigrie, et pas du tout le genre de fille que je m'attendais à voir chanter le folk primitif et ténu de l'album "Gee Whiz But This is a Lonesome Town" : plutôt lourde, curieusement mal sapée dans une tenue rouge satinée qui ne l'avantage pas, les pupilles bizarrement dilatées (quelle substance ? le stress simplement ?), voici une femme peu aimable, qui ne décrochera qu'un ou deux maigres sourires fatigués pendant la petite heure et quart de concert qui suivra. Le reste de l'équipe (les 5 autres, là où je pensais qu'ils seraient 6, il manque un percussioniste...) exsude par contre une indéniable énergie, voire une fantaisie qui animera régulièrement l'interprétation de certains morceaux plus fades du répertoire de Moriarty. On pourra ainsi s'amuser aux poses "héroïques" de Charles, guitariste en chaussettes, virevolter avec Stephan, le contrebassiste élastique, ou sourire devant la volubilité aimable de Arthur, avec son look proto-hippie fort sympathique. Car, le petit plus de Moriarty en scène, c'est une capacité à théâtraliser leurs chansons, à introduire une énergie un peu brindezingue et une drôlerie assez légère dans leur musique qui paraît sinon assez traditionnelle, voire conventionnelle : bref, même lorsque les morceaux sont faibles (une bonne moitié de leur répertoire, à mon avis), on ne s'ennuie jamais, il se passe toujours quelque chose sur scène, entre échange de rôles entre les musiciens, utilisation d'instruments non conventionnels (outre l'Olivetti Studio 44 et la lessiveuse déjà citées, on appréciera l'usage par Rosemary du rouleau de chatterton pour moduler sa voix !) et jolies poussées d'enthousiasme, en particulier au début du set. Les plus beaux moments de la soirée - mais des moments vraiment beaux, attention ! - seront : la version a minima du "Enjoy The Silence" de Depeche Mode, avec xylophone malin, reprise en choeur tendre par la foule compacte du Forum ; l'époustouflant "Cotonflower" sur lequel la voix de Rosemary fait des merveilles, et qui se voit tendu par une interprétation plus agressive en scène ; et surtout, surtout, le magnifique, le bouleversant "Jimmy", moment de grâce absolue, qui serre le coeur, fait monter les larmes aux yeux, et donne envie de serrer la main de son voisin ou sa voisine pour le / la réconforter. Rappel au bout de une heure environ de set, avec un beau "Private Lily", et, surprise finale, une chanson en français, si si, dont notre ignorance crasse de la chanson française nous empêchera de reconnaître le titre ou l'auteur (pas de set list chez Moriarty, il faut le savoir !) : du fait de la superbe voix de Rosemary, j'ai pensé un peu à Barbara, mais ça ne devait pas être ça...

Voilà, c'est fini : un concert qui n'avait rien de bien extraordinaire, un groupe qui n'ira sans doute pas très loin (un seul "Jimmy" dans le répertoire !), mais une belle expression néanmoins de ce que peut produire la musique "live" : rires, émotions, interrogations aussi (pourquoi tant de tristesse, Rosemary ?)... Après cette soirée, il est vrai que je n'écouterai plus "Gee Whiz.." de la même façon... »





photos de eric


Moriarty ~ Le Forum. Vauréal.







Première Partie: AMELIE



Ce qu’en a pensé Gilles :


« Il en fallait du courage pour sortir de son petit nid douillet et affronter une température proche de 0 degré en ce samedi, annonciateur d'un hiver froid. Mais revoir encore une fois Moriarty, et de plus dans une petite salle (une première pour moi, qui les ai vus à la Cigale, puis à l'Olympia), cela ne se refuse pas. En bon habitué des salles parisiennes, j'arrive bien évidemment trop tôt, il n'est que 19h30 pour une ouverture des portes prévue à 20h30, et il n'y a pas âme qui vive devant la salle malgré que le concert soit sold out depuis un mois... Eric et Françoise me rejoignent quelques minutes plus tard, on décide de prendre un pot, et dés notre retour, une longue queue s'est déjà formée devant la salle. Heureusement que nous connaissons cette salle, et nous nous plaçons à un endroit stratégique : du coup, nous voilà entrant les premiers, direction le devant de la scène ! François nous a rejoints, et notre petit groupe occupe une bonne partie du premier rang. Je me demande comment vont évoluer les Moriarty sur cette scène véritablement petite, l’une des plus exigües que je connaisse...


