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lundi 1 mars 2010

BROKEN BELLS ~ Le Nouveau Casino. Paris.












OPENING : Joker’s Daughter





Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« C’est avec un peu de surprise que j’ai découvert la mise en vente de ce concert sur le site de la Fnac, il y a à peine dix jours, et c’est sans hésitation que j’ai pris ma place, étant assez fan des Shins. Une brève écoute avant ce concert m’a tout simplement fait penser… aux Shins bien sûr, la voix de Mercer étant reconnaissable entre toutes. Et puis je me dis toujours qu’il vaut mieux voir un groupe à ces débuts !

Pas un chat aux alentours du Nouveau Casino lorsque j’arrive sur place,  une habitude maintenant ! Heureusement, je retrouve Anthony à l’intérieur de la salle, et puis Robert qui a fait lui aussi le déplacement. La première partie ce soir est assurée par Joker’s Daughter, un groupe complètement inconnu au bataillon à ce jour, et la vue des couronnes (oui des couronnes, comme les rois !) qui trônent sur des tabourets et sur un synthétiseur est loin de me rassurer. A quelle sauce allons-nous être mangés cette fois ? La réponse est vite arrivée : ce sont des troubadours qui sont sur scène, enfin plutôt des ménestrels des temps modernes, emmenés par Helena Costas, une jeune femme d’origine grecque qui débarque sur scène avec un bonnet de bouffon en guise de couvre-chef. Chaque musicien revêt bien sur sa couronne, et là ou j’avais peur d’un concert  farfelu et sans intérêt, j’ai eu droit à 35 minutes de pop douce, aux accents médiévaux, sans que cela soit ridicule, bien au contraire : je me suis surpris à m’attacher à cette poésie baroque et malicieuse. La voix est mutine, et l’utilisation à bonne escient de quelques instruments baroques donne à l’ensemble une touche fraîche et innocente. Oui décidément, j’ai bien apprécié cette récréation, hors du temps et des modes. C’était poétique et charmant, tout simplement. J’ai aimé particulièrement Lucid , ainsi que le très beau Under The Influence Of Jaffa Cakes. Un regret, je n’ai pas acheté leur CD à la fin du concert, tant pis je vais le prendre sur Amazon. A noter que leur présence ce soir est surement due à la présence de Danger Mouse qui est sur leur album.

Place maintenant à Broken Bells qui se présente à six sur scène. Si James Mercer occupe bien sûr une place prépondérante du fait de sa voix, la musique du groupe en général avec ses arrangements et ses samples divers et variés, présente une grosse différence avec les Shins et leur musique plus concrète et terre à terre, sans surprise j’allais même dire : chez Broken Bells où l’électronique est de mise, la palette musicale semble être plus étendue. Malgré cela, le lyrisme est toujours là, cela étant du bien entendu à la présence de Mercer, mais aussi par la grâce d’un guitariste soliste plutôt inspiré, dont je ne connais pas le nom, malheureusement. Le premier morceau est familier à mes oreilles, puisqu’il s’agit de The High Road, qui pourrait passer de belle manière pour le nouveau single des Shins, sûrement la meilleure façon pour Broken Bells d’approcher doucement mais sûrement  un univers légèrement différent. Danger Mouse, lui, se contente d’être derrière les fûts, mais on suppose tout de même qu’il est largement partie prenante dans les arrangements groovy et électroniques de Broken Bells. Bien sûr, à l’instar des Shins d’ailleurs, le groupe ne brille pas particulièrement par son charisme sur scène, et c’est la musique qui prime, au détriment certainement d’un peu de chaleur. Je regrette personnellement le manque de communication, appelons cela de la timidité, de la part de James Mercer, qui tout de même avouera par deux fois que le groupe joue seulement pour la seconde fois de toute son existence en live. Et aussi de nous remercier, timidement, de notre présence ce soir. On découvre au fur et à mesure que le concert se déroule les nouveaux morceaux, un bon Vaporize, toujours dans l’esprit des Shins… et puis changement de direction plutôt réussi avec The Ghost Inside où la guitare n’est plus maîtresse des lieux. Danger Mouse délaisse sa batterie pour un morceau pour venir devant nous jouer du piano. Le concert s’achève presque trop rapidement et trop proprement, c’est sûrement le défaut de ce groupe où la folie n’a pas sa place, alors que leur musique laisse une grosse part au rêve et à l’imaginaire. Dommage …..

Ils reviennent, juste à deux sur scène, James Mercer annonce une reprise d’un vieux morceau de Neil Young, et c’est parti pour un assez beau Don’t Let It Bring You Down, mais c’est dur de concurrencer Neil au niveau de la voix. Et puis, plus surprenant, ce sera une reprise du tube de Tommy James & The Shondells (déjà repris deux décennies plus tard par Joan Jett dans une version cette fois ci ultra glam), je veux bien entendu parler de Crimson & Clover : une bonne version que j’aurais souhaitée une fois de plus sans retenue.