En attendant, c'est Amélie, une jeune artiste assez rigolote, qui prend possession de la scène, chansons en anglais, beaucoup d'histoires d'animaux, une bonne voix et beaucoup d'humour, mêlés à une présence scénique indiscutable. C'est sympathique, sans pour autant crier au génie. Mais elle a la bonne idée de se faire entourer de deux musiciens pour quelques morceaux. Une petite descente dans la foule pendant un morceau pour constater que, tout compte fait, nous ne sommes pas si serrés que cela (à mon avis, une partie du public est au bar, comme souvent durant les premières parties). 35 minutes bon enfant pendant lesquelles nous auront pu voir de près une "autoharp" (comme en jouait June Carter, dixit Amélie, et comme en a joué aussi PJ Harvey lors de ses derniers concerts).

Ça galère un peu sur scène pour installer le matériel, ou plutôt concernant la partie technique, du coup l'horaire en prend un coup, et Moriarty n’arrivent sur scène que vers 22h20 !! Je les ai toujours vus au premier rang, mais cette fois, je suis vraiment à leurs pieds, et l'impression est bizarre. Car paradoxalement, j'ai l'impression qu'il y avait plus d'intimité à la Cigale ou à l'Olympia que ce soir, dans cette salle du Forum pleine à craquer. Rosemary, pour une fois, a les cheveux libres, pas de serre-tête, elle est habillée tout en rouge. Le début du concert est comme d'habitude relativement froid, c'est-à-dire que pendant 2 morceaux, personne ne parle. Puis le climat s'installe insidieusement, quelques paroles... et le tour est joué. Ce qui m'a particulièrement surpris ce soir, enfin pas vraiment surpris, disons ce qui m'a pas mal scotché, c'est l'aisance et la maestria de Charles (ou est-ce Arthur ?) Moriarty à la guitare. Que ce soit avec sa Gretsch rouge ou son dobro, qu'il utilise souvent avec un archet, c'est stupéfiant de pureté et de précision. Et d'âme aussi... car leur musique n'en manque pas ! Les beaux moments ne manqueront pas, un très beau Hanoi Blue (solo de guitare magnifique), un Enjoy The Silence toujours surprenant avec la voix pure de Rosemary, la guitare acoustique puis la touche d'humour avec le xylophone, il fallait l’imaginer, cette version, car elle est particulièrement originale. Ce qui surprend aussi avec Moriarty, ce sont ces changements de tempo assez radicaux, on passe d'une musique fluide et douce à déferlement soudain où tous les instruments semblent pris de frénésie (Bacon). Tout le monde attend Jimmy, et bien sûr nous y aurons droit. Pas de Lovelinesse, ce soir comme le réclamait un spectateur, mais une bonne version de Motel (je crois que c'est la où l’un des deux guitaristes joue du "baquet". Avec Moriarty, il y a toujours cette sensation d'être dans un film un peu suranné, fait de couleurs pâles, mais pourtant la luminosité est bien présente chez eux, surtout avec Rosemary et sa voix qui élève tout le groupe. A ce sujet, pour la première fois ce soir, Rosemary ne m'a pas fait penser à Kelly Mc Gillis dans « Witness » !! Premier rappel conclu par Private Lily, puis un second, a priori non prévu pour une chanson avec un texte chanté en français, certainement une reprise, mais j'avoue mon incapacité à vous dire le titre.

Il est 23h45, le concert aura duré environ 1h20, on ne traine pas, car le froid est vif dehors. Un bon concert de Moriarty, pas tout-à-fait du niveau de celui de l'Olympia ou de de la Cigale, qui m'avaient beaucoup plus touché émotionnellement parlant, mais ce soir j'ai eu la possibilité de voir véritablement de très près le groupe. A suivre donc... »










photos de gilles b



Le groupe Moriarty s'est formé en 1995 autour de six musiciens d'origine américaine, française, suisse et vietnamienne inspirés de blues américain des années 30. Une voix exceptionnelle et une atmosphère envoûtante sont les premières évidences pour parler de cette surprise ! Cabaret folk déglingué tissé autour de la voix profonde de cette diva sortie d’un autre temps. La musique de Moriarty est un carnet de voyages et de réminiscences, un cabinet de curiosités, une sorte de folk nocturne et nomade. Leur premier album, Gee Whiz but This Is a Lonesome Town, est sorti et il n'est donc pas étonnant de retrouver désormais Moriarty là où le héros de Jack Kerouac, à qui ils ont emprunté leur nom, s'est fait le sien : sur la route.

(http://www.myspace.com/moriartylands)










Rosemary Moriarty: La Diva au chant
Charles Moriarty: Lord à la guitare
Arthur Moriarty: Cowboy a la guitare
Thomas Moriarty : Kid à l'harmonica
Zim Moriarty: Professeur à la contrebasse










AMELIE

La durée du concert : 0h35



NON DISPONIBLE

La durée du concert : 1h20

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Moriarty - Jimmy