Alors pari gagné pour Broken Bells ? Je ne sais pas trop, le concert m’a tout de même semblé un peu trop formaté à mon goût, malgré des morceaux indéniablement intéressants. Mais la scène est-elle véritablement le terrain favori de Broken Bells ? Pas sûr. En tout cas je pense qu’il fallait tout de même être au Nouveau Casino ce soir pour en juger. Pas de merchandising, dommage, j’aurais acheté leur album, il ne me reste plus qu’à le commander. »




 
Brooken Bells est un groupe américain indie rock  formé en 2009, composé de James Mercer, chanteur de The Shins, et du producteur Danger Mouse.

(http://www.myspace.com/brokenbells)


Brooken Bells - 2010









James Mercer : Vocal, Guitar
Danger Mouse: Drums, Piano, Guitar











     The High Road (Brooken Bells -2010)
Vaporize (Brooken Bells -2010)
Your Head Is on Fire (Brooken Bells -2010)
The Ghost Inside (Brooken Bells -2010)
Sailing to Nowhere (Brooken Bells -2010)
Trap Doors (Brooken Bells -2010)
Citizen (Brooken Bells -2010)
Mongrel Heart (Brooken Bells -2010)
October (Brooken Bells -2010)
The Mall and Misery (Brooken Bells -2010)

Encore

Don't Let It Bring You Down (Neil Young Cover)
Crimson & Clover (Tommy James and the Shondells Cover)






La durée du concert : 1h00

AFFICHE / PROMO / FLYER
































dimanche 28 février 2010

VAMPIRE WEEKEND ~ El Teatro Circo Price. Madrid.
















Ce qu’en a pensé Eric :

 « Drôle d'idée d'accueillir un groupe aussi "à la mode" que Vampire Weekend dans un théâtre "traditionnel" de Madrid, d'une taille a priori moyenne. La frustration, la panique et la fureur des fans privés de ce fait de la possibilité d'assister au concert du groupe-sensation du moment (enfin, depuis 2008, quand même) déborde sur le net, j'ai donc décidé d'arriver plus tôt que coutume (pour Madrid), au moins une heure avant l'ouverture des portes. De fait, il y a déjà une bonne trentaine d'ados et de jeunes gens amassés devant les portes du théâtre, sans que nul ne sache bien quelle porte ouvrira : bref, la glorieuse incertitude de ce sport extrême qu'est la fréquentation des concerts de rock !!

Vampire Weekend, malgré un concert que j'avais trouvé décevant au Trabendo suite à la sortie de leur merveilleux album éponyme, est tout en haut de mon top personnel des groupes qui comptent, et leur deuxième album, "Contra", a attisé de nouveau la flamme : moins facile d'accès, il semble recéler à terme encore plus de beauté. Je suis donc partagé ce soir entre circonspection - la mauvaise expérience de la dernière fois - et espoir.

20 h pile, très professionnellement, les portes s'ouvrent... Juste en face de moi ! Je pénètre le 4ème dans la jolie salle qui a plus ou moins le format d'un cirque - d'où le nom, mais c'est bien sûr... crétin que je suis ! Je me place un peu à droite, les claviers de Rostam Batmanglij (à vos souhaits !) obstruant la vue sur la gauche. La scène est prête pour VW, il n'y aura pas a priori de première partie. Outre les claviers qui sont donc placés au premier plan, face au public, l'autre bizarrerie de la scène, ce sont ces 5 lustres de cristal, semblables à ceux de la pochette du premier album, qui sont accrochés au plafond (eh ! pauvre pomme, où voudrais-tu que des lustres soient accrochés, hein ?). Derrière les crash barriers, les videurs sont joviaux comme toujours... mais nous expliquent qu'ils ont reçu des consignes, pas de photos ce soir ! Seuls les téléphones portables sont autorisés ! Zut, ils ont déjà la grosse tête les VW ? Ou bien c'est une politique de la salle ? En tous cas, on en sera réduits aux clichés-souvenirs de mon Blackberry, dommage...

21 h 15, Vampire Weekend monte sur scène, le rideau derrière eux se lève, et apparaît une splendide reproduction de la photo de la pochette du second album (avec - surprise - les yeux qui s'illumineront de couleurs diverses sur certaines chansons : effet garanti !). Je ne peux pas m'empêcher de penser que l'image est très habile : les deux pochettes des deux albums sont représentées sur scène, annonçant qu'on aura un mix "naturel" de ces deux albums. Et c'est bien ce qui va se passer, avec quand même une nette préférence pour le second, qui, de fait, va fournir la matière la plus conséquente, en quantité (il aura été, je crois, joué en entier, à l'exception de Contra... malheureusement) et en qualité (eh oui ! Qui l'eût cru ?), pour le set de ce soir. Tout de suite, dés le premier morceau, White Sky, je suis frappé par la métamorphose de Vampire Weekend : fini les post-ados appliqués qui essayaient de reproduire parfaitement sur scène leurs chansons, VW est maintenant un vrai groupe de rock, une superbe machine de scène, faite pour danser et chanter en chœur. Et Madrid va danser et chanter en chœur pendant 1 h 15, comme toujours, mais un peu plus encore (J'arriverai même à être bousculé lorsque le pogo s'emparera de la quasi totalité de la fosse...!). Au bout de trois morceaux, les gradins sont debout et dansent aussi, et autour de moi comme sur scène, tout le monde sourit. C'est évidemment Ezra qui focalise l'attention : s'il a toujours son look de lycéen new-yorkais bon chic bon genre, il est maintenant parfaitement à l'aise derrière son micro, passe son temps à danser quand il ne chante pas, et à balancer des plaisanteries, un petit sourire en coin ("C'est une très vieille chanson de Vampire Weekend, elle est triste, elle parle de quand l'amour de votre vie part pour s'installer dans le Massachussets. Comme c'est un truc qui vous arrive tous les jours à Madrid, on s'est dit qu'il fallait partager !", en introduction de Boston)... A noter par contre que Rostman, à la différence de ses collègues qui  font le spectacle, s'agitent comme des petits pois mexicains, et galvanisent le public, ressemble toujours à un gros nounours empoté (il faut le voir agiter les bras à contre temps, il a alors l'air d'une poule qui a trouvé un couteau), malgré son t-shirt "hype" (the XX).

Côté technique, on reste admiratif devant la splendeur et l'intelligence des lumières (encore une raison de regretter l'interdiction des photos) qui combinent brillamment les effets des lustres et de la toile de fond aux couleurs changeantes. Le son est lui, correct, mais aurait certainement pu être plus fort (ce qui est en général le cas en Espagne), sauf qu'on perçoit bien les limites de l'acoustique d'une telle salle, ronde... On pourra aussi reprocher à Vampire Weekend que la voix d'Ezra n'est pas toujours aussi claire que sur le disque, mais cette imperfection - qui fait la différence avec le concert de 2008 - va finalement bien mieux au groupe tel qu'il est aujourd'hui sur scène, volontaire et décidé, certainement plus "rock" que ce à quoi je m'attendais. Non, à propos d'Ezra, je serai seulement réservé quand à sa tendance à abuser un peu de l'auto-tune... sur California English bien sûr (c’est la "signature" de la chanson), mais aussi sur deux ou trois morceaux du concert.

Mais ces réserves sont bien mineures quand on réalise que, en 2010, Vampire Weekend est désormais un groupe capable d'aligner un set de 75 minutes composé en quasi intégralité de chansons parfaites, que tout le monde chante - intégralement - en chœur, sans baisse de régime. Pour moi, ce soir, les sommets auront été : Cousins, avec une véritable explosion rythmique et joyeuse au milieu, Taxi Cab parce qu'il aura été le seul moment de repos (contrebasse électrique, batteur sur un petit clavier électronique), Giving Up The Gun, une chanson que j'adore pour son côté "New Order rencontre les Strokes à Johanesburg", puis, surtout, le rappel : 3 titres parfaits, avec cerise sur le gâteau, une version frénétique et percutante, prolongée pour le plaisir, de Walcot... Enfin le grand frisson que l'on recherche - la plupart du temps vainement - à chaque concert, enfin les larmes aux yeux, enfin le bonheur...

Eh oui, nous ne sommes que fin février, mais voici une soirée qui risque bien de finir classée très haut dans le top des meilleurs concerts de mon année. Vampire Weekend ! Vampire Weekend ! »







photos de eric

Vampire Weekend est un groupe de New York formé en 2006. Avec ce groupe, nul doute que l’inspiration vient plus des Talking Heads que des Ramones. Un mélange subtil de rock, de pop anglaise, de sonorités africaines, îliennes, propre à une ville comme New York ou le brassage culturel y est fort.


(http://www.myspace.com/vampireweekend)


2008 - Vampire Weeked
2010 - Contra








Ezra Koenig : Vocal, Guitar
Rostam Batmanglij : Keyboards, Guitar, Vocal
Christopher Tomson : Drums
Chris Baio : Bass












White Sky (Contra - 2010)
Holiday (Contra - 2010)
Cape Cod Kwassa Kwassa (Vampire Weekend - 2008)
I Stand Corrected (Vampire Weekend - 2008)
M79 (Vampire Weekend - 2008)
California English (Contra - 2010)
Cousins (Contra - 2010)
Taxi Cab (Contra - 2010)
Run (Contra - 2010)
A-Punk (Vampire Weekend - 2008)
One (Blake's Got A New Face) (Vampire Weekend - 2008)
Diplomat's Son (Contra - 2010)
Boston (Ladies of Cambridge) (Mansard Roof EP - 2010)
Giving Up the Gun (Contra - 2010)
Campus (Vampire Weekend - 2008)
Oxford Comma (Vampire Weekend - 2008)

Encore

Horchata (Contra - 2010)
Mansard Roof (Vampire Weekend - 2008)
Walcott (Vampire Weekend - 2008)

La durée du concert : 1h15

AFFICHE / PROMO / FLYER